Unedic : une réforme bâclée et injuste

Unedic : une réforme bâclée et injuste

Les syndicats et en particulier la CFDT dénoncent  le caractère brutal de la réforme de l’Unedic et son caractère injuste. De fait,  cette réforme risque d’ajouter de la misère à la misère sociale existante. Pour autant une réforme était cependant nécessaire pour des motifs financiers mais aussi sociaux et économiques. Le problème central c’est que certains bénéficiaires de l’ASSEDIC, certes minoritaires, considèrent les indemnités de l’assurance chômage comme un accessoire de rémunération qui leur permet d’alterner travail  et périodes d’inaction. C’est aussi la même problématique que celle qui concerne les bénéficiaires d’aide sociale notamment le RSA. La faute n’incombe pas forcément aux bénéficiaires mais au système lui-même qui se caractérise par le fait qu’il est plus souvent intéressant de ne pas travailler plutôt que d’accepter un travail payé autour de 1000 € à plein temps (600 à 800 € à temps partiel) et en même temps de voir la plupart des aides sociales disparaître. D’une certaine manière, le travail mal rémunéré, les contrats très précaires n’encouragent pas le travail. Le problème c’est que la réforme est tombée comme un couperet sans bien distinguer ceux  qui profitent un peu indûment du système et ceux  très éloignés de l’emploi auquel on va supprimer 200 € quand il n’en touchait déjà que 900. Philippe Villechalane porte-parole de l’APEIS (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires). Depuis plus de trente ans, son association défend les droits des demandeurs d’emploi. Il dénonce « un véritable cataclysme » : « 500 000 chômeurs vont être éjectés du système d’indemnisation alors même qu’ils ont cotisé pour être indemnisés. Et 250 000 ne vont pas pouvoir recharger leurs droits ».

Le gouvernement veut inciter les chômeurs à prendre les emplois vacants. Pour Muriel Pénicaud, la ministre du travail, « quand le marché est dynamique, il faut retourner à l’emploi ». Pour Philippe Villechalane, cet argument est biaisé : « Les chômeurs ne sont pas des feignants. Mais ils ne veulent pas travailler dans n’importe quelles conditions(…) Certains emplois sont trop précaires pour être acceptés par des gens qui ont des revenus faibles, mais des revenus tout de même, qui ont une famille, un lieu d’habitation. Très peu d’emplois disponibles correspondent à ce que cherchent les gens. »  Ceci étant,  était nécessaire d’engager une réforme de l’Unedic mais à dessein le gouvernement a décidé d’imposer un délai intenable aux partenaires sociaux afin qu’ils ne puissent pas se mettre d’accord sur des compromis. Ce qui a permis d’étatiser  le système, une étatisation à la hâte qui débouche sur des mesures globales mal adaptées et pour certaines surtout injustes. Une fois de plus surtout ce plan n’est pas accompagné d’une stratégie visant la réinsertion professionnelle et la réadaptation des qualifications.

 

 

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