«Clause Zéro Kérosène» au service du localisme dans les villes?

«Clause Zéro Kérosène» au service du localisme dans les villes?

 

La clause zéro kérosène envisagée par certains maires vise évidemment à mettre fin au scandale des productions notamment de produits frais qui font des milliers de kilomètres avant d’atteindre les assiettes françaises ( notons qu’elle aurait aussi des répercussions en sens inverse pour les exportations). Vincent You , adjoint au Maire d’Angoulême propose d’assurer la promotion du localisme dans un papier du Figaro. Une clause zéro kérosène qui pourrait être appliquée à d’autres produits destinés par exemple aux équipements publics. La Clause Zéro Kérosène ne va pas, toute seule, sauver notre agriculture. Le problème cependant c’est qu’il y a quand même des contradictions entre des préoccupations environnementales qui voudraient favoriser le localisme et certains aspects du droit commercial. Sans parler des mesures de rétorsion qu’appliqueraient certains pays vis-à-vis de marchandises exportées de France. Le localisme  de ce point de vue ne pourrait sans doute pas résoudre tous les problèmes liés aux énormes gaspillages de transport et de logistique mais sa promotion au moins partielle  serait de nature à influencer la structure complètement éclatée des processus de production et de distribution.. Nous pouvons dire que nous refusons que des haricots du Canada ou du Kenya, sitôt cueillis soient servis dans les assiettes de nos petits pour accompagner les viandes brésiliennes! Trop souvent, les élus municipaux se focalisent sur le bio, sans veiller à la provenance des denrées, question pourtant beaucoup plus fondamentale au plan écologique.

La Clause Zéro Kérosène consiste à remettre la distance à distance. Elle pose les bases d’une forme d’écologie qui donne un avantage comparatif à la production locale. Et tant mieux pour les gourmands: les meilleurs fruits et légumes ont été cueillis peu de temps avant d’être consommés. Vouloir réveiller le sens du goût chez nos enfants, c’est donc veiller à les nourrir avec des produits frais. C’est choisir de leur servir des denrées qui n’ont pas pris le bateau pendant deux ou trois semaines pour traverser un océan. En interdisant l’avion, au titre de la lutte contre les gaz à effet de serre, on peut donc associer une volonté de privilégier des produits gustatifs qui viennent d’être cueillis et, donc, qui viennent d’à côté!

Pénaliser les transports qui utilisent le kérosène est une étape symbolique. Elle consiste à dire que la COP21 doit cesser d’être en contradiction avec notre droit. Elle consiste à souligner la nécessité de revoir le droit de nos marchés publics pour enfin y intégrer un indice carbone qui intègre le cycle de vie des produits.

Angoulême peut se réjouir d’avoir porté la Clause Molière qui a permis de considérablement freiner l’essor du travail détaché au détriment de l’emploi local, en assurant la sécurité de tous les ouvriers. Avec la Clause Zéro Kérosène nous avons ouvert un nouveau chemin. Là où ils sont, les élus qui le décident peuvent réintroduire la distance dans l’économie mondiale. Tout n’est pas à notre porte. Traverser un océan ne met pas douze heures, mais une à trois semaines. Choisir un produit de saison, vouloir le servir frais et en pleine maturité, implique d’acheter à proximité.

 

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