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Archive mensuelle de septembre 2019

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« Projet de monnaie unique africaine : un échec cuisant »

« Projet de monnaie unique africaine : un échec cuisant »

Ce que pense dans le Monde  l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla,

« Tribune. Le sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui s’est tenu samedi 29 juin à Abuja, au Nigeria, a été l’occasion de faire le point sur l’éco, la monnaie unique que les quinze pays de ce bloc régional projettent de lancer en 2020. Sa création pourrait être une excellente nouvelle pour ceux d’entre eux qui utilisent le franc CFA, soit huit Etats. Elle entraînerait de facto la fin de cette monnaie née pendant la période coloniale et toujours placée sous la tutelle du ministère français des finances, avec l’obligation pour les pays africains de déposer la moitié de leurs réserves de change auprès du Trésor français et la présence de responsables français dans les instances de leurs banques centrales.

Pour nombre d’intellectuels et de militants panafricanistes, il est temps de tourner la page du franc CFA au profit d’une intégration monétaire entre Africains qui transcenderait les legs du colonialisme. Le projet éco pourra, pensent-ils, permettre d’y parvenir. Or une critique économique conséquente du franc CFA, se situant au-delà d’une critique politico-symbolique, montre que la monnaie unique de la Cédéao, telle qu’elle a été conçue jusqu’ici, ne constitue pas la meilleure voie à suivre.

Faiblesse du commerce intra-régional

Une objection importante contre le franc CFA est que les deux blocs qui l’utilisent, c’est-à-dire l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), ne présentent pas les caractéristiques de « zones monétaires optimales ». Cela veut dire que leur existence ne se justifie pas économiquement : les inconvénients à partager la même monnaie pour les pays membres pris individuellement sont supérieurs aux avantages à la maintenir. Partant de ce fait relevé par des travaux empiriques, on peut difficilement concevoir qu’une union monétaire plus large permettra d’inverser la tendance.

Le comité ministériel de la Cédéao note lui-même, dans son dernier rapport, qu’aucun pays de la région n’avait rempli en 2018 les critères requis pour faire partie de la zone monétaire éco. Dans le cas des pays de l’UEMOA, cette observation est plutôt dévastatrice. Elle signifie qu’ils ne satisfont toujours pas les préalables en vue d’une intégration monétaire, malgré près de soixante ans de partage d’une même monnaie ! Soulignons au passage que les pays de l’UEMOA n’ont toujours pas présenté le plan de divorce d’avec le Trésor français exigé par le Nigeria depuis 2017.

A supposer que l’éco voie le jour, ses bénéfices risquent d’être limités au regard de la faiblesse du commerce intra-Cédéao (9,4 % en 2017). L’argument selon lequel l’intégration monétaire va changer la donne est sujet à caution. Il suffit de se référer par exemple à l’expérience des pays de la Cémac : le commerce intra-régional y est de l’ordre de 5 %, en dépit de plus de soixante-dix ans d’intégration monétaire.

Il est par ailleurs probable que la politique monétaire et de change s’alignera sur la conjoncture du Nigeria, lequel représente les deux tiers du PIB de la région et la moitié de sa population. Le Nigeria, qui acceptera difficilement d’être dans une union monétaire dont il ne sera pas le patron, est un exportateur de pétrole, alors que les autres pays sont pour la plupart des importateurs nets de pétrole. En raison de ces différences de spécialisation, les cycles économiques des uns et des autres seront rarement synchrones. Or les Etats ayant intérêt à partager la même monnaie, et donc une même politique monétaire, sont ceux dont les cycles économiques sont synchrones.

Dans cette configuration, les pays exposés à des chocs asymétriques négatifs ne pourront pas avoir recours à la politique monétaire et de change pour s’ajuster. Ils n’auront pour option que la « dévaluation interne », concept qui désigne les politiques d’austérité. Un scénario d’autant plus probable que le projet éco ne prévoit, en l’état actuel, aucun mécanisme de solidarité budgétaire afin de faire face à des conjonctures différenciées entre les pays membres. Pire, ce projet est conçu dans une optique d’orthodoxie budgétaire (limitation du déficit et de l’endettement publics) qui sape d’emblée toute capacité de réaction positive des Etats confrontés à des chocs asymétriques. Laisser grossir les rangs des chômeurs et des sous-employés et ponctionner les classes moyennes et populaires : tel sera le mode d’ajustement en cas de crise.

Une grossière copie de l’euro

Que les architectes du projet éco aient copié dans le détail le « modèle » de l’Eurozone, sans s’être souciés de ses défauts devenus apparents avec la crise des subprimes, semble assez paradoxal. S’il y a bien une leçon à retenir de l’Eurozone, c’est qu’une zone monétaire sans fédéralisme budgétaire est vouée à l’échec. Wolfgang Schaüble, l’ex-ministre allemand des finances, a récemment admis que « l’erreur originelle avait été de vouloir créer une monnaie unique sans une politique commune dans les domaines de l’économie, de l’emploi et de la politique sociale ». En raison de cette faille originelle, les disparités économiques entre les pays européens se sont accentuées. Comme le montre une étude récente du Fonds monétaire international (FMI), les crises dans les pays de la zone euro ont été plus fréquentes et plus sévères que dans les autres pays riches. Les reprises y ont aussi été plus lentes.

