Retraites: « un manque de clarté» ( Gérard Larcher)

Retraites: « un manque de clarté» ( Gérard Larcher)

 

 

Le président du Sénat à juste titre reproche un grand manque de clarté de la part du gouvernement concernant la philosophie, les objectifs et les modalités de la réforme des retraites. Ils note aussi les nombreuses contradictions des différents responsables notamment de la clause du grand-père. Pour autant Gérard Larcher estime que la réforme est indispensable notamment que l’âge de la retraite est posé avec l’entrée tardive sur le marché du travail (en moyenne actuellement autour de 23 ans). Il estime cependant incontournable l’augmentation des cotisations et la baisse des pensions avec des aménagements pour les travaux pénibles. Pas forcément une grande différence avec les intentions du gouvernement mais une démarche plus claire. Le président du Sénat évoque la légitimité politique du président largement atteinte par le manque de confiance de l’opinion à son égard

«Il y a, depuis maintenant deux ans et demi, un problème de cap et de méthode», a asséné Gérard Larcher sur le plateau du «Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI». À la veille d’une grève de grande ampleur, pour protester contre la réforme des retraites mise en place par le gouvernement, le président du Sénat estime que l’exécutif doit se remettre en question. «Il y a un problème de cap, parce qu’il n’y a pas de cohésion globale des méthodes. Les Français n’y comprennent rien, c’est anxiogène. Il y a également un problème de méthode, qui vient du mode de gouvernance du président, trop vertical».

Sans apporter explicitement son soutien au mouvement de grève du 5 décembre, Gérard Larcher a rappelé: «le droit de grève est un droit constitutionnel, qui permet d’envoyer des alertes». Pour lui, la responsabilité de la colère sociale incombe, d’abord, au gouvernement, qui entretient «l’opacité» sur la réforme des retraites. «Nous participons d’abord à deux colloques, puis on nous parle de l’âge pivot, puis le président évoque dans un avion la clause du grand-père, avant que son premier ministre ne rétropédale. Il faut clarifier les choses, il nous faut un texte, et engager un vrai dialogue», soutient le président du Sénat.

Gérard Larcher demande à ce que «trois réalités soient prises en compte»: l’augmentation des cotisations, la baisse des pensions, et la question du paramètre de l’âge. «Arrêtons de ne pas dire la vérité aux Français, rebondit-il, à ce sujet. La question de l’âge est posée, avec l’augmentation de l’espérance de vie et l’entrée tardive dans le monde du travail. Nous passerons à 63 ans, puis probablement à 64 ans».

Se prononçant, malgré tout, pour la fin des régimes spéciaux, Gérard Larcher estime, toutefois, qu’il faudra «définir de nouvelles pénibilités». «Je suis pour un régime par point, jusqu’à un plafond de la sécurité sociale. Je préconise un régime universel de base, avec des régimes complémentaires obligatoires, et la disparition progressive des régimes spéciaux», détaille-t-il.

Pour répondre à la crise, le sénateur considère que le gouvernement devrait présenter un «document clair», pour permettre aux parlementaires et aux partenaires sociaux de dialoguer sur des propositions concrètes. «Je pense qu’aujourd’hui, la grande question, c’est la perte de confiance des Français dans la parole publique. Le président doit se rendre compte que le pays ne le croit plus», affirme-t-il, reconnaissant une détérioration de ses relations avec Emmanuel Macron.

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