• Accueil
  • > Archives pour octobre 2019

Archive mensuelle de octobre 2019

Page 13 sur 17

Trou de la sécu : pas de jour de carence de caractère public dans le privé

Trou de la sécu : pas de jour de carence de caractère public dans le privé

 

On sait évidemment que le trou de la sécu se recreuse à nouveau. Pourtant Marisol Touraine avait annoncé son équilibre ! Il faut dire que le ralentissement général de l’activité est passé par là : moins de recettes mais davantage de dépenses. En cause surtout,  des dépenses non financées pour les entreprises (réduction de cotisations) et mesures gilets jaunes. On promet le rétablissement financier pour 2020-2021 mais évidemment personne n’en sait rien car cela dépendra notamment du niveau de croissance – donc aussi des recettes) tandis que les dépenses risquent de croitre avec un PIB anémié. La cour des comptes a proposé 42 mesures dont un jour de carence pour le privé. Un jour qui existe dans le public. Dans le privé,  c’est normalement 3 jours mais souvent pris en charge par les entreprises en fonction des accords de branche et/ou locaux.

Les effets de l’instauration d’un jour de carence dans le secteur public, réinstauré l’an dernier, semblent pour l’instant positifs: en 2018, «l’économie liée à cette mesure est estimée à 270 millions d’euros», écrit la Cour des comptes. De plus, les agents de la fonction publique ont vu la fréquence de leurs arrêts chuter de 19% entre 2017 et 2018, et «l’exposition aux arrêts», autrement dit la proportion d’agents ayant posé au moins un congé maladie dans l’année, a diminué de 9% en un an. Les arrêts plus longs et plus graves ont augmenté, tandis que ceux plus courts, d’une journée, ont baissé de 46%.

L’instauration d’un jour de carence risque toutefois de se heurter à une double limite. D’abord, elle risquerait de déclencher l’ire des travailleurs du privé, dont la première journée d’absence ne serait plus rémunérée. Ensuite, ses effets positifs pour l’État restent imprécis: «l’économie potentielle bénéficierait principalement aux entreprises», écrit la Cour dans son rapport. «La hausse des coûts est majoritairement due aux arrêts de longue durée de patients âgés, qui souffrent de maladie grave», rappelle de son côté la ministre: un jour de carence n’aurait donc qu’un effet limité, comme un pansement sur une jambe de bois.

 

Sécurité routière : on ne sait rien mais on continue

Sécurité routière : on ne sait rien mais on continue

 

 

Dans son bilan 2018, le pseudo observatoire de la sécurité routière constate, avance des chiffres mais est bien incapable comme d’habitude de faire une analyse scientifique de l’évolution de l’accidentologie. Du coup, on fait porter le chapeau aux gilets jaunes pour l’augmentation des délits de vitesse. D’abord du fait de la mise hors service des radars ensuite parce que les forces de l’ordre étaient occupés à autre chose que le contrôle routier.

La baisse du nombre d’infractions routières constatées par le biais des radars et par les forces de l’ordre est spectaculaire. 19,7 millions d’infractions ont été relevées l’an passé contre 24 millions en 2017, soit une chute de 18%. Tel est le bilan communiqué ce mercredi par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

Selon la sécurité routière, il s’agit d’une baisse «mécanique» qui, dit-elle, dans son communiqué «s’explique principalement par la dégradation massive subie par les radars à la fin de l’année 2018Ces appareils de contrôle ont été pris pour cible après que le 80 km/h a remplacé le 90km/h sur une partie du réseau secondaire le 1er juillet 2018. Ces actes de vandalisme se sont poursuivis avec le mouvement des «gilets jaunes», qui a débuté le 17 novembre 2018.

Avec des centaines de radars hors service, le nombre d’automobilistes flashés a donc diminué. Ainsi, 13,6 millions d’infractions à la vitesse ont été constatées en 2018 par le contrôle automatisé contre 16,6 millions en 2017, soit une baisse de 17,6 %. Mais hors d’état de produire des messages d’infractions, ces radars vandalisés auraient  continué (combien étaient encore en état ?). à enregistrer les vitesses des véhicules. Et celles-ci ont décollé. Le nombre d’excès de vitesse a été multiplié par quatre dans ces zones.

D’une manière générale, la sécurité routière alerte sur la persistance d’une dégradation générale des comportements au volant. Pour preuve les délits routiers, qui constituent les infractions les plus graves, sont en augmentation de 5,9 % en 2018 (629 601 délits). «Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il s’agit de la quatrième année consécutive de hausse», indique-t-on. Au palmarès de ces hausses, on trouve les refus d’obtempérer et les entraves à la circulation. Ces infractions font un bond de 36,3 % (38 087 infractions relevées l’an passé). En réalité, qu’entend-on par entrave à la circulation ? Des interdictions de stationner ? On est loin de la priorité de la sécurité routière.

La conduite de véhicule après l’usage de stupéfiants est elle intéressante, elle  augmente aussi de 29 % (63 369 infractions relevées en 2018, soit 10,1 % de l’ensemble des délits). Cette hausse est toutefois liée à un plus grand nombre des contrôles, grâce à la généralisation depuis 3 ans d’une nouvelle méthode de dépistage plus facile d’usage. Quant aux délits de fuite après un accident, ces derniers augmentent de +1,3 %. En augmentation constante depuis 2012, ces délits s’élèvent à 174 422 en 2018.

Ce bilan indique par ailleurs que 14,9 millions de points ont été retirés en 2018 (-1,9 %). Ces retraits se partagent notamment entre les excès de vitesse (9 909 451 points retirés, soit -6 %) et les franchissements de feux rouges (1 417 064 points, soit +4,1 %). Des automobilistes ont également perdu des points pour un téléphone tenu en main (1 046 176 points, soit +11,1 %) et là c’est vraiment tant mieux !

Vote radical : 75% des français tentés

Vote radical : 75% des français tentés

C’est peut-être une surprise pour certains mais il n’est pas étonnant que de l’ordre de 75% soit tentés par le vote radical. En effet la droite comme la gauche connaissent de graves problèmes existentiels, elles  pourraient même être complètement marginalisées. En outre la politique de Macron est condamnée par environ 70% de l’opinion ; Il ne peut compter que sur un socle de 20 à 25%  d’électeurs potentiels. D’où cette tentation finalement du vote de protestation contre les formations exerçant le pouvoir ou l’ayant exercé. S’abstenir ou voter blanc, voter pour Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, voire pour Nicolas Dupont-Aignan ou un candidat du NPA: 77 % des Français – plus de 3 sur 4 – disent envisager au moins l’une de ces hypothèses pour l’élection présidentielle de 2022. C’est l’un des enseignements majeurs de l’indicateur de la protestation électorale établi par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), avec l’institut OpinionWay, en partenariat avec Le Figaro.

Ce baromètre est inédit. D’abord par son ampleur. Il repose sur un échantillon de plus de 3000 personnes, le triple de l’échantillon habituel d’un sondage. Par son objet ensuite: tous les six mois, jusqu’à la prochaine présidentielle, ce panel sera interrogé non pas sur ses intentions de vote, mais sur son attitude électorale en général. En sachant que s’abstenir ou voter blanc, même si ce n’est pas comptabilisé in fine dans les résultats en suffrages exprimés, a aussi une signification politique.

 

Restauration : entente anti concurrentielle des grands groupes

Restauration : entente anti concurrentielle des grands groupes

 

Il en est dans la restauration comme dans nombre de secteurs économiques, les majors s‘entendent sur les prix et conditions d’un marché qu’ils se répartissent. C’est encore vrai pour le juteux marché des tickets restaurant. Edenred, Sodexo, Up et Natixis Intertitres risquent d’être sanctionnés par l’Autorité de la concurrence qui les soupçonne d’entente et pourrait leur infliger une amende, rapporte mercredi le Figaro.

L’Autorité de la concurrence “leur reproche d’avoir mis en place un système leur permettant d’échanger régulièrement des informations sur leur stratégie commerciale, écrit le quotidien selon lequel ces spécialistes des titres-restaurants se sont entendus de 2002 à fin 2015.

