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Archive mensuelle de novembre 2019

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Remettre en cause la politique française de défense?

Remettre en cause la politique   française de   défense?

 

Il est légitime de s’interroger sur la nature de la politique de défense, ses objectifs et ses modalités. Une interrogation qui doit d’ailleurs être permanente  car la nature des dangers et des risques évolue. En général, la problématique militaire reste du  domaine réservé des spécialistes , surtout depuis la professionnalisation de l’armée. Elle est aussi surtout orientée par les industries de la défense qui représentent  en France un poids économique non négligeable. La France fait partie, certes loin derrière les États-Unis et la Russie, des plus grands exportateurs au monde d’armements. L’industrie de l’armement représente donc un poids incontestable dans l’économie française.  En 2017, l’industrie de l’armement réalise 6,9 milliards d’euros de vente à l’international et emploie 200 000 personnes. La dissuasion nucléaire représente l’axe central de la politique de défense mais elle est forcément complétée par des forces opérationnelles qui interviennent  dans les territoires extérieurs ou en France.  L’effort de la France en matière de défense est assez considérable même s’il est en recul régulier par rapport au PIB. La question qui se pose est de savoir si cette stratégie militaire est bien adaptée aux enjeux  du moment. Ce qui caractérise les conflits en cours, c’est en quelque sorte leur délocalisation dans les pays en développement d’où l’importance donnée aux opérations extérieures comme au Sahel ou Levant. Avec la professionnalisation, les armes et la logistique se sont considérablement sophistiqués  utilisant notamment toutes les technologies de pointe; le  problème c’est que la plupart des opérations extérieures se caractérisent  le plus souvent par des luttes contre le terrorisme. Et la suprématie technologique devient illusoire. En fait, il s’agit de lutter contre un ennemi difficilement identifiable qui se mêle à la population locale. On a bien vu en Syrie que les satellites, drones, chasseurs et autres moyens d’artillerie étaient loin d’être suffisants pour anéantir Daesh. Ceux  qui se sont montrés les plus efficaces par exemple en Syrie, ce sont  les kurdes qui maison par maison ont nettoyé le terrain de la présence islamiste. Par parenthèse, ce qui n’a pas empêché les occidentaux de les abandonner ensuite! Au sahel  la situation est encore plus complexe car les territoires en cause  sont immenses. Dès lors  se pose la question de savoir si les effectifs de l’armée, environ 200 000 militaires d’active, sont bien adaptés aux missions qu’  on leur demande aujourd’hui. Par exemple, on peut sérieusement s’interroger sur la mobilisation militaire  qui peut atteindre 10 000 hommes dans l’opération Vigipirate Sentinelle en France dans la mesure il s’agit essentiellement d’une mission de police. D’une certaine façon, les forces de dissuasion des grandes puissances se neutralisent et les grands pays conduisent leurs conflits par procuration dans des pays pauvres vulnérables à la propagande terroriste et où des différents groupes armés. On peut se demander  quelle peut être l’efficacité par exemple de l’opération Barkhane qui repose sur l’intervention d’environ 3000 hommes pour contrôler un territoire cinq à sept  fois grand comme la France qui va de la Mauritanie au Tchad. C’est un peu comme si sur un territoire comme la France,  on ne disposait que de cinq  hommes par département ! Objectera que cette opération Barkhane  va maintenant être soutenue par certains pays européens toutefois les effectifs risquent d’être encore très insuffisants par rapport à l’enjeu. Si la France voulait vraiment faire face avec efficacité à ses engagements, il faudrait au moins cinq fois plus de militaires et la question du service militaire obligatoire se poserait. Pour l’avenir les prochains conflits se caractériseront  surtout par des opérations de surveillance, de maintien de l’ordre et d’affrontement sporadique avec des troupes terrestres et des groupes ou individus terroristes.  La suprématie technologique ne suffira pas !

 

Les OPEX

se déroulent dans le cadre  :

  • de l’ONU : Liban (opération Daman menée dans le cadre de la Finul), Côte d’Ivoire (Onuci), Sahara occidental (Minurso), Liberia (Minufil), République démocratique du Congo (Monusco) ;
  • de l’Union européenne : mandat de la Mission de sécurité européenne pour l’assistance à réforme de la sécurité en République démocratique du Congo (EUSEC) achevé en juin 2016 ; opération Atalanta (2008) de lutte contre la piraterie maritime au large de la Corne de l’Afrique ;
  • de forces multinationales, comme la Force multinationale d’observation (FMO) dans le Sinaï ;
  • et dans un cadre national (équipes de protection embarquées sur des bateaux thoniers-seniers de sociétés d’armateurs privés français).

La décision d’engagement des armées est prise par le président de la République en Conseil de défense sur le fondement des prérogatives qu’il tient de l’article 15 de la Constitution du 4 octobre 1958 et de l’article 5, alinéa 2, qui fait de lui le “garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités”.

Les ordres d’opération et la directive administrative et logistique sont produits par l’état-major des armées. La directive précise le périmètre géographique du théâtre d’opérations et ses modalités de soutien, dont le soutien financier (affectation des dépenses aux budgets opérationnels de programmes OPEX et versement de l’indemnité de sujétion pour service à l’étranger, notamment).

Le contrôle parlementaire des OPEX

Avec la modification des dispositions de l’article 35 de la Constitution, la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 a renforcé le contrôle parlementaire.

Si le gouvernement décide d’engager une intervention armée, il doit informer le Parlement dans les trois jours. Un débat parlementaire sans vote peut être organisé, comme ce fut le cas le 24 septembre 2014 lors de l’intervention de la France en Irak avec l’opération Chammal ou le 25 septembre 2015 lors de l’engagement des forces aériennes en Syrie. Si l’intervention extérieure se prolonge au-delà de quatre mois, le gouvernement soumet cette prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort.

Depuis l’entrée en vigueur de cette disposition, le gouvernement a demandé à sept reprises la prolongation d’une intervention extérieure :

  • le 22 septembre 2008 demande de prolongation de l’intervention en Afghanistan ;
  • le 28 janvier 2009 demande de prolongation de cinq interventions (Côte d’Ivoire, Tchad, Liban, Kosovo, République Centrafricaine) ;
  • le 12 juillet 2011 demande de prolongation de l’intervention en Libye ;
  • le 22 avril 2013, demande de prolongation de l’opération Serval au Mali ;
  • le 25 février 2014 demande de prolongation de l’opération Sangaris en République Centrafricaine ;
  • le 13 janvier 2015, demande de prolongation de l’opération Chammal en Irak ;
  • le 25 novembre 2015, demande de prolongation de l’engagement des forces aériennes au-dessus du territoire syrien.

La budgétisation et le financement des OPEX

Dans son rapport de novembre 2016 sur les OPEX(nouvelle fenêtre), la Cour des comptes constate une modification de la nature et du coût des OPEX entre 2012 et 2015. Ces engagements armés se déploient selon des formats, intensités et durées variables, avec des répercussions quant à l’affectation des dépenses : sur quels budgets affecter les dépenses d’entraînement de l’armée afghane ou la protection des navires au large de la Somalie ?

La Cour des comptes souligne que les dépenses supplémentaires dues aux OPEX ont représenté, au cours des trois derniers exercices, plus de 1,1 milliard d’euros chaque année. Le coût unitaire, par militaire projeté, d’une opération extérieure a plus que doublé depuis une décennie, pour atteindre plus de 100 000 d’euros par soldat déployé par an.

La Cour des comptes comme le Sénat (rapport d’octobre 2016) demandent une meilleure connaissance du surcoût croissant des OPEX et recommandent d’inscrire en loi de finances initiale une dotation réaliste et sincère pour les OPEX.

