«La confiance , comme moteur de la reprise « 

«La confiance , comme moteur de la reprise « 

( Bertrand Chambenois)

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Une  chronique de Bertrand Chambenois dans l’Opinion.

 

 » Il est d’ores et déjà entendu qu’en France comme dans bien d’autres pays les conséquences économiques et sociales de la crise du Covid-19 seront lourdes. C’est pourquoi il existe aujourd’hui une urgence absolue à réunir les facteurs d’une reprise rapide et durable. Or, dans un pays où la parole politique est le baromètre de la prise de décision économique, il faut prendre garde à la propagation de la crise de confiance qui a gagné le pays depuis plusieurs semaines. Car si le moteur de l’économie française est aujourd’hui presque à l’arrêt, le carburant nécessaire pour le faire redémarrer n’est autre que la confiance.

Or la confiance, comme chacun sait, ne se décrète pas, elle se gagne. Pour cela, les entreprises, au premier rang desquels nos plus solides fleurons, ont un rôle essentiel à jouer pour créer le « choc de confiance » dont le pays a besoin et ainsi provoquer un effet d’entraînement pour l’ensemble de l’économie.

Choc. Ce « choc de confiance » peut se décliner en trois chocs simultanés. Et si chacun convient sans difficulté que l’État ne peut pas tout, il revient alors aux entreprises de les provoquer.

Tout d’abord, un choc sanitaire, car pour revenir dans les magasins, dans les restaurants ou dans les cinémas, les consommateurs auront besoin d’engagements forts soutenus par des actes qui ne le seront pas moins. C’est ce qu’a notamment très bien compris le groupe Accor qui a décidé de créer une nouvelle labellisation sanitaire certifiée par Bureau Veritas et de la partager à tout le secteur hôtelier, en France comme à l’international. Le respect de nouvelles normes et réglementations est un simple prérequis qui ne peut suffire seul à vaincre les peurs nées de l’épidémie. Les entreprises doivent aller plus loin, être volontaristes et imaginer des initiatives pour construire un nouveau socle de confiance sanitaire indispensable à la reprise de leur activité.

Au-delà de ces différents chocs ancrés dans la réalité économique propre à chaque entreprise et chaque secteur, il va revenir aux dirigeants d’entreprise d’incarner cette confiance dont ils sont, ne l’oublions jamais, les premiers garants

Ensuite, un choc d’impulsion économique s’impose afin que les entreprises qui se sortiront le mieux et le plus rapidement de la crise entraînent les autres dans leur sillage. Si beaucoup de groupes vont devoir réviser leurs projections de croissance et de rentabilité à la baisse, il est crucial que les secteurs les plus résilients comme celui de la santé, des télécoms, de l’agroalimentaire, de la distribution ou encore des plateformes technologiques non seulement continuent de recruter et d’investir mais le disent ! L’heure n’est pas à nier les difficultés, mais elle est encore moins, pour ceux qui résistent, à la pudeur ou à la modestie. Au contraire, leur responsabilité est de donner une impulsion et d’apporter les preuves que nous pouvons avoir confiance dans la capacité de notre économie à s’appuyer sur des relais de croissance solides.

Circuits courts. Enfin, un troisième choc, environnemental cette fois-ci, semble plus que jamais nécessaire. On remarque en effet que la crise actuelle a eu tendance à amplifier des comportements de consommation préexistants que ce soit la préférence des circuits courts, le recours aux plateformes ou la défiance face aux activités très carbonées. Dès lors, les entreprises doivent inscrire leurs plans de développement dans ce monde d’après dont on peut déjà deviner qu’il sera plus vert et plus digitalisé. Le maintien, malgré la crise, d’engagements environnementaux de long-terme est un moyen d’afficher un message d’optimisme sur l’« après » mais aussi de créer un pacte inédit entre la société et les entreprises, générateur de confiance et porteur de nouveaux leviers de croissance.

Au-delà de ces différents chocs ancrés dans la réalité économique propre à chaque entreprise et chaque secteur, il va revenir aux dirigeants d’entreprise d’incarner cette confiance dont ils sont, ne l’oublions jamais, les premiers garants. A eux en effet, de créer l’adhésion, en premier lieu de leurs salariés sans la motivation desquels la reprise ne pourra se faire, mais aussi de leurs actionnaires, de leurs fournisseurs, de leurs banques et bien sûr de leurs clients.

Si les temps calmes sont propices aux gestionnaires, les temps agités sont propices aux leaders audacieux et visionnaires. La crise doit permettre de les révéler. »

Bertrand Chambenois, Associé au sein du cabinet de conseil aux dirigeants Tilder.

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