Elle “leur reproche par ailleurs à ces quatre acteurs de s’être concertés pour contrôler l’entrée de nouveaux acteurs et pour ralentir la dématérialisation des titres-restaurant”.

 

 

 

 

Taxation Gafa : ça avance ?

Taxation Gafa : ça avance ?

 

 

Le ministre de l’économie se réjouit de l’avancée des travaux de l’OCDE sur le dossier de taxation des GAFA. Il demeure cependant des réticences car pour l’essentiel ce sont surtout les sociétés américaines (et chinoises) qui sont visées et des pays comme l’Allemagne craignent  des représailles sur les exportations vers les Etats Unis voire vers la Chine.

Le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire,  a défendu avec force la taxation des pour taxer les géants du numérique que sont Google, Amazon, Facebook, Apple (GAFA) et autres plateformes numériques comme YouTube ou Airbnb, qui profitent des disparités du système fiscal européen pour minimiser leurs impôts sur le Vieux Continent.  Surtout soucieuse de ses intérêts économiques, l’Allemagne en quelque sorte botte en touche concernant l’éventuelle taxation des GAFA. Sous l’impulsion de la France, l’union européenne voulait  en effet imposer une fiscalité forfaitaire sur les chiffres d’affaires des grandes plates-formes numériques qui pour l’instant profite par excès de l’optimisation fiscale pour payer le moins d’impôts possibles ou n’ont pas payé du tout. L’Allemagne a été très satisfaite de renvoyer le bébé devant l’OCDE. En cause, le fait que l’Allemagne craint les sanctions que pourraient prendre les États-Unis à l’égard des exportations allemandes déjà menacées par TRUMP. La proposition de la Commission de taxer les Gafa, inspirée et soutenue par la France, est aussi  combattue par l’Irlande où siègent certains groupes visés, ou des pays nordiques comme la Finlande et la Suède qui redoutent les effets sur les secteurs de l’innovation ainsi que d’éventuelles représailles commerciales américaines. . Bruno Le Maire s’est dit «favorable à la proposition de Berlin», d’instaurer «un système mondial plus harmonieux» sur le plan fiscal. «Mais ne rêvons pas, ce n’est pas demain la veille» avait-t-il ajouté. Reprenant des idées hexagonales, la Commission européenne avait  proposé en mars d’instaurer une taxe de 3% sur le chiffre d’affaires généré par les services numériques des entreprises (dont le chiffre d’affaires annuel mondial dépasse 750 millions d’euros et dont les revenus dans l’Union européenne excèdent 50 millions d’euros). Au total, environ 200 groupes pourraient être concernés par une telle taxation, dont le rendement s’élèverait à près de cinq milliards d’euros à l’échelle européenne. Finalement il a fallu se résoudre à faire examiner le dossier par la très libérale OCDE et effectivement l’application n’est sans doute pas pour demain.  L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié mercredi des propositions pour la taxation des grandes entreprises multinationales, préconisant notamment qu’un Etat puisse taxer une entreprise même si celle-ci n’a pas de présence physique sur son territoire. “Les principes et l’approche unifiée s’appuient sur les orientations données par les ministres du G7 à Chantilly en juillet dernier”, ajoute-t-on à Bercy qui se rassure en même temps !

 

Manif pour le terroriste de la préfecture de Paris : l’initiateur en garde à vue.

Manif pour le terroriste de la préfecture de Paris : l’initiateur en garde à vue.

 

Il faut sans doute être à la fois complètement intoxiqué par le radicalisme et sans doute déséquilibré pour avoir appelé à une manifestation autour’ hui en soutien à l’auteur des crimes de la Préfecture de Paris. En plus avec en arrière pensée, des intentions politiques puisque l’initiateur de cette manifestation (qui ne mérite même pas qu’on indique son nom) se veut être le candidat des banlieues. La preuve, s’il le fallait, de l’ampleur d’un radicalisme dont la nature et la profondeur sont nettement sous estimées. Tout cela sur fond de salafisme, de communautarisme, de pauvreté et de trafic de drogue. Il aura quand même fallu 24 heures pour que le gouvernement et la justice régissent à cette monstrueuse initiative.

Castaner a en effet interdit hier un rassemblement pour l’auteur de l’attaque de la préfecture

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé mercredi qu’un rassemblement de soutien à Mickaël H., l’auteur de l’attaque à la préfecture de police de Paris, prévu jeudi dans le Val-d’Oise, serait interdit.

 

Brexit : Boris Johnson, du grand guignol

Brexit : Boris Johnson, du grand guignol

Boris Johnson se moque en fait de la négociation du brexit et de son issue. Son objectif est de conserver le pouvoir en s’accommodant de toutes les hypothèses. En définitive au denier moment, il pourra accepter un report de la date du brexit, voire même un accord type Theresa May à peine modifié. Ce qui compte pour lui, c’est de tenter d’incarner un nouveau Churchill pour triompher d’élections qui deviendront à terme inévitables car Johnson ne  dispose pas de majorité. Ce  qu’explique à sa façon, Vincent Eurieult, professeur de négociation à l’ESCP Europe et à Sciences Po Paris dans une interview au Figaro.

Contrairement à Theresa May, Boris Johnson a toujours menacé l’Europe d’un Brexit sans accord en cas d’échec des négociations. Est-ce une bonne méthode de négociation?

Vincent EURIEULT. - C’est malin. Avec sa position qui consiste à dire qu’il pourrait déclencher un «no deal», la date limite du 31 octobre, décidée en avril dernier quand il n’était pas encore premier ministre, prend une dimension beaucoup plus forte. Mieux que Theresa May, Boris Johnson peut ainsi mettre la pression sur l’Europe. Mais c’est à double tranchant car Bruxelles, à la fin, acceptera ou non un deal. D’où le fait que tout se joue au dernier moment, dans l’urgence.

Certains observateurs ont fait le parallèle avec un grand classique de la théorie des jeux, le jeu dit de la «poule mouillée»…

Il y a de ça en effet. Deux automobilistes se lancent l’un vers l’autre. Celui qui se maintient le plus longtemps sans dévier l’emporte. Dans ce jeu, il y a une prime donnée à celui qui joue au «dur». S’il parvient à être crédible, l’autre peut être tenté de donner un coup de volant. En disant qu’il préfère «mourir» plutôt que de demander un report, Boris Johnson fait un peu cela.

Pour un automobiliste téméraire, l’une des méthodes, certes risquée, est de jeter son volant par la fenêtre, mais ostensiblement pour que l’autre aperçoive le geste…

C’est effectivement une réponse possible, mais je ne crois pas que Boris Johnson puisse jeter son volant par la fenêtre. Une autre attitude assez proche consiste à feindre l’irrationalité pour faire reculer l’ennemi. C’est la «théorie du fou» utilisée par le président Richard Nixon pendant la guerre du Vietnam. D’excellents négociateurs parviennent effectivement à rester imprévisibles jusqu’au bout, à garder cachés leurs objectifs. Boris Johnson essaie de jouer cette partition. Peut-être y arrive-t-il un peu, mais pas totalement car il ne parvient pas à dissimuler son objectif premier: conserver le pouvoir.

Que voulez-vous dire?

Lorsque l’on négocie, l’un des enjeux les plus importants est de savoir quels sont les objectifs de l’autre partie. Par le passé, il a révélé qu’il voulait déjà, enfant, être «roi du monde». En 2016, lors du référendum, il a hésité jusqu’au dernier moment entre le «Leave» et le «Remain». C’était avant tout un pari électoral: quel vote allait lui permettre de prendre le pouvoir? Toute sa carrière politique est dictée par l’impératif de devenir, et aujourd’hui de rester, premier ministre. Cela signifie-t-il qu’il ne veut pas vraiment que le Brexit se réalise? Non. Simplement, ce n’est pas un but en soi, mais davantage un moyen en vue du vrai objectif: conserver le pouvoir le plus longtemps possible.