Pour aller vers une monnaie unique, il faudrait d’abord mettre en place un gouvernement fédéral sur une base démocratique avec des pouvoirs fiscaux forts. Avoir la gestion monétaire au niveau supranational et laisser la gestion budgétaire au niveau national est une terrible erreur de conception. Le projet éco risque, tout comme la zone de libre-échange continentale (ZLEC), d’être un échec cuisant parce qu’il n’aura pas été fondé sur un socle politique fédéraliste. L’avertissement de Cheikh Anta Diop formulé en 1976 à propos de la Cédéao alors naissante reste actuel et pertinent : « L’organisation rationnelle des économies africaines ne peut précéder l’organisation politique de l’Afrique. »

Le fait que les pays africains ne soient pas encore prêts pour l’unité politique ne les condamne pas pour autant à choisir entre le statu quo monétaire et l’adoption d’une grossière copie de l’euro. Fort heureusement, de brillants économistes africains comme Samir Amin, Mamadou Diarra et Joseph T. Pouemi ont ébauché une alternative pratique et féconde : un système de monnaies nationales solidaires.

Concrètement, il s’agirait de faire en sorte que chaque pays de la zone franc ait sa propre monnaie nationale, gérée par sa banque centrale. Ces monnaies seraient liées par une unité de compte commune qui servirait à régler les échanges entre eux. Un système de paiement africain serait mis en place. Les réserves de change seraient en partie gérées de manière solidaire, afin que les monnaies se soutiennent mutuellement. Des politiques communes seraient mises en œuvre pour obtenir l’autosuffisance alimentaire et énergétique, et donc limiter les importations dans ces deux secteurs.

Ce système a l’avantage de permettre une solidarité entre pays africains et une flexibilité macroéconomique au niveau national. Ce que n’autorise pas le projet éco. »

Ndongo Samba Sylla est économiste. Il a co-écrit, avec Fanny Pigeaud, L’Arme invisible de la Françafrique, une histoire du franc CFA (La Découverte, 2018).

Actu, infos, économie, social, politique : articles les plus lus

Affaire Sarkozy-Kadhafi : échec au juge Tournaire (Hervé Gattegno , Avocat de Sarkozy et directeur du JDD) !!!

  • Affaire Sarkozy-Kadhafi : échec au juge Tournaire (Hervé Gattegno , Avocat de Sarkozy et directeur du JDD) !!!

 

  • Encore un papier très surprenant de la part du JDD pour démontrer l’innocence de Sarkozy dans l’affaire du financement de campagnes électorales par Kadhafi. En plus un papier signé par le directeur de rédaction lui-même, Hervé Gattegno, macroniste convaincu et qui ne se cache pas de ses relations avec un Sarkozy qui de fait  apporte sa caution à Macron. Ce papier mérite la lecture et interroge évidemment sur l’éthique de la ligne éditoriale de ce journal

 

  • «

« Le juge Serge Tournaire …. n’a pas réussi à clore le plus sensible et le plus controversé de ses dossiers : celui du prétendu financement libyen de l’ancien président. Promu doyen des juges d’instruction de Nanterre (Hauts-de-Seine), où il s’installera dès lundi, il s’est privé de vacances tout l’été dans l’espoir d’ultimes découvertes probantes, en vain.

 

Serge Tournaire laisse à la juge Aude Buresi, qui l’assistait jusqu’à présent, la lourde tâche de conclure une enquête désormais dans l’impasse.

Le récit de Takieddine contredit par Hortefeux et Senoussi

Mercredi, l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, dont les affirmations (quoique contradictoires) ont largement orienté l’instruction, a été interrogé une nouvelle fois. Selon son entourage, il a réitéré ses accusations, prétendant avoir livré des fonds pour la campagne de 2007 et avoir été le témoin de la remise par Brice Hortefeux à Abdallah Senoussi, bras droit de Kadhafi, du numéro d’un compte à alimenter. Double problème : son récit est contredit par Hortefeux comme par Senoussi ; et les investigations bancaires montrent que des virements sont bien partis de Libye (6 millions d’euros au total), mais que Takieddine a gardé l’argent pour lui. »

 

Le JDD devrait quand même préciser que récemment Hortefeux a été impliqué dans des sondages plus ou moins bidon de l’Élysée  l’époque de Sarkozy. Hortefeux et d’autres dans l’entourage de Sarkozy sont soupçonnés de détournement de fonds. De quoi douter de  la validité des témoignages de tels personnages.

