80 km/h : la remise en cause

80 km/h : la remise en cause

Progressivement, on semble  s’orienter vers un net réaménagement du principe de la limitation à 80 km/h sur les routes dites secondaires. En fait, on ne changerait pas la règle mais on  chargerait les conseils départementaux de l’aménager en fonction des risques. Reprenant les propos mêmes du chef de l’État,- le président de l’Assemblée nationale pense qu’il faut pouvoir déroger à la limitation de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires. Il semble bien que le président de la république veuille se sortir de ce piège des 80 km/h qui a largement alimenté la colère des zones périphériques. En même temps, c’est aussi une sorte de désaveu du Premier ministre à l’initiative de cette mesure critiquée dès sa mise en œuvre par l’ancien ministre de l’intérieur Gérard Collomb. Comment s’extirper d’une mesure aussi impopulaire que la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, sans pour autant se renier? En proposant des «aménagements». Déjà évoquée par Emmanuel Macron devant des maires normands, le 15 janvier dernier, l’idée revient désormais dans la bouche de Richard Ferrand. Il «faut garder cette règle-là» mais pouvoir y «déroger», «soit lorsqu’elle n’est pas applicable, pas tenable, soit lorsqu’elle doit être modifiée», a estimé le président de l’Assemblée nationale, invité dimanche du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro . La décision de limiter à nouveau la vitesse à 90 km/h sur certains tronçons pourrait revenir aux préfets et aux présidents de départements, avance-t-il. En défendant une meilleure concertation avec les élus locaux, remontés contre une mesure vue comme «venant d’en haut», le président de l’Assemblée nationale rejoint toutefois la position de l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, réservé sur la généralisation de la mesure. «Ce n’est pas une mauvaise chose que d’être d’accord avec Gérard Collomb, c’est un grand maire de Lyon», assume Richard Ferrand, les yeux rieurs. Pourquoi, alors, ne pas avoir permis plus tôt des aménagements au cas par cas? «Vous demanderez ça à d’autres que moi», balaie le président de l’Assemblée nationale, visant, sans le nommer, le premier ministre. On notera que le président de l’Assemblée nationale s’autorise une pique en direction du premier ministre qui n’est sans doute pas gratuite et qui pourrait annoncer un changement de titulaire à Matignon après le grand débat.

 

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