Que cela change-t-il?

Tous les observateurs s’accordent à dire qu’avec le blocage institutionnel du Royaume-Uni, il y aura tôt ou tard des élections anticipées. Pour Boris Johnson, la question est donc de savoir dans quel scénario il emportera au mieux les élections. Le premier était d’obtenir des élections anticipées avant le 31 octobre pour mieux négocier le Brexit avec une Chambre des communes qui lui soit acquise.

Ce scénario n’est quasiment plus possible…

Il a en effet besoin des deux tiers des voix du Parlement pour déclencher des élections anticipées et l’opposition veut attendre au moins le 31 octobre. Le deuxième scénario consiste donc à déclencher des élections après avoir obtenu un nouveau deal. Le troisième après avoir déclenché un «no deal». Le quatrième après avoir obtenu un nouveau report. D’après mes estimations, plus on s’éloigne du premier scénario, plus les chances de Boris Johnson de l’emporter, aujourd’hui assez fortes, s’amenuisent. Si un «deal» passe, il pourra arguer que l’accord a été amélioré et qu’il a réussi là où Theresa May a échoué. En revanche, si un «no deal» passe, il aura certes rempli sa promesse d’un Brexit «coûte que coûte» mais devra gérer les difficultés qui s’ensuivront. Le pire serait un report car cette solution est majoritairement rejetée dans tous les sondages: les Britanniques veulent en finir avec le Brexit, quelle que soit l’issue.

Boris Johnson a donc toutes les raisons d’espérer un accord?

Oui, Boris Johnson est plus demandeur d’un «deal amélioré» que l’Europe ne l’est. Seulement, il le dit le moins possible pour que sa menace d’un «no deal» paraisse le plus crédible. Mais, au dernier moment, il pourrait accepter un accord, même à peine retouché. Il joue seulement au «dur» pour faire monter les enchères au maximum, ce qui est une bonne méthode, mais le rapport de pouvoir est en faveur de Bruxelles, qui dispose dans ses mains de la chose la plus chère à Boris Johnson: sa survie politique. Il y a un parallèle à faire avec la crise grecque en 2015: le premier ministreAlexis Tsipras, élu sur une ligne radicale d’opposition à Bruxelles, a refusé un premier puis un deuxième accord européen de rigueur budgétaire. Il a même organisé un référendum, qui a confirmé ce rejet. À la fin pourtant, Alexis Tsipras a accepté un troisième accord qui était encore plus dur pour ses compatriotes que les deux premiers. Il s’était renié, mais il restait premier ministre. Boris Johnson pourrait finir comme Alexis Tsipras.

Encore faut-il que Londres et Bruxelles se mettent d’accord sur un nouvel accord…

C’est toute la difficulté. Depuis des mois, le négociateur en chef, Michel Barnier, a été remarquable de rigueur et de résistance, mais je crois que l’Europe aurait aujourd’hui intérêt à être proactive, à faire preuve, comme tous les grands négociateurs, de créativité pour permettre une réelle percée dans les négociations. Vous remarquerez d’ailleurs que le discours européen a changé depuis que Boris Johnson a proposé son «plan», la semaine dernière. L’Europe se dit ouverte au dialogue, même si elle ne dit évidemment pas oui en bloc. Reste à trouver des amendements pour que chacune des parties ne perde pas la face. Le texte de l’accord de Theresa May fait plus de 500 pages. C’est certainement possible de le consolider et de le parfaire en retouchant marginalement les points les plus épineux, notamment concernant les deux Irlande. Si l’on parle de tactique et non plus de stratégie, une solution pour l’Europe pourrait être, vingt-quatre heures avant la date-limite, de proposer une réponse au plan de Boris Johnson et de lui dire: «c’est à prendre ou à laisser».

Un éditorialiste britannique notait que, dans le jeu de la «poule mouillée», si l’un des conducteurs jette son volant par la fenêtre, mais qu’en face, plusieurs personnes se battent pour tenir le volant de l’autre véhicule, le risque de collision est grand. N’est-ce pas le cas de l’Europe?

C’est l’un des risques, en effet. Un accord doit être validé à l’unanimité des 27 États membres. Un seul État peut donc faire se déclencher automatiquement un «no deal» accidentel le 31 octobre. Boris Johnson l’a compris et tente de semer la zizanie parmi les pays européens. D’aucuns disent par exemple qu’à ce jeu, Londres pourrait s’appuyer sur la Hongrie. Jusqu’à présent pourtant, malgré des divergences, l’unité européenne a toujours tenu. Un élément en faveur d’un «deal amélioré» se trouve à Berlin. L’Allemagne, pour protéger ses exportations, a intérêt à éviter un «no deal» et pourrait pousser en faveur de davantage d’inventivité.

Estimez-vous que les médias jouent un rôle d’acteur des négociations, malgré eux?

Indubitablement. Pour une raison simple, les apparences comptent souvent autant voire davantage que les résultats. Par conséquent, la façon de raconter ce qui s’est passé est primordiale. Le modèle en la matière est Donald Trump. Son art du deal repose plus sur la façon dont il s’agite que sur les fruits de son agitation. On juge le mouvement plus que l’arrivée. Boris Johnson pourrait s’en inspirer: même s’il n’obtenait pas grand-chose de renégociations, il pourrait marteler qu’il a bataillé dur pour y arriver et que ça a fonctionné. Avec ses accents churchilliens, il pourrait écrire a posteriori la façon dont il a réussi le Brexit.

Actu, infos, économie, social, politique : articles les plus lus

Sahel : la dérive islamiste

Sahel : la dérive  islamiste

Le chercheur, Alain Antil, analyse les dérives islamistes  au Sahel (Tribune au Monde)

 

« . Malgré les dispositions prises par les Etats sahéliens et leurs partenaires, la sécurité au Sahel se dégrade rapidement, au point que la violence risque de déborder vers certains pays du golfe de Guinée. L’aggravation de la situation peut être qualifiée de plusieurs manières.

En premier lieu, les zones touchées par les violences s’étendent. Aux deux foyers de violence de 2012 (bassin du lac Tchad et nord du Mali) sont venus s’adjoindre le centre du Mali, une partie de l’ouest du Niger et le nord puis l’est du Burkina Faso. Rien n’indique aujourd’hui qu’à court terme cette expansion soit contenue. Les récentes attaques à une centaine de kilomètres de Ouagadougou et l’assaut donné contre une garnison malienne de la Force conjointe du G5 Sahel en témoignent cruellement.

Ensuite, cette extension géographique des zones touchées par la violence s’accompagne très logiquement d’une nette augmentation, ces deux dernières années, du nombre de victimes et de déplacés. Les bases de données disponibles, comme celles de l’ONG The Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), le confirment.

Enfin, c’est la variété des formes et des acteurs de la violence qui s’étend. Le terrorisme est évidemment toujours une menace centrale, mais il côtoie et parfois s’hybride avec d’autres phénomènes. Ainsi, dans le nord du Mali, des groupes armés s’affrontent pour le contrôle de points de passage des trafics. Au centre du pays, des milices communautaires sont, elles, entrées dans un cycle de représailles réciproques sur les communautés voisines, comme en témoigne le terrible massacre d’Ogossagou, en mars. Et les forces armées, victimes d’attaques des groupes djihadistes, se vengent parfois sur des civils issus des villages dont viennent les présumés assaillants, ajoutant une couche de violence supplémentaire.

Cette situation critique a permis la création et l’ancrage local de groupes de « coupeurs de route » et de « vigilantes » (groupes d’autodéfense villageois), comme les koglwéogo au Burkina Faso, qui pallient l’absence de l’Etat en s’érigeant en sorte de police rurale mais parfois aussi en système judiciaire et pénal parallèle. Les catégories sont bien sûr poreuses (tel groupe « djihadiste » peut aussi être protecteur d’une communauté) et les acteurs armés sont très fluctuants quant à la définition de leur « ennemi ». Ainsi, le groupe Ansarul Islam, au Burkina Faso, s’attaque-t-il d’abord aux notables peuls de la province du Soum (nord), à quelques imams et aux fonctionnaires (dont certains étaient membres du groupe avant qu’il devienne violent), puis aux forces de sécurité, puis à certaines populations mossi, puis, plus récemment encore, à des minorités chrétiennes.