 

L’avocat de Carlos Ghosn juge illégalles les conditions de détention

L’avocat de Carlos Ghosn juge illégalles  les conditions de détention

 

À juste titre, l’avocat de Carlos Ghosn  dénonce les violations des droits de l’homme dont est victime l’ancien PDG de Renault Nissan. Le problème c’est que ces violations sont légales au Japon qui pratique une justice très archaïque en contradiction avec tous les principes internationaux. Par rapport à ces principes de justice au Japon,  l’ancien président de Renault aurait même dû être maintenu en prison. En effet,  la procédure japonaise est ainsi faite que les accusés doivent être mis en prison et juger qu’une fois qu’ils ont avouée leurs crimes. Sinon ils peuvent rester des années incarcérés.  Ce qu’il faut donc dénoncer ce n’est pas seulement la situation particulière du patron de Renault mais les principes mêmes d’une justice d’un autre temps qui s’inscrivent d’ailleurs dans un retour à des concepts nationalistes inquiétants.

« Il est temps de dénoncer les violations des droits de l’homme dont le procureur de Tokyo s’est rendu coupable», assure Me François Zimeray qui évoque de «graves manquements au devoir d’impartialité comme sa collusion aveuglante avec Nissan et les autorités politiques du pays». «Tout semble permis au procureur japonais pour qui l’enjeu est autant de ne pas perdre la face que de dynamiter la tutelle française sur Nissan en protégeant ses actuels dirigeants avec qui a été passé un accord secret», dénonce-t-il.

Me Zimeray estime ainsi que «tout a été fait pour enraciner, avant son procès, l’idée de la culpabilité de Carlos Ghosn, notamment la distillation dans la presse de +confidences+ systématiquement à charge et ne laissant aucun doute possible sur leur origine: le procureur de Tokyo».

«Comment une démocratie peut-elle accepter qu’un couple soit privé de tout contact depuis 150 jours par vengeance sur l’épouse qui a eu raison de dénoncer les dérives d’un système, le procureur osant l’argument : + Elle a alerté les chefs d’État et l’opinion publique… Il n’y a pas moyen de la faire taire+», s’interroge l’avocat, alors que M. Ghosn et son épouse Carole ont l’interdiction de se parler. Me Zimeray affirme que «le traitement réservé à notre compatriote est discriminatoire», et que «cet acharnement d’exception compromet la possibilité d’un procès équitable».

L’avocat de M. Ghosn ajoute en outre qu’en France, «les grands principes n’ont pas résisté longtemps à la quête de bonne conscience, primant celle de la vérité», expliquant que le conseil d’administration de Renault a privé son ancien dirigeant de ses droits à rémunération et retraite «sans attendre d’y voir clair», et que des extraits d’un audit «ont été répandus avant même que le principal intéressé n’ait été appelé à se justifier».

Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018, à son atterrissage à Tokyo. Le dirigeant franco-libano-brésilien de 65 ans est soupçonné d’avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus aux autorités boursières entre 2010 et 2015. Libéré sous caution en avril, il attend aujourd’hui au Japon son procès.

Retraites : Les Français favorables à la réforme ? (sondage)

Retraites : Les Français favorables à la réforme ? (sondage)

 

S’appuyant sur un sondage de l’IFOP, le très macroniste  journal du JDD titre que les Français sont  favorables à la réforme. Pourtant le même sondage montre que 66 % des Français ne font pas confiance au gouvernement dans ce domaine. Cependant ils sont également 66 % à se prononcer pour l’harmonisation des régimes. De là à dire que les Français sont favorables à toute la réforme il y a un pas que le JDD franchit un peu vite !

 

Selon ce sondage, 36% des Français considèrent qu’il faut allonger la durée de cotisation des actifs, le levier traditionnellement utilisé par les politiques en la matière. Parmi les autres options proposées, 16% des Français optent pour une augmentation des cotisations des actifs et 7% pour une baisse des pensions des retraités, selon ce sondage. Seulement 2% des retraités sont favorables à cette dernière option.

Plus engageant pour le gouvernement, les deux tiers des Français (66%) sont favorables à une harmonisation des différents régimes « au nom de l’égalité entre les cotisants », alors que 34% des Français veulent conserver des régimes de retraites différents compte tenu des spécificités de certains métiers ou professeurs, selon ce sondage.

*Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 au 30 août 2019 auprès d’un échantillon de 1.010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. La marge d’erreur pour ce sondage est +/- 1,4 point pour un résultat de 5 ou 95% ; +/- 1,8 point pour un résultat de 10 ou 90% ; +/- 2,5 points pour un résultat de 20 ou 80% ; +/- 2,8 points pour un résultat de 30 ou 70% ; +/- 3 points pour un résultat de 40 ou 60% ; +/- 3,1 points pour un résultat de 50%.

