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Archive mensuelle de janvier 2019

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Appétit de grands débats ou de solutions concrètes

Appétit de grands débats ou de solutions concrètes  

 

 

Le Premier ministre a tenu à souligner l’implication d’un certain nombre de Français dans le grand débat et considère que cet appétit des Français pour cette discussion est réconfortante. Mais comme les Français à hauteur de 62 % doutent que les conclusions de ce débat soient prises en compte par le gouvernement, le Premier ministre a prit soin d’ajouter qu’à l’issue de cette consultation, il conviendra de prendre des décisions. Les Français ont en effet l’habitude notamment lors des campagnes électorales, mais pas seulement, que les responsables politiques s’étalent en analyse et en promesses illusoires. Finalement confrontés aux réalités et aussi à la pression des lobbys, les responsables politiques se voient contraints de composer au point parfois de faire le contraire de ce qu’ils avaient promis. De ce point de vue la participation au grand débat témoigne du souhait des Français pour une modification profonde du système et une pratique qui ne se limite pas au dépôt d’un bulletin de vote dont par ailleurs il pourra n’être pas tenu compte lors de l’exercice du pouvoir. Les gilets jaunes dans leur majorité évoquent la proposition de référendum d’initiative citoyenne. Une proposition peut-être un peu simpliste dans la mesure où ce type d’outils ne peut guère être utilisé que quelquefois dans l’année au maximum et sur des champs bien circonscrits. L’exigence démocratique vient bien au-delà des référendums. Elle se nourrit d’une demande d’évaluation et de contrôle démocratique. En clair, les Français veulent être associés au pouvoir de manière permanente à tous les échelons du système politique mais aussi sans doute dans les entreprises et dans l’administration. Le monde a changé davantage en 50 ans que pendant des siècles et des millénaires et cette transformation s’est encore accélérée dans la période récente. La formation et l’information se sont largement diffusées et les Français ne veulent plus se contenter d’une démocratie de type néandertalien.

L’impérialisme linguistique anglais accompagne l’impérialisme culturel

L’impérialisme linguistique anglais accompagne l’impérialisme culturel

 

Dans une récente tribune du Monde, un collectif d’intellectuels a dénoncé l’impérialisme linguistique anglais considérant à juste titre que l’envahissement de la langue française par l’anglicisme constituait un danger. Le danger n’est pas simplement linguistique mais aussi culturel car les expressions sont porteuses de contenus. Un seul exemple quand Macron au lieu de parler de la société française utilise l’expression « start-up nation ». Une référence claire à l’élitisme de ceux qui réussissent et s’enrichissent en quelques années. Bref, c’est surtout l’occasion de diffuser dans l’opinion publique un modèle de société à l’américaine caractérisée par le retour quasi exclusif sur l’individualisme et les valeurs monétaires comme référence. Une société où la régulation économique mais aussi sociale et sociétale est totalement confiée au marché donc à l’argent. Sur le plan linguistique, il est de bon ton pour paraître moderne de truffer presque chaque phrase d’un mot ou d’une expression anglaise. Certes la langue française est vivante, elle se nourrit de nouveaux mots y compris d’origine étrangère mais tout est dans la mesure. Sans faire outrage à la langue française, il est possible de temps en temps d’utiliser un mot d’origine étrangère mais l’usage excessif touche au pédantisme et au ridicule. En effet, aujourd’hui on atteint souvent le ridicule quand la langue française est beaucoup plus riche qu’un mot anglais pour s’exprimer. À noter que les politiques, les financiers et les économistes notamment ont une fâcheuse tendance à abuser d’expression anglaise sans doute pour conférer un caractère scientifique à des propos qui ne le sont pas. Notons que le président de la république ne fait pas exception. Malheureusement cet usage du « Globish » ressemble fort au latin des médecins de Molière.  La tribune du Monde :

 « Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris », lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre « scène » au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois « jeune adulte ». Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial d’Harry Potter– et se distinguerait peut-être d’une littérature « adulte mûr » et d’une troisième, « vieil adulte ». Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet [qui a été, depuis l’écriture de cette tribune, actualisé] : la « scène YA » accueillera « Le Live » (performances et lectures musicales), une « Bookroom » (un espace de rencontres), un « Brainsto » (discussion entre créateurs), un « Photobooth » (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un « Bookquizz », très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, « Young Adult » représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce « Young Adult », parce qu’il parle ici de littérature francophone, parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits. »

Macron : un président a fort intellect mais à faible intelligence

 

 

Les grands médias habitués aux sentences réductrices considèrent en général que le président de la république est intelligent. C’est évidemment confondre l’intellect et l’intelligence. L’intellect est une capacité à enregistrer des connaissances tandis que l’intelligence est la capacité de résoudre une question ou un problème. Au fond, Macron est un exceptionnel répétiteur de leçons et de mode. Une sorte d’éponge qui absorbe l’enseignement dispensé et qui le restitue sans modification quand on la presse. En fait, l’archétype de l’énarque comme l’ont prouvé différentes évaluations de cette institution dont les élèves se caractérisent par un grand déficit de créativité et de contestation des choses établies. Par contre, la capacité de Macron à régler des problèmes complexes à dimension systémique est assez insignifiante. Finalement, Macon reprend les vieilles recettes de l’ultra libéralisme et confie au seul marché le soin de résoudre non seulement les problèmes économiques mais aussi sociaux voire sociétaux. (Voir par exemple la question du climat envisagé essentiellement sous l’angle de la fiscalité voir aussi la manière dont le rapport de Borloo sur les banlieues a été jeté aux orties). S’ajoutent à ces déficiences de Macron, son absence de formation dans le domaine économique puisque son cursus est essentiellement littéraire. L’intelligence suppose évidemment de prendre en compte les aspects technologiques mais également les dimensions humaines qui vont gérer, utiliser, bénéficier ou subir ces évolutions techniques. Cela suppose un minimum de vécu et pas simplement une culture livresque. Un vécu dans le monde réel des Français et non dans le monde confiné des salons parisiens dont la réassurance identitaire est fondée sur la répétition en boucle des tares du peuple. Tout dans la posture de Macron démontre cette grande insuffisance d’intelligence. Pour preuve, il ne sait pas écouter. Pour preuve, il ne sait s’exprimer que de manière professorale un peu comme un évangéliste mais de façon mécanique sans aucune humanité. On ne sent pas chez Macron la moindre ouverture sur l’autre. C’est l’égocentrisme porté au plus haut niveau. Notons par exemple le nombre de « «  ou de « je » dans ses discours. Quand les médias auront compris qu’il y a une grande différence entre l’intellect et l’intelligence, on aura peut-être fait un progrès en France pour comprendre et éventuellement modifier la sociologie politique.

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Pour un « Grenelle du pouvoir d’achat (L. Berger, CFDT)

Pour  un « Grenelle du pouvoir d’achat (L. Berger, CFDT)

C’est la seconde fois que Laurent Berger tend une perche au gouvernement pour se sortir du bourbier social et politique actuel. Il propose un Grenelle du pouvoir d’achat et d’une façon plus générale du pouvoir de vivre incluant la question du logement et du déplacement mais aussi l’environnement. Bref Laurent Berger regrette évidemment l’indifférence voire le mépris du gouvernement à l’égard des corps intermédiaires et de l’hystérisation qui caractérise la période actuelle du fait  du face-à-face direct entre Macron et les citoyens qui se retrouvent dans le mouvement des gilets jaunes. Laurent Berger considère qu’il manque à tout le moins c’est un cap, une vision partagée par une majorité de salariés et de citoyens. Pas sûr cependant que cet appel soit mieux ’écoutée que le précédent si l’on se réfère par exemple aux conditions d’organisation du grand débat qui consiste surtout en un dialogue entre les citoyens et le pouvoir. Un pouvoir  omniprésent dans les médias qui écrase le débat et décidera ce qu’il veut en matière de suite. Ce que pensent d’ailleurs les Français pour 62 % d’entre eux qui considèrent que le gouvernement n’intégrera pas les propositions qui pourraient ressortir de cette grande consultation. Le problème du grand débat c’est que c’est surtout un monologue du pouvoir et non un vrai dialogue. Témoin la posture de Macron, qui répond de manière professorale à des questions mais ne s’inscrit jamais dans un véritable débat

Européennes Liste gilets jaunes: début de fiasco

Européennes Liste gilets jaunes: début de fiasco

 

De toute évidence, la liste gilets jaunes pour les élections européennes lancées par Ingrid le Vavasseur est en train de prendre l’eau. La raison la plus fondamentale tient dans la contradiction qui consiste à contester le système politique actuel et à le conforter en même temps en voulant y participer. La vérité c’est que le mouvement des gilets jaunes est pour l’instant davantage un syndicat de citoyens qu’une organisation politique. Que la présentation d’une liste aux européennes est très prématurée en l’état de la structuration du mouvement, aussi e raison des contradictions qu’il serait utile de surmonter. S’ajoute à cela le manque total de compétence des gilets jaunes dont la plus part n’ont aucune expérience sociale ou politique et qui comme on peut le vérifier lors des débats télévisés sont loin de maîtriser la problématique socioéconomique et environnementales. La tête de liste Ingrid le Vavasseur, l’aide-soignante, avoue elle-même n’avoir aucun programme mais simplement une plate-forme pour recueillir les revendications et en faire la synthèse. Comme si un programme politique pouvait être la somme de revendications. Dernier aspect la récupération politique par le pouvoir en place de cette liste avec l’entremise du sulfureux tapie pas mécontent de se remettre en piste pour espérer la bienveillance du pouvoir et de la justice dans l’affaire des 450 millions qu’il doit rembourser et qu’il traîne depuis 15 ans. Pas étonnant devant toutes ces contradictions que le directeur de campagne de cette liste, Hayk Shahinyan ait annoncé ce lundi via un statut Facebook qu’il se retirait pour une semaine au moins. Il attribue cette décision au « doute » qui le saisit en ce moment. Marc Doyer, lui ancien candidat à la candidature pour les législatives d’En marche qui devait aussi faire partie de la liste, a par ailleurs choisi de renoncer. Il est clair que cette liste est particulièrement bien accueillie par le gouvernement et le mouvement en marche puisqu’elle affaiblit les autres et permettra peut-être aux parties en marche de figurer en tête des élections européennes. Ajoutons que d’autre liste des gilets jaunes se prépare et pourrait encore ajouter à la confusion.  Ce lundi, celui qui devait en être le directeur de campagne, secondant la cheffe de file Ingrid Levavasseur dans sa tâche, Hayk Shahinyan, a ainsi publié un statut Facebook où il explique suspendre momentanément ses activités politiques. Des explications assez alambiquées :

« La précipitation avec laquelle je me suis laissé emporter dans une configuration différente de ce que je prônais depuis des semaines, suivie de la blessure grave de Jérôme que je connais et pour qui j’ai beaucoup de respect et l’accumulation des blessés graves, l’approche de la grève générale illimité dont l’appel fut lancé, la certitude que quelque chose de structuré doit pourtant naître de tout cela, sous une forme ou sous une autre, l’approche d’une échéance électorale qui peut constituer une opportunité si elle est préparé de manière intelligente, la sortie prochaine de la période hivernale qui pourrait voir la mobilisation s’intensifier d’avantage, la fin du grand débat et les déception évidentes qui vont suivre et pourrait renforcer la mobilisation, et bien d’autres paramètres encore créent le doute (sic). »

80 km/h : une conclusion très discutable du Premier ministre

80 km/h : une conclusion très discutable du Premier ministre

Bien entendu on ne peut que se féliciter de la diminution de l’accidentologie et en particulier du nombre de morts constatés en 2018. Mais de là à l’attribuer comme le fait le premier ministre à la mesure de réduction de vitesse à 80 km/h sur le réseau secondaire il y a un pas qu’on ne peut pas franchir. Première observation, un bilan sur des mesures structurelles ne peut s’effectuer que sur une période assez longue de l’ordre de deux à trois ans. Surtout, les 116 morts économisés par cette mesure d’après le premier ministre constituent une arnaque statistique. Pour valider sa démonstration, le premier ministre compare les résultats de 2018 à ceux de 2017. Notons que la mesure des 80 km/h et intervenus seulement au 1er juillet. Notons surtout qu’à fin juin  2018 (c’est-à-dire avant la mise en œuvre des 80 km/h), l’accidentologie était orientée nettement à la baisse.

, Le nombre d’accidents corporels est de 5 422 contre 5 747 en juin 2017. Cela représente 325 accidents corporels de moins (-5,7%). 6 651 personnes ont été blessées contre 7 193 en 2017, soit 542 de moins (-7,5%). Enfin, 2 303 personnes ont dû être hospitalisées 24 heures ou plus. En juin 2017, elles étaient 2 890, soit 587 personnes de moins (-20,3%). A fin juin 2018 les 12 derniers mois, ce sont 3 348 personnes qui ont trouvé la mort sur la route. Pour rappel, le plus bas historique est en 2013 avec 3 268. Pour le moment, on se trouve sous le niveau de 2014 (seconde « meilleure » année). Il y avait alors eu 3 384 personnes tuées. Sur le premier semestre de 2018, on compte 1 528 décès contre 1 628 en 2017 soit une baisse de 6,14%. C’est le deuxième meilleur premier semestre derrière 2013 toujours (1 417 tués). En clair le nombre d’accidents avant la mise en place des 80 km/h s’inscrivait déjà dans une forte baisse tendancielle. La conclusion qu’en tire le premier ministre et non seulement prématurée mais  fallacieuse tant qu’elle n’a pas été démontrée. On se demande si le Premier ministre ne défend pas d’abord son poste puisqu’on sait que Macron avait déclarait devant des élus que cette mesure des 80 km/h entre guillemets « était une belle connerie ». Il faut globalement se féliciter de la réduction de vitesse mais la régulation dans ce domaine doit être adaptée à chaque portion de route en fonction de son niveau accidentogène. Ainsi dans certains cas on peut imposer sur certaines petites routes 50 à 60 km/h, voire moins sur certaines zones très dangereuses, mais sur certaines routes départementales (notamment anciennes nationales) la limite peut être fixée à 90.

LBD : dangereux pour De Rugy quand il est dans l’opposition, nécessaire quand il est au pouvoir

LBD : dangereux pour De Rugy quand il est dans l’opposition, nécessaire quand il est au pouvoir

On sait que de Rugy, actuel ministre de l’environnement, ancien président de l’Assemblée nationale est l’archétype du politique  prêt à changer de position selon le pouvoir en place et la position qu’il occupe. C’est aussi l’un des champions de la langue de bois, sorte de perroquet qui ne s’écarte pas d’un iota de la ligne gouvernementale. Pour résume : le charisme d’une planche à repasser, un champion de la brosse à reluire et l’intelligence d’un bardot. Bref, ce que produit de pire la politique : des professionnels qui ont transformé la fonction élective en métier quitte à se renier. Ainsi par exemple François de Rugy qui défend l’utilisation des lanceurs de balles de défense entre (LBD) arme de quatrième catégorie en demandait l’interdiction quand il était dans l’opposition il y a une dizaine d’années.

. Le 22 juillet 2009, le député De Rugy d’EELV avait même déposé, avec Noël Mamère et Yves Cochet, loi pour «interdire l’utilisation d’armes de 4ème catégorie par la police ou la gendarmerie contre des attroupements ou manifestations». Ce qui équivaut au «LBD». À l’époque, l’élaboration du texte – qui ne sera finalement jamais examiné par les députés dans l’hémicycle – survenait après la blessure à l’œil d’un homme au Flash-ball, à Montreuil (93). . «Ces armes qui équipent l’armée, la police nationale et la gendarmerie françaises depuis plusieurs années, tels le lanceur de balles de défense, dit Flash-ball, ou les pistolets à impulsion électronique (…) sont devenus une source permanente de bavures, de dérives et de troubles à l’ordre public», peut-on lire. Une interdiction aurait permis, selon les trois signataires, de «protéger le droit imprescriptible de manifester et le droit d’expression des mouvements sociaux qui ne peuvent être soumis à une pression policière tendant à les marginaliser». Le texte n’a pas pris une ride et pourrait, sans aucun doute, être aujourd’hui porté par un groupe de l’opposition.

 

Menaces sur climat économique (Draghi)

Menaces sur  climat économique (Draghi)

Devant le Parlement européen, le président de la banque centrale (DCE) n’a pas caché ses inquiétudes quant aux perspectives de croissance pour l’année 2019. Mario Draghi n’a pas donné de chiffrage mais  il semble conscient de la nette dégradation depuis la fin de l’année 2018. En outre les indicateurs notamment ceux de Markit prévoient une assez nette baisse de l’activité pour le début 2019. Le risque c’est que la croissance soit divisée par deux par rapport aux premières attentes. On espérait en effet pour la zone euro une croissance de l’ordre de 2 % et elle pourrait être ramenée à 1 % comme en Allemagne par exemple. En cause une situation internationale qui a tendance à se dégrader avec le ralentissement assez net constaté en Chine aussi au Japon. Il faudra aussi compter, sur la fin de cycle de plus en plus probable aux États-Unis. À l’intérieur de l’Europe des fragilités particulières concernent l’Italie, la Grande-Bretagne mais aussi la France. Partout on note un assez net tassement de la consommation. Après une forte progression en 2016 et 2017, l’investissement productif des entreprises, celui en logements des ménages et les achats de voitures sont en recul. Le recul de la croissance des échanges constitue un indicateur indiscutable du ralentissement international. La BCE a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi dernier mais elle a prévenu que le ralentissement de la croissance dans la zone euro risquait d’être plus marqué et plus long qu’estimé auparavant, laissant ainsi entendre qu’elle pourrait augmenter son soutien au crédit et à l’activité au lieu de le réduire. “Ces derniers mois, les informations disponibles ont continué d’être plus faibles qu’attendu en raison d’un ralentissement de la demande extérieur et de facteurs spécifiques à certains pays et certains secteurs”, a dit Mario Draghi devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen à Bruxelles. “La persistance d’incertitudes, liées en particulier à des facteurs géopolitiques et à la menace du protectionnisme, pèse sur le sentiment économique”, a-t-il ajouté. La BCE affirme depuis plusieurs mois qu’elle laissera ses taux d’intérêt inchangés “jusqu’à l’été 2019”, laissant ainsi entendre qu’elle pourrait relever au moins l’un d’eux à l’automne, mais les marchés financiers doutent désormais de cette possibilité et n’anticipent une première hausse de taux qu’à la mi-2020, donc bien après le départ de Mario Draghi de la présidence, fin octobre. L’arrivée la vérité c’est sans doute que les responsables européens  n’ont guère de visibilité au-delà du mois de juin. Que tout peut être alors envisageable si la croissance tutoie la stagnation : la prolongation de taux d’intérêt faible, une plus grande tolérance budgétaire pour faciliter la relance, de nouveaux programmes de rachat d’actifs ou encore  de nouvelles opérations de financement à long terme (LTRO) destinées au secteur bancaire, un autre moyen d’injecter des liquidités dans le système financier.

« Grand débat national » : pour la suspension des fermetures de services publics (maires ruraux)

« Grand débat national » : pour la suspension des fermetures de services publics (maires ruraux)

Ajuste titre, les maires ruraux souhaitent que soit suspendue la fermeture de service public pendant le grand débat national. Il conteste aussi les projets de réorganisation territoriale notamment autour des métropoles. Cette mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

Ford Blanquefort, un répit

Ford Blanquefort, un répit

Ford Gironde risque d’être un nouvel exemple du processus dramatique de l’écroulement de l’industrie en France. Une industrie dont les emplois dans les grandes métropoles ont été remplacés par ceux des activités de services mais qui dans les zones moins denses ont laissé place un désert économique Le rejet du plan de sauvegarde de l’emploi pour l’usine Ford en Gironde ne constitue évidemment pas une solution mais un répit qui peut permettre aux futurs repreneurs d’affiner son projet de reprise. On sait que Ford ne souhaite aucune reprise de son usine et a tout fait pour sa liquidation y compris avec le plan de sauvegarde de l’emploi. Il faut noter que cet entreprise est assez stratégique pour la région puisqu’elle emploie environ 850 personnes, sans doute autant en sous-traitance et le double en emplois induits. Preuve du désintérêt des pouvoirs publics pour la politique industrielle, ce thème ne figure même pas dans le grand débat Il est évident que les thèmes proposés dans le grand débat ont un peu été rédigés dans la précipitation ; pour preuve ; la problématique posée est souvent parcellaire voir contradictoire avec d’autres thèmes. On a surtout oublié les enjeux majeurs que constituent la croissance, l’emploi, la politique industrielle et l’Europe. Pourtant des enjeux qui conditionnent le reste. La question de la croissance est en effet le problème majeur en cette fin d’année et va occuper l’actualité en 2019 voir en 2020. Cette croissance subit actuellement un atterrissage assez brutal puisqu’on va atteindre à peine 1,5 % en 2018 pour 2,3 % espérés par les experts au début de l’année. Pour 2019, on  prévoit au mieux 1,3 % mais tout dépendra de la dynamique de la consommation des ménages actuellement relativement atone. De nombreux facteurs nuisent à cette croissance, certains sont d’ordre quantitatifs mais d’autres qualitatifs. La seconde question qui est en grande partie liée est celle de l’emploi dont la situation devrait se dégrader mécaniquement en 2019 alors que nous avons déjà près de 6 millions de chômeurs. La dégradation de la situation économique française depuis des décennies tient beaucoup à l’écroulement de notre industrie. Malheureusement depuis des années toute réflexion sur un secteur industriel est absente au motif qu’il ne faut pas parler de stratégie et encore moins de plan.  Autre thème important celui de l’Europe, cadre pourtant déterminant sur le plan institutionnel bien sûr mais aussi économique, social et même sociétal. Ces thèmes devraient précéder presque tous les autres car ce sont eux qui vont conditionner les moyens, l’évolution du volume et de la nature de la fiscalité, une grande partie des services publics et même la transition écologique (exemple évolution des normes concernant l’automobile). En fait,  le grand débat a surtout repris les thématiques développées par les gilets jaunes, des thématiques limitées en oubliant sans doute les rapports systémiques entre les grands enjeux économiques et sociaux et environnementaux.

 

Croissance des risques de ralentissement prononcé (Delaigue, Philippe, économistes)

 Croissance des risques de ralentissement prononcé (Delaigue, Philippe, économistes)

 

Avec Delaigue, Philippe, économistes analysent les risques de ralentissement de la croissance dans une interview sur Atlantico.

Alors que les derniers indicateurs de la zone euro laissent entrevoir un ralentissement prononcé de l’activité économique du continent, notamment en Allemagne, en France, ou encore en Italie, quels seraient les moyens concrets dont disposent les gouvernements pour y faire face ? Que pourraient-ils faire aujourd’hui ?

Alexandre Delaigue : Cela fait un petit moment que l’on attend un ralentissement économique mais on n’attendait pas spécialement qu’il touche l’Europe continentale de cette manière. Les facteurs qui génèrent ce ralentissement économique sont de plusieurs ordres. D’une part une inquiétude sur le commerce mondial, et, de l’autre côté, le ralentissement constaté de plusieurs partenaires de l’Union européenne, dont le premier est la Chine, ou la baisse est assez marquée et assez rapide. On pourrait également souligner les inquiétudes relatives au Brexit. Mais cela revient surtout à s’inquiéter autour d’un modèle économique international qui était celui de grandes chaînes de valeur décentralisées et dans lesquelles passaient un grand nombre de pays. L’Allemagne était très bien parvenue à tirer son épingle du jeu dans ce modèle qui, avec le protectionnisme et la constitution d’une série de blocs (Chine d’un côté, Etats-Unis de l’autre); se retrouve perturbé. L’Allemagne est donc concernée en premier lieu.

Par rapport à ces causes fondamentales, il y en a beaucoup pour lesquelles l’Europe ne peut pas faire grand-chose. Ils peuvent toujours essayer de maintenir les liens commerciaux pour essayer, autant que possible, de préserver l’existant mais il y a beaucoup de facteurs qui échappent totalement à leur contrôle et à leurs capacités d’action, à commencer par exemple par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, ou la conjoncture en Chine.

Il y a un autre facteur qui joue qui est la politique monétaire de la Banque centrale européenne qui, normalement, était censée profiter de conditions économiques favorables pour cesser sa politique de soutien monétaire à l’activité. La première chose qui pourrait se passer dans ces conditions serait que la BCE retarde un petit peu ce qu’elle avait anticipé- c’est-à-dire un resserrement progressif des taux d’intérêt – et qu’elle maintienne un petit peu plus longtemps sa politique de soutien à l’activité économique. Mais il faut bien dire que la BCE n’est pas dans de très bonnes conditions pour soutenir l’activité parce que les taux sont déjà très bas ; beaucoup de mesures monétaires ont déjà été entreprises, et tout ce que l’on peut espérer est que ces mesures soient maintenues.

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La deuxième chose serait de soutenir la demande intérieure en Europe par le biais de plans de relance budgétaires mais là aussi, de tels plans paraissent plutôt difficiles parce qu’un certain nombre de pays ont déjà des niveaux d’endettement assez élevés et vont avoir du mal à encore élever ce niveau sans générer une réaction d’inquiétude des marchés financiers. D’autres pays disposent par contre de marges de manœuvre budgétaires, mais la question est de savoir si ces pays seront désireux de le faire. On pense ici à la question de l’Allemagne en particulier.

Philippe Waechter : Oui les données du mois de janvier suggèrent un net ralentissement de l’activité économique. D’une phase encore en expansion à l’été dernier, l’économie de la zone Euro ralentit à une vitesse qui n’avait pas été anticipée. Cela est observé dans le secteur manufacturier et dans les services aussi. C’est cette bascule qui est préoccupante et elle s’observe dans les trois grands pays de la zone. On peut avoir la perception d’une économie qui s’étouffe.
L’explication immédiate est le ralentissement du commerce mondial. En novembre les échanges ralentissent franchement. Les pays d’Asie qui avaient été le fer de lance de la croissance semblent ralentir rapidement au regard de cet indicateur. Cela fait ressortir la crainte d’une forte inflexion de l’activité en Chine.
L’autre raison est le rapprochement de l’échéance sur le Brexit. Normalement le 29 mars, le Royaume Uni quitte l’Union Européenne. Cela crée forcément de l’incertitude économique et sur les institutions.

Inverser la tendance lorsqu’elle s’inscrit à la baisse est un des rôles de la politique économique. Elle peut être d’autant plus nécessaire si le ralentissement constaté en zone Euro résulte d’une expansion plus réduite des échanges internationaux. Les entreprises domestiques sont pénalisées par la conjoncture internationale dont la faiblesse doit être compensée par une politique économique active. En théorie, la politique monétaire est la meilleure arme pour y faire face. Cependant, celle-ci est déjà très accommodante et les marges disponibles apparaissent réduites à moins qu’en mars prochain, lors de la prochaine réunion de la BCE, Mario Draghi ne sorte une nouvelle arme que l’on n’imagine pas pour l’instant. L’autre possibilité de soutien à la demande domestique résulte de la politique budgétaire, c’est-à-dire l’acceptation d’un déficit public un peu plus élevé pour compenser le ralentissement observé. C’est une thématique qui n’est pas à la mode en Europe. Cela serait en contradiction avec les règles budgétaires puisque le choc qui heurte l’économie n’est pas encore franchement avéré. En outre, le niveau de la dette publique est un frein pour beaucoup alors que dans une conférence récente de l’American Economic Association, son président, le français Olivier Blanchard, suggérait de recourir éventuellement à la dette pour faire face à des situations de ce type car le coût est plus réduit que l’acceptation d’un ralentissement brutal et persistant.
En d’autres termes, la politique économique a actuellement une capacité limitée voire inexistante à inverser la tendance au ralentissement.

Quelles sont les actions qui pourraient s’avérer nécessaire mais qui ont peu de chance de se réaliser en raison des différents rapports de force mondiaux ?

Alexandre Delaigue : Encore une fois, en Europe, du point de vue des politiques budgétaire, la contrainte qui s’impose est la contrainte des traités qui limitent assez drastiquement la capacité des pays à utiliser cet instrument de la relance budgétaire. Il faudrait vraiment un changement assez significatif pour que l’on puisse envisager, au niveau des politiques européennes, que les pays puissent entreprendre ce genre de choses. Pour l’instant, tout ce qui pourrait être un plan global de relance européen est des initiatives qui ont été abandonnées, et les pays européens font l’objet de pressions significatives pour réduire leurs déficits. Pour l’instant, sauf grand changement dans les politiques européennes, on ne voit pas une relance budgétaire se produire, même en cas de difficultés économiques significatives.

Philippe Waechter : Si le ralentissement est effectivement très marqué et finalement plus global qu’attendu, on pourrait imaginer une relance concertée à l’échelle de la planète afin de limiter le risque de basculer vers une croissance trop lente qui pénaliserait l’emploi partout dans le monde. Cela parait peu réaliste, personne ne souhaitant mettre en place une telle stratégie. Aux USA d’abord où la politique budgétaire a déjà été très accommodante en 2018 et un déficit public déjà très important. Il parait peu imaginable d’aller au-delà surtout au regard de l’impact limitée des mesures mises en œuvre par Trump. En Chine, le gouvernement fait face à une situation complexe. La politique économique y est très active et depuis un bon moment afin de lisser les ajustements forcément très importants à l’échelle du pays. Une coopération internationale ne semble plus avoir la même priorité qu’il y a quelques années pour les chinois. En Europe, n’imaginons pas une telle stratégie. D’abord pour les raisons évoquées plus haut mais aussi parce qu’il faudrait imaginer une stratégie coordonnée et coopérative au sein même de l’Europe et cela parait complexe alors que la bataille pour les élections au Parlement européen ne fait que démarrer. Cette longue bataille montrera probablement, si l’on prolonge les orientations actuelles, vers une plus grande hétérogénéité des comportements nationaux.  De  nombreux pays ne pas vouloir respecter les règles de fonctionnement alors mettre en place une stratégie concertée semble aujourd’hui trop ambitieux.
Par le passé, les banques centrales ont joué le jeu d’un basculement vers davantage d’accommodation et de façon coordonnée face à un choc. Une telle option parait complexe à imaginer aujourd’hui alors qu’aucune banque centrale n’est franchement restrictive. Les marges de repli et le choc de liquidité que cela provoquerait semblent réduits. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de comportements coordonnés mais il me semble que l’on ne pourra pas en attendre autant que par le passé.

 

À partir de là, à quel scénario peut-on s’attendre pour 2019 ?

Alexandre Delaigue : Je n’aime pas faire de pronostics en matière conjoncturelle, mais d’un point de vue qualitatif il faut noter que la situation est tout de même relativement inquiétante. Parce que la conjoncture ralentit et que les moyens pour améliorer les choses ne sont pas forcément disponibles. Il y a également des incertitudes relatives à des incidents qui pourraient survenir dans les prochains mois, on a toujours la question du Brexit – dont on ne sait toujours pas ce qui pourrait se passer – avec une Grande-Bretagne premier partenaire économique de la zone euro. Il y a aussi les craintes d’une éventuelle guerre commerciale avec les Etats-Unis. Ces incertitudes viennent renforcer les difficultés issues du fait du ralentissement économique mondial. L’ensemble de ces facteurs fait que la situation n’est pas très rassurante.

Philippe Waechter : Au début de l’année 2019, la perception est celle d’une situation asymétrique au sein de laquelle les risques à la baisse de l’activité semblent bien plus importants que ceux suggérant une hausse de la croissance. Les risques sont connus, ce sont ceux qui taraudent l’Europe comme le Brexit ou le risque italien. Dans le premier cas il s’agir d’un risque fort sur l’activité alors que pour le second c’est un risque financier fort qui se profile puisque le déficit public sera bien plus élevé que l’accord avec la Commission Européenne. Cela se traduira encore davantage par une défiance des investisseurs vis-à-vis de la dette publique italienne. Il existe aussi un risque de ralentissement plus brutal aux USA avec la politique monétaire plus restrictive et le ralentissement du secteur immobilier. Le risque chinois existe toujours de voir une participation de la Chine à la dynamique globale un peu moins importante que par le passé. Sur ce point, n’oublions pas que les importations chinoises représentent environ 80% des importations américaines. Un ralentissement de la demande interne aurait alors une incidence forte sur les importations et donc sur la conjoncture globale via le ralentissement des achats chinois à l’extérieur.
Compte tenu des marges de manœuvre réduites pour la politique économique, on pourrait avoir une activité plus lente qu’attendue et une dynamique de l’emploi plus préoccupante. Le risque dès lors est l’incidence d’une telle situation sur l’équilibre politique. C’est là l’enjeu de l’année, rendre compatible une activité dont la progression est plus limitée et le maintien d’un équilibre politique compatible avec la démocratie.

Elections : le jeunisme comme contenu politique !

Elections : le jeunisme comme contenu politique !

 

 

Pour tenter de masquer l’archaïsme du fonctionnement de la plupart des partis politiques, on ce réfugie dans la mode du jeunisme qui fait office de contenu programmatique. Pourtant, cette mode lancée par Macon lui-même n’a encore pas donné les effets escomptés. La nouveauté est surtout dans les intentions mais les actes demeurent assez traditionnels. Du coup, peut-être pour imiter Macron, les organisations politiques ont décidé de placer en tête des listes européennes de jeunes inconnus. Certes la jeunesse n’est pas un soi un handicap, pas davantage que l’âge avancé, mais la responsabilité des plus hautes fonctions pour représenter le pays implique quand même un minimum de maturité personnelle, une certaine expérience politique et un passé social. Cette condition ne légitime pas cependant le retour des vieux crocodiles qui vivent de la politique depuis des années voire des dizaines d’années à droite comme à gauche, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche. Cette mode du jeunisme  est aussi la conséquence de la vague de dégagisme qui sévit dans le monde politique dans le monde entier. En fait, la démocratie est à la recherche de l’homme providentiel. Il en existe certes mais pas davantage qu’un par siècle en moyenne par pays. Le renouvellement démocratique ne passe pas par l’âge du capitaine mais par une remise en cause d’un système qui réduit la fonction du citoyen au dépôt d’un bulletin dans une urne. Une fois élu, le responsable est pris dans le piège des systèmes politiques et des lobbys sans parler des déviances personnelles. La jeunesse ne change rien à ce phénomène. Pour rendre le citoyen acteur il conviendrait donc de l’associer régulièrement à l’évaluation des politiques publiques et à l’élaboration des grands projets. C’est le comportement des responsables qu’il convient de changer, leurs méthodes et non uniquement leur âge. De ce point de vue, on pourrait souhaiter,  que les élus soient représentatifs de la démographie (comme de la sociologie).

 

« Le discours sur les métropoles comme locomotives du pays ne passe plus » (Pierre Veltz, géographe)

« Le discours sur les métropoles comme locomotives du pays ne passe plus » (Pierre Veltz, géographe)

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques.  Le géographe Pierre Veltz  explique que la mode de la métropolisation est remise cause (tribune du« Monde) extraits

«  En France comme ailleurs, la mondialisation a puissamment renforcé les emplois et les revenus des métropoles. Même si l’indicateur pose problème, on peut estimer que la moitié environ du PIB est produite dans les dix premières villes du pays (un tiers pour la seule région parisienne). Le réseau formé par cette grappe urbaine, fortement intégrée par le TGV, est un atout majeur pour la France. Elle permet en effet de bénéficier des effets d’agglomération urbains tout en limitant les effets de congestion.

Cette concentration soulève aussi de graves difficultés, illustrées par le mouvement des « gilets jaunes ». Une grande partie de la population aux revenus modestes ou moyens est poussée vers une périurbanisation mal organisée, émiettée en d’innombrables bouts de ville sans urbanité, à l’image de la fragmentation communale, qui engendre de fortes tensions sur les modes de vie.

Les enjeux écologiques exigent de repenser les métabolismes urbains à des échelles allant bien au-delà des zones denses

Ces effets occultent le fait que les inégalités territoriales et sociales restent en France nettement plus faibles que dans les pays anglo-saxons, sans parler des pays émergents ou pauvres. Comme l’ont montré les travaux pionniers de l’économiste Laurent Davezies, la redistribution publique (essentiellement par les transferts sociaux) lisse très fortement les écarts spatiaux, créant de fait un transfert massif de ressources des métropoles vers les autres territoires. Mais l’actualité montre que ces effets d’amortissement ont atteint leurs limites. Le discours sur les métropoles comme locomotives du pays ne passe plus, pour de bonnes raisons.

Perspectives très positives

Nous devrions donc réfléchir en priorité à de nouvelles formes actives (et pas seulement passives, résultant des automatismes de l’Etat social) de développement partagé entre les cœurs métropolitains et les territoires de faible densité.

La bonne nouvelle est que les mutations en cours offrent à cet égard des perspectives très positives. Le numérique devrait faciliter au plan régional ce que le TGV permet au plan national, c’est-à-dire des formes de croissance distribuée reposant moins sur les économies d’échelle que sur les économies de réseau.

Les enjeux écologiques exigent de repenser les métabolismes urbains à des échelles allant bien au-delà des zones denses. Pour l’énergie, la biodiversité, la gestion des déchets, les métropoles doivent inclure dans leur fonctionnement, sinon dans leurs périmètres institutionnels, ces espaces naturels avoisinants. … »

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Evolution de la démocratie : pas dévolution sans acceptation de la complexité du monde

Grand débat-  Evolution de la démocratie : pas dévolution sans acceptation de la complexité du monde

 

 

Il est clair que les démocraties connaissent une crise existentielle relativement inquiétante quand elle conduit au repli nationaliste sur le plan économique, social et culturel. Tous les conflits, toutes les guerres ont commencé de cette manière. La crise est double, à la fois économique mais aussi identitaire avec une interaction entre ces deux facteurs explicatifs. Le rétrécissement géographique ne peut évidemment constituer une perspective d’évolution sociétale. Pourtant certains prônent un retour au nationalisme et réussissent même à se faire élire sur cette promesse illusoire et dangereuse. En cause sans doute, l’incapacité des citoyens et des populations à comprendre les évolutions économiques, technologiques, sociales et culturelles. Des évolutions d’ordre systémique et qui affectent  l’ensemble de la planète. Malheureusement cette incapacité concerne  aussi une grande partie des classes dirigeantes organisées en oligarchie et dont l’accès au pouvoir prime et de loin sur l’objet même du mandat qui devrait normalement exclusivement viser le service de l’intérêt général. Il faut dire que les transformations de tous ordres constituent des éléments anxiogènes pour une grande partie des populations et nourrissent la mélancolie d’un passé supposé meilleur qu’aujourd’hui voire du déclinisme. La frilosité voire  le refus du changement peut se comprendre dans la mesure où nos sociétés ont connu davantage de changements en une cinquantaine d’années que pendant des siècles et des millénaires. En outre,  le processus d’évolution s’est encore accéléré au cours des 10 à 20 dernières années. Sur le plan économique,  les changements affectent à la fois la nature des biens mais aussi leur mode de production et de distribution. Témoin, l’évolution des populations actives. En 1800 l’agriculture occupée 75 % des Français, en 1900 autour de 40 %, en 1970, 10 %, aujourd’hui moins de 4 %. Pour l’industrie dans les années 50, le secteur occupait  environ 40 % de la population, aujourd’hui en France c’est environ 10 %. Par contre les services se sont considérablement développés pour représenter à peu près 80 % des emplois aujourd’hui. Des mutations qui bouleversent évidemment les activités, les qualifications les emplois aussi leur localisation.- D’une certaine façon, l’économie s’est à la fois dématérialisée et internationalisée avec des processus de production et de distribution de plus en plus complexes à telle enseigne qu’il est bien difficile de savoir quelles sont les produits réellement français tellement sont imbriquées les éléments des modes de production. L’autre facteur explicatif marquant lié aux autres est l’émergence des pays en développement dont beaucoup étaient condamnés à la quasi famine il y a une cinquantaine d’années et qui commencent à accéder à des niveaux de vie plus décents. Des pays qui deviennent parfois concurrents et qui contraignent les anciens pays occidentaux à se  spécialiser  sur des productions à plus forte valeur ajoutée. Des pays concurrents mais aussi clients qui achètent les biens de l’industrie aéronautique, spatiale, navale, automobile, ferroviaire, nucléaire ou encore du BTP et de l’armement. Progressivement ces pays s’approprient aussi certaines techniques ce qui contraint les pays occidentaux à de nouveaux progrès technologiques. Finalement ces échanges internationaux participent du progrès économique et social global sous réserve toutefois que les balances commerciales soient équilibrées, ce qui est loin d’être le cas pour la France dont la balance des échanges de biens est dramatiquement dans le rouge. Cela en raison des rigidités structurelles propres au pays. Notons aussi que la financiarisation des économies a largement déplacé les centres de décision et de répartition des richesses. Des mutations qui ont cependant permis un accès beaucoup plus large à des produits et services qui satisfont de nouveaux besoins. Même si on peut –et-on doit- contester l’utilité de certaines productions ou leurs conditions de production et d’utilisation qui portent atteinte à la santé et à l’environnement.  Pour l’avenir 50 % des  emplois pourraient être supprimés ou transformés dans les 30 ans mais en même temps à peu près la moitié des nouveaux produits et services sont aujourd’hui inconnus. Face à toutes ces mutations, trois  grandes perspectives politiques émergent, soit le laisser aller qui laisse au seul marché le soin de réguler, soit le repli sur les frontières intérieures, soit une régulation qui prenne en compte la dynamique des marchés en même temps que l’intérêt général. Un dernier équilibre particulièrement difficile à trouver qui exige une grande compétence économique, aussi du courage. Il faudrait évidemment développer de manière autrement plus complète les phénomènes décrits précédemment. Du coup faute de compréhension, les populations fragilisées se réfugient  dans les discours démagogiques, simplistes, nationalistes voire xénophobes. Dernier exemple en date en Grande-Bretagne avec le vote du Brexit, celui de l’élection de Trump ou la popularité de Poutine en Russie ;  pays pourtant en pleine crise socio économique. En face de ces changements, la démocratie a peu évolué. Elle se réduit essentiellement au dépôt d’un bulletin de vote tous les quatre à cinq ans. Le plus souvent les prétendants au pouvoir ne peuvent évidemment mettre en œuvre leurs programmes démagogiques ce qui nourrit la défiance de l’opinion vis-à-vis des systèmes politiques mais une opinion qui se rabat alors sur les candidats les plus protestataires ;  aux programmes les plus  illusoires engendrant à leur tour de nouvelles désillusions quand ces candidats sont élus. Il est clair qu’une autre forme de démocratie caractérisée par son interactivité reste à mettre en œuvre pour être en adéquation avec l’ampleur des bouleversements en cours et le rythme des changements. Or depuis un siècle les modalités de cette démocratie n’ont pas bougé d’un iota face aux mutations économiques, sociales, environnementales et plus généralement sociétales. La monarchie républicaine constitue le modèle de référence avec sa déclinaison dans les baronnies locales. D’une certaine manière la démocratie demeure à l’ère  néandertalienne. De nouvelles formes d’évaluation des politiques publiques doivent  être trouvée afin d’associer les citoyens entre deux échéances électorales. Le référendum peut être utilisé dans certaines circonstances mais il faudra mettre en place d’autres outils d’évaluation à chaque niveau de pouvoir dans le but de renforcer le contrôle démocratique et de faire des propositions concernant les orientations. Les mêmes démarches pourraient être entreprises dans le champ économique (via la participation par exemple) et auprès des grandes administrations.

 Evolution de la démocratie : pas dévolution sans acceptation de la complexité du monde dans politique

Liste Gilets jaunes aux européennes : une trahison ?

Liste Gilets jaunes aux européennes : une trahison ?

 

La décision de certains gilets jaunes de présenter une liste aux européennes est fortement critiquée dans le mouvement. Beaucoup  parlent même de trahison dans la mesure où cette décision a été prise sans consultation générale. Aussi parce que cette initiative est discrètement soutenue par le gouvernement comme en témoigne des rencontres discrètes des leaders de ce mouvement avec certains ministres. Aussi du fait de la médiation de Tapie qui visiblement cherche à s’attirer les faveurs de Macron en raison de l’affaire du Crédit Lyonnais pour laquelle il espère la bienveillance de la justice « indépendante ». Notons que l’affaire tapie dure depuis 15 ans et qu’on a exonéré de responsabilité les membres du gouvernement comme Christine Lagarde, Directrice du FMI. À juste titre,  une grande partie des gilets jaunes estime que le moment n’est pas venu de transformer le mouvement en organisation politique. D’abord sans doute parce que le mouvement n’est pas encore prêt, que des responsables à la hauteur des enjeux n’ont pas encore émergé et qu’il faut encore clarifier la ligne politique qui comprend encore de nombreuses contradictions. Reste aussi le problème de fond à savoir s’il est opportun ou non pour un mouvement de type syndical (syndicat des citoyens) de passer de la contestation à la gestion avec les risques inhérents aux déviances politiques que contestent précisément les gilets jaunes. Un affrontement très sévère s’est produit dans un débat sur France 2 entre la tête de liste des gilets jaunes aux européennes et un autre leader de la région du Nord qui a considéré que cette liste constituée une trahison. Evelyne Liberal, « gilet jaune »du Nord de la France, a  en effet vivement reproché jeudi 24 janvier sur le plateau de « l’Emission politique » à la figure du mouvement Ingrid Levavasseur de mener une liste aux européennes« Je ne voterai pas pour elle, et je lui dit carrément : il faut qu’elle enlève son gilet jaune ! », a lancé la première, reprochant à Ingrid Levavasseur d’avoir voulu « faire le buzz » avec sa liste baptisée Ralliement d’initiative citoyenne (RIC). La « gilet jaune » du Nord de la France a également attaqué Ingrid Levavasseur pour avoir eu « le culot » d’avoir baptisé sa liste « RIC », qui évoque le référendum d’initiative citoyenne réclamé par de nombreux militants.