Plus inquiétantes encore sont les tendances socio-économiques et démographiques, même si les pays présentent des trajectoires différentes. La zone est en forte expansion démographique, avec des populations dont l’âge médian tourne autour de 17 ans. Ce facteur n’est pas un problème en soi mais vient accentuer certaines fragilités.

Pour entrer dans des trajectoires d’émergence, ces pays ont besoin d’investir massivement dans certains secteurs comme l’éducation. Or des efforts budgétaires déjà insuffisants rencontrent une population scolaire de plus en plus importante. Autrement dit, dans des pays aux économies fragiles, les Etats devraient augmenter très substantiellement leur investissement (rapporté à chaque élève) dans le secteur éducatif pour enclencher une dynamique. Les pays sahéliens ne sont donc pas sur une trajectoire de rattrapage, mais semblent même décrocher vis-à-vis des pays émergents, voire de certains pays du golfe de Guinée.

Cette expansion démographique crée des bataillons de plus en plus importants d’entrants sur les marchés nationaux du travail. Or ceux-ci ne peuvent proposer à cette jeunesse que très peu de « bons emplois », d’ailleurs souvent préemptés par les fils et filles des bourgeoisies nationales qui ont pu échapper aux systèmes scolaires publics et qui de surcroît disposent d’un capital social bien plus important. Une partie des diplômés et les autres entrants rejoignent l’énorme secteur informel urbain. Ce goulot d’étranglement est une véritable machine à frustration de la jeunesse, qui peut constater par ailleurs quotidiennement les manifestations les plus visibles de la corruption des classes dirigeantes.

La faible capacité du marché du travail à créer de bons emplois est la conséquence des modèles économiques adoptés par ces Etats, dont le budget est souvent étroitement dépendant de l’exportation d’un bouquet limité de produits miniers ou énergétiques. Ces modèles rendent les économies fragiles aux chocs externes. A mesure qu’on s’éloigne des grandes villes et des poches d’économie modernes que représentent les entreprises du secteur extractif, la présence de l’Etat s’affaiblit. Loin de pouvoir délivrer les services de base ou même les infrastructures les plus rudimentaires, les Etats n’assurent même plus leurs fonctions régaliennes : la sécurité, la justice… D’autres acteurs ont pris la relève et exercent une sorte de gouvernance partagée.

Loin de signer une disparition des Etats, ces tendances dessinent des réagencements dans lesquels les acteurs périphériques et internationaux peuvent être instrumentalisés par les Etats centraux pour exercer des gouvernances indirectes. Tout cela n’est pas nouveau, certes, mais les rapports de forces militaires dans des pays comme le Niger, mais surtout le Mali et le Burkina Faso, sont de moins en moins favorables aux Etats centraux. Et les acteurs périphériques de la violence (ou de la sécurité) ont également des capacités d’instrumentalisation des politiques des Etats centraux. »

Alain Antil est chercheur en géographie politique, responsable du centre Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et auteur d’une étude intitulée « Sahel : soubassements d’un désastre ».

Santé : un hôpital public de Longué (Maine-et-Loire) privatisé ?

Santé : un hôpital public de Longué  (Maine-et-Loire) privatisé ?

 

Finalement, devant le marasme financier de l’hôpital de longuet dans le Maine-et-Loire, la solution pourrait être la privatisation de l’établissement. La crise ne date pas d’hier elle est le résultat d’une gestion assez lamentable des autorités sanitaires tout autant que des collectivités publiques locales. La preuve sans doute que la décentralisation dans ce domaine est loin d’être le remède à tous nos maux. Quand on parle d’hôpital, en fait il s’agit surtout d’un établissement de convalescence et de personnes âgées. La Cour des Comptes avait pointé depuis longtemps les incohérences de gestion.

« Situé dans le Saumurois, le centre hospitalier (CH) de Longué-Jumelles accueille essentiellement des personnes âgées de plus de 80 ans. Établissement autonome lié par une direction commune au centre hospitalier de Saumur et à l’Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) de Montreuil-Bellay, il emploie environ 150 agents pour 150 lits : 30 en soins de suite et de réadaptation (SSR), 35 lits en unités de soins de longue durée (USLD) et 85 en EHPAD. Dès 2011, la situation de l’hôpital était très délicate avec une gestion financière dégradée et un bâti vétuste accueillant des personnes âgées sur la base d’une information médicale insatisfaisante (I). Dans ce contexte, l’agence régionale de santé (ARS) a porté une stratégie de sauvetage de l’établissement comportant une reconstruction complète entre 2013 et 2016, pour plus de 26 M€, qui a nécessité le versement d’aides importantes (II). Cependant, cette politique n’a fait qu’amplifier irréversiblement les déséquilibres antérieurs. Son échec a également montré l’impuissance des autorités de tarification pour stopper la dérive de gestion du centre hospitalier. En raison de l’impossible rétablissement financier de l’hôpital à ce jour, la Cour propose de revenir sur son autonomie juridique (III). « 

Il est clair que l’hôpital de Longué n’avait pas de vocation générale, ce sera encore moins le cas avec une gestion privée mais qui sera sans doute financièrement plus efficace. Les patients qui n’auront plus accès à Longué seront alors dirigés sur l’hôpital de Saumur lui-même en perte de vitesse quant au nombre de spécialistes et de spécialistes. D’ores et déjà pour nombre de cas  les malades sont dirigés  directement sur l’hôpital d’Angers. Un phénomène un peu général en France et qui dans le nord du Maine-et-Loire va encore participer à une plus grande désertification du territoire. 

Un  groupe privé s’engagerait  à reprendre les équipes, quel que soit leur statut. Il propose d’investir 18,5 millions d’euros pour reprendre l’activité. Le maire de la commune (tendance Dupont Aignan) est favorable à une privatisation de l’hôpital. Ce serait une première pour un hôpital public, mais plusieurs Ehpad ont déjà été privatisés ou sont en passe de l’être, avec souvent une hausse des tarifs à la clé.

Syrie : chasse aux terroristes ou aux kurdes ?

Syrie : chasse aux terroristes ou aux kurdes ?

La Turquie avec l’aide  de la Russie s’apprête à opérer une grande opération de nettoyage officiellement vis-à-vis des terroristes mais qui pourrait bien tout autant viser les kurdes (lesquels ont évidemment lutté avec efficacité contre les terroristes islamistes). Une opération qui sera facilitée par le faite que les États-Unis ont décidé de retirer des troupes dans cette région.

Cette décision laisse en tout cas craindre le pire pour les combattants kurdes, alliés des Etats-Unis mais considérés comme des « terroristes » par la Turquie. Leur rôle a été crucial dans le succès militaire contre le groupe Etat islamique. Sur son compte Twitter, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) s’est d’ailleurs élevée contre la décision américaine et la possible intervention militaire turque. Ces décisions risquent de « remettre en cause le succès obtenu contre l’EI », de faire de la Syrie  »une zone de conflit permanent » et d’entraîner un « retour des chefs de l’EI », a-t-elle mis en garde. Au fait que fait l’union européenne ?