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Croissance Chine: échanges extérieurs dans le rouge .

Croissance Chine:  échanges extérieurs dans le rouge .

Pour preuve du net tassement de la croissance chinoise, le recul du commerce extérieur. D’après les statistiques des douanes chinoises, les exportations ont diminué de 0,9% en octobre en rythme annuel. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient un déclin plus marqué, de 3,2%.

Les importations ont chuté le mois dernier, pour un sixième mois consécutif, de 6,4% en rythme annuel, un déclin moins important qu’attendu – le consensus ressortait à -8,9% après un déclin de 8,5% en septembre.

L’excédent commercial de la Chine ressort à 42,81 milliards de dollars (38,73 milliards d’euros) en octobre, contre 39,65 milliards de dollars le mois précédent, alors que les économistes tablaient en moyenne sur un montant de 40,83 milliards.

La menace chinoise sur un système de santé national numériquement intégré

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Par Jean-Dominique Séval Directeur fondateur du cabinet de conseil Soon Consulting,  Le Monde)

L’Etat chinois laissera-t-il les mastodontes privés, déjà détenteurs de montages de données utilisateurs, en récolter davantage, parmi les plus personnelles ? La confidentialité des échanges entre médecins et patients pourra-t-elle encore rester confidentielle, s’interroge l’expert en stratégie numérique Jean-Dominique Séval dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Au moment où aux Etats-Unis, Google a été pris la main dans le sac pour avoir aspiré les données cliniques de millions de patientes et de patients, et qu’en France, la ministre de la santé semble avoir pris conscience des enjeux de l’intelligence artificielle pour la santé, la Chine est déjà en train de bâtir à marche forcée un nouveau système de santé national numériquement intégré.

En quelques décennies, la Chine a réalisé d’énormes progrès pour moderniser son système de santé. Il est loin le temps où une partie de l’Occident s’extasiait devant le système des médecins aux pieds nus, lancé en 1965 par Mao Zedong pour parer au plus pressé : des agriculteurs formés en six mois aux rudiments des soins médicaux sur fond de médecine traditionnelle. Il reste de cette époque un sentiment d’urgence dont témoigne la formidable capacité d’accélération de l’économie chinoise appliquée à la transformation du système de santé à l’heure du numérique.

Depuis les temps héroïques, l’espérance de vie de ses citoyens s’est sensiblement améliorée, la mortalité infantile fortement réduite… Toutefois, avec une population vieillissante, les dépenses nationales de santé augmentent 5 % à 10 % plus vite que le PIB depuis 2008. Et le système est victime de fortes disparités régionales, avec des hôpitaux submergés dans les villes, alors que les campagnes manquent cruellement de praticiens. Résoudre ces problèmes est une des priorités du plan décennal « Healthy China 2030 ».

Pour y parvenir, l’Etat a mis en place depuis 2008 une cohabitation structurée entre un secteur public dont le but est d’assurer l’accès aux soins basiques pour tous, et un secteur privé devant accélérer la mise en place d’un système de santé au niveau des standards internationaux. Cela nécessite une coopération étroite entre des acteurs aussi différents que les autorités locales et centrales, les assureurs privés, et les trois géants Baidu, Alibaba et Tencent (BAT). Ces trois géants du Net, en recherche de nouveaux relais de croissance alors que l’économie marque le pas, espèrent changer la donne sur le marché chinois de la santé.

C’est le cas de Tencent Trusted Doctor (TTD), créé en 2018, suite au rachat par Tencent de Trusted Doctor, une start-up de la e-santé fondée à Shanghaï par Martin Shen. Cet Australien d’origine chinoise, ancien lieutenant-chirurgien de la Royal Australian Navy et passé par l’industries IT (Isoft, Siemens Healthcare), décide de revenir en Chine pour créer sa propre entreprise. Martin Shen, devenu président de la nouvelle entité, est enthousiaste : « Désormais épaulé par Tencent, et avec une levée de fonds de 250 millions de dollars [227 millions d’euros] réalisée en avril 2019, nous voulons proposer une santé universelle, grâce à la plus grande transformation d’un système de santé jamais entreprise au niveau mondial ».

 

Bernard Arnault, président de LVMH,: hommage à Macron !

Bernard Arnault, président de LVMH,: hommage à Macron !

L’hommage à Macron de Bernard Arnault président de LVMH vaut son pesant de cacahouètes. L’un des patrons les plus riches du monde  se félicite de l’impact de Macron sur l’image international de la France ( il faut dire qu’LVMH  travaille surtout avec les plus favorisés). .Une sorte de retour d’ascenseur car chacun sait que les grands patrons comme Bernard Arnault ont largement soutenu et financé la campagne de macron. Notons qu’une information judiciaire est en cours sur cette question mais qu’elle n’est pas prêt d’être déterrée. Un éloge évidemment complètement ridicule mais qui en même temps constitue une forme de remerciement aux cadeaux fiscaux faits au patronat, notamment la suppression de l’impôt sur la fortune.    

 

La fortune du patron d’LVMH est évaluée à environ 100 milliards de dollars et pourtant ils ne payent que 2 millions d’impôts, une goutte d’eau et une prouesse de l’ingénierie fiscale autorisées par Macon. En l’espace d’un an, la fortune de Bernard Arnault a progressé de 39 milliards de dollars, poursuit le quotidien du soir. C’est le plus fort gain constaté au sein des 500 milliardaires dont le patrimoine est estimé par l’agence Bloomberg.

L’un des principaux soutiens à Macon relativise les mouvements sociaux en France. « La France reste un pays qui fait rêver, c’est toujours le pays qui attire le plus de touristes au monde », a insisté le PDG de LVMH, qui a adressé un message de félicitations à Emmanuel Macron. « Depuis l’arrivée du président Macron à la présidence de la République, l’image de la France s’est quand même sensiblement améliorée sur notre activité, s’est beaucoup améliorée notamment pour les investissements étrangers. Et ça compte beaucoup », a-t-il assuré.

Pourtant, le président de la République est hautement contesté depuis un an, avec notamment le mouvement des « gilets jaunes » et les manifestations parfois violentes qui l’ont accompagné. Les images des incidents sur les Champs-Elysées, sous l’Arc de triomphe notamment, ont ainsi fait le tour du monde. « On a tendance à grossir un peu l’impact de tout ça « , a tempéré Bernard Arnault. « En France, à la télévision, on fait beaucoup d’émissions sur la politique et sur tous ces événements. Il y en a quand même beaucoup moins à l’étranger et notamment aux Etats-Unis, ou encore moins en Chine. »Et pour cause la démocratie n’y est pas tolérée !

 

Unedic chômage: dans le rouge ou pas ?

Unedic chômage: dans le rouge ou pas ?

 

Difficile de comprendre les prévisions de l’Unedic concernant son futur équilibre financier. D’une certaine manière les évaluations de l’Unedic sont aussi approximatives pour le chômage que celle du comité d’orientation pour les  retraites. Un jour, on annonce l’équilibre et peu  après le retour du déficit. En vérité des évaluations qui sont surtout dépendantes des orientations des  gouvernement et qui permettent de les justifier.

« Après douze années de déficit dont 1,8 milliard d’euros en 2019, l’Unedic prévoit un retour à l’excédent en 2021 sous les effets de la conjoncture et de la réforme de l’assurance chômage, selon ses prévisions 2019-2022 publiées « avait déclaré l’Unedic fin septembre. Mais Selon les derniers calculs de l’Unedic de novembre, le régime accusera encore un déficit de l’ordre de 2 milliards d’euros cette année et de 700 millions en 2020. Bref des prévisions tout à fait contradictoire pour donner davantage de légitimité à la réforme de choc récemment décidée.

