L’écroulement de la croissance : la découverte des médias

L’écroulement de la croissance : la découverte des médias

 

 

Depuis quelques jours seulement les grands médias découvrent brutalement que la croissance s’écroule en France non seulement pour l’année en cours mais aussi pour 2019 voir au-delà. Même les instituts économiques de l’État ont mis du temps pour s’apercevoir du net tassement économique de la France en 2018. Pourtant sur ce site et sur d’autres, il y a longtemps qu’on attire l’attention depuis des semaines et des mois sur la tendance baissière de l’activité générale. Ce n’est qu’il y a quelques jours que la Banque de France a enfin convenu que l’objectif de 1,7 % d’augmentation du PIB en 2018 était illusoire. De même que les objectifs de 2019. La perspective de 2018 comme de 2019 est ramenée à 1,5 % officiellement. En fait en 2019 la croissance du PIB pourrait se limiter à 1,3 %. La fin de l’année annonce la tendance puisque le PIB ne devrait croître que de 0,2 % au lieu de 0,4. Et par un calcul de coin de table, on attribue une perte de 0,1 % aux gilets jaunes. Certes,  le mouvement gilet jaune à généré quelques pertes d’activité mais les quantifier aujourd’hui relève de la méthodologie au doigt mouillé.  De toute manière le pari est perdu pour Macron concernant la croissance. Les experts attendaient en début d’année autour de 2,3 % pour la croissance du PIB. Le gouvernement avait retenu 2 % puis a revu à la baisse ses prévisions avec une perspective de 1,7 %. En réalité,  on parviendra péniblement à un niveau de croissance de 1,5 %. Un niveau qui fait redémarrer la hausse du chômage et menace les équilibres financiers déjà fragiles. La croissance accélère en effet moins que prévu au 3e trimestre. Le produit intérieur brut de la période a augmenté de 0,4%, un rythme deux fois plus élevé que celui de 0,2% enregistré au premier comme au deuxième trimestre, qui constituait un point bas depuis l’été 2016. la croissance a été un peu plus soutenue au troisième trimestre par la demande intérieure, avec une consommation des ménages qui s’est redressée de 0,5% – après une rare baisse de 0,1% au 2e trimestre – et un investissement des entreprises qui continue de croître de plus de 4% en glissement annuel. Stéphane Colliac, économiste de l’assureur crédit Euler Hermes, pointe de son côté la prudence des ménages, alors que le débat sur leur pouvoir d’achat continue de faire rage. “On a un juste retour à la normale de la consommation mais pas de rattrapage des retards accumulés depuis le dernier trimestre 2017””, souligne-t-il, “une hausse de 0,5% c’est bien le moins qu’on puisse avoir après la chute des dépenses dans les transports au deuxième trimestre”. Il fait valoir en outre que l’investissement des ménages, pour l’essentiel les achats de logements neufs, recule de 0,2% sur le trimestre et stagne depuis le début de l’année après son bond de 5,6% en 2017. “C’est un atterrissage brutal”, dit l’économiste. Ce tassement de la croissance ne peut s’expliquer à lui seul par un environnement international plus morose. En effet la France fait moins bien que la moyenne de l’union européenne. La vérité c’est que Macron s’est trompé de stratégie en assommant la consommation des ménages par une hausse de fiscalité alors que parallèlement et le lâcher plus nanti et aux entreprises des cadeaux fiscaux sans la moindre contrainte. On se demande bien comment l’INSEE peut conclure qu’il y aura une amélioration dans le domaine du chômage. Pour l’INSEE, l’investissement des entreprises se maintiendrait aussi à un rythme honorable, avec + 0,6 % aux deux trimestres. Dans ces conditions, le chômage poursuivrait sa lente décrue. Les créations d’emploi dépassant les entrées sur le marché du travail, il s’établirait fin juin 2019 à 9 %, contre 9,1 % un an plus tôt. Selon l’Insee, la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales au 1er janvier 2019 créerait environ 50.000 emplois en moyenne en 2019-2021. La progression est toujours bonne à prendre mais elle est tellement marginale (un progrès de 01 % sur le taux de chômage alors qu’il y a 7 à 8 millions de personnes sans d’emploi) qu’on peut douter de la pertinence des chiffres. En conclusion, Macron a complètement échoué sur les deux objectifs centraux que constituent l’activité économique et l’emploi.

 

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