La collapsologie: le nouveau concept pour discréditer les écolos

La collapsologie: le nouveau concept pour discréditer les écolos

 

La collapsologie n’est pas réellement nouvelle mais elle est d’une certaine manière réhabilitée pour discréditer les prévisions pessimistes des écolos et des experts de l’environnement. Certains climatosceptiques hystérisent  ce qu’ils considèrent  comme des dérives des protecteurs de l’environnement en qualifiant les écolos de collapsolgues  voire de prophète du malheur. Il conteste évidemment l’idée selon laquelle la civilisation est en péril. En faite de l’idéologie s’affrontent : celle des partisans du productivisme sans limite et celle  de la décroissance ou en tout cas partisan d’un autre contenu de la croissance calculée (aujourd’hui uniquement sur l’addition des valeurs ajoutées, donc des valeurs marchandes). Les antis collapsologues agitent  évidemment le chiffon rouge du chômage démolir pour  les thèses économiques et sociales détendues par certains écologistes radicaux. Il est clair que la question n’est pas simple, qu’on ne changera pas brutalement la société et une transition écologique soit doit s’inscrire dans le temps pour progressivement changer les modes de production, d’échange, de consommation et de comportement. Le problème c’est qu’il y a une certaine urgence avec le dérèglement climatique qui s’accélère et qui se traduit notamment par une augmentation des températures, un déplacement du climat, la raréfaction de l’eau en certains endroits, des inondations dans d’autres, une augmentation des tempêtes et autres typhons, d’une manière générale la fonte des glaces et la montée des eaux. Sur la tendance, il est évident que les objectifs de l’accord de Paris ne seront pas tenus et que la température aura augmenté d’au moins 2° ici la fin du siècle sinon davantage. Il y a sûrement un chemin pour concilier la nécessité d’un développement économique et social qui s’inscrive dans le respect et la protection de l’environnement. Encore faudrait-il sortir du clivage caricatural entre ceux qui sont considérés comme des collapsologues apocalyptique et des productivistes irresponsables.

Emploi des seniors : la contradiction avec l’âge de la retraite

Emploi des seniors : la contradiction avec l’âge de la retraite

 

Théoriquement la retraite peut être prise à partir de 62 ans. Dans les faits,  l’âge moyen de départ et de 62 ans et demi. On s’apprête à repousser la à 64 ans pour une retraite pleine or le problème est qu’une partie non négligeable des salariés âgés sont déjà au chômage avant. Les seniors sont en effet particulièrement frappés par le chômage de longue durée (au delà d’un an). En 2018, 37,8% des demandeurs d’emploi ayant plus de 50 ans étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus de deux ans contre 22,3% pour l’ensemble des inscrits. Plus l’âge avance et plus de 50 ans rencontrent de grandes difficultés pour sortir du chômage.

Ainsi, 60,2% des plus de 55 ans étaient au chômage depuis plus d’un an en 2018 contre 41,8% pour l’ensemble des chômeurs de 15 à 64 ans.

Comment dès lors  envisager d’un point de vue social la compatibilité avec un report de l’âge de la retraite. Il est vraisemblable qu’en attendant la fatidique date, nombre d’intéressés iront rejoindre le halo du chômage, c’est-à-dire ce qui n’ont plus droit à rien en matière d’indemnités et qui ne recherchent plus de travail à Pôle emploi. Un report éventuel de l’âge  de la retraite (qui devrait être ciblé en fonction de la nature des métiers et de leur pénibilité) n’est donc socialement acceptable que s’il est accompagné d’une politique de réinsertion professionnelle de ces salariés âgés en utilisant d’une part les moyens de la formation, d’autre part en créant des dispositions légales contractuelles pour aménager leur temps et autres conditions de travail

GE Belfort : l’État en justice

GE Belfort : l’État en justice

 

Dans cette affaire il est clair que l’État est largement mouillé et Macron en premier. Du coup, CFE-CGC et SUD ont saisi le tribunal administratif de Paris pour mettre en cause la responsabilité de l’État français dans le non-respect de l’accord de 2014. Lors du rachat par GE de l’activité Énergie et Réseaux d’Alstom, le groupe américain avait signé avec l’État français un accord qui, outre l’engagement à créer 1000 emplois en France, stipulait que les quartiers généraux de l’activité mondiale de turbines à gaz de grande taille devaient être maintenus à Belfort pendant dix ans. L’erreur de Macron, alors en charge du dossier à l’Elysée, aura d’abord été de vendre la branche énergie d’Alstom. Ce que rappelle Wikipédia « Au début de 2015, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, dénonce les conditions de vente de l’entreprise Alstom au groupe General Electric (GE) soulignant que contrairement aux promesses d’Arnaud Montebourg, assurant que le secteur nucléaire resterait sous contrôle français, le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale, a pour conséquence de placer sous la coupe du groupe américain les turbines produites par Alstom et de cette manière la maintenance des centrales françaises. « Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire… ». Il met en garde également sur le fait que cette vente « donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l’ensemble de notre flotte de guerre ». Il évoque également la vente d’une filiale d’Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite, dont les produits équipent l’armée française ainsi que des entreprises du secteur de la défense et de l’espace qui tombe dans le giron de General Electric. Il évoque « la cupidité et l’incompétence de certains dirigeants d’entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité ». Certains analystes voient un lien direct entre la cession du pôle énergie du groupe à General Electric et l’enquête américaine pour des faits de corruption ayant débouché sur une amende de 720 millions d’euros et présentant des risques judiciaires pour plusieurs cadres d’Alstom dont Patrick Kron » ».De fait Patrick Tron aura été le fossoyeur d’Alstom.   Autre critique  Anticor reproche au gouvernement d‘avoir renoncé à lever des options qui lui auraient permis d‘acheter des actions Alstom au groupe Bouygues. Manque à gagner pour les caisses de l‘Etat, estime Anticor, qui dénonce une forme de détournement d‘argent public “par négligence” : 350 millions d‘euros. L‘opération à laquelle le ministre de l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire a renoncé 26 septembre 2017, lors de l‘annonce de la fusion entre Alstom et Siemens, découlait d‘un accord conclu avec Bouygues le 22 juin 2014.Pour Anticor, l‘abandon par l‘Etat de ces options “constitue une infraction pénale de la plus grande gravité”, car il a ainsi “renoncé à encaisser au bénéfice des caisses publiques dont il a la charge la somme de 350 millions d‘euros”.  Dans cette missive, dont l’existence a été révélée par Le Monde , Olivier Marleix s’étonne que les autorités françaises n’aient «jamais ouvert d’enquête» sur ce rachat alors qu’Alstom a reconnu des faits de corruption dans plusieurs pays entre 2000 et 2011. L’entreprise a également versé une amende à la justice américaine en 2014. Pour étayer son argumentaire, Olivier Marleix s’appuie sur les travaux de la commission d’enquête qui «ont mis en évidence» la façon dont la procédure de contrôle des investissements étrangers en France «a été détournée». L’ex-maire d’Anet note qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, a «formellement donné l’autorisation» de la vente d’Alstom énergie et a «également autorisé» d’autres cessions d’actifs «d’entreprises stratégiques françaises». En cause, les rachats d‘Alcatel-Lucent au groupe finlandais Nokia ou de Technologies. Dans sa missive, le député ajoute que le candidat Macron a bénéficié d’un «montant de dons records pour sa campagne» et estime que «le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées ne peut qu’interroger». Olivier Marleix émet l’hypothèse que le «système» mis en place dans le cadre de ces cessions aurait pu bénéficier à l’actuel président de la République pendant sa campagne. Emmanuel Macron a levé en un an, sans parti politique, environ 15 millions d’euros de dons, souligne-t-il. «Puisqu’une enquête préliminaire a été ouverte   sur les dons reçus par le parti En marche! (…) il m’a paru nécessaire de vous signaler ces éléments», ajoute-t-il. Ce signalement est en cours d’analyse au parquet de Paris, confirme une source judiciaire au Figaro. «S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption», avance le député. Ce signalement intervient alors qu’un ex-dirigeant d’Alstom, Frédéric Pierucci, a livré un témoignage sur les dessous de ce rachat par General Electric dans un ouvrage («Le Piège américain», JC Lattès). Selon lui, l’entreprise a été contrainte de vendre sous la pression des États-Unis, où il a été arrêté le 14 avril 2013 à New York, à sa descente d’avion, dans ce qu’il décrit comme une «guerre économique souterraine» livrée à l’Europe. Conséquence : la semaine passée, GE a proposé de supprimer 642 postes dans la division turbines à gaz de Belfort, au lieu des 792 initialement annoncés, en échange de la signature d’un accord de compétitivité. Une proposition jugée inacceptable par les syndicats. Les discussions continuent entre les parties. Le temps presse car GE doit déposer le 21 octobre son PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) devant l’administration.