 

Croissance Chine: encore une nouvelle contraction de l’activité manufacturière

Croissance Chine: encore une nouvelle contraction de l’activité manufacturière

Cela fait quatre mois que l’activité manufacturière est dans le rouge en Chine. Même les statistiques officielles chinoises souvent bidouillées en témoignent. C’est évidemment le signe d’un très fort tassement des échanges internationaux mais aussi d’une croissance molle en Chine. En effet, la consommation intérieure ne parvient pas à compenser la faiblesse de la croissance des exportations.

 

L’activité dans le secteur manufacturier chinois s’est contractée en août pour un quatrième mois consécutif, alors que les Etats-Unis ont accentué les pressions commerciales et que la demande intérieure demeure faible.  La faiblesse persistante du vaste secteur manufacturier pourrait inciter Pékin à déployer des mesures de soutien à l’économie supplémentaires, plus rapidement et avec plus d’agressivité, pour contrer le plus important ralentissement de l’économie chinoise en plusieurs décennies.

L’indice PMI manufacturier officiel a reculé à 49,5 en août après 49,7 le mois précédent, montrent les statistiques gouvernementales publiées samedi, demeurant sous le seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l’activité. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient une contraction moins marquée, identique à celle constatée en juillet.

Ce nouveau déclin met en exergue l’impact néfaste des tensions commerciales avec les Etats-Unis et du ralentissement de la demande mondiale sur les exportateurs chinois.

D’après les données du Bureau national de la statistique (BNS), les commandes à l’exportation ont poursuivi leur déclin pour un quinzième mois consécutif même si leur sous-indice a marqué en août un léger rebond par rapport à juillet (47,2 contre 46,9).

Les nouvelles commandes – intérieures comme extérieures – ont continué de chuter, indiquant que la demande domestique reste faible malgré une série de mesures engagées dès l’année dernière par le gouvernement chinois.

Face aux perspectives incertaines, les usines ont continué de supprimer des emplois. Ainsi le sous-indice de l’emploi a chuté à 46,9 contre 47,1 le mois précédent.

L’indice PMI officiel des services, secteur qui représente plus de la moitié de l’économie chinoise, a progressé à 53,8 contre 53,7 en juillet.

Porté par l’augmentation des salaires des ménages et une consommation solide ces dernières années, le secteur a toutefois connu un ralentissement en fin d’année dernière sur fond de ralentissement mondial de la demande.

Hong Kong : toujours des manifs contre la dictature communiste

Hong Kong : toujours des manifs contre la dictature communiste

 

Jusque-là les mesures de répression n’ont pas entamé l’enthousiasme des manifestants de Hong Kong qui refusent les méthodes dictatoriales du régime chinois. Non seulement les manifestations ne cessent pas mais elles amplifient. Pourtant, Pékin a déployé d’importantes forces armées autour de Hong Kong. La question se pose de savoir si Pékin va s’engager dans une opération de répression type Tienanmen et faire à nouveau des milliers de morts. Une perspective qui pourrait sans doute réveiller les idéaux  démocratiques des pays modernes et conduire, il faut l’espérer, à des mesures de rétorsion économique, le seul terrain sur lequel Pékin  est sensible. Des milliers de manifestants antigouvernementaux ont donc marché samedi dans les rues de Hong Kong malgré l’interdiction. La police a tiré des cartouches de gaz lacrymogène et brièvement utilisé des canons à eau contre des protestataires rassemblés près du siège local de l’Armée populaire de libération.

La police a tiré des cartouches de gaz lacrymogène et brièvement utilisé des canons à eau contre des protestataires rassemblés près du siège local de l’Armée populaire de libération.

Des manifestants ont répliqué en jetant des briques et des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre.

Faute d’autorisation, le Front civique des droits de l’homme, à l’origine des grandes manifestations du mois de juin qui ont réuni plusieurs millions de personnes, a annulé son appel à manifester pour marquer le cinquième anniversaire de la décision par Pékin de limiter les réformes démocratiques dans l’ancienne colonie britannique.

Vendredi, plusieurs activistes ont été arrêtés, parmi lesquels Joshua Wong, figure du Mouvement des parapluies qui avait paralysé l’ancienne colonie britannique en 2014. Il a été inculpé d’organisation de manifestation illégale avant d’être libéré sous caution.

Né en avril du rejet d’un projet de loi qui aurait permis l’extradition de suspects vers la Chine continentale, le mouvement de contestation s’est élargi à des revendications plus larges, dont la protection des libertés et de l’autonomie dont jouit la “région administrative spéciale”.

Nombre de Hongkongais estiment que ce régime particulier, résumé par la formule “un pays, deux systèmes”, est aujourd’hui menacé par l’emprise croissante qu’exerce le gouvernement central chinois.

La presse officielle chinoise a prévenu vendredi que les soldats chinois stationnés dans la région administrative spéciale n’avaient pas une présence seulement symbolique et n’auraient “aucune raison de rester les bras croisés” si la situation venait à empirer.

