Archive mensuelle de mars 2019

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Europe: Hollande allume Hollande

Europe: Hollande allume Hollande

En matière d’immobilisme et de contradictions, Hollande en connaît un rayon, c’est pourquoi il met en garde Macron contre la faisabilité de certaines de ses gens orientations pour l’Europe. Il reconnaît à juste titre que lui aussi a beaucoup investi dans la parole mais peu obtenu de résultats. D’une certaine manière, c’est d’ailleurs une spécialité française tant en politique intérieure qu’en politique internationale. On se souvient que Sarkozy, comme Hollande, comme Macron qui voulait marcher sur le ventre de Merkel pour finalement lui manger dans la main. En clair les trois derniers présidents se sont couchés devant une Allemagne réticente face à des propositions françaises en pleine contradiction avec les résultats de la politique intérieure française dans tous les domaines (croissance, emploi, dette, équilibres sociaux). Surtout l’Allemagne a toujours résisté à toute forme de mutualisation non seulement des dettes actuelles mais des dettes qui pourraient résulter de dépenses futures mal justifiées. À noter aussi que la spécialité française et toujours d’inventer des sortes de machins administratifs comme par exemple cette banque européenne du climat. Un truc sans doute inventé au dernier moment sur un coin de table par un énarque «  je pense qu’il y en a de bonnes idées, après c’est une question de méthode. On a tellement dit (…) qu’on allait faire avancer l’Europe et rien ne s’est produit -et moi-même j’ai contribué aussi à ce type d’engagements, d’espérances-, et après on s’aperçoit que c’est beaucoup plus difficile parce qu’il y a des pays qui bloquent », a souligné François Hollande. L’ex-président a cité en exemple le « bouclier social », dont certains pays ne voudront pas selon lui. « La méthode est très importante dans cette affaire-là. Il faut savoir avec qui on va le faire », a insisté l’ancien chef de l’Etat, développant à nouveau pour sa part l’idée d’une Europe à deux vitesses, où la France et l’Allemagne, éventuellement rejointes par d’autres pays, iraient plus loin dans le rapprochement de leurs politiques. Le problème c’est que le couple allemand ne fonctionne plus du tout. Cela pour deux raisons d’abord parce que Merkel est grandement fragilisé sur le plan politique et que sa majorité ne tient qu’à un fil. La seconde plus fondamentale c’est que les Allemands sont fatigués des prétentions françaises à vouloir réformer l’Europe alors qu’il se monde incapable de réformer leur propre pays.

Fonctionnaires et Service public : quelle réforme ? (G. Bessay, expert en prospective)

Fonctionnaires et Service public : quelle réforme ? (G. Bessay, expert en prospective)

La question est posée dans le cadre du grand débat voulu par le président de la république mais elle  n’est pas forcément d’une grande clarté et paraît surtout avoir été dictée par le mécontentement d’une partie de la population représentée par les gilets jaunes. Des gilets jaunes qui contestent l’augmentation de la fiscalité qui finance des services publics plutôt en régression dans les zones périphériques. D’où la question officielle posée par le gouvernement : « Comment faire évoluer le lien entre impôts, dépenses et services publics pour mieux répondre aux besoins des Français ? »

De fait, dans certaines parties du territoire, ce lien paraît de plus en plus ténu voire inexistant, en tout cas très de plus en plus éloigné. Dans nombre de villages, il y a déjà longtemps qu’il n’existe pratiquement plus de services publics et le dernier qui semblait devoir résister, à savoir la Poste, disparaît aussi. En cause évidemment,  un  aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres et qui conduit le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois et en services. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040-2050,  certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si localement on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être). . Parallèlement on doit aussi s’interroger sur le concept même de service public, son coût, son fonctionnement et son financement ; en effet, si le rythme de suppression des  services s’accélère, c’est notamment pour des raisons socio-économiques évoquées précédemment mais aussi à cause d’un coût que la collectivité a du mal à assumer. Ce coût explique largement que le pays détienne le double record du monde de prélèvement obligatoire et de dépenses publiques par rapport au PIB. Un record qui porte atteinte à la compétitivité donc aussi à l’emploi. Dans son acception un peu générale, la tendance est forte d’assimiler service public, secteur  public voire statut des personnels. Trois notions pourtant à distinguer. La première découle du champ régalien de l’État (ou plus généralement des collectivités)  lequel mériterait sans doute d’être mieux défini, sans doute plus restreint et en même temps mieux assumé.  Certaines tâches doivent être toujours être assumés par l’État directement mais sans nécessairement gérer directement la logistique. La deuxième confusion concernant le service public vise le statut des personnels. Si on peut comprendre par exemple  que les infirmières ou ASH soient fonctionnaires, c’est plus discutable pour les jardiniers, les menuisiers, et autres comptables. Le problème c’est qu’on résume souvent la problématique des conditions de travail par exemple du personnel des hôpitaux à celle des infirmières. La troisième dimension du service public est liée à la structure juridique qui l’effectue. Or rien n’indique que l’intérêt général doive être exclusivement assumé par le secteur public. De nombreuses fonctions d’intérêt général sont en effet exercées notamment  par voie de délégation à des organisations parapubliques ou privées (santé, transport, formation etc.) Du coup, l’amalgame des trois définitions conduit souvent en fait à masquer une défense corporatiste et coûteuse du service public qui au total porte atteinte à la qualité, à l’accessibilité et à la compétitivité de ce service. Faute de cela non seulement tout service public disparaîtra des petites communes mais nombre de fonctions d’intérêt général vont aussi s’étioler dans les petites et moyennes villes (les hôpitaux par exemple).  La problématique n’est pas simple, le service public pour certaines de ses activités constitue un atout indiscutable pour le progrès social mais aussi économique, il n’en demeure pas un  boulet financier qui hypothèque son avenir. Avant d’envisager cette réforme du service public, il sera nécessaire au préalable de procéder à une évaluation qualitative et quantitative des contenus, du fonctionnement et du coût. L’évaluation qualitative est indispensable car ce n’est par la même chose par exemple en terme d’accessibilité d’avoir la possibilité d’obtenir un rendez vous au bout de 15  jours ou au bout de 5 mois chez un cardiologue ou un ophtalmologue. Autre exemple, Ce n’est pas non plu la même chose de disposer en permanence de la 4G en téléphonie mobile et de recevoir des SMS le lendemain de leur émission dans le zones blanches ou mal couvertes. Enfin, le traitement est différent quand il suffit de  faire 500 m pour retirer 100 euros à la Poste ou faire 40 kms.