Karachi : une affaire sanglante pour financer une élection

Karachi : une affaire sanglante pour financer une élection

 

Pour schématiser à outrance : des contrats commerciaux douteux, des rétrocommissions et finalement des morts quand les retours financiers ont été supprimés à des intermédiaires. Une affaire supposée destinée à financer la campagne de Balladur qui, lui, bénéficiera en quelque sorte sans doute de la bienveillance de la cour de justice de la république. Le principal bénéficiaire sera donc absent lors de ce premier procès. Une vraie curiosité juridique française.

Le procès porte  des soupçons de rétrocommissions sur des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite qui auraient pu servir à financer les activités politiques d’Edouard Balladur.

Ces contrats troubles, conclus en 1994, sont au nombre de cinq, quatre portant sur la livraison de frégates à l’Arabie saoudite et un autre, représentant à lui seul 5,4 milliards de francs (826 millions d’euros), sur la vente de sous-marins au Pakistan, selon les documents judiciaires que Reuters a pu consulter.

Ils sont à l’origine de circuits d’argent occultes qui transitent par des sociétés écrans et des comptes off-shore et semblent revenir en bout de chaîne partiellement en France – des rétrocommissions.

Une transaction intéresse tout particulièrement la justice : le dépôt de 10,25 millions de francs en espèces – transportés dans quatre sacs – sur le compte de l’association de financement de la campagne d’Edouard Balladur le 26 avril 1995, soit juste après le premier tour de la présidentielle.

A la barre défileront trois hommes qui arpentaient les coulisses de la droite française dans les années 1990 : Nicolas Bazire, qui fut le directeur de cabinet du Premier ministre à l’époque des faits allégués et siège aujourd’hui au comité exécutif de LVMH, Thierry Gaubert, membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, et Renaud Donnedieu de Vabres, collaborateur de François Léotard lorsque celui-ci dirigeait le ministère de la Défense.

Un industriel figure également parmi les prévenus : Dominique Castellan, ex-patron de la branche internationale de DCN, récemment rebaptisée Naval Group, une entreprise spécialisée dans la construction de navires de guerre.

Enfin, deux hommes de réseaux nés au Liban : Abdul Rahman al Assir et Ziad Takieddine, lequel a accédé à la notoriété dans une affaire au parfum similaire, celle des soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Ces six hommes, qui contestent pour la plupart les faits qui leur sont reprochés, doivent répondre notamment d’abus de biens sociaux, de recel ou de complicité d’abus de biens sociaux.

Deux autres  protagonistes, Edouard Balladur et François Léotard, n’ont en revanche rien à craindre de ce premier procès puisqu’ils vont bénéficier d’une justice d’exception devant le très spécial tribunal appelé cour de justice de la république composée de 15 juges dont les trois quarts sont des élus et qui ont toujours manifesté la plus grande bienveillance à l’égard de leurs collègues impliqués.

Quotas Immigration: le faux débat

Quotas Immigration: le faux débat

 

Il y a évidemment des arrières pensées politiques derrière ce débat relativement bâclé de l’assemblée nationale. Première observation, le thème est très mal choisi, pour preuve il n’aboutit qu’à une mini proposition du Premier ministre- qui porte sur 250 ooo personnes environ quand les seuls visas touristiques représentent  environ 3.5 millions de personnes ( pas tous évidement des immigrès)et qu’il faut ajouter les autres filières. Or cette proposition concernera l’immigration légale quand la vraie question est celle de l’immigration illégale autrement plus importante (400 000 ?). Par ailleurs et surtout, la question centrale n’est pas celle de l’immigration mais celle de l’intégration qui vise une population d’origine étrangère beaucoup plus large dont trop ne parviennent pas à s’intégrer. Mais Par cette question bien traitée dans le rapport Borloo notamment à travers les banlieues a été balayée d’un revers de main par Macron qui d’une certaine manière a même humilié en public son auteur. La menace vient surtout du refus d’une partie de la population d’origine étrangère d’accepter les règles et les valeurs républicaines. Tout cela sur fond de communautarisme, de radicalisme, de pauvreté, de dérive religieuse et de trafic de drogue. Un thème donc très mal posé et traité uniquement en prévision des prochaines échéances électorales. En outre, une question pleine d’hypocrisie car la mise à l’index des étrangers permet de faire l’impasse sur le problème de l’intégration d’une partie de la population aujourd’hui devenue française. Dernière observation, les quotas même sur-le-champ réduit de l’immigration légale ne répondent pas à l’enjeu :

En 2018 256.000 entrées régulières (90.000 par la voie de l’immigration familiale, 83.000 étudiants, 33.000 pour des motifs économiques).

“La question d’un pilotage par objectifs de l’admission au séjour n’est pas ‘taboue’. Je n’ai pas peur de réfléchir à l’idée de ‘quotas’”, a souligné Edouard Philippe, évoquant la possibilité de “fixer chaque année des objectifs d’attraction de compétences rares et de talents». On est loin de l’enjeu ! Et ne parlons pas de l’impasse sur l’aide au développement, le levier le plus fondamental pour maintenir les populations sur place.

La problématique environnementale: une mode passagère ?

La problématique environnementale: une mode passagère ?

 

L’environnement mode passagère ou mouvement de fond : les réflexions d’Alexis Vrignon, historien spécialiste des luttes environnementales. (France Info). Pour la première fois depuis la création, en 2013, du sondage Ipsos-Sopra Steria sur les fractures françaises, l’environnement arrive en tête des préoccupations, devant le pouvoir d’achat ou l’immigration, y compris chez les seniors.

 

Pourquoi les Français s’inquiètent-ils aujourd’hui plus qu’hier ? 

 

Alexis Vrignon : Les chercheurs qui se posaient la question de l’évolution de la préoccupation environnementale estimaient, jusqu’à il y a encore une quinzaine d’années, que se soucier d’écologie relevait d’une évolution sociale. Dans un monde dans lequel les préoccupations primaires de l’être humain (avoir un toit, se nourrir) étaient écartées, les gens pouvaient se soucier de l’environnement. Cette interprétation a vieilli, car elle faisait de l’environnement une question secondaire.

Petit à petit, l’idée que l’environnement est une problématique de la vie de tous les jours s’est installée. Longtemps, on l’a réduit à la protection des petites fleurs et on a considéré que les problèmes se poseraient aux générations futures. Cela a eu un effet pernicieux : on a pensé « On verra plus tard. » Or, avec le dérèglement climatique à l’œuvre, on s’aperçoit que non seulement nous allons en pâtir, mais que nous en pâtissons déjà.

Un récent baromètre de l’Ademe [Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie] assure par ailleurs qu’au-delà du réchauffement, la question de la pollution atmosphérique, notamment dans les grandes agglomérations, revient comme un élément déclencheur de sensibilisation à l’environnement. Elle soulève chez les Français des interrogations sur la place de l’automobile ou sur l’urbanisme, par exemple.

La pollution atmosphérique, on en parle depuis les années 1950. La nouveauté, c’est que cette réflexion s’intègre désormais à toute une vision du monde plus critique à l’égard du mode de développement actuel.

 

A quand peut-on dater l’émergence d’une conscience environnementale en France ? 

La conscience écologique sous sa forme contemporaine, dont nous sommes les héritiers, est apparue dans les pays industrialisés autour des années 1960 et 1970. Cependant, de nouvelles études montrent que dès le XIXe siècle, et même auparavant, il existait de véritables réflexions sur notre relation à la nature, mais on n’appelait pas encore ça l’environnement. L’arrivée des machines de la révolution industrielle s’est accompagnée de toute une réflexion sur leur impact, notamment en Angleterre au milieu du XIXe siècle. En France, au XVIIIe siècle, toute une série de réglementations sont mises en place pour empêcher certains établissements, comme des tanneries, de polluer le voisinage.

