Le scientifique ne peut remplacer le politique

Le scientifique ne peut remplacer le politique

A juste titre Cédric Villani dénonce l’hypocrisie qui consiste pour les politiques à abriter leur décision derrière la vie de scientifique. Certes, ces avis sont bien entendus nécessaires mais il faut bien convenir qu’ ils servent aussi d’alibi pour dégager la responsabilité. D’autre part, on parle beaucoup d’experts mais parmi eux il y a beaucoup de chapeau à plumes  qui n’ont pas exercé depuis longtemps et qui squattent nombre de postes de présidences loin du terrain médical. D’autres enfin qui profitent de l’ouverture médiatique pour se faire connaître en espérant aussi une promotion. On connaît la sociologie de ces différents conseils scientifiques qui existent dans tous les secteurs économiques et sociaux. Il y a effectivement quelques experts proches du terrain mais souvent noyés dans une population plus large de scientifiques qui pensent  davantage de temps dans les conseils d’administration que dans la recherche et la pratique scientifique. Beaucoup aussi de vieilles barbes qui s’accrochent désespérément pour des raisons existentielles et toujours à la recherche d’une présidence ou d’une mission valorisants. Cédric Villani n’a pas apprécié que les pouvoirs publics–en l’occurrence surtout le Premier ministre–s’abrite derrière la vie d’experts sanitaires pour justifier l’organisation du premier tour des élections municipales - Aux yeux du député, premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, maintenir le premier tour des municipales, comme l’autorisait le conseil scientifique, a constitué un «problème politique».

Cédric Villani explique dans le Figaro ». - La semaine dernière, l’OMS a fait passer l’épidémie au statut de pandémie. Au même moment, plusieurs collègues scientifiques témoignaient d’une nette augmentation de l’inquiétude par rapport à la façon dont l’épidémie se déployait. Mercredi 11 mars, cette inquiétude est montée d’un cran. En tant que 1er vice-président de l’OPECST, j’ai considéré qu’il fallait transmettre ce sujet aux conseillers et experts de l’office. J’ai consacré ma journée de jeudi à des consultations. J’ai vu que la situation était en train de changer de niveau. Je crois que je me souviendrai toute ma vie de ce coup de fil au professeur Eric Caumes de la Pitié-Salpêtrière, analysant une situation à venir très alarmante ».

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