 

L’Unedic attendait un retour à l’équilibre financier en 2020 en raison de l’entrée en vigueur au 1er novembre dernier d’une nouvelle convention d’assurance-chômage beaucoup plus restrictive. Mais selon ses derniers calculs, il n’interviendra finalement qu’un an plus tard que prévu, soit en 2021. La raison? La dégradation de la conjoncture (essentiellement croissance et inflation) anticipée pour les deux prochaines années par rapport aux prévisions de septembre dernier, qui aura un effet à la hausse sur les dépenses d’allocations et à la baisse sur les rentrées de cotisations.

Concrètement, le régime accusera un déficit de l’ordre de 2 milliards d’euros cette année et de 700 millions en 2020. Le retour dans le vert ne se fera donc qu’en 2021, avec un excédent prévisionnel de 2,3 milliards d’euros, puis de 4,6 milliards l’année suivante. Fin 2020, la dette (les déficits cumulés depuis la crise de 2008) atteindra un record absolu, à 38,2 milliards d’euros, soit l’équivalent de 11 mois de recettes du régime. Selon l’Unedic, les nouvelles règles vont avoir un impact sur 1,2 million de chômeurs, soit la moitié du nombre de demandeurs d’emploi indemnisés.

Une profonde réforme de l’UE ?

Une profonde  réforme  de l’UE ?

 

Macron récemment  a déclaré que l’OTAN était en mort cérébrale. D’une certaine manière, on pourrait en dire autant de l’Europe dans la mesure le principal moteur qu’étaient  l’Allemagne et la  France est complètement en panne. L’une des principales questions concerne la politique de défense de l’union européenne qui évidemment ne peut être soumise totalement aux évolutions caractérielles du président américain et qui dépend trop du bouclier US. Le second problème aussi urgent concerne la relance économique autour des investissements et des enjeux stratégiques que constitue le numérique, la transition énergétique, les investissements publics. L’union économique doit se persuader que pour la dizaine d’années qui vient le monde connaîtra une assez longue période de croissance faible voire même une période de crise. Dès lors, on  ne peut tout miser sur la force des exportations d’autant plus qu’elles manifestent une grande faiblesse concertant certaines nouvelles technologies. Bref, il faut  de redonner un sens économique mais politique à une Europe de plus en plus mise en question par la montée des nationalismes. Il faudra du temps pour  faire l’analyse de la situation actuelle, de ses atouts comme de ses faiblesses. Un temps d’autant plus nécessaire qu’il  conviendra d’associer les populations à la réflexion. Dans ce contexte, Paris et Berlin appuient l’idée d’une “conférence sur l’avenir de l’Europe” s’étalant sur plus de deux ans, de 2020 au premier semestre 2022, afin de renforcer l’unité et la souveraineté de l’UE face aux nombreux défis auxquels elle doit faire face.

Cette “conférence” réfléchirait aux réformes susceptibles, entre autres buts, de promouvoir la démocratie et d’améliorer le fonctionnement d’un bloc réduit à 27 Etats membres après le retrait programmé des Britanniques le 31 janvier 2020.

Parmi ces défis figurent le rôle de l’Europe dans le monde et sa sécurité. Emmanuel Macron a estimé ce mois-ci, dans une interview à l’hebdomadaire britannique The Economist, que l’Alliance atlantique était en état de “mort cérébrale” et le président français a exhorté l’Europe à renforcer ses capacités de défense face à des Etats-Unis devenus trop imprévisibles.

Le document mentionne le voisinage immédiat de l’UE, la numérisation, le changement climatique, l’immigration, la lutte contre les inégalités, l’”économie sociale de marché” et l’état de droit comme les autres domaines dans lesquels les Européens doivent renforcer leur unité.

Cette conférence sur l’avenir de l’Europe devrait se nourrir de consultations citoyennes et déboucher sur une série de recommandations – à soumettre aux dirigeants des Vingt-Sept – lors de sa clôture au premier semestre 2022.

La France et l’Allemagne se sont retrouvées en désaccord sur plusieurs dossiers ces derniers mois, de la réforme de la zone euro à, plus récemment, des sujets comme l’Otan ou l’élargissement des Balkans.

L’idée de cette proposition conjointe sur l’avenir de l’Europe est de montrer que la coopération franco-allemande, vitale pour la dynamique européenne, n’est pas elle-même en état de “mort cérébrale”, indique une source diplomatique française.

Service national: anecdotique ou universel

Service national: anecdotique ou  universel

 

La détérioration de la situation au Sahel et  le nombre important  d’opérations de l’armée française dans des territoires extérieurs devraient nous interroger sur la stratégie militaire qui repose uniquement aujourd’hui sur la professionnalisation. Or d’après les déclarations mêmes du chef d’état-major des armées, les moyens militaires sont complètement sous dimensionné par rapport aux enjeux. En clair, les moyens en matériel et en hommes sont clairement insuffisants. On peut légitimement reposer la question du service militaire obligatoire puisque pour l’essentiel les engagements de l’armée se caractérisent par des opérations de surveillance , de police, sporadiquement par des ripostes anti terroristes.  Pourtant pour des motifs électoraux , on a supprimé le service national obligatoire. Et pour ne pas froisser les électeurs on a appelé service national universel un ridicule petit stage facultatif d’un mois. Il y a de fortes chances pour que le service national et universel ne soit finalement ni vraiment un service national, ni vraiment universel encore moins militaire  En plus une durée d’un mois !  Le gouvernement avait prévu sa généralisation ici 2026. Pour l’instant on n’en est à quelques milliers quand une classe d’âge représente 800 000 personnes. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale fait cependant  un bilan positif.

 

La promesse de Macron finit pourtant  en eau de boudin d’abord du fait des réticences des pros de l’armée à participer à une résurgence du service militaire obligatoire. Exit ou presque la dimension militaire. Ensuite parce la France n’a pas les moyens de le financer. En juin dernier, près de 2000 jeunes de 13 départements ont expérimenté ce projet cher au chef de l’Etat Emmanuel Macron. Le dispositif devait initialement être étendu à 40.000 jeunes l’an prochain. Finalement, ils seront « autour de 30.000″, affirme Gabriel Attal, soulignant que « c’est une montée en charge très importante ». « Pour la première fois, tous les départements lanceront le SNU. La campagne de recrutement commencera en janvier. Il y aura entre 100 et 500 volontaires, selon les départements », ajoute-t-il.

Après la première phase de juin dernier, durant laquelle les jeunes ont effectué un « séjour de cohésion » en internat, les volontaires doivent désormais accomplir deux semaines de mission d’intérêt général auprès d’une association, d’une collectivité ou d’un corps en uniforme d’ici à juin 2020.

Pendant les vacances de la Toussaint, « ils seront près de la moitié des 1978″ premiers volontaires à effectuer cette mission, notamment dans l’armée, les forces de sécurité ou la solidarité, note Gabriel Attal. Le dispositif est appelé à se généraliser au fil des ans à l’ensemble d’une classe d’âge, soit 800.000 adolescents, et à devenir obligatoire affirme sans rire Gabriel Attal.

 

« On a un premier bilan et un premier retour sur les effets de ce séjour. Il est positif. On a à la fois des jeunes qui ont le sentiment d’avoir grandi, d’avoir gagné en maturité, d’avoir appris des choses », a fait valoir Gabriel Attal. « Et on voit des effets sur des jeunes qui étaient décrocheurs, qui avaient arrêté l’école pour phobie scolaire ou pour délinquance parfois, et qui ont repris le chemin de l’école parce qu’il y a eu un effet d’entraînement, de modèle, avec d’autres jeunes », a poursuivi le secrétaire d’Etat. Le problème est que le contenu même du service dit universel est très confus et qu’il faudra 20 ou 30 ans soit réellement universel et pour  concerner la totalité d’une classe d’âge. A moins de réduire ce service à une journée au lieu  d’un mois !