Ce qui a freiné l’émergence d’une conscience écologique, c’est le triomphe d’un récit mobilisateur tourné vers le progrès. En associant progrès industriel, progrès social et progrès scientifique, on obtient un récit efficace qui a occulté une vraie préoccupation à l’égard de la nature qui existait auparavant.

Ce récit s’est fissuré dans les années 1970, c’est pourquoi on a vu l’essor d’une préoccupation, qui n’a jamais vraiment disparu mais qui a connu depuis une évolution en sinusoïde. Pour prendre l’exemple de la France, aux municipales de 1977, les écologistes font 10% à Paris : un score à peu près comparable à ce qu’ils peuvent espérer aujourd’hui, à en croire les sondages. Mais ensuite, dans les années 1980, les scores redescendent et disparaissent quasiment. Pour réapparaître dans le débat politique à la fin des années 1980.

Le ministère de l’Environnement est créé en 1971. Est-ce qu’il répond, justement, à l’émergence de cette conscience ? 

En 1971, la société française sort de dix années de changements profonds. Les années 1960 sont une période d’expansion et d’accélération. En une décennie, la surface urbanisée de la France double. La déconcentration industrielle entraîne le déplacement de structures jusqu’alors concentrées en région parisienne. Pour beaucoup de Français, les années 1960, c’est le moment où leur environnement quotidien, au sens le plus strict du terme – ce qui les entoure –, se transforme. Et c’est justement à cette époque qu’on observe l’apparition ou le renforcement d’associations de protection de la nature.

L’opinion joue pourtant un rôle modéré dans la création de structures étatiques en faveur de l’environnement. Ce sont plutôt des hauts fonctionnaires qui vont appuyer certains dossiers auprès de l’exécutif et obtenir la création des parcs naturels ou encore de l’agence de l’eau. N’oublions pas que nous sommes juste après 1968 et qu’il existe alors une certaine réceptivité à des pensées critiques à l’égard du développement et du productivisme. On remet en cause beaucoup de choses, ce qui encourage les initiatives écologiques. Beaucoup de critiques et d’analyses qui sont, dans une certaine mesure, encore pertinentes aujourd’hui, sont émises à ce moment-là.

Le premier titulaire du poste de ministre, Robert Poujade, a écrit un livre qui s’appelle Le Ministère de l’impossible pour expliquer le peu de poids qu’il avait dans les arbitrages face aux autres ministères, et notamment celui de l’Industrie. Plus tard Corinne Lepage, à l’Environnement en 1995-1996, a écrit On ne peut rien faire, madame la ministre…, dont le titre est aussi assez révélateur. Plus de vingt ans plus tard, même Nicolas Hulot, pourtant ministre d’Etat, perdait ses arbitrages face au ministre de l’Agriculture.

Comment expliquer ce recul de l’écologie en France après l’élan observé dans la société dans les années 1970 ? Les années 1980 marquent en effet l’explosion de la consommation, favorisée par la dérégulation des marchés…

A partir des années 1980, les mouvements de désindustrialisation entraînent un transfert des appareils productifs vers d’autres pays. Dans la société française, il y a une invisibilisation du processus productif, lequel s’installe en Chine ou ailleurs. Autre conséquence : la notion de crise économique s’ancre dans les esprits et prend le pas sur la crise écologique.

Plus tard, dans les années 1990, puis 2000, la question écologique redevient une préoccupation, mais on pense alors que l’informatique, puis internet, permettra de résoudre les problèmes posés par le productivisme et la société de croissance. On imaginait l’avenir dans la dématérialisation des processus productifs. Avec la dématérialisation, plus de problèmes causés par l’industrie. Même chez les penseurs écologistes, beaucoup adhéraient à ce récit.

La prise de conscience actuelle est d’autant plus forte que de nombreux travaux ont démontré que cette dématérialisation était un mirage, puisqu’elle repose sur des serveurs informatiques extrêmement énergivores et des appareils fabriqués avec des métaux rares. Non seulement on pensait que le modèle à venir serait propre, mais dans certaines mouvances du milieu écologiste on le pensait aussi politiquement vertueux : en développant une économie du partage, en permettant d’avoir des processus de décisions beaucoup plus horizontaux, etc. Tout cela n’est pas complètement faux, mais quand on observe l’émergence et l’affirmation des Gafa, on voit que les choses ne sont pas si simples.

L’environnement intéresse les citoyens par intermittence. La prise de conscience à laquelle nous assistons est-elle durable ? Ne suffira-t-il pas qu’une nouvelle crise émerge pour la balayer à nouveau ?

La balayer, je ne pense pas. La conscience écologique ne repose plus sur des concepts immatériels, mais sur du concret. A la différence d’autrefois, nous disposons de données scientifiques nouvelles et fiables. Par ailleurs, on peut observer empiriquement une évolution du climat. Quels que soient les défis ou les questions qui pourraient arriver à l’agenda politique ou médiatique, le réchauffement climatique, la pollution et les problèmes concrets qui en découlent demeurent et s’observent tous les jours.

Les débats sont houleux sur l’écologie, notamment sur la place de la voiture : les automobilistes sont présentés comme des pollueurs et les autres sont accusés d’être des « bobos » qui donnent des leçons et prennent l’avion pour partir en vacances. L’écologie ne reste-t-elle pas une source de clivages ?

Cette question soulève un point-clé qui est celui du distingo entre la conscience théorique d’un problème et la concrétisation. Car il existe un consensus de plus en plus large pour dire qu’il y a un problème. Là où c’est compliqué, c’est pour se mettre d’accord sur les actions concrètes à mettre en place.

Les enquêtes montrent une profonde ambivalence de la population à l’égard des politiques publiques qui pourraient être mise en œuvre. Alexis Vrignon à franceinfo

D’un côté, il y a toujours cette idée que l’action individuelle seule ne pourrait suffire, même si elle est nécessaire. Et de l’autre, un doute très profond à l’égard de l’efficacité de l’action publique. On s’en méfie et, surtout, on s’inquiète de l’éventualité de nouvelles taxes.

De plus en plus de Français seraient d’accord pour qu’il y ait des évolutions dans nos modes de vie, mais dès lors qu’il est question de taxes (taxe carbone ou autre), les choses deviennent beaucoup plus compliquées. C’est là qu’on en vient à l’accusation d’écologie punitive par exemple, un terme qui arrive assez facilement dans les discours.

Pour les politiques, il apparaît donc très bénéfique de parler d’écologie, mais très dangereux politiquement de prendre de réelles mesures. Suffit-il vraiment d’en parler pour satisfaire le besoin d’écologie exprimé ? 

L’écologie revient de manière cyclique à l’agenda politique. Comme à l’occasion des élections européennes, lors desquelles les écologistes font leurs meilleurs scores. Et  chaque fois que les écologistes font de bons scores, les pouvoirs publics, et plus particulièrement l’exécutif, verdit son discours et assure avoir fait sa mue écologique. Cela a donné le Grenelle de l’environnement sous Nicolas Sarkozy, en 2007, ou les déclarations récentes d’Emmanuel Macron.

Je pense qu’un certain nombre de politiques sont persuadés qu’en matière d’environnement, il suffit de faire un ou deux beaux discours. Alexis Vrignon à franceinfo

 

Et il y en a eu, des beaux discours. On pense bien sûr à Jacques Chirac au sommet de la Terre en 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Mais Georges Pompidou avait fait un discours du même ordre en 1971, à Chicago. Parler d’environnement, c’est consensuel dès lors qu’on reste un peu vague.

Toutefois, puisque la population a une plus grande connaissance des enjeux environnementaux, c’est en train de changer. Les électeurs savent que ce n’est pas en plantant deux ou trois arbres que l’on changera fondamentalement les choses.

Que penser des discours anti-écolo portés par des politiques ? Peut-on s’attendre à un retour de bâton après la mise en avant des questions environnementales ?

Jair Bolsonaro et Donald Trump ont été élus en niant et en remettant en cause les questions d’environnement, mais des catastrophes écologiques continuent de frapper le Brésil et les Etats-Unis.

