La banque de France annonce des tests de résistance au risque climatique

La banque de France  annonce des tests de résistance au risque climatique

 

Les banques sont forcément exposées au risque climatique puisque ce sont elles qui le plus souvent avancent les fonds nécessaires pour les investissements d’énergies y compris polluantes. Le retour financier est assuré par les profits réalisés sur la matière première. Le problème, c’est que la rentabilité de cette première matière première pourrait bien chuter brutalement soit du fait de sa rareté, soit du fait de son coût ou les deux combinés. Dans une étude intitulée « la colossale empreinte carbone des banques françaises« , publiée ce jeudi 28 novembre, les ONG Oxfam France et Les Amis de la Terre évaluent l’empreinte carbone de ces groupes (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE) en y ajoutant les émissions de gaz à effet de serre issues de leurs activités de financement et d’investissement des énergies fossiles pour aboutir à un total de plus de 2 milliards de tonnes de CO2 en 2018.

« L’empreinte carbone des banques françaises représente au total 4,5 fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière. À elles seules, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale émettent chacune plus que le territoire français, compromettant l’objectif de contenir le réchauffement global sous la barre de 1,5 °C », affirment les deux ONG.

L’intention de la Banque de France est  de soumettre les organismes de financement de l’énergie à des tests de résistance climatique. Les banques et les compagnies d’assurances françaises vont être soumises l’an prochain à des tests de résistance au risque climatique, a annoncé vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Les investisseurs exercent une pression croissante sur les grandes entreprises afin qu’elles réduisent leur exposition aux secteurs les plus nocifs, dans le cadre des engagements pris en 2015 lors de l’accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique.

En France, les banques et les assureurs sont également sous la pression des organes de tutelles à ce sujet, la loi française obligeant depuis 2016 toutes les institutions financières à publier leurs risques climatiques.

« Nous allons procéder l’année prochaine à des tests de résistance au risque climatique pour les banques et les assurances françaises », a déclaré François Villeroy de Galhau, lors d’une conférence sur la finance verte, à Paris.

« Ce seront des étapes très importantes pour évaluer le type de risques climatiques qui apparaissent déjà dans les bilans des banques et des assureurs », a-t-il ajouté.

Dans un entretien accordé à La Croix, il invite par ailleurs les banques et les compagnies d’assurances à réduire leur exposition au secteur du charbon.

« Il est indispensable que le risque lié au financement de centrales à charbon diminue vite dans le bilan des banques françaises », a déclaré François Villeroy de Galhau au quotidien.

La Société générale et Axa ont annoncé cette semaine qu’ils entendaient sortir complètement de l’industrie du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et 2040 dans le reste du monde.

BNP Paribas avait annoncé une décision similaire la semaine précédente, en décidant l’arrêt complet de ses financements du charbon en 2030 dans les pays de l’Union Européenne, et en 2040 pour le reste du monde.

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