 

Retraites et droits du grand-père : la réforme en 2070 ou en 2025 !

 

 Retraites et  droits du grand-père : la réforme en 2070 ou en 2025 !

Retraites et  droits du grand-père : la réforme en 2070 ou en 2025 !Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le grand flou quant à l’orientation générale de la réforme des retraites. La grande question est de savoir si cette réforme concernera  seulement les nouveaux entrants  auquel cas tous  les effets du changement de système ne se feraient sentir que dans 45 ans environ vers 2070 ! L’ hypothèse a en effet été évoquée par Macron lui-même qui commence à être inquiet de la mobilisation à propos de cette réforme. Par ailleurs, il regarde sans doute avec une certaine attention les sondages qui le mettent  à égalité avec Marine Le Pen dans la perspective des présidentielles de 2022. En outre, sa popularité ne cesse de s’éroder et 80 % de l’opinion estiment que la politique de Macron n’apportera pas d’amélioration sur le plan socioéconomique. De quoi faire réfléchir l’intéressé sur la nécessité d’engager une réforme pleine de risques et dont les éventuels effets bénéfiques seront pour ses successeurs. De toute manière la réforme ne sera pas mise en œuvre avant 2025 2035. Le début de mise en œuvre bien entendu. Il semble qu’on est retenu la date de 2025 des motifs financiers. De son côté, Macron s’interroge:  Faut-il appliquer la réforme aux seuls nouveaux entrants ? Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n’y  est pas favorable. Contrairement à ce qu’avait laissé entendre Macron à propos des droits du grand-père. Des droits concernant la retraite qui ne seraient pas remis en cause pour  les salariés actuels. D’une certaine manière, Jean-Paul Delevoye a sans doute raison car cela va constituer une sorte de rupture d’égalité  entre deux catégories de population. En effet, l’application des droits du grand-père opère une discrimination nette et brutale. Sans doute serait-il souhaitable de mettre en œuvre un processus de transition progressif sur des bases plus égalitaires. Ajoutons aussi que c’est aussi le grand flou concernant les régimes spéciaux dont on ne sait pas vraiment s’ils vont  rejoindre le régime universel et quand. En attendant, la réforme ne concernerait alors  que les salariés du régime général. Le caractère d’universalité serait gravement remis en cause. Il semble bien que Jean-Paul Delevoye  essaie de ramer pour ne pas avoir enterrée sa réforme après les propos de Macron :

 

« Je comprends tout à fait quelqu’un qui est à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans, et qui proteste. Et donc il faut qu’on trouve une solution intelligente. Il est rentré avec un pacte avec la Nation, on lui a dit vous allez travailler dans cette entreprise voilà vos droits. Sans doute il ne faut pas tout bousculer pour lui », avait déclaré le chef de l’État à l’antenne de RTL qui depuis s’est contredit à plusieurs reprises.

Soldats morts de l’OPEX : pour quelle politique ?

 Soldats morts de l’OPEX : pour quelle politique ?

 

 

Encore 13 victimes au Mali qui vont s’ajouter aux 547 morts pour la France dans des opérations extérieures (OPEX°). Il est logique d’honorer les soldats français morts dans le cadre d’opérations extérieures y compris avec un monument. Cependant,  c’est un peu vite s’exonérer de responsabilité; En effet, il serait temps de remettre à plat la stratégie concernant ces opérations extérieures souvent inefficaces, dangereuses et un peu irresponsables. Témoin la place de la France en Syrie, une place tellement marginale que la France comme les autres pays de l’alliance ont laissé tombé les Kurdes. Le Drian s’est contenté de communiqués de soutien! Autre interrogation, celle de la force Barkhane complètement inadaptée ou sous-dimensionnée pour lutter contre le cancer terroriste qui ronge le sahel. Stratégiquement, le fait d’avoir tout centré sur les nouvelles technologies ( armes, informations , surveillance) mérite interrogation. Vis à vis du terrorisme local, on ne peut se passer de troupes au sol même si les armes et les technologies sont nécessaires. Macron qui n’a même pas effectué de service militaire ou Le Drian qui en a affecté un très  adouci ne sont pas forcément qualifiés pour diriger la stratégie militaire.

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D’après Wikipédia:

 

Le Drian accomplit son service militaire au 512e régiment du train de Saint-Lô6, après avoir initialement été convoqué dans les para15. Ce changement d’affectation fait suite à l’intervention de son père auprès du député-maire de Carnac Christian Bonnet. Lors de son service, il apprend à conduire divers véhicules!

 

 

Les 547 hommes et ces deux femmes honorés auxquels il fauta ajouter maintenant les 13 tués au Mali appartiennent à la «quatrième génération du feu», celle qui se bat au nom de la France loin d’elle. L’écrasante majorité de ces soldats appartenaient à l’armée de terre. Ils étaient 71 à être officiers, 201 à être sous-officiers et 277 militaires du rang. C’est au Liban, dans les années 1980, que le tribut à payer a été le plus lourd avec 141 morts. Les opérations au Tchad, à partir des années 1979, ont coûté la vie à 129 militaires. En Afghanistan, l’armée a perdu 85 hommes et 78 en ex-Yougoslavie. Au Mali, l’opération Barkhane accuse 36 pertes. L’armée française a aussi perdu des hommes, en Côte d’Ivoire (22), au Congo (14), en Centrafrique (12), en Irak (12), au Gabon (9), en Égypte (9), dans le golfe persique (4), en Somalie (3), en Haïti (3), au Cambodge (3), au Burkina Faso (2) au Rwanda (1). Depuis la fin de la guerre d’Algérie en 1962, la liste trace la géographie des zones d’influence de la France dans le monde et des menaces qui pèsent sur elle. Certains engagements pouvaient se justifier, d’autres moins quand ils sont en effet de nature post coloniale.

Pour le général Lecointre, chef d’état-major des armées, l’inauguration du monument aux morts en Opex ne signifie pas seulement «honorer nos soldats». «Il s’agit aussi de dire qu’aujourd’hui, la France combat et que les meilleurs de ses enfants vont au combat», a-t-il expliqué en octobre lors d’un colloque organisé par l’Anopex, l’association des anciens combattants des Opex. «C’est un monument pour dire que nous sommes en guerre», a-t-il ajouté. Une guerre contre le terrorisme. Justement les modalités des engagements français, leur nature aussi méritent  discussion car dans nombre de cas l’armée française n’a plus les moyens de son ambition et expose inutilement la vie de militaires. Eu égard à la nature des combats visant essentiellement le terrorisme,  on peut aussi se demander si la rétablissement du service militaire ne serait pas de nature à suppléer utilement l’intervention de professionnels dont le nombre est forcément limité par nos moyens financiers. Un ciblage plus pertinent des champs intervention serait aussi urgent.

 

Quelle stratégie de défense ?

Quelle stratégie de défense ?

 

Il est légitime de s’interroger sur la nature de la politique de défense, ses objectifs et ses modalités. Une interrogation qui doit d’ailleurs être permanente  car la nature des dangers et des risques évolue. En général, la problématique militaire reste du  domaine réservé des spécialistes , surtout depuis la professionnalisation de l’armée. Elle est aussi surtout orientée par les industries de la défense qui représente en France un poids économique non négligeable. La France fait partie, certes loin derrière les États-Unis et la Russie, des plus grands exportateurs au monde d’armements. L’industrie de l’armement représente donc un poids incontestable dans l’économie française. . En 2017, l’industrie de l’armement réalise 6,9 milliards d’euros de vente à l’international et emploie 200 000 personnes. La dissuasion nucléaire représente l’axe central de la politique de défense mais elle est forcément complétée par des forces opérationnelles qui interviennent  dans les territoires extérieurs ou en France.  L’effort de la France en matière de défense est assez considérable même s’il est en recul régulier par rapport au PIB. La question qui se pose est de savoir si cette stratégie militaire est bien adaptée aux enjeux  du moment. Ce qui caractérise les conflits en cours, c’est en quelque sorte leur délocalisation dans les pays en développement d’où l’importance donnée aux opérations extérieures comme au Sahel ou Levant. Avec la professionnalisation, les armes et la logistique se sont considérablement sophistiqués  utilisant notamment toutes les technologies de pointe; le  problème c’est que la plupart des opérations extérieures se caractérisent  le plus souvent par des luttes contre le terrorisme. Et la suprématie technologique devient illusoire. En fait il s’agit de contre un ennemi difficilement identifiable qui se mêle à la population locale. On a bien vu en Syrie que les satellites, drones, chasseurs et autres moyens d’artillerie étaient loin d’être insuffisants pour anéantir Daesh. Ceux  qui se sont montrés les plus efficaces par exemple en Syrie, ce sont  les kurdes qui maison par maison ont nettoyé le terrain de la présence islamiste. Par parenthèse, ce qui n’a pas empêché les occidentaux de les abandonner ensuite! Au sahel  la situation est encore plus complexe car les territoires en cause  sont immenses. Dès lors  se pose la question de savoir si les effectifs de l’armée, environ 200 000 militaires d’active, sont bien adaptés aux missions qu’  on leur demande aujourd’hui. Par exemple, on peut sérieusement s’interroger sur la mobilisation militaire  qui peut atteindre 10 000 hommes dans l’opération Vigipirate Sentinelle en France dans la mesure il s’agit essentiellement d’une mission de police. D’une certaine façon, les forces de dissuasion des grandes puissances se neutralisent et les grands pays conduisent leurs conflits par procuration dans des pays pauvres vulnérables à la propagande terroriste. On peut se demander  quelle peut être l’efficacité par exemple de l’opération Barkhane qui repose sur l’intervention d’environ 3000 hommes pour contrôler un territoire cinq fois grand comme la France qui va de la Mauritanie au Tchad. C’est un peu comme si sur un territoire comme la France,  on ne disposait que de six hommes par département ! Objectera que cette opération Barkhane  va maintenant être soutenue par certains pays européens toutefois les effectifs risquent d’être encore très insuffisants par rapport à l’enjeu. Si la France voulait vraiment faire face avec efficacité à ses engagements, il faudrait au moins cinq fois plus de militaires et la question du service militaire obligatoire se poserait. Pour l’avenir les prochains conflits se caractériseront  surtout par des opérations de surveillance, de maintien de l’ordre et d’affrontement sporadique avec des troupes terrestres et des groupes ou individus terroristes.  La suprématie technologique ne suffira pas !

 

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L’Allemagne joue un jeu dangereux en essayant de louvoyer autour de la question de la technologie 5G du chinois Huawei . L’Allemagne n’a pas encore exclu de ces appels de d’offres le chinois et temporise à cinq en même temps de ne pas contrarier les Américains qui menacent par ailleurs de taxer l’automobile allemande. Du coup le ton monte entre les États-Unis et Berlin. En fait l’Allemagne veut à la fois protéger son business avec les Chinois et avec les Américains quittes à s’asseoir un peu sur les terres moraux et sociétaux. L’ambassadeur américain en Allemagne a qualifié lundi d’«insulte» le parallèle dressé la veille par un ministre allemand entre l’espionnage des Etats-Unis et de la Chine, dans le débat autour de la participation de Huawei à l’infrastructure 5G.

L’Allemagne n’a pas exclu pour l’instant le groupe chinois des appels d’offres, malgré les pressions répétées des Etats-Unis, qui ont banni le numéro deux mondial des smartphones et l’accusent d’espionnage pour le compte de Pékin. «Nous n’avons pas non plus demandé de boycott après l’affaire de la NSA», quand l’espionnage massif de la part des services de renseignement américains avait été rendu public à partir de 2013, a affirmé le ministre de l’Economie Peter Altmaier dimanche soir lors d’un débat télévisé. «Les Etats-Unis demandent également à leurs entreprises de transmettre certaines informations, qui sont nécessaires à la lutte contre le terrorisme», a poursuivi le ministre.

Ces déclarations «sont une insulte envers les milliers de membres des forces armées américaines qui oeuvrent pour la sécurité de l’Allemagne et les millions d’Américains attachés à une forte alliance des pays de l’Ouest», a déclaré lundi l’ambassadeur Richard Grenell, un proche de Donald Trump, dans un communiqué. «Il n’y a pas d’équivalence morale entre les Etats-Unis et la Chine», a insisté Richard Grenell. «Ceux qui suggèrent cela ignorent l’Histoire.» Le conflit autour de Huawei, considéré comme le leader de la technologie 5G, s’inscrit dans la rivalité technologique et commerciale plus large entre Pékin et Washington.

En Allemagne, le parti CDU de la chancelière Angela Merkel a voté samedi une résolution autorisant l’accès à l’infrastructure 5G à des entreprises «qui respectent de manière vérifiable un catalogue de sécurité clair», n’excluant ainsi pas d’office Huawei. Peter Altmaier a défendu lundi sa position, affirmant au quotidien Bild qu’il n’a «jamais mis sur un pied d’égalité les systèmes politiques chinois et américain». «Il est clair que nous avons besoin des plus hauts standards de sécurité pour des données sensibles», a déclaré le ministre.

À lire aussi : Comment la 5G va changer notre quotidien

L’Union européenne s’est également inquiétée début octobre des «menaces posées par des Etats ou des acteurs qu’ils soutiennent» sur la sécurité des futurs réseaux de communication 5G, sans pour autant nommer Huawei. La technologie 5G, qui doit proposer un débit 100 fois plus rapide que celui des réseaux 4G existants, est présentée comme un bouleversement en matière de télécoms dans le monde avec de nouvelles applications: objets connectés, voitures sans conducteur, automatisation accrue, télémédecine, etc.

Comment combattre les dictatures

Comment combattre les dictatures , leurs régimes mafieux et leur colonisation rampante  ( Yaël Ossowski, Fred Roeder et Luca Bertoletti)  (*).

(Opinion  la Tribune )

« Pendant des décennies, la stabilité politique, la croissance économique et la paix ont été indispensables pour faire de l’Europe un continent prospère et libre.

Les institutions de l’Union européenne ainsi que les différents États membres ont été à la tête de ces efforts, en libéralisant le commerce et en ouvrant les marchés pour que les consommateurs et les citoyens soient beaucoup mieux lotis. Une coopération et des échanges accrus ont grandement amélioré la vie de millions de personnes.

Malgré l’ampleur de ces efforts, il reste des questions clés qui devraient tous nous préoccuper en tant que citoyens de pays démocratiques. Le spectre des régimes autoritaires est encore bien réel en Europe, comme en témoignent les mouvements militaires effrontés. Un autre exemple est les influences numériques et technologiques sophistiquées dans nos infrastructures, ainsi que nos établissements politiques.

Au Hong Kong, l’État autoritaire croissant de la Chine recourt à la violence et à l’intimidation pour réprimer des manifestations découlant d’un projet de loi sur l’extradition. L’existence de camps de rééducation chinois pour un million d’Ouïghours, la minorité musulmane, a longtemps été niée, mais elle est maintenant reconnue et couverte dans la presse grand public, comme le New York Times, après des années de campagnes menées par des groupes de défense des droits de la personne.

