Balkany : victime expiatoire ?

Balkany : victime expiatoire ?

 

9  ans de prison pour fraude fiscale (la corruption n’a pas été retenue faute de preuves), cela peut paraître beaucoup. C’est en tout cas une exception  par rapport à la jurisprudence. Peut –être fallait-il une victime expiatoire pour signifier à d’autres bénéficiaires d’un certain système politique qu’on change d’époque. Certes, il serait injuste de considérer que la classe politique toute entière fait passer ses intérêts personnels avant-ou en même temps- que l’intérêt général. Si l’on en juge par le défilé constant de députés mis en examen, il y a quand même lieu de s’interroger. Cela vaut pour toutes les formations ou presque y compris LREM rattrappée aussi par les affaires que Macron tente pourtant d’étouffer comme celle de Richard Ferrand. Malheureusement, l’affaire Sylvie Goulard n’a pas plu aux députés européens. Et Macron et la France en même temps ont reçu une belle claque. On ne peut pas dire que toute la classe politique s’enrichit mais une majorité profite du système. D’abord de façon très légale en transformant la fonction électorale en métier (et en cumulant rémunérations, retraites et autres avantages). Ensuite de manière parfois insidieuse en favorisant des proches politiquement (chef d’entreprises, associations, bureau d’études etc.). Des proches qui renvoient l’ascenseur (voir dernièrement la résurgence de l’affaire Balladur). Pour les Balkany, le système dure depuis plus de 30 ans ; Ils étaient clairement protégés ; aujourd’hui politiquement ils ne représentent plus grand-chose d’où la sévérité de la justice « indépendante ».  Patrick Balkany a donc été condamné vendredi à cinq ans de prison ferme pour blanchiment de fraude fiscale aggravé dans le deuxième volet de l’affaire qui lui a déjà valu une peine de quatre ans de réclusion le 13 septembre.

 

Le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), qui est détenu à la prison de la Santé, à Paris, avait refusé son transfert au tribunal pour l’énoncé du jugement. Seuls son épouse Isabelle et leur fils Alexandre étaient présents.

Patrick Balkany, 71 ans, est condamné à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt et à 10 ans d’inéligibilité.

Son épouse, 72 ans, est condamnée à quatre ans de prison ferme sans mandat de dépôt et 10 ans d’inéligibilité. Leur fils a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Les époux Balkany, poursuivis également pour corruption, ont été relaxés de ce chef.

“Je voulais simplement vous dire, comme nous l’avons toujours dit, que comme cela a été confirmé officiellement et publiquement aujourd’hui, il n’y a pas un centime de l’argent public”, a déclaré Isabelle Balkany à la presse. (Comme si le produit de l’impôt n’était pas de l’argent public ! NDLR)

“C’est uniquement notre patrimoine familial, et il n’y a pas de corruption”, a-t-elle ajouté en quittant le tribunal.

Le tribunal a prononcé la confiscation de leurs résidences de Giverny et Marrakech.

L’avocat de Patrick Balkany, Me Eric Dupond-Moretti, a dénoncé une “dérive” judiciaire et estimé qu’il y aurait “forcément un procès en appel”.

“Quatre plus cinq, ça fait neuf ans : c’est en termes de gravité une peine monstrueuse qui a été prononcée”, a estimé l’avocat qui n’a pu assister au jugement, retenu en Côte-d’Or par une autre affaire.

Les Balkany, amis de l’ancien président Nicolas Sarkozy, sont accusés d’avoir constitué un important patrimoine immobilier, lui-même non déclaré, notamment aux Antilles et au Maroc, grâce au produit de cette fraude et un réseau de sociétés écran et de comptes bancaires à l’étranger.

Les faits reprochés tiennent selon l’avocat de l’Etat, partie civile, Me Xavier Normand-Bodard, en trois chiffres : 30 ans de fraude fiscale, 11 sociétés-écrans, notamment au Liechtenstein, au Panama, aux Seychelles et au Maroc, et 13 millions d’euros blanchis de 2007 à 2014 grâce à ce système.

L’élu de 71 ans et son épouse, qui règnent sur Levallois-Perret depuis 1983, contestaient les montants avancés et l’accusation de blanchiment.

Patrick Balkany a demandé une demande de remise en liberté, à la suite de son premier procès, qui sera examinée le 22 octobre.

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