Fonctionnaires : 1 million en plus depuis 1981 !

Fonctionnaires : 1 million en plus depuis 1981 !

 

Il ne faut sans doute pas chercher ailleurs l’une des raisons de la hausse de la fiscalité en France. En effet, le nombre de fonctionnaires a progressé d’environ 1 million depuis 1981 pour atteindre aujourd’hui 5,5 millions soit 20 % de l’emploi total. De quoi tuer n’importe quelle économie. En effet si on peut objecter une augmentation d’une part de la démographie, d’autre part des besoins rien ne saurait justifier une telle progression des effectifs. Certains utilisent l’argument de la décentralisation donc du transfert de compétences qui nécessitaient sans doute des moyens humains supplémentaires mais pas un tel niveau. Le problème central c’est que cette armée mexicaine se développe selon sa propre logique et devient hors de contrôle du pouvoir politique qu’il soit central ou local. Aucun ministre, aucun maire d’une localité d’une certaine importance ne connaît la nature des fonctions des employés et surtout les besoins en personnel. La machine administrative s’alimente elle-même sous les demandes pressantes des directeurs, sous-directeur, chef de bureau, sans parler des demandes des politiques eux-mêmes toujours prêts à créer un nouveau machin administratif. Il n’existe aucun dispositif d’évaluation et encore moins d’associations des citoyens. Le contrôle est parfois assuré par des conseils composés pour l’essentiel d’élus qui n’ont pour la plupart aucune compétence. Dans de nombreuses administrations, aucune structure de contrôle n’existe. Cette question fait l’objet du grand débat. On peut se demander ce qui peut en sortir tellement le questionnaire qui sert à la discussion est nul. La problématique renvoie à la nécessité de structurer la réflexion en distinguant bien ce qui relève réellement des tâches régaliennes (faut-il vraiment des fonctionnaires aussi nombreux pour tailler des rosiers dans la plupart des communes ?), quelle  est la nature régalienne de la fonction. Une fois les grandes missions régaliennes définies, il convient de préciser les modalités d’exécution de la mission d’intérêt général qui peut être exécutée dans certains cas par le public,  dans d’autres par le privé). Enfin seulement doivent  être traités les moyens humains et leur statut. Sur cette question macro,- comme les autres- avance avec des pincettes car il ne veut pas se mettre à dos la superstructure dont il vient et dont il est entouré. Emmanuel Macron s’est seulement engagé à réduire les effectifs de 120.000 d’ici 2022

Entre 1981 et 1995, les effectifs de la fonction publique ont augmenté d’un demi-million, de 3.950.000 à 4.450.000. On passe alors de 72 fonctionnaires pour 1000 habitants à environ 77 pour 1000, avec une population en augmentation de plus de 3,5 millions d’habitants sur cette période.

 

Affaire Carlos Ghosn: l’attitude lamentable de la France

Affaire Carlos Ghosn: l’attitude lamentable de la France

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’attitude de la France s’est caractérisée par une grande lâcheté vis-à-vis de l’affaire Carlos Ghosn. Bien entendu,  n’était pas question de déclarer la guerre au Japon ni même de créer un incident diplomatique grave. (Ce qu’on a fait pour une affaire moins sérieuse avec l’Italie à propos des gilets jaunes). Il ne s’agit sans doute pas de dédouaner Carlos Ghosn qui comme de nombreux patrons à sans doute confondu un peu trop la caisse de ces entreprises est son propre portefeuille. Mais s’il fallait mettre en prison tous les grands patrons coupables de dérive financière ou fiscale, il faudrait alors construire des les établissements pénitentiaires supplémentaires ! Reste que Carlos Ghosn est un exceptionnel patron qui d’abord a su redresser Renault qui aurait pu disparaître du champ automobile. Il a su ensuite assurer aussi le redressement de Nissan. Enfin il a constitué le premier groupe industriel automobile mondial. Les conditions de son arrestation savamment médiatisée à son arrivée par avion, ensuite les conditions de détention sont inadmissibles au regard du droit international des pays développés. Or le Japon se veut un pays développé. Il est effectivement mais malheureusement entretient encore des archaïsmes populistes et ou nationaux inadmissibles quand on pense à son système judiciaire ou encore à son attitude vis-à-vis de la chasse à la baleine. Le Japon s’est caractérisé par la puissance de ces échanges internationaux. Ce pays doit donc se conformer aux règles de droit qui régisse les pays avec lesquels il commerce. Il y a sans doute des raisons au silence et à l’extrême discrétion de la France dans cette affaire. L’une d’entre elles tient sans doute aux relations exécrables entre macro et Carlos Ghosn. Mais se venger en abandonnant ainsi un grand patron montre à quel point macro peut-être minable à certains moments. On imagine qu’elle aurait été la réaction de la France si par exemple ce grand patron ou un autre avait été traité de la même manière au Venezuela, en Chine ou en Russie. On aurait alors sans doute crié, hurlé même pour cette atteinte aux droits de l’homme dans des pays de dictature. Dans cette affaire la France a offert le triste spectacle de sa lamentable diplomatie.  Le pire c’est que Carlos Ghosn qui n’a pas un tempérament à se coucher pourrait bien d’ici quelques temps une fois l’affaire réglée prendre la direction d’un groupe automobile concurrent de Renault et mettre en difficulté son ancienne entreprise.

La privatisation d’ADP : à qui le fromage ?

La privatisation d’ADP : à qui le fromage ?

 

 

Il est clair que les aéroports constituent de véritables fromages sur lesquels tous les rats financiers sont prêts à se jeter. Cela en raison de la très forte rentabilité de l’activité liée surtout à la garantie de fortes redevances. . Le projet avait été rejeté par le Sénat le 6 février dernier. Si le gouvernement a annoncé le maintien du projet de la privatisation d’ADP, les modalités de la cession des 50,6% des parts de l’État n’ont pour l’heure pas encore été fixées. Trois solutions sont possibles: une vente à un seul acteur, une vente à des acteurs diversifiés ou une vente d’une partie seulement des actions de l’État. On sait depuis longtemps que Vinci est candidat  à la reprise. Mais, les collectivités envisagent d’acquérir 29,9% du capital d’ADP au côté de la société Ardian  (fonds privés). Une privatisation contestée à juste titre par  l’association internationale du transport aérien (IATA), conteste la privatisation des aéroports privés en raison notamment de leurs couts. Finalement ce sont les compagnies aériennes qui donnent des leçons économiques aux pays qui ont des velléités de privatiser les infrastructures aériennes ; En effet ces équipement présentent  un caractère stratégique non seulement pour la souveraineté des pays mais aussi pour le développement touristique et plus généralement pour l’activité générale.  Pour  IATA,  la  privatisation va à l’encontre des intérêts des compagnies aériennes. Ces dernières dénoncent en effet l’attitude des différents gouvernements de chercher à faire une belle opération financière à court terme en privatisant leurs aéroports, plutôt que d’investir dans de nouvelles capacités aéroportuaires pour répondre à une demande qui va doubler d’ici à 20 ans. « Si les États recherchent uniquement à lever de l’argent, c’est l’échec assuré », explique Alexandre de Juniac, le directeur général de l’IATA, en aparté de l’assemblée générale de l’association qui se tient jusqu’à mardi à Sydney. Un conseil qui pourrait très bien s’adresser au gouvernement français qui étudie la privatisation d’ADP. Brian Pearce, chef économiste de l’IATA, abonde dans le même sens. Ce dernier recommande aux États d’avoir une vision plus large que le gain à court terme. « Les gouvernements doivent faire en sorte que les aéroports permettent de développer le tourisme et le commerce », a indiqué Brian Pearce. Or, pour l’IATA, la privatisation des aéroports peut justement entraver ces objectifs. « Les aéroports privatisés sont plus coûteux pour les compagnies aériennes que les aéroports publics ou semi-privés. Le coût médian d’un demi-tour pour un A320 est 12% plus élevé sur un aéroport privé que sur un aéroport 100% public », a expliqué Brian Pearce, se basant sur une étude interne couvrant 90 aéroports. . Mais pour le ministre français de l’économie il s’agit de boucher les trous du budget en bradant l’infrastructure.

 

Aérien un scandale écologique

Aérien  un scandale écologique

 

Un scandale car le transport aérien est très polluant mais très peu soumis à une fiscalité environnementale. En cause, le fait que les avions sont essentiellement utilisés par les couches supérieures et moyennes. Et que le secteur  aérien s’appuie sur le lobby sociologique pour s’opposer  aux taxes environnementales ; Pourtant, la quantité de dioxyde de carbone émise pour un même trajet diffère selon le mode de transport. Pour le trajet Londres-Édimbourg (600 km), le département britannique des transports a calculé des quantités d’émissions moyennes par modes de transports et par passager :

  • en voiture : 71 kg (pour une moyenne de 1,56 passagers par voiture, soit 111 kg par voiture) ;
  • en avion : 96,4 kg ;
  • en train express : 12 kg ;
  • en autocar : 9,2 kg.

 

 

Sur un trajet plus long, de 500 km aller-retour environ, l’avion émet entre 145 et 241 kg de CO2 par passager. La voiture est également très polluante, avec une émission de 170,6 kg de CO2. Et seulement 12kg pour le TGV ou le métro. .Le secteur du transport aérien, en forte croissance, représente 2% des émissions mondiales à effet de serre et devrait agir davantage pour gérer les risques liés au changement climatique, estime la Transition Pathway Initiative (TPI) dans cette étude portant sur les 20 plus grandes compagnies aériennes répertoriées dans le monde. Selon elle, Delta, Lufthansa, United Airlines et ANA Holdings affichent les meilleures performances en termes de gestion de risques et d’opportunités liés au changement climatique. Mais toutes les compagnies aériennes pourraient en faire davantage.“Les investisseurs ont un message clair à l’attention du secteur de l’aviation: en matière de performance carbone, il faut afficher des améliorations sur le long terme”, a déclaré Faith Ward, co-présidente de la TPI pour le compte de la caisse de retraite de la British Environment Agency.“Les investisseurs sont attentifs (…) il s’agit d’encourager la divulgation d’informations afin que nous puissions prendre des décisions éclairées”, a-t-elle déclaré à Reuters.

A l’inverse, ANA, Japan Airlines, Korean Air et Singapore Airlines produisent les taux d’émissions les plus élevés, selon la TPI. Interrogé sur ces données, un responsable de Japan Airlines a déclaré: “Nous visons à publier nos mesures de RSE (responsabilité sociale de l’entreprise) à l’horizon 2030 au cours du prochain exercice.”ANA, Korean et Singapour n’ont pas immédiatement répondu à la demande de commentaires de Reuters. Le professeur Simon Dietz du Grantham Research Institute, auteur principal de l’étude, a noté que certaines compagnies aériennes avaient adopté des objectifs généraux visant à limiter les émissions nettes de dioxyde de carbone aux niveaux de 2020, ou à réduire de moitié les émissions nettes d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 2005.Mais ces objectifs d’émissions nettes signifient souvent que les compagnies aériennes peuvent acheter des permis pour émettre du dioxyde de carbone, plutôt que de les réduire elles-mêmes.“Le problème est que nous ne savons pas à quel point ils vont réduire leurs propres émissions en fonction de l’achat de compensations”, a-t-il déclaré à Reuters. Simon Dietz a également déclaré que les effets de l’aviation, à part le dioxyde de carbone, nécessitaient davantage de recherches. La condensation, par exemple, peut engendrer des nuages en altitude qui retiennent la chaleur. Selon les termes de l’accord de Paris sur le climat conclu en 2015, près de 200 Etats sont convenus de réduire leurs émissions pour éviter davantage d’inondations, de sécheresses et freiner l’élévation du niveau de la mer. Ils ont promis de “renforcer la participation des secteurs public et privé” à la réduction des émissions.

Dati à Paris : au secours !

Dati à Paris : au secours !

 

 

Pauvres parisiens qui déjà ont bien du mal à supporter la socialo de carton pâte Anne Hidalgo et qui pourrait subir les frasques de Rachida Dati,  l’arriviste mondaine. Paris n’arrive pas à se remettre du départ du très consensuel Delanoë qui s’est investi pleinement dans son mandat. Tandis que les autres veulent se servir de la capitale come d’un placard doré ou d’un tremplin (Griveaux par exemple d’en marche). Et pour convaincre de la pertinence de sa candidature, Dati n’hésite pas à sortir les banalités les plus éculées : “J’ai décidé de renoncer à briguer un nouveau mandat de députée européenne. Car la politique, ce sont des choix parmi ses combats. Et aujourd’hui mon choix, c’est Paris”, déclare la maire du VIIème arrondissement de la capitale, qui est aussi députée européenne depuis 2009.

“À Paris, il est urgent de changer de politique et je proposerai de le faire. Je m’y engagerai sans hésitation. Quand on s’engage, on s’engage à fond! Je réfléchis très sérieusement à cette candidature”, ajoute-t-elle. Rachida Dati se dit “convaincue” que la droite est en mesure de gagner dans la première ville de France dont la maire socialiste, Anne Hidalgo, compte briguer un nouveau mandat. Le poste est également convoité par La République en marche, qui n’a pas encore désigné son candidat. “La gauche a échoué. Les Parisiens ne sont pas satisfaits de leurs conditions de vie, je les rencontre tous les jours comme maire et comme Parisienne. Cette élection est bien plus ouverte qu’on ne le dit”, dit-elle. “La droite peut gagner sur ses idées sans renier ce qu’elle est, ou masquer son appartenance politique”, ajoute l’ancienne garde des Sceaux, qui se place dans les pas de Jacques Chirac, maire de Paris de 1977 à 1995, pour se préparer à élection présidentielle ?

La Popularité Macron : en hausse ou en baisse ?

La Popularité Macron : en hausse ou en baisse ?

 

Le dernier sondage de l’IFOP Paris Match fait apparaître un recul de Macron.  de trois points, à 31% d’opinions positives. Il faut dire que ce journal, avec Europe1  avait été à l’origine de la remontada surprise de Macron (plus 6 points d’un coup en début d’année).