Les vastes capacités de surveillance de l’État chinois, bien connues de sa population nationale, commencent à avoir un impact sur les citoyens européens. Ceci est une tendance inquiétante.

Compte tenu de l’influence économique croissante de la Chine en Europe, ces faits doivent être revus à mesure que nous mettons en œuvre de nouvelles technologies. Le débat sur l’infrastructure 5G et Huawei n’en est que la salve d’ouverture. La protection de la vie privée des consommateurs et la sécurité des données doivent être garanties: les efforts visant à les protéger en tenant compte des préoccupations de sécurité nationale lors de l’approvisionnement en technologies clés, comme l’ont fait le Royaume-Uni, la France et l’UE avec le 5G, semblent être la meilleure approche.

Mais des politiques numériques intelligentes ne seront pas efficaces si elles ne protègent pas nos démocraties des menaces réelles.

Aux frontières de l’Union européenne, l’Ukraine se reconstruit après cinq années d’invasion, de conflit et d’affaiblissement stratégique par son puissant voisin russe. Des milliers d’Ukrainiens ont perdu la vie en défendant leur territoire, et la situation reste périlleuse alors que des millions d’anciens citoyens ukrainiens vivent maintenant derrière les frontières russes. C’est souvent oublié. Et il faut tenir compte de l’influence russe dans de nombreux grands partis politiques européens, sans parler des « socialbots » lors des élections.

L’attention renouvelée accordée aux ressources énergétiques et à la position géopolitique de l’Ukraine lors des auditions de destitution du président Donald Trump ne fait qu’accentuer cette tendance, et l’on peut espérer que les pays européens resteront fermes dans leur volonté d’aider le pays qui a déjà aspiré à adhérer à l’UE. L’appui non seulement diplomatique, mais aussi commercial est essentiel à cet égard. Plus de 40 % des échanges commerciaux de l’Ukraine sont directement liés à l’UE, mais ils seront bientôt éclipsés par la Chine.

Des milliers d’entreprises européennes et américaines détiennent des intérêts stratégiques en Ukraine et encore plus d’entreprises ukrainiennes dépendent entièrement de clients européens. Ces relations doivent également persévérer, malgré les menaces de la Russie et de la Chine.

La technologie électrique ukrainienne utilisée dans les conducteurs et les allumages représente près de 285 millions d’euros de commerce avec l’Allemagne, tandis que les exportations allemandes de machines et de voitures sont essentielles pour les consommateurs ukrainiens.

Une autre de ces technologies est le catapultage des aéronefs à bord d’un porte-avions à l’aide d’un moteur à induction électromagnétique. Le président Trump a bizarrement fait sauter cette innovation en déclarant qu’il préférerait les lanceurs à vapeur, qui ont été utilisés pendant des décennies. Cependant, il semble que de nombreux pays européens, dont la France, soient enthousiastes à l’idée d’adopter la nouvelle technologie.

La Chine s’est déjà engagée à utiliser des lanceurs électromagnétiques pour ses futurs porte-avions et s’associe à la Russie pour construire la prochaine génération de navires nucléaires. Cela intervient alors que la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Ukraine et qu’elle augmente ses investissements sur l’ensemble du continent.

L’Europe va-t-elle se permettre d’être concurrencée ? Quel sera l’impact d’une alliance militaire plus solide entre la Chine et la Russie sur les Européens? Seul l’avenir nous le dira, et nous espérons que nos principes démocratiques nous guideront vers la prospérité et la sécurité en même temps. Ce qui reste clair, c’est que les nations européennes doivent mener des politiques intelligentes pour combattre cette montée des régimes autocratiques. Des évaluations minutieuses des importations des technologies, dont la technologie de 5G et autres, seront essentielles, de même qu’un soutien diplomatique.

Les principes démocratiques tels que l’État de droit sont extrêmement importants. Les démocraties libérales telles que l’UE et les États-Unis doivent trouver une approche commune pour protéger les citoyens de l’influence croissante d’acteurs autoritaires comme le régime communiste chinois.

C’est ainsi que nous pouvons continuer à soutenir la démocratie et la prospérité dans le monde entier. »

(*) Yaël Ossowski, Fred Roeder et Luca Bertoletti sont directeurs de 21Democracy, un projet de l’agence pour le Choix du Consommateur.

La France manque de culture économique

La France manque de culture  économique

On peut sans doute se féliciter que le ministre de l’économie s’inquiète de la sous-culture française dans le domaine financier. Le problème c’est que cette sous-culture concerne aussi bien les élites que les Français moyens où les élèves. Pour preuve de cette incurie, l’état lamentable des finances publiques ( budget général ou budgets particuliers des services publics). On notera d’ailleurs que Macon a fait une croix sur la rigueur de gestion considérant même que le critère d’un déficit public de 3 % du PIB était obsolète ! La preuve sans doute que même à l’ENA un peu de culture économique (macro et micro) serait utile. Cela d’autant plus que la  dette  et le déficit public vont encore dériver cette année. Il y a quelques années une étude du groupe allianz démontrait que lors d’un classement des connaissances financières,  la France se situait  en dernière position des 19 pays européens sondés un résultat confirmant l’ évaluation Pisa, réalisée en 2012 par l’OCDE auprès des élèves âgés de 15 ans. « Les résultats des élèves français en culture financière sont inférieurs à la moyenne des 13 pays et économies de l’OCDE ayant participé à l’évaluation. Environ un élève sur cinq (19.4 %, contre 15.3 % en moyenne dans l’OCDE) n’atteint pas le niveau de compétence de base (niveau 2) en culture financière », écrit l’organisation internationale dans une note consacrée à l’Hexagone.

« C’est l’un des paradoxes de la France, nous avons du retard en matière de culture économique, mais nous sommes aussi une grande nation d’économistes. Notre défi, c’est que cette culture économique irrigue toute la population française », a commenté Bruno Le Maire qui veut améliorer la formation des Français en matière..

Dans cette optique, le comité stratégique d’éducation financière, qui rassemble pouvoirs publics, acteurs institutionnels, professionnels et associatifs, cible trois populations en priorité : les jeunes, les ménages en situation de surendettement ou de fragilité financière ainsi que les entrepreneurs. Les actions menées à leur égard doivent s’accélérer lors des prochains mois.

Aujourd’hui, cette introduction à l’éducation financière est dispensée par des salariés de la Banque de France, mais à terme, pour être généralisée, elle devrait l’être par les enseignants eux-mêmes, qui pourront s’appuyer sur des ressources pédagogiques mises à disposition par la banque centrale.

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, a par ailleurs rappelé que dans le cadre de la réforme du lycée, l’accent était désormais davantage porté sur la micro-économie. Selon lui, la présence de l’économie au collège et au lycée doit également s’effectuer à travers d’autres disciplines, comme les mathématiques où la question du calcul des taux d’intérêt peut être abordée.

Chlordécone, poison des bananes

Chlordécone, poison des bananes

 

L’Etat français a exposé à des “risques inconsidérés” les populations et les territoires de Guadeloupe et de Martinique en autorisant le recours massif au chlordécone, un puissant pesticide utilisé de 1972 à 1993 dans les bananeraies .

Le chlordécone est connu pour avoir été utilisé comme substitut au lindane contre le charançon du bananier (Cosmopolites sordidus) dans le monde Atlantique francophone (de 1972 à 1993 dans les Antilles françaises), et contre d’autres insectes attaquant les bananiers malgré son interdiction en France depuis 1990.

Il a aussi été utilisé pour de nombreuses autres cultures à des concentrations de matière active variant entre 5% et 90%, dont sur le tabac, les arbustes ornementaux, les cultures d’agrumes, et dans les pièges à fourmis et à cafards (blattes) (c’était notamment la matière active de l’insecticide kelevan). Il a été utilisé comme larvicide contre des diptères, et pour un tout autre usage, comme fongicide contre le mildiou.