Démocratie : Nouvelles manifestations à Moscou

Démocratie : Nouvelles manifestations à Moscou

Pour lutter contre la véritable dictature de Poutine, des manifestants ont encore protesté contre l’interdiction de se présenter aux l’élection pour certains. Ces manifestations ne cessent  de se répéter. Poutine lors du G7 avait déclaré qu’il ne voulait pas de gilets jaunes chez lui, il semble bien pourtant qu’ils commencent  à essaimer en Russie y compris si les conditions d’expression sont particulièrement cadenassées.

Les Russes protestent en effet depuis des semaines contre l’éviction de candidats à la mairie de la capitale proches de l’opposition. Ils réclament aussi désormais la libération de manifestants arrêtés lors de précédents rassemblements.

“Si nous arrêtons de manifester, il ne nous restera plus aucun espoir”, a expliqué Alexandra Rosius, une protestataire de 23 ans. “Nous nous devons montrer aux autorités que nous ne renoncerons pas, que nous n’accepterons pas que des personnes innocentes soient emprisonnées et que les élections soient volées.”

La manifestation de samedi, la dernière avant le scrutin, a attiré beaucoup moins de monde que certaines autres, qui ont rassemblé jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Contrairement à de précédents rassemblements, la police n’est pas immédiatement intervenue, tout en demandant aux manifestants de se disperser.

BCE : Lagarde, pour la poursuite de taux bas

BCE : Lagarde, pour la poursuite de taux bas

 

 

Il ne faut sans doute pas attendre une grande originalité de Christine Lagarde en matière de politique monétaire. Autant par goût que par nécessité,  elle n’amènera pas de révolution et on va continuer la politique accommodante. De toute manière, elle n’a guère le choix. En effet,  cette politique accommodante notamment les taux bas est pratiquée par toutes les banques centrales et notamment la Fed. Pour des  questions de compétitivité la banque centrale européenne doit continuer son action pour éviter une sûre évaluation de l’euro. En effet la guerre des monnaies est bien entamée en Chine, aux États-Unis et ailleurs. Dans une conjoncture déprimée, chacun essaye de grappiller un peu de compétitivité en jouant sur les taux de change. Une politique toutefois qui comporte des risques dans la mesure où les banques vont encore distribuer des masses de liquidités qui un jour pourraient faire éclater certaines bulles voire provoquer une crise financière Dans une réponse écrite au Parlement européen qui doit l’auditionner en septembre, la directrice générale du FMI évoque les effets négatifs produits par cette politique sur le secteur bancaire et la stabilité financière.

 « Il est clair que la politique monétaire a besoin de rester très accommodante dans un avenir prévisible » déclare Christine Lagarde à plusieurs reprises dans la quarantaine de pages où elle répond au questionnaire qui lui a été adressé.

Fin juillet, la BCE a même parlé clairement de la possibilité de baisser les taux d’intérêt, qui se trouvent à des niveaux historiquement bas depuis 2016.

Réputée plutôt « colombe » que « faucon », Christine Lagarde estime même que la Banque centrale européenne dispose encore d’une marge de manœuvre: elle ne pense « pas que la BCE ait atteint la limite basse de sa politique de taux directeurs ».

Elle pointe toutefois l’impact de ces taux sur « le secteur bancaire et la stabilité financière », invitant à surveiller de près les « effets secondaires négatifs » qui pourraient se manifester, si les taux restent bas plus longtemps. Sans urgence pour autant : « en ce qui concerne l’impact des taux négatifs sur la rentabilité des banques, une analyse empirique suggère que les effets négatifs sur les revenus nets d’intérêts des banques ont été jusqu’à présent plus que compensés » par les effets de la politique accommodante.

Saluant le travail accompli par Super Mario, qui avait déclaré que Christine Lagarde serait « une présidente remarquable de la BCE », elle écrit que cette politique a été « efficace et réussie», en particulier dans la lutte contre les risques de déflation depuis 2014. Pour autant, l’inflation reste sous l’objectif (« proche mais inférieure à 2% ») de la BCE, dont le mandat est précisément la stabilité des prix.

La future présidente de la BCE est cependant bien consciente des turbulences à venir.

« L’environnement macroéconomique et international actuel représente un défi majeur à court terme pour la BCE » souligne-t-elle, « la dynamique de croissance de la zone euro s’est ralentie, [...] l’inflation reste modérée. »

L’ancienne avocate, qui était à Bercy en pleine crise financière, insiste sur « les incertitudes géopolitiques, la montée des menaces protectionnistes, les vulnérabilités des marchés émergents » qui lui font conclure que « la normalisation monétaire est prématurée. »

Le populisme, pourquoi ? ( Yann Algan, économiste)

le populisme, pourquoi ? ( Yann Algan, économiste)

Yann Algan, économiste,  doyen de l’école d’Affaires publiques à Sciences-Po Paris analyse dans La Tribune les mouvements populistes qui ont émergé un peu partout dans le monde ces dernières années et sur leurs ressorts particuliers.