En réalité il s’agit d’un ajustement de sondages bidonnés pour redonner confiance en Macron. Inutile de tourner autour du pot, les milieux financiers et économiques ont été très inquiets de la dégringolade de Macron dans l’opinion. Du coup,  ils ont un peu  forcé le destin en s’appuyant sur des sondages plus ou moins bidonnés pour faire remonter l’image du président de la république. Un dernier sondage Harris Interactive pour LCI publié mardi  le crédite m^me de 39% d’opinions favorables. Notons que LCI est la propriété de Dassault, un des soutiens importants de Macron. M^me choser pour paris Match et Europe, propriétés de Jalargéer et Bolloré, deux grands supporters de Macron.  La remontée de Macron était peut-être possible mais elle est en décalage avec d’autres sondages par exemple celui de D’Odoxa à peu près dans la même période qui montre que 68 % de l’opinion considèrent que Macon n’est pas un bon président. Au chef de l’État tourne autour de 30 %. Comme déjà indiqué dans le présent site,  il faudra se méfier de plus en plus des sondages dans la perspective des sélections européennes. Il est clair en effet que nous sommes désormais entrés dans la campagne électorale pour cette échéance. À noter qu’il se peut cependant que Macron regagne quelques points car une majorité de Français commencent  à être fatigués par les dérives et les contradictions du mouvement des gilets jaunes.les m^me interrogations se posent vis-à-vis des scores réciproques de LREM et du RN. Certains sondages affichent LREM près de 25%et le RN à 20% environ. Or le sondage d’Elabe d’hier montre que LREM et le RN sont à égalité, autour de 22%.En tout cas dans le denier sondage de Paris Match du 1er février, Français interrogés sont 69% à désapprouver l’action du chef de l’Etat,

L’enquête a été menée via internet du 28 février au 1er mars auprès d’un échantillon de 1.009 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Paradis fiscaux : des pays en plus mais pas ceux de l’UE !

Paradis fiscaux : des pays en plus mais pas ceux de l’UE !

 

 

On avance toujours prudemment vis-à-vis des paradis fiscaux même si on augmente le nombre. En effet, si l’union européenne a accru le nombre de pays visés, elle a bien évité de viser des pays européens comme l’Irlande, les Pays-Bas ou encore la Belgique. Les pays de l’Union européenne ont ajouté dix États ou territoires à leur projet de nouvelle liste noire des paradis fiscaux, a déclaré mardi à Reuters un responsable européen. Lors d’une réunion prévue mercredi, les représentants des pays de l’UE doivent entériner la nouvelle liste – qui triplera le nombre d’États ou territoires répertoriés – mais ils n’avaient toujours pas décidé, mardi, s’ils y incluaient ou non les Emirats arabes unis et le territoire britannique des Bermudes, a dit ce responsable.

Le sultanat d’Oman et certaines îles des Caraïbes et du Pacifique seront ajoutés à la liste, qui comprend pour le moment cinq Etats ou territoires : l’Etat de Samoa (Samoa occidental), Trinité-et-Tobago et trois territoires américains : les Samoa américaines, Guam et les îles Vierges.

Actu, infos, économie, social, politique : articles les plus lus

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« Renaissance européenne », Macron plus fort pour les campagnes électorales que pour la gestion

« Renaissance européenne », Macron plus fort pour les campagnes électorales  que pour la gestion

Ce qui fait la particularité des présidents français, c’est en général être beaucoup plus fort leur des campagnes électorales que pendant la gestion de leur mandat. C’est vrai en politique intérieure évidemment mais tout autant en politique internationale. Concernant l’Europe Sarkozy, puis Hollande enfin Macron avait promis des changements fondamentaux avant finalement de se coucher devant l’Allemagne complètement imperméable aux propositions françaises. Pire, aujourd’hui l’alliance entre l’Allemagne et la France n’a jamais été empirée ta concernant l’évolution de l’Europe. Merkel fait semblant de consentir quelques mesures tout à fait accessoire car elle est en désaccord sur le fond et en plus dans une situation politique plus précaire que précédemment. Les échecs répétés de Macron pour redynamiser l’Europe ne l’ont pas dissuadé de lancer une série de propositions dont on se demande par qui elle pourrait être soutenue. A moins de trois mois d’élections européennes qu’il juge “décisives”, Emmanuel Macron a dévoilé lundi soir une série de mesures concrètes en faveur d’une “renaissance européenne” et lancé un cri d’”alarme” pour une Europe qui selon lui n’a jamais été autant en danger. Dans une lettre aux “citoyens d’Europe” publiée simultanément dans des quotidiens des 28 Etats membres, du Guardian à El Pais en passant par le Corriere della serra, le chef de l’Etat français adresse une mise en garde contre la tentation du “repli” ou de la “résignation”. “Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire et pourtant, jamais l’Europe n’a été autant en danger”, écrit-il, prenant pour exemple la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne programmée dans moins d’un mois. “Le repli nationaliste ne propose rien, c’est un rejet sans projet et ce piège menace toute l’Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire”, fustige-t-il. “Nous sommes à un moment décisif pour notre continent, un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme”, ajoute-t-il. “Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bâtir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.” Ces ambitions passent notamment par la création d’une agence de protection des démocraties et d’une banque pour le climat, la mise en place d’un salaire minimum européen ou encore l’interdiction en Europe des entreprises “portant atteinte aux intérêts stratégique européens”. (Pour voir l’ensemble des mesures :) .

Départ à la retraite : à 63 ans (Sécu)

Départ à la retraite : à 63 ans (Sécu)

 

62,7 ans, c’est : l’âge moyen de départ à la retraite des salariés du secteur privé. C’est deux mois de plus qu’en 2017. Résultat, sous l’effet conjugué des différentes réformes des retraites et de l’accroissement de l’espérance de vie, l’âge moyen des retraités du régime général progresse pour atteindre 74,3 ans en 2018, contre 74,1 ans en 2017. Quatre retraités sur dix ont désormais 75 ans ou plus.