De nombreux facteurs expliquent l’émergence de ces hommes politiques, mais leur volonté de mobiliser une rhétorique anti-environnementale est bien le signe que ce discours est bien présent. Le contredire, c’est aussi une façon de le prendre en compte. C’est parce que ces préoccupations sont fortes qu’il y a chez certains le besoin d’un contre-discours. La question qui se posera à l’avenir, c’est : est-ce que la présence au pouvoir de ces dirigeants traduit l’apparition d’un clivage entre, d’un côté, des écologistes – dont le périmètre reste à définir – et, de l’autre, des productivistes qui ne jureraient que par la mise en valeur des ressources, lesquelles n’attendraient que l’homme, son ingéniosité et sa technique pour être utilisées et résoudre tous les problèmes. Nous verrons bien si ce clivage émerge et finit par structurer la société.

Intelligence artificielle : science ou art ?

 

Intelligence artificielle : science ou art ?

Un  article intéressant de Raphael Bertholet, Vice-Président R&D de Symphony Retail AI France dans le journal la Tribune évoque les possibilités d’intégration de la sensibilité humaine dans l’intelligence artificielle au point que cette dernière pourrait être considérée comme un art. Un article qui s’attarde cependant seulement sur les problèmes méthodologiques et qui n’évoque pas les phénomènes d’aliénation et de domination de ces nouvelles technologies sur la pensée humaine, sur les comportements et pas seulement dans le domaine marchand.

 

 

Tribune

 

« Alors que l’on croyait, il y a encore peu, que l’une des limites de l’IA était la créativité – notamment artistique -, nous savons à présent qu’il n’en est rien et que l’homme peut être challengé aussi dans ce domaine. En témoigne la première exposition qui se tient en ce moment en Angleterre, rassemblant les œuvres d’AI-Da, humanoïde doté d’une intelligence artificielle. Il n’aura fallu que quelques jours pour que tous ses dessins, tableaux et sculptures se vendent, pour plus d’un million d’euros. Preuve, s’il était besoin, que l’IA est un placement d’avenir !

Au-delà de son caractère médiatique, cet évènement montre un point capital : l’IA lève le voile sur des domaines que l’on croyait hors du champ de la rationalité et des sciences, des domaines où seuls l’instinct et le talent humains pouvaient agir et apporter des réponses. L’IA montre que ce n’est pas si vrai et que les algorithmes peuvent, contre certaines certitudes, trouver des réponses à des questions qui étaient censées échapper à la science.

La prévision de la demande est, pour partie, l’un de ces domaines.

Jusqu’à récemment, l’approche en matière de prévision de la demande dans le retail a consisté à s’appuyer sur des outils statistiques et analytiques pour une grande partie des catégories de produits – et sur l’expérience et l’instinct des prévisionnistes pour ce qui sortait du cadre des modèles bien établis.

Bien que très performants, les outils statistiques classiques touchent, en effet, à leurs limites dès que l’on n’est plus dans une situation habituelle. Comment anticiper, par exemple, la demande d’un produit qui va faire l’objet d’une importante promotion le mois prochain alors que le vécu de ce même produit est vide de ce genre d’expérience ? Comment savoir à quel point le lancement d’un nouveau produit – pour lequel il n’y a pas de données existantes – va susciter la demande ?

Pour toutes ces situations inhabituelles pour lesquelles les statistiques ne peuvent plus venir en aide au travail des prévisionnistes, ces derniers se fient généralement à leur expérience. C’est l’intuition qui prend le relai. C’est le point au-delà duquel la prévision de la demande cesse d’être une science et devient un art.

Or c’est précisément ce point où l’IA est aujourd’hui en train de renverser la situation. En analysant des corrélations et des probabilités de corrélations avec d’autres articles, d’autres lieux de vente, d’autres données contextuelles, l’IA va se comporter comme l’instinct ou l’intuition du prévisionniste et permettre à la prévision de la demande de continuer à être une science, là où l’on pensait qu’elle restait un art.

Dans le retail comme ailleurs, la valeur d’une prévision se mesure à sa fiabilité et sa précision. Si la prévision de la demande pour les produits connus atteint des niveaux de précision élevés, celle des produits ou situations inhabituels fait chuter le taux de précision global, qui se heurte à une limite que l’on croyait difficile, pour ne pas dire impossible, à briser.

Parce qu’elle sait non seulement traiter des volumes de données immenses et hétérogènes, mais aussi faire les corrélations qui permettent d’expliquer l’inhabituel, l’IA gomme aujourd’hui cette limite. Elle donne aux prévisionnistes les moyens de passer une étape supérieure majeure dans leur travail, en leur fournissant les pistes et les corrélations qui leur permettent d’expliquer l’inhabituel et en industrialisant le bénéfice de l’intuition pour anticiper, avec une précision inédite, les situations pour lesquelles il n’existe pas ou peu de données directement reliées à l’évènement.

Avec l’IA, le talent des prévisionnistes peut ainsi être mis au profit de cette nouvelle marge de progression du taux de précision des prévisions. Leur intuition servira à proposer et tester de nouvelles données contextuelles aux évènements, de nouveaux attributs descriptifs pour enrichir l’IA et améliorer ses performances. Sans être encore une science exacte, la prévision de la demande s’en rapproche de plus en plus avec l’IA, et pourrait bien tendre à le devenir. »

Actu, infos, économie, social, politique : articles les plus lus

Nouvelles technologies, il n’y a pas que les start-up du numérique !

Nouvelles technologies, il n’y a pas que les start-up du numérique !

Bruno Arabian, Consultant sur le secteur des technologies de santé à l’agence Ulysse Communication constate dans la Tribune l’absence frustrante des biotechnologies et des technologies médicales de la “start-up nation

La liste des Next40 lancée le 18 septembre ne compte aucun entrepreneur de la biotech ou des technologies médicales. Comme si les start-up du numérique incarnaient à elles seules, aux yeux des politiques, l’innovation en France, dénonce Bruno Arabian, consultant en communication du secteur des « Health Techs »

Tribune.

 

 « Le 18 septembre, le président de la République a mis en scène la « start-up nation » et le lancement de Next40, la liste des quarante start-up « à fort potentiel ». La Banque publique d’investissement (BPI) va mobiliser 5 milliards d’euros pour l’innovation. Les dirigeants de start-up du numérique sont aux anges, les banquiers, investisseurs et communicants du numérique le sont tout autant. Car pour la French Tech et notre président, l’innovation en France se limite exclusivement au numérique.

Mais cette belle journée a tout d’un « frichti 3.0 » entre amis. Car pour les représentants d’autres pans entiers de l’innovation en France, cela ressemble plus à un dîner de cons auquel ils n’ont même pas été conviés. C’est notamment le cas du secteur « Health Tech » (biotechnologies et technologies médicales).

Comment accepter l’idée qu’aucune des sociétés des sciences de la vie – dont chacun des fleurons possède plus de brevets que les sélectionnés du Next40 – ne soit de la fête et ne dispose du fameux tampon « future licorne » ?

Certaines ont pourtant levé plusieurs centaines de millions d’euros – le montant des tours de table est pourtant un marqueur primordial pour le milieu de la French Tech. D’autres sont même cotées au Nasdaq, Mecque mondiale de l’innovation. Cette absence est d’autant plus frustrante que la BPI dispose de nombreuses études bien documentées sur le sujet !

 « Le secteur biotech/medtech est encore jeune en France. Il faut lui laisser du temps ! » : C’est l’explication, maintes fois entendue dans les couloirs ministériels. Mais elle est historiquement fausse : ce secteur est né en 1977 à Toulouse, avec Cayla, ou avec Transgene à Strasbourg en 1979… bien avant la naissance des américains Amgen ou Gilead, devenus entre-temps des géants de l’industrie pharmaceutique mondiale.

Pour les représentants d’autres pans entiers de l’innovation en France, cela ressemble plus à un dîner de cons auquel ils n’ont même pas été conviés. C’est notamment le cas du secteur Health Tech …… »

1...1112131415...17



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol