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La Blockchain : une vraie révolution (Joseph Lubin)

 La Blockchain : une vraie révolution   (Joseph Lubin)

, le Canadien Joseph Lubin, expert en blockchain, aussi  des premiers milliardaires en cryptomonnaies au monde explique le potentiel révolutionnaire de la Blockchain, (interview la Tribune

 

Comment êtes-vous arrivé dans l’univers de la Blockchain ?

JOSEPH LUBIN - Début 2011, j’ai commencé à beaucoup m’intéresser au livre blanc de Satoshi Nakamoto sur le Bitcoin [paru fin 2008 sous le titre « Un système pair-à-pair de cash électronique »]. Il décrit à la fois la création d’un « jeton de valeur », le Bitcoin, une technologie de base de données de nouvelle génération, la Blockchain, et la « crypto-économie », qui est devenue un sujet d’études. J’ai réalisé que cette technologie pouvait nous aider à tout réinventer, tout reconstruire. J’ai commencé dans la robotique et les réseaux neuronaux, j’ai travaillé pendant 20 ans dans la tech et les logiciels, notamment chez Goldman Sachs, à l’informatique, puis dans un hedge fund, jusqu’à ce que le monde financier commence à s’effondrer. J’étais désenchanté, déçu. J’ai lu tout ce qui existait sur le Bitcoin et la Blockchain, je suis devenu une sorte d’expert. Je n’ai pas pensé lancer une activité dans ce domaine à l’époque, il était clair que cette technologie était encore très immature et allait le rester un moment.

En décembre 2013, à Toronto, j’ai rencontré Anthony Di Iorio, qui travaillait sur un projet de Bitcoin Global Alliance et avait ouvert un lieu, Decentral, où se réunissaient des passionnés pour réfléchir au Bitcoin 2.0. Beaucoup de gens avaient réalisé que la technologie Blockchain devrait servir à de multiples applications au-delà du seul cas d’usage étroit de la monnaie. Anthony m’a fait rencontrer Vitalik Buterin [un jeune programmeur surdoué russo-canadien, ndlr], qui avait cofondé Bitcoin Magazine, et savait expliquer clairement, à seulement 19 ans, des choses très techniques. Il avait écrit une ébauche de livre blanc. Sa vision consistait à séparer cette technologie très compliquée en deux couches, le protocole qui nécessite ce que j’appelle des « prêtres du protocole », des experts très spécialisés capables d’ajouter de nouvelles fonctionnalités, et la couche des applications, où des ingénieurs ordinaires peuvent concevoir et faire tourner toutes sortes de programmes. Trois semaines plus tard, Vitalik avait formalisé le projet Ethereum.

Quel a été votre rôle dans la création d’Ethereum ?

Je suis un des huit cofondateurs d’Ethereum. En janvier 2014, nous avons loué une maison juste avant la grande conférence sur le Bitcoin en Amérique du Nord à Miami, où Vitalik devait présenter publiquement son livre blanc [sous le titre « Une nouvelle génération de plateforme pour les ‘smart contracts’ et les applications décentralisées« , ndlr]. Il y avait déjà beaucoup de buzz sur le projet. Deux codaient, Gavin Woods et Jeff Wilcke, tandis que les autres s’occupaient de toute la documentation et de décisions de conception. Je me suis notamment chargé de la définition de ce que serait le « jeton » d’Ethereum et la vente de ce « token », l’Ether. Nous ne considérions pas cet actif numérique, et ne le considérons toujours pas, comme une crypto-monnaie.

Le réseau Bitcoin a été créé uniquement pour le jeton Bitcoin, alors que nous étions un groupe d’ingénieurs en logiciels qui voulait apporter cette nouvelle sorte de base de données à d’autres ingénieurs. Notre projet consistait à créer une plateforme pour des applications décentralisées et une façon d’indemniser ceux qui allaient partager leurs ressources pour la créer, et aussi leur donner une incitation à sécuriser le réseau.

Il fallait aussi déterminer l’algorithme de consensus [pour valider les transactions], « preuve d’enjeu » ou « preuve de travail », ce dernier a été choisi en l’améliorant. J’ai été aussi impliqué dans la définition de l’écosystème. Ce n’était pas vraiment un business plan, plutôt des lignes directrices. Initialement, nous voulions créer une entreprise, avec une partie à but lucratif et l’autre non. Mais pour des questions de personne, c’est devenu impossible, ce n’était pas viable.