 

 

Préserver les équilibres Nissan Renault

Préserver  les équilibres Nissan Renault

 

Il est clair qu’après le coup de force du Japon pour neutraliser l’ancien président Carlos Ghosn, le gouvernement français va rester très attentif aux nouvelles tentatives de déstabilisation de l’alliance Renault. Il est même fort probable que compte tenu de la répartition capitalistique Renault souhaitera nommer un nouveau président chez Nissan. Or c’est l’un des points de clivage entre la France et le Japon. Le coup de force du Japon visait en effet à rejaponiser Nissan c’est-à-dire à réduire l’influence de Renault aujourd’hui actionnaire de référence. Il se pourrait même que le Japon revendique un rééquilibrage au sein de l’alliance qui regroupe Renault, Nissan, Mitsubishi mais aussi bien d’autres marques.  pour preuve des manœuvres du Japon, Nissan s’est longtemps refusé à réunir l’assemblée générale et en a même repoussé l’échéance jusqu’en avril. Alors qu’on sait que seule l’assemblée générale a le pouvoir de désigner ou de démettre les administrateurs y compris le président. Les autorités françaises sont « vigilantes » sur le maintien des « équilibres » entre Renault et Nissan, deux mois après l’arrestation de Carlos Ghosn au Japon, a déclaré dimanche au Caire Emmanuel Macron, qui s’est aussi inquiété du sort de l’ancien magnat de l’automobile. « Nous sommes vigilants à ce que les équilibres de l’alliance soient préservés », a déclaré le chef de l’Etat au cours d’une rencontre avec la presse au premier jour de sa visite en Egypte. « Je ne crois pas du tout que ce qui se passe, qui est un cas individuel, soit de nature à renverser les équilibres de l’alliance » franco-japonaise, qui a « montré sa stabilité », a-t-il ajouté.

 

Le journal L’Humanité en cessation de paiement : vers la fin du PC

Le journal L’Humanité en cessation de paiement : vers la fin du PC

Évidemment pour la démocratie on ne peut pas se réjouir de la disparition d’un journal, ceci étend l’extinction progressive du support médiatique et cohérente avec la perte de crédibilité du courant de pensée qu’il représente. D’une certaine manière le risque de disparition du journal L’Humanité est assez catastrophique mais finalement cohérent avec la perte de crédibilité d’un parti communiste. Un parti communiste qui a obtenu jusqu’à 30 % de voix l par exemple des municipales de 1947 pour aujourd’hui ne plus représenter que 2 à 3 %. De la même manière,  le journal L’Humanité qui en 1945 tirait à 400 000 exemplaires aujourd’hui voit sa diffusion réduite à 35 000. Une chute inévitable compte tenu de l’archaïsme de fonctionnement de ce parti. Un parti dans les derniers restes ont été jusque-là porté à bout de bras par le parti socialiste qui lui concédait quelques sièges. Malheureusement pour le parti communiste, le parti socialiste est aussi maintenant en voie de disparition et son soutien ne sera plus d’aucune aide. Ce qui est en jeu tant pour le parti communiste que pour le parti socialiste maintenant c’est l’extinction totale. En cause, des analyses et des positions n’ayant jamais été capables d’intégrer les évolutions systémiques qui affectent le monde économique, social, environnemental et sociétal. Bref un parti en retard d’une cinquantaine d’années sur son temps. Notons aussi que le parti communiste a longtemps bénéficié du soutien assez conditionnel de la CGT. Mais depuis, notamment le passage de Bernard Thibault, les liens se sont assez nettement distendus car la proximité du parti communiste portait  préjudice à l’organisation syndicale. La CGT elle-même est en voie d’affaiblissement puisque qu’elle n’est plus le premier syndicat de France, la première position dans le public comme dans le privé a été prise par la CFDT . Ceci étant on ne peut se réjouir que la plupart des médias soient aujourd’hui la propriété des financiers. 

Européennes : Plusieurs listes de gilets jaunes ?

Européennes : Plusieurs listes de gilets jaunes ?

 

On peut faire l’hypothèse qu’il y aura plusieurs listes de gilets jaunes en raison du caractère très composite de ce mouvement. Une première liste a été déposée par le ralliement d’initiative citoyenne menée par l’aide-soignante r l’aide soignante Ingrid Levavasseur. Deux ou trois autres listes pourraient bien voir le jour même si globalement la majorité des gilets jaunes conteste la stratégie qui consiste à rejoindre un système politique qu’il remette totalement en cause. Les modérés Jacqueline Mouraud et Benjamin Cauchy ont eux aussi l’intention de déposer une liste.  Les extrémistes pourraient eux aussi être tentés au dernier moment d’être aussi présents même si pour l’instant ils contestent le principe.

Bien avant la liste d’Ingrid le Vavasseur, une première liste avait été lancée début décembre avec des objectifs similaires: mettre en place le RIC et améliorer le pouvoir d’achat. L’initiative avait été peu relayée, l’heure étant plus aux manifestations qu’à «l’après “gilets jaunes”». Plusieurs personnalités en sont à l’origine, comme le fonctionnaire de l’Indre Jean-François Barnaba et le chanteur Francis Lalanne. . Et d’ajouter, à l’adresse de la tête de liste Levavasseur: «Je comprends la fureur des “gilets jaunes” quand ils voient qu’une personne qui a été “leaderisée” par les plateaux de télévision se dit représentante d’un mouvement. Moi, je ne fais pas le guignol sur les plateaux, on m’a très peu vu. Car notre combat n’est pas là». Contrairement à Ingrid Levavasseur, Francis Lalanne assure qu’il dispose un financement fiable pour la campagne, à hauteur de 800.000 euros. Jean-Marc Governatori, président de l’Alliance écologiste indépendante va se porter caution auprès de l’imprimeur. La question se pose de savoir si ces éventuelles différentes listes pourraient ou non ce réunir. Les différences sont en effet très importantes. Il y a ceux qui s’inscrivent plutôt dans une démarche bassiste mais aussi des responsables d’extrême-gauche, d’autres d’extrême droite enfin ceux qui finalement sont proches de Macron comme la liste d’Ingrid le Vavasseur. L’hypothèse de regroupement est aussi très contestée.  Contacté par Le Figaro, Jean-François Barnaba, «gilet jaune» très en vue médiatiquement depuis le début du mouvement, se montre un peu plus réticent à cette idée. «Ces jeunes médiatisés sont tous quasiment issus du même rond-point. Ils sont instrumentalisés, notamment par Bernard Tapie, et n’ont pas le moindre projet. Je ne peux pas concevoir quoi que ce soit avec ces lauréats de la “Star Ac’”», peste-t-il.

Les leaders les plus radicaux du mouvement ont récemment crié à l’entourloupe, dénonçant une récupération médiatique. Sur le plateau de «L’Émission politique», jeudi soir, Évelyne Liberal, représentante du mouvement, a vivement harangué Ingrid Levavasseur sur son initiative, l’accusant de vouloir «faire le buzz». «Je ne voterai pas pour vous», a-t-elle lancé.

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