 

Trump, le Brexit, la Ligue en Italie, l’AFD en Allemagne, le FPO en Autriche… quel est le rôle de la mondialisation dans la montée des forces antisystèmes ?

YANN ALGAN - Tous ces événements rappellent que les principaux risques aujourd’hui sont politiques. L’incertitude est avant tout politique en particulier avec la montée des populismes à l’instar du flou sur le Brexit, sur l’Italie, sur Trump. Le premier facteur qui permet d’expliquer ce phénomène est d’ordre économique. Nous avons montré grâce à une base de données inédite, aussi bien en France que dans les pays européens ou aux États-Unis, qu’il y a une très grande défiance des citoyens à l’égard des institutions et que cette défiance repose sur un facteur économique. La mondialisation joue un rôle au même titre que la crise financière qui a déjà été un premier cataclysme, ou la numérisation de notre économie.

Comment expliquer cette défiance grandissante des citoyens ? 

La défiance peut s’expliquer par l’incapacité des institutions à protéger les citoyens contre les dérèglements du capitalisme. C’est une vraie faillite de ces dernières années. Dans l’ouvrage(*), nous montrons qu’aux États-Unis, les destructions d’emplois dans l’industrie, qui sont le plus exposés au commerce international, correspondent aux régions où les citoyens ont privilégié le vote populiste. Les travaux de l’économiste David Autor du Massachussets Institute of Technology (MIT) ont illustré à quel point le vote Trump est lié à l’exposition du commerce international avec la Chine. On retrouve les mêmes résultats pour expliquer le Brexit ou la montée des populismes en Europe. Les citoyens étaient en attente d’être protégés face à ces risques avec des mesures de protection, de formation ou de reclassement. Il y a eu un sentiment d’être laissés à l’abandon.

Quelles sont les grandes leçons de la crise des « gilets jaunes » ?

Au delà de la défiance à l’égard des institutions, l’autre facteur qui peut contribuer à expliquer ce mouvement des « gilets jaunes » est d’ordre civilisationnel. Il est lié au sentiment de solitude dans nos sociétés postindustrielles. Les « gilets jaunes » avaient en commun l’expression d’une solitude au travail avec une surreprésentation des catégories populaires dans le tertiaire, très peu encadrées par les normes sociales traditionnelles de l’entreprise ou par les syndicats. Les chauffeurs-routiers, les aides-soignants étaient très présents sur les ronds-points. En revanche, les ouvriers des bastions industriels traditionnels étaient moins impliqués et les syndicats ont été mis à distance de ce mouvement.

Le sentiment de solitude s’est retrouvé dans les territoires parfois transformés par les métropoles.  On trouve dans toutes nos études un sentiment de solitude beaucoup plus important dans les villes de taille intermédiaire où il y a eu une désindustrialisation, une érosion des services publics et aussi une perte des services de proximité. Le point commun des « gilets jaunes » est souvent leur solitude.

À un moment vous indiquez dans l’ouvrage que « la crise économique et sociale que nous vivons a aussi produit une violente désocialisation des classes populaires », que voulez-vous dire ? 

La désocialisation des catégories populaires est liée au passage d’une société de classe à une société d’individus isolés. Les forces populistes ne sont pas juste « un accident » de l’histoire. Elles sont liées à la transformation de nos sociétés. Autrefois, les ouvriers pouvaient parler de monde ouvrier et se reconnaître dans des idéologies communes. Dorénavant, les individus ne se reconnaissent plus dans des destins collectifs. Ces phénomènes sont liés aux transformations du monde du travail et celles des territoires dans le contexte d’une société postindustrielle.

Pourquoi dites-vous que c’est la variation du taux de chômage qui est important et pas forcément son niveau ?

En étudiant les régions européennes après la crise financière, nous avons montré que la crise financière a eu des impacts profonds et persistants dans des pays à faible taux de chômage sur la montée des forces antisystèmes. Les citoyens sont plus sensibles aux variations de leur revenu ou de leur environnement économique plutôt qu’à leur niveau en particulier dans une situation de pertes économiques. C’est un phénomène très bien étudié en économie du bien-être. Les êtres humains sont moins sensibles au niveau de leur revenu ou la taille de leur appartement qu’à leur variation.

Confiance, revenus, diplômes, patrimoine, qu’est-ce qui distingue les électeurs de Mélenchon et ceux de Le Pen ?

La différence du rapport à autrui peut aider à comprendre les différences entre les électeurs de la droite populiste et ceux de la gauche radicale. Les premiers ont généralement un rapport plus dégradé à autrui avec une défiance pas uniquement vis à vis des immigrés. Il y a par exemple une très forte corrélation entre leur faible tolérance à l’homosexualité et celle liée à l’immigration.

Pourquoi les électeurs de Le Pen ne sont pas davantage favorables à la redistribution ?