Nous avons créé à Zoug une société Ethereum Switzerland GmbH, pour réaliser la vente de « tokens », et établi également à Zoug la Fondation Ethereum (Stiftung Ethereum), dont la mission est de guider les développements de la plateforme et d’assurer sa maintenance. Nous avons donné 100% du contrôle d’Ethereum GmbH à la Fondation Ethereum. Nous voulions rester hors des États-Unis car nous n’étions pas sûrs de la façon dont notre jeton serait traité là-bas, il risquait d’être perçu comme une nouvelle crypto-monnaie. La Suisse est un pays qui défend la liberté, le vote, la vie privée, son gouvernement est ouvert à la discussion.

Vous êtes parti créer ConsenSys avec quelle vision ?

Je me suis proposé d’être l’avant-poste d’Ethereum à New York : je suis Canadien, mais j’ai passé pas mal de temps là-bas, après mes études à Princeton. J’ai rassemblé des gens pour construire un site d’applications décentralisées, un « DAppStore ». Nous avons commencé à développer des outils comme la suite Truffle [kit pour déployer un "smart contract", un contrat intelligent qui se déclenche automatiquement, sur la Blockchain] et une solution de gestion d’identité numérique, uPort Identity, qui soit meilleure que les mots de passe. L’objectif est d’aider à transformer le Web 2.0 vers un Web 3.0 à l’architecture bien moins centralisée et dont les individus récupèrent le contrôle. Nous croyons beaucoup dans la Blockchain et nous voulons être un catalyseur de cette technologie.

Nous avons dû créer notre propre écosystème, ce qui fait que notre société a une configuration assez insolite et un mode de fonctionnement décentralisé. Nous aimons appeler cela un « maillage » de projets, d’entreprises, qui ont une grande part d’ADN commun. Nous avons démarré un « venture production studio », où l’on incube des projets, que des gens font grandir à l’intérieur de ConsenSys, dont certains sont ensuite scindés et deviennent des startups indépendantes. Nous créons aussi toutes sortes de solutions et d’outils pour faciliter la vie des développeurs qui veulent connecter leurs applications au réseau Ethereum, comme Infura [Infrastructure-as-a-service, solution de dimensionnement pour gérer les pics à l'émission de jetons, par exemple].

Nous avons une division Consulting, qui fait du conseil et du développement logiciel. Nous avons réalisé des pilotes, des « proofs of concept » (PoC) pour des entreprises dans des secteurs variés, l’énergie, la banque, la logistique, la santé, le sport, le secteur public, et dans de nombreux pays, à Dubaï, aux États-Unis, en France. Par exemple, nous avons développé la plateforme de Komgo [entreprise fondée par une quinzaine de groupes, notamment des banques, dont Société Générale, BNP Paribas, et Crédit Agricole, ndlr], dans le financement du commerce international de matières premières. Nous avons aussi travaillé avec des banques centrales, à Singapour et en Afrique du Sud. Cette division, que nous avons dû scinder, a enregistré une croissance très significative.

Nous avons monté la ConsenSys Academy, car nous disposions de beaucoup de matériel de formation de notre activité de conseil et nous avions besoin d’accroître nos capacités en développement : 1.500 personnes sont devenues des développeurs Blockchain grâce à nous.

Nous avons aussi une division Marchés de capitaux qui conçoit notamment une solution de conservation (« custody ») pour les crypto-actifs, Trustology, afin que les institutions financières soient plus à l’aise avec les jetons, les actifs numériques lorsqu’elles décideront d’aller sur ce marché. Nous avons une équipe très solide, dont l’ancien responsable de la technologie chez UBS, Alex Batlin, à Londres, qui annoncera bientôt un partenariat très important.

Lire aussi : Fidelity, premier géant de la finance à sauter le pas du Bitcoin

Enfin, nous avons aussi créé ConsenSys Ventures, notre bras de capital-risque, doté de 50 millions de dollars. Nous avons investi dans 30 entreprises, de petits tickets, de 75.000 à 100.000 dollars en moyenne, parfois ce sont des subventions. Nous avons ouvert en septembre un accélérateur, Tachyon, qui a sélectionné 16 projets qui seront mentorés par des superstars de la Blockchain et du Web 2.0. Il y a un projet français parmi eux, Quidli, un projet génial d’émission dynamique du capital, pour distribuer des parts aux employés.

Vous avez remporté l’appel d’offres de la Commission européenne pour réaliser son observatoire de la Blockchain. Que répondez-vous aux parlementaires français critiquant ce choix d’une « entreprise américaine spécialisée dans la Blockchain Ethereum«  ?

Nous ne sommes pas une société américaine. ConsenSys Inc n’est pas la maison-mère, elle emploie 300 à 400 personnes sur 1.100 employés : c’est ConsenSys AG à Zoug qui chapeaute le tout, elle possède le contrôle de nombreuses entités régionales. Juridiquement, nous sommes une société suisse mais nous sommes en fait une startup internationale, avec des bureaux un peu partout dans le monde : 50 personnes à Paris, autant à Londres, 250 à Dublin, etc. Nous n’extrayons pas de la valeur d’un pays vers un autre.

L’équipe de ConsenSys France a mené la candidature à l’appel d’offres de la Commission européenne pour son observatoire de la Blockchain, je n’étais pas au courant au départ. C’est un projet français avec l’appui des meilleurs experts mondiaux, à travers le maillage de ConsenSys. Il est réalisé en partenariat avec trois universités [Lucerne, Londres et Southampton].

Quant à l’étroitesse éventuelle de notre expertise, nous utilisons Ethereum parce que c’est la Blockchain à l’écosystème le plus puissant et de loin le plus largement utilisé, alors que Bitcoin est une technologie très étroite. Nous sommes convaincus que l’avenir sera un monde de registres interopérables. Nous disposons d’énormément d’expertises car nous avons recruté ces deux dernières années des gens de Deloitte, d’EY, et un des fondateurs de la division Blockchain d’IBM et de la plateforme Hyperledger Fabric, John Wolpert. Nous avons aussi des gens ayant travaillé sur Corda [la plateforme opensource de la startup R3, issue d'un consortium de banques, ndlr]Il n’y a probablement aucune entreprise dans le monde qui dispose d’une expertise aussi large sur la Blockchain que Consensys, à part peut-être Accenture ou l’un des Big Four. Je pense que nous avons l’expertise la plus étendue.

Est-ce vous qui financez seul le développement de ConsenSys sur votre fortune personnelle en ethers ?

ConsenSys est financé en partie par moi, mais aussi par les revenus désormais importants que génèrent certaines de nos activités. Nous ne publions pas de chiffres pour le moment. Nous ne dégageons pas de bénéfice mais si l’on prend en compte les émissions de « jetons », les Initial Coin Offerings (ICO) réalisées par certaines de nos entités, nous sommes en situation de cash-flow positif. Plusieurs activités rapportent des revenus significatifs, des dizaines de millions de dollars pour notre pôle solutions par exemple. Notre équipe « Diligence », qui réalise des audits de sécurité des « smart contracts », est très demandée et obligée de décliner 99% des demandes, ce qui permet de facturer ce travail à des montants élevés.

ConsenSys elle-même pourrait-elle réaliser une ICO, une levée de fonds en crypto-actifs ?

Il n’y a pas d’investisseurs extérieurs, en revanche un bon nombre d’employés ont des parts de capital. Nous préparons déjà la prochaine allocation, notre idée est que tout le monde à ConsenSys devrait en avoir. Nous avons beaucoup réfléchi à l’émission d’un jeton ConsenSys, qu’il s’agisse d’un jeton d’investissement ou d’usage ["utility token" donnant un droit d'usage à des biens ou services à venir] : nous pensons que ce serait probablement un titre financier (« security token »). Mais nous n’avons aucun calendrier arrêté. Nous sommes très occupés sur de nombreux sujets, notre entreprise enregistre une très forte croissance. Avant de pouvoir envisager sérieusement d’émettre notre propre token, il faut que tout soit bien ficelé, que le cadre juridique soit bien stabilisé aussi.

Quelles applications vous semblent les plus convaincantes, les plus adaptées à la Blockchain ?

On pourrait poser la même question au sujet d’Internet : dans quel champ est-ce le plus utilisé ? La Blockchain va pénétrer partout, là où il est nécessaire d’améliorer la confiance, c’est-à-dire à peu près n’importe où et tous les secteurs. Cela peut être pour partager des infrastructures de confiance entre concurrents de manière collaborative. Nous aidons des entreprises établies à bâtir des systèmes plus efficaces pour partager des données de référence, par exemple dans les activités de taux entre institutions financières, ou aussi pour explorer de nouveaux modèles d’affaires. En France, nous connaissons une importante institution financière qui envisage d’entrer dans l’univers des ventes de tokens, Goldman Sachs et Morgan Stanley songent à ouvrir un desk de trading en crypto-actifs. Aux États-Unis, nous allons bientôt sortir une application avec une grande marque de biens de consommation traçant l’origine de différentes matières.

