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Déconfinement : les citoyens ne sont pas des moutons (Pierre-Louis Rémy)

Déconfinement : les citoyens ne sont pas des moutons (Pierre-Louis Rémy)

 

Pierre-Louis Rémy, ancien Inspecteur général des affaires sociales (IGAS) et ancien conseiller social de la première ministre Edith Cresson en 1991-1992,estime, dans une tribune au « Monde », que la gestion de la pandémie due au coronavirus a révélé tous les travers d’une gestion publique comptable, bureaucratique, pyramidale et autoritaire, et la nécessité d’une profonde réforme de l’Etat.

Tribune. Dans ces temps de confinement, nombreuses sont les réflexions et les propositions sur « le monde d’après ». Si elles sont très stimulantes dans la description de ce futur souhaitable, elles sont bien souvent beaucoup plus discrètes sur les moyens d’y parvenir.

Il est un domaine dans lequel l’action est possible rapidement, même si elle nécessite beaucoup de courage et si les résultats ne seront que progressifs, celui de la réforme du fonctionnement de l’Etat et des services publics.

Les nombreuses incertitudes qui entourent la pandémie peuvent expliquer des tâtonnements et des délais de réaction. Il reste que la gestion de la situation par les pouvoirs publics soulève des interrogations et met en lumière des carences suffisamment graves pour avoir été évoquées par le président de la République, lors de sa récente intervention.

En premier lieu, cela a été souvent souligné, le défaut d’anticipation. Certaines études avaient certes envisagé la possibilité d’une telle épidémie, mais aucune conséquence n’en avait été tirée au niveau de l’action publique. Cela tient pour partie au poids démesuré qu’a pris la direction du budget dans le fonctionnement de l’Etat. C’est bien sûr un réflexe ancien, mais qui semble s’être accentué au fil des ans.

L’approche comptable, de court terme, l’a emporté sur l’approche stratégique, avec pour conséquences une grande inertie des dépenses avec peu de remises en cause et en même temps une érosion des moyens, un affaiblissement des fonctions de l’Etat en matière de santé, de gestion sociale, dont on redécouvre aujourd’hui l’importance cruciale.

De façon corollaire, les postes de direction dans les ministères en charge de ces domaines n’ont jamais été valorisés, en comparaison de ceux du ministère de l’économie. Dans la gestion de son encadrement supérieur, l’Etat n’a jamais accordé la priorité aux fonctions pour lesquelles sa responsabilité est pourtant stratégique.

C’est un premier changement très profond qu’il faut réaliser dans le fonctionnement de l’Etat : rééquilibrer le poids interne des différentes administrations publiques et revaloriser celles qui portent les fonctions primordiales pour la cohésion de la société.

La crise que nous vivons a également mis en lumière le poids des procédures et du fonctionnement bureaucratique. C’est une tradition de notre pays. Cela a été accentué, paradoxalement, par l’affaiblissement de l’Etat central, du fait de la décentralisation et de l’affaiblissement de ses ressources financières.

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