Les classes populaires qui se tournent vers la droite populiste ne sont pas en demande de redistribution parce que dans leur solitude et leur rapport blessé à autrui, ils ne font plus du tout confiance dans un projet collectif. Ils ne font plus confiance à l’État-providence pour redistribuer efficacement. Ils se défient des « assistés », des pauvres comme des immigrés.

Après la crise des « gilets jaunes », comment faire pour redonner de la confiance aux citoyens ?

Face à la montée des totalitarismes dans les années 1930, les États ont mis en place des réponses adaptées en termes de fiscalité ou d’État-Providence au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Si la redistribution est encore importante, elle ne suffit plus. Le ressentiment des classes populaires est très lié à la solitude qui les amène à ne pas supporter la redistribution. Il faut s’attaquer aux causes de cette solitude dans les sociétés postindustrielles. Je pense qu’il faut favoriser l’émergence de nouveaux lieux de socialisation au travail. Un nouveau syndicalisme de service doit également se développer. Il est nécessaire de retrouver des lieux de socialisation dans les territoires, et pas seulement des services publics. Les résultats de notre enquête indiquent que les manifestations des « gilets jaunes » sont d’une ampleur beaucoup plus importante dans les territoires qui ont perdu de nombreux commerces de proximité, des supérettes, des restaurants ou des lieux culturels. L’absence d’établissements scolaires ou de santé dans ces territoires a également des répercussions.

Le dernier levier fondamental repose sur l’éducation. Dans une société où la religion a perdu du terrain en particulier le catholicisme en France, les idéologies ont perdu de leur force, la confiance reste la valeur essentielle pour faire société. Elle se construit dès le premier âge, en particulier à l’école. Il faut travailler sur une école de la confiance avec des méthodes pédagogiques adaptées. La France est un cas particulier. 75% des lycéens déclarent prendre des notes au tableau en silence et 70% déclarent n’avoir jamais travaillé sur des projets collectifs. Les méthodes pédagogiques doivent favoriser le développement de compétences sociales et la capacité à coopérer dans nos sociétés.

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(*) Les origines du populisme, enquête sur un schisme politique et social. Yann Algan, Elizabeth Beasley, Daniel Cohen, et Martial Foucault. Éditions du Seuil, collection La République des Idées (août 2019), 208 pages, 14 euros.

Municipales Paris : Villani ou le duo ringard Griveaux- Hidalgo

Municipales Paris : Villani ou le duo ringard Griveaux- Hidalgo

Une tribune des soutiens de Villani souhaite la candidature du mathématicien pour éviter le choix ringard entre Griveaux et Hidalgo.

Chefs d’entreprise, étudiants, professeurs, médecins, écrivains… Ils sont 72 à avoir signé une tribune dans Le Parisien – Aujourd’hui en France pour appeler Cédric Villani à maintenir sa candidature à la mairie de Paris pour les élections municipales de 2020.

« Il est essentiel qu’une candidature audacieuse émerge pour redonner à Paris sa stature de ville phare, un exemple d’innovation et de dynamisme, une ville-monde propice à l’épanouissement de chacun! », écrivent-ils dans les colonnes du quotidien.

« Cédric Villani (…) incarne le mieux cet élan indispensable que la société civile insuffle au monde politique actuel. C’est un bâtisseur dont la démarche est celle d’un homme intègre, altruiste, humble et fidèle à ses idées », poursuivent les partisans d’une candidature du mathématicien.

 

Très proche de Macron, Griveaux  pensait bien que la charge de maire de Paris lui revenait de droit du fait  précisément de sa proximité avec le chef de l’État. Du reste, le sulfureux comité de désignation des candidats REM l’avait désigné par avance. Le problème, c’est que Villani a à juste raison contesté cette procédure de désignation bureaucratique. Sur le fond,  il s’agit de savoir si les sélecteurs parisiens sont prêts à se satisfaire d’un oligarque prétentieux et sans beaucoup d’originalité  ou s’ils sont prêts à confier les clés de la ville un scientifique créatif comme Villani. Il semble bien que Villani n’ait  guère apprécié le piège dans lequel il est tombé dans l’appareil de la république en marche. Certes il a été élu député grâce à cette étiquette mais il n’avait pas besoin de ce mandat compte tenu de sa réputation scientifique internationale. Villani s’est aperçu que la république en marche était une sorte d’armée sans idée avec la discipline en plus. Pas vraiment l’idée qu’il se faisait de la politique, lui qui préfère la démocratie participative, la créativité et le dynamisme.  . Le mathématicien star a indiqué mercredi qu’il fera connaître ses intentions le 4 septembre. S’il confirme celle-ci, Cédric Villani entrerait en dissidence contre La République en marche (LREM) et Benjamin Griveaux, officiellement choisi par le parti présidentiel en juillet. Le mathématicien ne gênerait pas seulement les siens, mais aussi la gauche. Notamment Anne Hidalgo, la maire sortante.