1057 euros mensuels en moyenne: La pension de base de droit direct (hors réversion) servi pour une carrière complète au régime général est de 1057 euros par mois en 2018, en moyenne. Mais seulement un peu plus de 5 millions de retraités ont fait une carrière complète au régime général. Reflet des écarts de salaires chez les actifs, la pension des femmes (946 euros) restait inférieure à celle des hommes (1157 euros). Toutefois, la quasi-totalité des retraités touchent au moins une autre pension de base ou une retraite complémentaire, en fonction des métiers qu’ils ont exercés. En moyenne, les Français relèvent de plus de 3 régimes différents, selon le Haut-commissariat à la réforme des retraites. Et un peu plus de 19% des retraités sont bénéficiaires d’une pension de réversion.

Urgence nationale : Le Sénat US contre

Urgence nationale : Le Sénat US contre

Sala temps pour Trump cette fois contesté dans son propre camp au sénat qui déteint la majorité. Le fameux artifice de l’urgence nationale concernant la construction d’un mur entre les États-Unis et le Mexique va en effet être rejeté par le Sénat. Une déconvenue qui s’ajoute en outre à l’enquête lancée par les démocrates concernant les conditions douteuses de la campagne électorale de Trump. Notons aussi l’échec de l’accord avec la Corée du nord. Le président américain et le président coréen ce sont en effet quitté en désaccord sur la question du nucléaire coréen. La Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avait la première rejeté le 26 février cette mesure d’exception permettant à Donald Trump de contourner le Congrès pour débloquer des fonds, afin de financer la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique contre l’immigration clandestine.

C’est désormais au tour du Sénat, à majorité républicaine (53 sièges sur 100), de se prononcer dans les prochains jours, à une date encore non fixée. Or quatre sénateurs républicains ont déjà annoncé qu’ils voteraient avec les démocrates contre cette déclaration. Plusieurs autres se sont déclarés gênés par cette procédure exceptionnelle qui outrepasse, à leurs yeux, les pouvoirs de l’exécutif.

Croissance États-Unis : baisse de la construction

Croissance États-Unis : baisse de la construction

Nouveau signe du tassement de l’activité aux Etats –unis avec une réduction des dépenses de construction. Ces dépenses sont en baisse de 0,6%, après une augmentation confirmée de 0,8 % en novembre, a annoncé le département du Commerce vendredi. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une hausse de 0,2%. L’investissement dans la construction privée a reculé de 0,6% en décembre (+1,3% en novembre) tout comme dans le public où il est tombé à un plus bas de huit mois (-1,0% en novembre).

Carlos Ghosn : libération acceptée ?

Carlos Ghosn : libération acceptée ?

Il était temps que le Japon accède à la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn  à moins de passer pour l’un des pays les plus archaïques du monde. Cependant l’affaire n’est pas encore faite car le procureur peut faire appel. Il faut dire que le Japon se laisse porter par une vague nationaliste inquiétante et sur des valeurs douteuses. La dernière initiative en date du chef de l’État japonais ayant été de proposer la candidature de Donald 30 pour le prix Nobel de la paix. Une proposition tellement ridicule que le chef d’État japonais n’assume même pas sa proposition. Cette décision s’ajoute aussi au retrait scandaleux du Japon de l’accord sur la chasse à la baleine et à quelques autres positions nationalistes et populistes de même teneur. Comment un pays comme le Japon qui a fondé tout son développement sur les échanges avec le monde entier peut-il s’affranchir des règles de base qui régule la société notamment dans le domaine de la justice. Certes Carlos Ghosn n’est sans doute pas un saint. Comme beaucoup de patrons, il a  eu tendance à confondre son portefeuille avec celui de son entreprise. Force cependant est de constater que le manager a pu redresser Renault qui aurait pu disparaître, ensuite redresser Nissan puis a constitué le groupe de constructeurs le plus puissant du monde. Le pire c’est que Carlos Ghosn a été victime d’un complot de la direction de Nissan au moment même où la gestion de l’entreprise a été particulièrement décevante. Dans cette affaire, l’attitude du gouvernement japonais au service des plus bas instincts nationalistes s’est révélée particulièrement lamentable même si effectivement Carlos Ghosn doit être jugé pour ses dérives financières et fiscales. D’après la chaîne de télévision publique NHK, la libération sous caution de Ghosn a été fixée à un milliard de yens (7,9 millions d’euros environ) et pourrait être effective dès ce mardi à condition que le procureur ne s’y oppose pas.  Il s’agit de la troisième demande de mise en liberté sous caution effectuée par Ghosn, qui a changé d’avocats le mois dernier et s’était dit prêt par la voix de son conseil à se soumettre à de sévères restrictions, dont la vidéosurveillance et la surveillance de ses communications.

