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Macron et le grand débat : « débat » ou grand meeting ?

 

 

Beaucoup de grands médias se sont extasiés devant la qualité du débat lancé par Macron devant les maires du département de l’Eure. Après 7 heures de discussion, Macron aurait réussi à convaincre la plupart des élus qui lui  ont d’ailleurs fait une standing ovation. Première observation, le public n’était pas composé de citoyens lambda mais de maires  d’une manière générale très légitimiste pour ne pas dire un peu faux-cul. Seconde remarque surtout, il ne s’agissait pas vraiment d’un débat mais d’un immense meeting où certes les participants ont posé des questions mais sans véritable débat au sens d’échanges contradictoires permettant aux et aux autres d’évoluer vers des analyses plus partagées. Dans le cas de la réunion de l’Eure, Macron s’est comporté comme un orateur se réservant  d’apporter seul et sans discussion ses réponses aux questionnements. Apparemment cependant ce public de maires a été globalement satisfait, Pas vraiment étonnant quand on connaît le niveau de compétence générale de ces maires  tellement appréciés par la population. Faut-il rappeler que ces maires de petites communes, comme d’ailleurs ceux des plus grandes, se caractérisent surtout par leur capacité à jeter l’argent par les fenêtres pour des investissements inutiles le plus souvent et dans un fonctionnement de moins en moins contrôlé (voir par exemple les effectifs administratifs, de cantonniers et de jardiniers !). Pas difficile dans ces conditions de convaincre ces élus, la plupart incompétents, pour évaluer de la pertinence de la politique du pouvoir. Soyons clairs dans la plupart des communes les maires constituent une caste de petits barons qui à leur échelle reproduisent l’organisation monarchique du pouvoir central. Avec aussi des groupes de pressions qui profitent de la manne financière, avec aussi des ségrégations entre les centres et les zones périphériques avec aussi des rémunérations et autres accessoires de revenus dans les innombrables organismes et syndicats intercommunaux qui sont loin d’être en adéquation avec un travail réel. Il n’y a guère que dans les toutes petites communes que le maire se comporte comme un vrai militant, un humaniste puisque parfois pour toute structure logistique il dispose d’un seul secrétaire de mairie voire d’un quart ou d’un tiers. Sitôt que les communes atteignent une certaine dimension les superstructures grossissent et se substituent aux élus pour les décisions essentielles. Compte tenu du niveau de compétence des élus, il n’est pas étonnant que l’évangéliste Macron ait  réussi à les convaincre avec du bla-bla : « La période que nous sommes en train de venir pose beaucoup de défi à notre pays »« Mais plus profondément, je pense que nous pouvons faire du moment que traverse la France une chance », a lancé le président en introduction de sa rencontre avec les maires, évoquant une quadruple « fracture » dans le pays, « sociale », « territoriale », économique » et « démocratique ».« Toutes ces fractures, on les a devant nous et d’un seul coup les choses s’effritent, a-t-il poursuivi. Je pense qu’il ne faut pas en avoir peur. Il faut refuser la violence car rien ne sort de la violence. Il faut refuser la démagogie, car l’addition des colères n’a jamais fait une solution. Mais il nous faut construire des solutions pour le pays. » Penser qu’en rétablissant l’impôt de solidarité sur la fortune, « la situation d’un seul ’gilet jaune’ s’améliorera, c’est de la pipe ». Devant les maires, Emmanuel Macron a encore une fois défendu sa réforme de la fiscalité« Beaucoup de gens disent : il faut remettre l’ISF, comme ça on serait justes, a-t-il dit. D’abord, je leur demande : est-ce qu’on vivait mieux avant ? Ben non. Beaucoup de problèmes dont ils nous parlent, pardon de le dire, y compris quand il y avait un ISF très important, n’étaient pas réglés. » Une espèce d’argumentaire à la Prévert où on mélange tout pour enterrer en même temps toute perspective de justice fiscale. Et les maires d’avaler la couleuvre d’un amalgame très douteux car le niveau de vie des gilets jaunes et autres français n’a rien à voir avec l’ISF qui n’est qu’un symbole d’une fiscalité injuste. L’ISF est hors sujet !

 

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