Retraites: du mou dans le calendrier ? (Premier ministre)

Retraites: du mou dans le calendrier ?

Le Premier ministre à l’issue du conseil des ministres a commencé à esquisser ‘l’étroit chemin de crête qui permettrait trouver un compromis entre une application immédiate de la réforme des retraites en 2025 ou un renvoi vers 2070 avec la clause du grand-père.  En clair, le Premier ministre semble ouvert à des accommodements concernant le calendrier mais pas sur les principes .

Le rapport de Jean-Paul Delevoye fixait  à partir de la génération née en 1963, âgée de 62 ans en 2025. Or le Premier ministre envisage de reporter l’application de la réforme à partir de la génération de 1970, ceux qui auront 65 ans en 2035. (Mieux vaut sans doute prendre ce chiffre de 65 ans qui risque d’être le nouveau critère d’ici 2035.  NDLR).

Ce n’est sans doute pas un hasard si le gouvernement a décidé d’annoncer des orientations vers le décembre 10 décembre. Cela lui permettra de procéder à une évaluation de la mobilisation et d’en tenir compte pour assouplir éventuellement le calendrier de la réforme. “L’universalité oui, la brutalité non, chacun doit être respecté”, a souligné le chef du gouvernement.

Edouard Philippe se veut néanmoins inflexible sur la disparition des régimes spéciaux au nom de l’équité, alors qu’Emmanuel Macron a critiqué à mots couverts une mobilisation corporatiste le 5 décembre. Le système de retraites fondé en 1945 “sur des solidarités corporatistes” a contribué, selon le Premier ministre, “à la création d’injustices, de complexité, de défiance”. “Nous allons mettre un terme aux régimes spéciaux”, a-t-il réaffirmé.

Edouard Philippe a précisé avoir demandé aux dirigeants des grandes entreprises publiques affiliées aux régimes spéciaux – RATP et SNCF au premier chef – “de poursuivre le dialogue dans leurs instances.” Les “mécanismes de transition” vers le futur régime “doivent être équitables entre les régimes – on ne peut pas répondre à des demandes catégorielles en pénalisant les autres -“, mais “on peut prendre en compte l’histoire des entreprises publiques et de leur système de retraite”, a expliqué le Premier ministre.

Le gouvernement sera en revanche plus souple sur le calendrier d’application de la réforme, que le rapport de Jean-Paul Delevoye fixe à partir de la génération née en 1963, âgée de 62 ans en 2025. Face à l’hostilité des syndicats, dont la CGT et Force ouvrière, le chef de l’Etat avait avancé la piste de la “clause du grand-père” pour limiter la réforme aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail à partir de 2025.

Edouard Philippe écarte cette option mais se dit prêt à moduler pour trouver “le bon curseur”.

“J’entends ceux qui estiment qu’à cinq ans de la retraite (…) le changement de système pourrait être déstabilisant et ils ont raison. De l’autre, j’entends ceux qui disent que la fameuse clause dite du ‘grand-père’, qui n’appliquerait la réforme qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail, ne serait pas assez ambitieuse (…) et ils n’ont pas tort.”

“Les personnes qui sont à dix, à quinze ans de leur départ à la retraite? Pour ma part, du moment qu’on construit un système universel, je suis ouvert à la discussion”, a-t-il avancé. Pressé par la CFDT de ne pas céder à une logique purement “paramétrique”, Edouard Philippe a estimé que la réforme ne pourrait se faire “sur du déficit”. Il a indiqué qu’une “place déterminante” serait accordée aux partenaires sociaux dans la gouvernance du futur système.

Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le besoin de financement du régime de retraites s’établirait entre 0,3% et 0,7% du PIB en 2025, soit 7,9 à 17,2 milliards d’euros.

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