Raffarin rallie Macron

Raffarin rallie  Macron

Encore une défection de marque pour le parti les Républicains avec la décision de l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin de soutenir Macron  lors  des élections européennes du 26 mai. Une décision pas très surprenante compte tenu de la dérive du parti républicain sous la houlette de Laurent Wauquiez. Un parti de plus en plus réactionnaire, nationaliste et qui en quelque sorte fait reculer la droite de plus de 20 ans. L’ancien parti de gouvernement est même devenu marginal dans l’opinion publique puisque aujourd’hui les instituts de sondage ne lui attribuent plus que 11 % de perspectives de voix aux élections européennes. Une véritable catastrophe, un peu à l’image de celle des socialistes ; ces derniers avec Hamon tournent aussi autour de 11 %. Sur la question européenne les orientations des libéraux et des progressistes sont  complètement incompatibles avec celles des eurosceptiques réactionnaires aujourd’hui à la tête du parti.  L’ancien dirigeant chiraquien dit s’inscrire dans une logique non pas de ralliement mais de “coalition” avec le parti présidentiel, La République en marche (LaRem), qu’il dit n’avoir aucune intention de rejoindre. “Nous avons, sur la politique intérieure, un certain nombre de divergences avec le chef de l’État, comme sur les questions de décentralisation ou de fiscalité”, prend-il soin de préciser. Dans un courrier du 1er mars adressé à Jean-Pierre Raffarin et révélé par le journal L’Opinion, Laurent Wauquiez l’avait pressé de venir faire connaître son choix lors d’une réunion du bureau politique, prévue le 12 mars.

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien compris

Gilets jaunes: pour 65% des Français, Macron n’a pas rien  compris

 

La popularité d’Emmanuel Macron semble se redresser mais   61 % des Français ont toujours une mauvaise opinion du président. En outre, 65% estiment qu’il « ne semble toujours pas comprendre la gravité de la crise politique et sociale », selon un sondage Viavoice diffusé ce lundi *. Le Premier ministre Edouard Philippe gagne pour sa part 3 points au cours de la même période, avec 28% de bonnes opinions également et 61% (-5) d’avis négatifs, selon cette enquête pour Libération. Dans le même temps, le soutien au mouvement des gilets jaunes a nettement reculé, avec 36% (-17 depuis décembre) des Français qui le soutiennent, 35% (+4) qui le comprennent « sans le soutenir » et 20% (+10) qui y sont globalement opposés. Pour 63%, le mouvement doit « arrêter les manifestations et trouver d’autres modes d’action », contre 30% d’un avis contraire. Seuls 28% pensent qu’Emmanuel Macron a compris la gravité de la crise actuelle et 38% (contre 46%) estiment que sa décision de convoquer un « grand débat national » était « la bonne réponse à apporter ».

* Enquête réalisée en ligne les 19 et 20 février auprès de 1.004 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

« Le danger du pouvoir des machines ou de la machinerie du pouvoir »

« Le danger du  pouvoir des machines ou de la machinerie du pouvoir »

Deux linguistes, Magali Guaresi et Damon Mayaffre, s’interroge sur la faisabilité d’une synthèse du grand débat. Dans une tribune au « Monde ».

«  La masse de discours et de textes que produit le grand débat interdit, à court et moyen terme, son traitement par l’humain. Dès lors, peut-on faire confiance à la machine ?

Le simple survol des millions de contributions sur le site Internet de l’Elysée, sur les blogs ou les forums spécialisés, la simple lecture des milliers de cahiers de doléances consignés dans les mairies ou des comptes rendus de réunions remontés dans les préfectures sont matériellement impossibles pour l’homme, même pour une armée d’énarques que l’exécutif pourrait diligenter en vue d’une synthèse dont la légitimité serait aussitôt remise en cause. Dès lors, faut-il pour trancher le débat recourir à la statistique des logiciels de logométrie (mesure du discours) ou aux algorithmes du deep learning (intelligence artificielle) ?

La communauté scientifique – linguistes et informaticiens – a depuis longtemps mis au point des méthodes de traitement automatique ou semi-automatique des textes, dont la validité n’est pas contestée, notamment dans le domaine de l’analyse du discours politique ou de la littérature. Par exemple, à Nice-Sophia-Antipolis, l’université et le CNRS produisent le logiciel Hyperbase qui a servi à décrypter en 2017 le flux des discours électoraux de Macron, de Le Pen, de Mélenchon ou de Fillon, ou a récemment servi à arbitrer la polémique Molière/Corneille, Ajar/Gary ou Vian/Sullivan.

Linguistique informatique

Des techniques robustes existent donc aujourd’hui pour l’extraction d’informations des big data textuelles, pour l’attribution assistée d’auteur de manuscrits anonymes, pour la classification chronologique de textes dont on a perdu l’acte de naissance. Au quotidien et pour le grand public, la praticité des moteurs de recherche tel Google ou de traducteurs automatiques sur Internet atteste des performances d’une linguistique informatique, à laquelle les politiques aujourd’hui semblent prêts à s’abandonner pour sortir de la crise sociale et démocratique que le pays connaît.

Cependant, si les techniques existent, l’usage interroge. L’analyse des discours assistée par ordinateur donne lieu en effet depuis plusieurs décennies à des débats enfiévrés, et les précautions scientifiques que les analystes ont appris à respecter risquent de ne pas résister aux besoins pratiques de l’urgence et aux fins nécessairement politiques des commanditaires. »

Pour un grand débat aussi sur la dépense publique (Lucien Berthier, ancien chef d’entreprise)

Pour un grand débat aussi sur la dépense publique (Lucien Berthier, ancien chef d’entreprise)

Lucien Berthier, ancien chef d’entreprise estime qu’un grand débat doit aussi avoir lieu sur la question centrale de la dépense publique à travers une tribune dans l’OPINION.