C’est aussi le produit spontané de dégradation d’autres insecticides organochlorés. Ainsi le kelevan comme le mirex se dégradent en quelques semaines en chlordécone (qui est beaucoup plus stable qu’eux). On sait depuis 1976 au moins que le mirex se dégrade en chlordécone.

Considéré comme non biodégradable, le chlordécone a dans l’environnement une demi-vie évaluée, suivant les conditions, entre 3,8 et plus de 46 ans, voire bien plus longue15 dans les sols. Cette persistance, associée à une toxicité élevée, ainsi que des pollutions et intoxications l’ont fait interdire dans de nombreux pays (dès 1976 aux États-Unis) puis définitivement dans le monde (2011), mais après que plusieurs millions de kilogrammes de ce composé aient été produits et dispersés.

Les conséquences de son utilisation jusqu’en 1993 aux Antilles françaises font périodiquement la une des médias français depuis septembre 2007. Selon les données disponibles, il faudra de plusieurs décennies à plusieurs siècles pour en épurer les sols antillais les plus touchés.

Le mirexet le chlordécone sont deux insecticides chimiquement très proches, issus de l’hexachlorocyclopentadiène (en). Aucune de ces molécules n’existe naturellement dans l’environnement. Ils n’ont plus été fabriqués ni utilisés aux États-Unis depuis 1978. Le chlordécone, a été classé  cancérogène possible dès 1975 par l’OMS, selon un rapport parlementaire dévoilé lundi par Le Monde. Selon une étude de Santé Publique France publiée en 2018, 92% des Martiniquais et 95% des Guadeloupéens sont aujourd’hui contaminés par ce produit que la France a interdit en 1990, interdiction étendue aux Antilles trois plus tard. Le chlordécone était destiné à lutter contre le charançon, un insecte qui ravageait les plantations.

“L’Etat a fait subir des risques inconsidérés, au vu des connaissances scientifiques de l’époque, aux populations et aux territoires de Guadeloupe et de Martinique”, souligne le rapport de la commission d’enquête parlementaire créée il y a six mois sous la présidence du député martiniquais Serge Letchimy.

“Le maintien de la production bananière a trop souvent pris le pas sur la sauvegarde de la santé publique et de l’environnement”, peut-on lire dans les extraits publiés par Le Monde.

Record mondial de CO2 en 2018 (ONU)

 Record mondial de CO2 en 2018 (ONU)

D’une certaine manière, on pourrait considérer que l’enflure des discours écolos des responsables politiques est d’autant plus grande que chaque année sont dépassés les records de pollution. De ce point de vue le très médiatique accord de Paris sur le climat apparaît comme une chimère. Selon l’OMM, le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, “ la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années: la température était de 2 à 3°C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel”, a-t-il souligné dans une nouvelle mise en garde.

Selon le  rapport du Programme des Nations unies pour l’Environnement (Unep) publié ce mercredi. , on ne s’oriente pas  vers un limitation à  2  mais plutôt 3 degrés.

En cause la dépendance aux énergie fossiles qu’il faudrait diviser par deux pour respecter un accord de Paris tout à fait théorique et inefficace. un accord qui ne comportait aucune contrainte, aucun contrôle et aucune sanction. Bref, surtout un accord pour valoriser la posture diplomatique de la France ( notamment celle de Ségolène, de Fabius puis de Macron) mais qui ne gênait et n’engageait personne;  pas même  la France qui ne respecte pas ses quotas d’émissions polluantes;.

 

« Ce rapport montre, pour la première fois, l’ampleur de la déconnexion entre les objectifs de l’Accord de Paris, les plans nationaux (de réduction d’émissions) et les politiques de production de charbon, de pétrole et de gaz », indique Michael Lazarus, l’un des principaux auteurs.

Les énergies fossiles représentent toujours 80% de l’énergie primaire mondiale, tandis que les acteurs du secteur continuent à investir massivement. Elles contribuent à 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, qui ne baissent pas.

« Malgré plus de deux décennies de politique climatique, les niveaux de production d’énergies fossiles n’ont jamais été aussi élevés », relève Mans Nilsson, directeur du Stockholm environment institute, l’un des auteurs du rapport.

A Paris en 2015, les pays se sont engagés à appliquer des plans de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, mais leurs promesses cumulées conduiraient la planète vers une hausse de plus de 3°C.

Aussi, l’accord prévoit qu’ils rehaussent leurs ambitions d’ici fin 2020.

Mais, selon le rapport, les prévisions de production de charbon, de gaz et de pétrole pour 2030 sont également excessives pour remplir les engagements nationaux de 2015: 17% de charbon, 10% de pétrole et 5% de gaz en trop.

Les scientifiques se sont appuyés sur les projections nationales de 10 pays clés: les sept principaux producteurs d’énergies fossiles (Chine, États-Unis, Russie, Inde, Australie, Indonésie et Canada) ainsi que sur l’Allemagne, la Norvège et le Royaume-Uni.

 

La grève 5 décembre va sonner la fin du macronisme ?

La grève  5 décembre va sonner la   fin du macronisme ?

 

 

 

La grève du 5 décembre en fonction de son niveau de mobilisation pourrait bien conduire en fait à un véritable renoncement de  à la réforme des retraites ; pas totalement mais surtout à son caractère d’universalité puisque des brèches seront ouvertes pour laisser le temps aux régimes spéciaux de s’adapter. Un temps qui pourrait même ne  concerner que les nouveaux embauchés. En fait, ce serait alors l’échec central de la réforme de Macron, l’échec de cette espèce de progressisme approximatif et contradictoire. clairement Macron  est sur la défensive et ne souhaite surtout pas que le mécontentement actuel se transforme en un mouvement de gilets rouges qui hypothéqueraient  sérieusement ses chances de réélection en 2022. Comme tout bon politique qui se respecte, Macron  pourrait sacrifier ses promesses sur l’autel du pouvoir . Ce  serait en même temps la fin macronisme et de l’illusion de son réformisme qui se caractérise par une grande incompétence doublée d’une forte dose d’hypocrisie. Comme le démontre une récente étude de l’institut national de la statistique (INSEE) les mesures fiscales de Macron de son début de régime ont surtout profité aux  plus favorisée ( environ  de 800 € pour une année pour les plus riches et moins de 200 € pour les plus défavorisés).

D’une certaine manière macro renouvelle l’erreur qu’il a commise avec les gilets jaunes en méprisant  l’intermédiation des organisations sociales ( syndicales, patronales, parlementaires ou associatives) Sa principale erreur concerne ses rapports avec les syndicats réformistes -dont la CFDT- qui sont aujourd’hui majoritaires. Ces syndicats sont demandeurs d’une véritable négociation sur les grands enjeux sociaux. Or non seulement Macron les a oubliés  mais il les a méprisés et a renforcé les rangs des populistes et des radicaux. La décision des cheminots CFDT de rejoindre éventuellement le mouvement 5 décembre ajoutée à la mise en garde de la confédération CFDT constitue un tournant dans le processus du rapport de force. On a un peu de peine à croire que Macron engagera maintenant une vraie négociation ici de 5 décembre en dépit de ses déclarations :

“Le gouvernement va mener ses travaux, les rencontres bilatérales, les rencontres multilatérales et le Premier ministre à l’issue de ce processus aura à annoncer les termes de la réforme dans son ensemble dans les semaines qui viennent”, a-t-il précisé.

“C’est une réforme de responsabilité parce qu’elle sera lancée en mettant le système à l’équilibre”, a ajouté Emmanuel Macron, alors que la CFDT a mis en garde jeudi contre une réforme purement “paramétrique”.

