Réforme Europe : l’Allemagne dit non à Macron

Réforme Europe : l’Allemagne dit non à Macron

Annegret Kramp-Karrenbauer, qui a succédé à Angela Merkel à la tête du  parti conservateur allemand CDU a clairement dit non aux propositions du président français pour la réforme de l’Europe. Certes l’Allemagne souhaite une Europe plus forte mais certainement pas celle que propose Macron. La nouvelle leader du parti conservateur allemand s’oppose notamment à toute idée de salaire minimum européen et encore davantage à tout concept de mutualisation des dettes qu’il s’agisse des dettes passées ou des dettes d’avenir pour le financement de nouveaux projets. La responsable allemande s’oppose aux conceptions centraliste de Macron et à son étatisme qui reproduit le schéma français. C’est tout juste si celle qui a succédé à Merkel a admet la nécessité de mieux protéger les frontières. Reste sur ce point de grandes divergences concernant les échanges commerciaux puisque comme on l’a vu récemment l’Allemagne s’est opposée à la mise en place d’une taxe sur les Gafa à au motif que les États-Unis pourraient prendre des mesures de rétorsion contre les exportations d’automobiles allemandes. Non seulement le couple franco allemand ne fonctionne plus mais il est clairement sur des positions divergentes y compris sur le délicat dossier de la localisation du Parlement européen à Strasbourg. Bref

L’image de Macron le réformateur de l’Europe s’est bien ternie au plan international et notamment au niveau de l’Europe. On voit mal avec qui Macon pourrait s’unir pour faire passer ses conceptions. Pas non plus avec la Grande-Bretagne qui s’apprête à quitter l’union européenne, pas non plus avec l’Italie en conflit ouvert avec le président de la république français française « Nous devons nous appuyer de manière conséquente sur un système de subsidiarité et de responsabilités propres », a-t-elle estimé. « Le centralisme européen, l’étatisme européen, la mutualisation des dettes, l’européanisation des systèmes sociaux et du salaire minimum seraient la mauvaise voie », a-t-elle encore jugé. La responsable, surnommée AKK, a aussi réclamé pour l’Europe un « siège permanent commun au conseil de sécurité » des Nations Unies, une revendication de longue date de l’Allemagne, alors que la France souhaite garder son siège. Cette proposition irrite au plus haut point Paris. Emmanuel Macron a lui proposé la mise en place d’un Conseil de sécurité européen pour préparer les « décisions collectives » de l’UE dans le domaine de la défense.

Autre proposition qui devrait agacer Paris : la suppression du siège du parlement européen à Strasbourg pour recentrer ses activités à Bruxelles. Sans le soutien de l’Allemagne, la France serait très isolée sur le sujet.

De son côté, Angela Merkel, qui a abandonné les rênes de la CDU mais entend rester chancelière en principe jusqu’en 2021, n’a pas réagi jusqu’ici à la tribune d’Emmanuel Macron.

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