Grippe saisonnière : 60.000 morts en Europe

 

 

 

À juste titre, l’organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que la grippe La grippe saisonnière fait 60.000 morts par an en moyenne  en Europe. Les  victimes devrait être d’autant plus nombreuses cette année que la grippe est d’autant plus sévère. Pourtant existe  un vaccin protecteur encore bien insuffisamment utilisé y compris chez les personnes fragiles voire même le personnel médical ou paramédical.

S’exprimant depuis le ministère italien de la Santé, après une réunion consacrée à l’épidémie de coronavirus, un représentant de l’OMS pointe que les victimes enregistrées en Italie étaient toutes âgées « de plus de 65 ans, avec une immunité basse », des personnes qui sont donc également « vulnérables face à la grippe saisonnière ».

Un douzième décès relié à l’épidémie de nouveau coronavirus s’est produit en Italie, où le bilan s’établit désormais à 374 cas et 12 morts, a annoncé mercredi la Protection civile.

Pour l’instant il n’y a rien de comparable entre les victimes de la grippe dite ordinaire et le Corona virus. Ce que confirmer expert récemment sur France Info.

Contacté par franceinfo, le virologue Laurent Andreoletti, du CHU de Reims, pointe donc aujourd’hui un paradoxe : « On n’a pas peur de la grippe et on a peur de ce virus qui n’a tué personne en France ». Pour autant, d’autres chercheurs refusent de mettre ces deux maladies sur le même plan.  »Ce serait comparer des choux et des carottes, réagit la virologue Astrid Vabret, de l’université de Caen. La grippe est quelque chose qu’on surveille chaque année : il y a un traitement et un vaccin. » 

 

Dans le direct de franceinfo, plusieurs lecteurs rappellent dans les commentaires que la grippe saisonnière est responsable chaque année d’ailleurs de plusieurs milliers de morts en France – ce qui est tout est à fait juste – et qu’elle mérite donc plus d’attention que le nouveau coronavirus. Mais ce dernier point est discutable. Voici pourquoi.

 

Observons maintenant dans le détail nos « choux et carottes ». Certes, le 2019-nCoV et le virus de la grippe saisonnière font tous deux partie des infections respiratoires. Ces virus peuvent donc se diffuser rapidement par voie aérienne, ce qui nécessite une surveillance étroite et coordonnée. Mais la comparaison s’arrête ici, car ils ne figurent pas du tout dans « la même famille de virus », explique à franceinfo le professeur Laurent Andreoletti, virologue au CHU de Reims. « La grippe saisonnière [de la famille des myxoviridae ou myxovirus] et le 2019-nCoV [un coronaviridae] diffèrent génétiquement et dans leur structure protéique ».

Les coronavirus se distinguent par leurs couronnes (« corona » en latin) de surfaces bulbeuses, semblables aux projections d’un soleil. Le virus de la grippe et le 2019-nCoV sont plutôt de taille intermédiaire tous les deux mais ils n’utilisent pas les mêmes « clés » pour entrer dans les cellules. Ces clés sont importantes, car elles établissent le lien physique entre le virus et des récepteurs présents à la surface des cellules : l’acide sialique pour la grippe et probablement l’enzyme de conversion de l’angiotensine II pour le 2019-nCoV. Nos deux virus ont donc chacun leur outil pour forcer la porte.

Les symptômes de la grippe sont bien connus : fièvre, maux de tête et douleurs musculaires. Ses signes respiratoires, eux, sont plutôt discrets, même si l’on observe parfois un écoulement nasal, une toux sèche ou des douleurs aux bronches. Dans le cas du coronavirus 2019-nCoV, « la durée des symptômes est variable et peut aller jusqu’à une dizaine de jours », ajoute Eric D’Ortenzio épidémiologiste à l’Inserm. Sur les premières études consacrées au 2019-nCoV,  »une aggravation des symptômes a pu survenir à partir du huitième ou neuvième jour » dans un groupe de patients à risque.

Pour réellement comparer la grippe saisonnière et le 2019-nCoV, il est également possible de prendre en compte le taux de létalité du virus, c’est-à-dire le nombre de décès rapporté au nombre de personnes infectées. En France, ce taux est extrêmement faible dans le cas de la grippe saisonnière (inférieur à 0,1%), ce qui signifie que moins d’un malade sur 1 000 meurt de complications. L’OMS évoque un taux de 0,05% aux Etats-Unis cette saison (un malade sur 2 000).

Il est difficile de connaître ce taux dans le cas du 2019-nCoV, car le nombre de personnes contaminées augmente chaque jour. Il est actuellement autour de 2% (425 morts pour plus de 20 000 cas), soit un malade sur 50 environ. Mais ces chiffres communiqués par les autorités chinoises sont impossibles à vérifier. Par ailleurs, certains patients ne développent pas de symptômes (asymptomatiques) ou ne sont pas recensés. Un nombre important de cas non déclarés ferait chuter le taux de létalité en conséquence. Il faudra donc attendre des données plus précises pour en avoir le cœur net car ce taux pourrait évoluer à l’avenir. Il devrait rester bien en-deça de ceux du Sras (10% selon le professeur Yazdan Yazdanpanah, chef du service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris) et surtout du Mers (supérieur à 30%, selon le Journal of Medical Virology).

 

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