A l’origine de l’appel à une grève “illimitée”, les syndicats de la RATP (Unsa, CGT et CFE-CGC) et de la SNCF (CGT-Cheminots, Unsa ferroviaire, SUD-Rail, FO-Cheminots) ont été rejoints jeudi par la CFDT-Cheminots, et des organisations d’EDF (CGT, FO, Sud et la CFE-CGC).

La CFE-CGC a aussi annoncé s’associer à la journée de mobilisation interprofessionnelle organisée par la CGT, FO, FSU, Solidaires et les syndicats étudiants UNEF, Fidl, MNL et UNL.

Retraites: une réforme bâclée

Retraites: une réforme bâclée

 

Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites et indiscutablement nécessaire. Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités. De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important comparé aux autres pays . Ce sont en les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors  on a surtout résonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on n’a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.). Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence, à la SNCF nombre de postes ne justifie nullement une retraite anticipée par rapport à la norme, chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier. C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de sept ans entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mises en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel. Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale.

Richard Ferrand, 20 000 euros par mois, mis en examen, contre les inégalités !

Richard  Ferrand, 20 000 euros par mois,  mis en examen, contre les inégalités !

 

Selon le président de l’assemblée Richard Ferrand  (rémunéré 20 000 euros par mois), la grève qui s’annonce sera donc « une mobilisation pour conserver des inégalités ». Il ajoute que la réforme est indispensable à « la préservation de notre modèle social » et qu’il faudra « travailler plus ». En tout cas Ferrand, lui a déjà travaillé pour enrichir son entourage ( il est mis en examen mais la justice ne semble pas pressée de gérer ce dossier)

 

Rappel de l’affaire:  Richard Ferrand a largement utilisé son double statut de dirigeant des Mutuelles de Bretagne et d’élu pour directement et indirectement se remplir les poches. L’affaire la plus scandaleuse  concerne un contrat de location d’un local par les Mutuelles de Bretagne à la compagne de Ferrand alors  que cette dernière ne possédait pas encore ce local. Grâce à de généreuses conditions de location de ce local, la compagne de Ferrand a pu réaliser un petit profit de l’ordre de 800 000 €. Le détail de ces opérations est rappelé ci-après à partir d’une information tirée de Wikipédia. Toute la famille Ferrand a bénéficié des largesses mutuelles de Bretagne : son ancienne femme, ensuite sa compagne et lui-même. La justice de Brest avait enterré l’affaire considérant qu’il s’agissait d’une affaire privée et que les délais d’instruction étaient dépassés. Comme le dossier a été dépaysé à Lille, les nouveaux juges ont porté un autre regard sur ses affaires en mettant en examen Richard Ferrand. Ces nouveaux juges connaissent évidemment le contexte politique particulièrement délicat qui entoure cette affaire et s’ils ont mis en examen Richard Ferrand c’est qu’il dispose d’éléments nouveaux. Tout cela révèle que les bonnes vieilles pratiques provinciales de la IVe République ne sont pas mortes avec des relations plus ou moins sulfureuses  entre les élus politiques,  le monde économique et la justice.  Bref,  le nouveau monde promis par Macron et bien mort-né surtout si on n’y ajoute les autres affaires concernant par exemple le MoDem et Bayrou, Benalla, de Rugy, le secrétaire de l’Élysée, Macron lui-même avec les conditions de financement de sa campagne. On pourrait ajouter les lenteurs de la justice concernant aussi bien les affaires de Sarkozy que celle de Tapie vis-à-vis desquelles le pouvoir semble manifester une grande bienveillance. Bref, il n’y a pas de Nouveau Monde dans la république en marche mais plutôt la résurgence de pratiques caractérisées par la confusion des intérêts entre le monde politique, le monde économique et l’État.

Le résumé de l’affaire dans Wikipédia :

 

 

En mai 2017, Le Canard enchaînéLe Monde et Mediapart révèlent que les Mutuelles de Bretagne (MDB) ont été subventionnées à hauteur de 55 000 euros par de l’argent public99 lorsque Richard Ferrand les dirigeait dans les années 2010. Selon eux, son ex-femme Françoise Coustal, artiste plasticienne, a facturé aux Mutuelles de Bretagne des travaux d’aménagement d’un Ehpad, situé à Guilers, qui a bénéficié d’une subvention de 1,66 million d’euros100 du Conseil départemental du Finistère, dont Richard Ferrand était alors vice-président. Les Mutuelles de Bretagne ont ensuite fait effectuer d’autres travaux, pour 184 000 euros, dans un local appartenant à l’avocate Sandrine Doucen, sa compagne et mère de sa fille101, qui a par ailleurs facturé régulièrement aux Mutuelles de Bretagne des services de conseil juridique. Plus anecdotiquement, selon ces mêmes médias, Richard Ferrand a, une fois élu député en juin 2012, conservé un poste de chargé de mission des Mutuelles de Bretagne, rémunéré 1 250 euros102 par mois ou 1 547 euros par mois, selon les sources, et embauché comme assistant parlementaire Hervé Clabon, compagnon de son ex-adjointe puis son fils101. Ces révélations ont déclenché une polémique nationale, le Front national demandant sa démission du gouvernement, LR la saisie du Parquet national financier, et le 1er secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis à l’exécutif de s’exprimer103. Le 1er juin 2017, Éric Mathais, procureur de la République de Brest, ouvre une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire de Rennes104.

Richard Ferrand affirmera qu’il n’était « jamais intervenu pour qu’elle obtienne un quelconque contrat » et que « la première fois que les Mutuelles ont fait appel à ses prestations, c’était en 2002, donc 8 ans après notre divorce »105.

Appel d’offres attribué par les Mutuelles de Bretagne à sa compagne[modifier | modifier le code]

Le 23 décembre 2010106, Richard Ferrand signe un compromis de vente avec une clause suspensive en cas de non-location ultérieure par les Mutuelles de Bretagne107, pour un local de 379 m2108, 2 rue George-Sand à Brest109.

Le 25 janvier 2011, le conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne choisit à l’unanimité la proposition de la Saca, une SCI qui « n’a pas encore d’existence légale » et « n’est même pas encore propriétaire des surfaces qu’elle propose » comme le rappelle Le Canard enchaîné110. Sur le procès-verbal de la réunion du conseil d’administration à aucun moment n’est mentionné le nom de Sandrine Doucen110.

Sandrine Doucen crée le 28 mars 2011 la Saca, une SCI, dont elle détient 99 % des parts111.

Le 1er juillet 2011110, la SCI la Saca achète 402 000 € frais de notaire inclus108, grâce à un crédit remboursable sur quinze ans du Crédit agricole qui finance intégralement l’achat, sans aucun apport, ayant selon Le Canard enchaîné un « traitement réservé aux acquéreurs qui disposent d’un locataire dont les revenus sont garantis ». Revenus garantis par les 42 000 € de loyers annuels versés par les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand est le directeur général.

Les Mutuelles de Bretagne effectuent peu après, sans contrepartie, pour 184 000 euros de travaux dans le local acheté par Sandrine Doucen. Quelques années plus tard, la SCI de Sandrine Doucen est valorisée, lors d’une transaction, à 3 000 fois le montant du capital initial de 100 € soit 300 000 €112. Selon Le Canard enchaîné, l’avocate Sandrine Doucen a par ailleurs facturé des conseils juridiques aux Mutuelles de Bretagne en matière de gestion des ressources humaines.

Selon la défense de Richard Ferrand, l’opération n’a « rien d’illégal »113,114 : la démarche « respectait la procédure »[réf. nécessaire] et l’entreprise de sa compagne offrait « le meilleur prix » parmi les réponses à l’appel d’offres.

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