Buzyn dénonce la « mascarade » des municipales

Buzyn dénonce la « mascarade » des municipales

La plupart des politiques et des grands médias tombent à bras raccourcis sur l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn pour avoir dénoncé la mascarade des municipales aussi pour avoir critiqué l’attentisme du gouvernement vis-à-vis de la crise du Coronavirus. Certes on pourra regretter cette espèce d’acte de contrition un peu tardif, de la même manière qu’on pourra aussi regretter qu’au-delà des enjeux,  ces révélations soient aussi  alimentées par l’énorme déception de l’intéressée d’avoir perdu son job  politique. Pas étonnant compte tenu de la typologie des responsables qui entourent Macron qui sont pour la plupart des arrivistes. L’amertume et les pleurs de l’ancienne ministre de la santé font écho à ceux  de Rugy lui aussi jeté en pâture à l’opinion publique et dont l’ascension politique s’est brutalement arrêtée.

De ce point de vue Macron n’a guère d’état d’âme, il se sert de ses courtisans quand il en a besoin et s’il le faut il les condamne à la déchéance. Ce fut le cas de Rudy qui occupait la très confortable place de président de l’assemblée nationale et auquel Macron a demandé–c’est-à-dire imposé- de prendre la gestion du portefeuille de l’écologie après le départ de Hulot. Il est clair que de Rudy a perdu beaucoup au change d’autant plus qu’il s’est pris les pieds dans le tapis des excès de  pouvoirs.

Même chose pour l’ancienne ministre de la santé; elle aussi confortablement installée dans un très grand ministère et dont Macron a demandé le sacrifice pour remplacer le sulfureux Griveaux. Condamnée par Macron, elle a été condamnée par le suffrage universel et maintenant par la morale politique des médias. Pourtant elle a parfaitement raison de dire que cette campagne électorale maintenue pour le premier tour des municipales aura été une vaste mascarade dont est responsable surtout le Premier ministre, copie conforme de Juppé en version plus cool mais en moins intelligente.

Le Premier ministre a torpillé l’élection municipale d’abord en décidant de les maintenir contre toutes les évidences. Ensuite, en préconisant  à la fois la mobilité des électeurs et l’immobilité des Français dans le même discours pour le même jour. Ce discours irresponsable méritera une condamnation historique et sans doute justifiera un changement de Premier ministre.

Agnès Buzyn a aussi dénoncé l’immobilisme du gouvernement indiquant notamment qu’elle avait attiré l’attention du gouvernement sur l’ampleur possible de l’épidémie dès le début de janvier mais qui n’en a pas été tenu compte.

Agnès Buzyn fait part ainsi des doutes qui l’ont assaillie au moment de remplacer au pied levé Benjamin Griveaux il y a un mois pour briguer la mairie de Paris, après l’abandon de ce dernier à la suite de la diffusion de vidéos à caractère sexuel. Emmanuel Macron était alors intervenu pour la convaincre.“Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu”, déclare Agnès Buzyn, qui a mené à Paris la première campagne politique de sa carrière.

Après avoir réuni 17,6% des voix, loin derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo (29,3%) et la candidate Les Républicains Rachida Dati (22,7%), Agnès Buzyn a suspendu lundi sa campagne pour le second tour, qui a d’ailleurs été reporté sine die par le président de la République en raison de la pandémie qui oblige les Français à rester chez eux.“Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus”, déclare Agnès Buzyn au Monde. “On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée.”

Dans un communiqué en forme de mise au point, Agnès Buzyn dit regretter la “tonalité” de l’article du Monde et explique avoir utilisé le terme “mascarade” pour désigner “le fait de débuter des discussions de fusions de listes électorales dans le contexte que l’on connaît.”

Sur France 2, le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé dans la soirée qu’Agnès Buzyn avait effectivement alerté dès le mois de janvier sur le sérieux de l’épidémie en Chine et, a-t-il ajouté, c’est pour cela qu’un certain nombre de réunions ont été organisées dès le mois de janvier. Mais il a indiqué que les avis divergeaient alors sur ce que serait l’évolution de l’épidémie.

Quant au maintien du premier tour des élections municipales, dimanche dernier, le chef du gouvernement a déclaré que cette décision était “fondée sur des motifs scientifiques” et “parfaitement assumée”. Une argumentation très critiquable. D’abord parce que malheureusement les scientifiques eux-mêmes étaient très partagés et que certains chapeaux à plumes de la médecine se sont comportés en courtisans vis-à-vis du pouvoir. En plus, le fait d’indiquer que la décision est pleinement assumée n’ajoute pas la moindre pertinence à l’argumentation. Cette expression en l’occurrence ne veut  strictement rien dire.

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