 

« Une nouvelle fois, un président français, sous la pression de la rue, a eu recours aux remèdes de facilité du passé : stimuler la demande et le pouvoir d’achat par injection de prestations sociales (prime d’activité) pour acheter la paix sociale, puis combler les déficits par l’endettement. Cette décision à la « sauve-qui-peut » me semble une erreur profonde de diagnostic car les 75 % de Français qui soutenaient les Gilets jaunes lors des premières manifestations exprimaient d’abord leur ras-le-bol fiscal.

Face à cette situation, il fallait revenir sur la taxe diesel (ce qui a été tardivement mais heureusement fait) et surtout lancer une grande concertation sur les moyens de réduire la dépense publique, fait générateur des impôts et taxes.

- Le caractère excessif de la dépense publique provient essentiellement du poids de nos prestations sociales et la part la plus importante des prestations sociales provient de nos retraites (4 points de PIB en plus par rapport à la moyenne européenne). En clair : vouloir réduire les dépenses publiques passe en priorité par l’augmentation de l’âge de départ, pour l’aligner progressivement sur la moyenne.

- Le poids des salaires est déterminant dans les dépenses du secteur public (45 % des dépenses hors prestations sociales). Si l’on veut le réduire sans compromettre la qualité du service et les salaires individuels, il n’y a qu’une solution : réduire les effectifs par l’augmentation du temps de travail et le retour aux 39 heures dans le secteur public (payées 37 par exemple).

Jean Leonetti (LR): «Le Grand débat d’Emmanuel Macron masque les réalités des Français»

- Notre spécificité du chômage de masse et son coût proviennent – sans mésestimer l’inefficacité de notre système de formation qui fait l’objet d’une réforme bienvenue – pour l’essentiel de notre salaire minimum qui empêche l’accès à l’emploi des métiers où la productivité est insuffisante (travaux publics, restauration, métiers à faible qualification…) pour être rémunérée au smic. Pourquoi ne pas tester dans une région un niveau de smic réduit (qui diminuerait le coût du travail de ces métiers), compensé par une augmentation de la prime d’activité pour ne pas avoir de travailleurs pauvres ? Autre piste : arrêter la revalorisation annuelle du smic et revaloriser en contrepartie la prime d’activité pour abaisser progressivement le coût du travail de ces métiers.

- Enfin, les réductions de dépenses publiques devraient être fléchées en priorité vers la réduction des taxes de production dans les secteurs concurrentiels à l’exportation, afin de redonner de la compétitivité à nos ETI, recréer des emplois à forte valeur ajoutée redresser le déficit extérieur et renouer enfin avec une croissance forte. Elle seule permet de distribuer des richesses sans prendre dans la poche de l’un pour donner à l’autre.

En complément de ce plaidoyer pour la réduction de la dépense publique, je proposerais de corriger la principale injustice à effet sournois de notre société : la désindexation des retraites sur l’inflation qui fait perdre aujourd’hui 1 % environ de pouvoir d’achat par an. Considérant que la durée de retraite moyenne est de vingt-cinq ans, peut-on imaginer d’avoir, en fin de vie, au moment où on en aura le plus besoin pour faire face à la dépendance, une perte de pouvoir d’achat de plus du quart de sa retraite de départ ? »

Lucien Berthier, ancien chef d’entreprise

 

Grand débat : la question du financement absente !

 

 

L’expérience des réunions autour du grand débat démontre souvent que l’exercice relève un peu du fourre- tout ou à alors au  meeting politique. Dans un cas, on aborde finalement à peu près tous les sujets sociaux, économiques, environnementaux, sociétaux et technologiques. Forcément de façon très superficielle. Dans un autre le débat est souvent très cadré et sert surtout de justification à la politique conduite. Il faut cependant observer une grande absence dans ce débat : la question des dépenses et du financement. Une espèce de mal récurrent en France où on consacre beaucoup de temps à l’analyse et à la définition des objectifs mais sans parler de leurs coûts et de leur financement. Pourtant c’est l’une des questions centrales puisque par exemple le mouvement des gilets jaunes a surtout été au départ alimenté par un profond ras-le-bol fiscal. Une colère contre l’impôt considéré comme trop élevé. Or si la France détient le triste record du monde des prélèvements obligatoires, c’est précisément en raison de dépenses particulièrement incontrôlées. L’absence d’évaluation conduit donc souvent à la création de fiscalité nouvelle, à la perte de compétitivité pour l’économie, au chômage et à l’amputation du pouvoir d’achat. De ce point de vue,  les deux grandes décisions sociales de la gauche à savoir la retraite à 60 ans de Mitterrand et les 35 heures de Martine Aubry ont constitué une véritable catastrophe pour l’économie et les grands équilibres. Certes on peut comprendre que dans certains métiers pénibles la durée du temps de travail soit réduite, c’est même une absolue nécessité ; par contre ; c’est sa  généralisation constitue une erreur stratégique majeure qu’aucun autre pays n’a commis. Du coup la France est bien contrainte petite à petit mais dans la douleur de revenir sur ses deux orientations. Il faudrait aussi évaluer régulièrement par exemple  le coût de toutes les activités couvertes par le vocable très général de service public qui en fait ne correspond pas toujours loin s’en faut à des tâches régaliennes. Cela du fait de la grande confusion entre les missions d’intérêt général, les institutions et organisations chargées de les effectuer enfin les statuts des personnels. Tous les champs d’activité méritent cette évaluation sur le plan financier.

 

 

 

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