Avec Cédric Villani candidat, c’est Benjamin Griveaux, l’ancien porte-parole du gouvernement, qui est directement mis en danger. Certes, le mathématicien sera alors « exclu [de LREM] dans la minute », selon les termes de Stanislas Guerini, le patron du parti. Mais cela n’arrêtera pas le député qui a qualifié, la semaine dernière dans Paris Match, de « vicier » la procédure d’investiture interne.

Jeudi matin, lors d’un point presse, Benjamin Griveaux semblait d’ailleurs un peu décontenancé. « Nos équipes ont travaillé tout l’été, échangé sur les propositions que je souhaitais faire à Cédric », des échanges consignés « dans la lettre de trois pages » adressée le 23 août et qui restait pour l’heure sans réponse.

En fait il semble bien que Benjamin Rigaud constate lui-même son manque de popularité scellée parisiens. Un cadre de la majorité, cité par l’AFP, n’a « pas le sentiment que Benjamin Griveaux fait son trou, mais que Villani fait le sien ». Et de rappeler que l’enjeu est de taille : « Une partie de la victoire des municipales se jouera à Paris […] Je ne vois pas le président de la République laisser Paris » à l’opposition.

Au vu des scores d’En marche à Paris lors de la présidentielle et des législatives de 2017, Benjamin Griveaux pouvait faire figure de favori pour défaire la maire socialiste Anne Hidalgo.

Le 4 juillet, lors de son grand meeting organisé dans le cadre de la campagne interne à LREM, Cédric Villani lançait à la tribune : « Je peux être le premier maire écologiste de Paris. » Et de porter une proposition forte sur le sujet : « Je le dis à la maire sortante : l’avenir de l’écologie à Paris ne s’écrira pas à coup de com.’ et d’arbres plantés entre le béton et le bitume. J’assumerai de réinstaurer des quotas d’espaces verts dans chaque opération d’aménagement. »

Les propos ne visaient pas seulement Anne Hidalgo, mais s’adressaient aussi aux électeurs écologistes. Depuis 20 ans, les Verts ne cessent de progresser à Paris, aux élections nationales comme locales. Aux municipales de 2008, Denis Baupin faisait 6,78% et, en 2014, Christophe Najdovski parvenait à la troisième place avec 8,86%.

Pour 2020, Europe Ecologie-Les Verts, crédité de 13 à 15% dans les sondages, a désigné David Belliard comme tête de liste. Ce dernier souffre toutefois d’un certain déficit de notoriété. A l’inverse du médaillé Fields.

 

 

Algorithmes : un droit à la transparence ?

Algorithmes : un droit à la transparence ?

Winston Maxwell,  enseignant-chercheur, responsable du département sciences économiques et sociales à Télécom ParisTech s’interroge sur le concept d’un droit à l’explicabilité des algorithmes. La transparence et la compréhension sont nécessaires à leur développement notamment par exemple en matière d’intelligence artificielle. Faute de cela, il y aura des bocages sociétaux.

« Il est indispensable de répondre avec discernement à la demande de transparence sur le fonctionnement des algorithmes, affirment, dans une tribune au « Monde », les chercheurs David Bounie et Winston Maxwell. »

Tribune. De plus en plus présents dans l’économie mais aussi dans notre vie quotidienne, les algorithmes ne cessent de nous questionner. L’algorithme utilisé pour Parcoursup a défrayé la chronique sur le sujet de la transparence des algorithmes locaux utilisés par les universités pour inscrire les étudiants, et une proposition de loi est annoncée sur le sujet par le Sénat pour rendre obligatoire leur publication. Le débat est ouvert, illustrant la difficulté de concilier la transparence des algorithmes avec d’autres impératifs, tels que le secret des délibérations des équipes pédagogiques.

Aujourd’hui, tous domaines confondus, on met régulièrement en cause ces « boîtes noires » dont les décisions se voient accusées d’être biaisées et de discriminer les personnes, volontairement ou involontairement, en fonction de leur genre, de leur origine ethnique, ou encore de leur orientation sexuelle. Si efficacité de l’algorithme ne rime pas forcément avec neutralité, il semble nécessaire de comprendre comment il produit un résultat.*

Les initiatives réglementaires prolifèrent sans nécessairement être coordonnées.

Outre la future proposition de loi sur Parcoursup, la déclaration des pays du G20 et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prône une explicabilité des algorithmes. Le rapport Villani sur l’intelligence artificielle (« Donner un sens à l’intelligence artificielle », voir lien PDF), le rapport du groupe d’experts de la Commission européenne, le Règlement général de protection des données (RGPD), la loi Lemaire, le nouveau règlement européen Platform to Business… chaque initiative propose une approche différente de l’explicabilité

 

Si l’on ne parvient pas à répondre à cette question de l’explicabilité, le développement attendu de l’intelligence artificielle en France et en Europe sera freiné. Les enjeux sont colossaux et dépassent le débat sur la transparence des plates-formes. Les initiatives réglementaires prolifèrent sans nécessairement être coordonnées….. » 

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