Dans la finance, les infrastructures vont finir par basculer sur la Blockchain. Nous avons aidé Santander à construire un système interbancaire de paiements transfrontaliers s’appuyant sur la technologie Blockchain, qui effectue les règlements en dix secondes. Le responsable de la Blockchain chez Santander, Julio Faura, est parti pour diriger ce projet,Adhara, que nous avons intégré [ConsenSys vient d’y investir 15 millions de dollars, ndlr] : nous utilisons cette infrastructure pour bâtir un système de règlements en temps réel qui « tokenise » [convertit les droits liés à un actif en jetons numériques] de l’argent réel par le biais d’un registre distribué fonctionnant avec des « smart contracts » : les règlements interbancaires, entre établissements qui se font déjà confiance, pourraient ainsi avoir lieu non pas tous les jours mais une fois par semaine ou par mois.

La volatilité des crypto-monnaies, y compris de l’ether, nuit-elle au développement de la Blockchain ?

Vous savez, il y aura tellement de crypto-actifs différents à l’avenir. Cela nous va très bien que l’ether soit utilisé comme une crypto-commodité ou un crypto-actif. Comme tout actif, comme le pétrole par exemple, l’Ether fait l’objet d’échanges, de trading. C’est vrai que son cours est plus volatil mais l’industrie pétrolière est là depuis un moment ! Nous avons de la chance qu’Ethereum ait suscité autant d’engouement dans le monde. Il y a eu des flambées, suivies de corrections, et cela se reproduira encore et encore : c’est ainsi que fonctionne le cycle humain de cupidité et de peur que l’on observe sur les marchés. L’horloge de cette technologie fonctionne beaucoup plus vite qu’en 1999 avec la bulle Internet. Je pense que nous verrons un de ces cycles tous les un ou deux ans.
A chaque fois qu’il se produit une explosion puis un plongeon, cela attire l’attention sur ce que nous faisons. Cela fait plancher des spécialistes ou des étudiants en cybersécurité sur Ethereum. Nous sommes un an après le début du boom sur les crypto et le cours de l’Ether est revenu grosso modo au même niveau [en repli de 20%, ndlr]. Et aujourd’hui, du fait de cette agitation, il y a dix à quinze fois plus de gens dans notre écosystème. Rien n’a ralenti du tout : l’écosystème Ethereum connaît une croissance exponentielle.

Quel est le principal défi posé à la Blockchain ? Sa consommation énergétique?

Non, je pense que ce point sera résolu très vite, d’ici 18 mois à deux ans. Je suis optimiste. Le plus grand problème posé à Ethereum est le passage à l’échelle (« scalability ») d’une part et la facilité d’utilisation pour le grand public d’autre part. La montée en charge d’Ethereum [qui peut traiter actuellement entre 7 et 15 transactions par seconde contre plusieurs milliers pour les systèmes Visa et Mastercard, ndlr], progresse à mesure que l’on avance vers des solutions de nouvelle génération, comme Sharding ["fragmentation" en anglais, processus de vérification des transactions s'appuyant sur une division de la Blockchain en plusieurs fragments, des groupes d'ordinateurs du réseau et non pas tous les nœuds du réseau, ndlr], le protocole Casper et le mécanisme de consensus de « preuve d’enjeu », le projet Plasma qui va créer des réseaux Blockchains au sein d’Ethereum, etc. Tout cela devrait permettre à Ethereum de pouvoir traiter des centaines, des milliers de transactions par seconde. C’est une affaire de semaines, de mois.

Il faut que nous travaillions aussi sur la facilité d’utilisation. Si on vous avait donné un smartphone il y a 15 ans, vous n’auriez pas su quoi en faire, les gestes vous seraient étrangers, pour zoomer, balayer l’écran, etc : Apple a fait un job incroyable en apportant progressivement des innovations. Il faut que nous fassions la même chose : les clés publiques et privées, les adresses des comptes en Ether, sont aujourd’hui utilisables par un public technophile. On doit pouvoir faire en sorte que l’utilisateur non initié ne prenne pas le risque de perdre son identité, il faut des mécanismes de récupération des clés, nous travaillons dessus. La France, un futur leader de la « Blockchain » ?

Quelle est votre vision du marché français, en termes de maturité ?

Aucun marché n’est mature ! En Suisse, beaucoup de projets ont démarré dans sa Crypto-Valley, mais je ne dirais pas qu’elle est en avance sur Paris, Berlin, New York, ou que Zoug est le leader de la Blockchain. C’est un phénomène décentralisé. Curieusement, le bitcoin n’a pas vraiment pris dans la Silicon Valley au départ. Au lancement d’Ethereum, il n’y a eu aucun intérêt là-bas, tellement plus à Berlin, Londres, Paris, New York et Toronto. La Silicon Valley rattrape son retard : il y a désormais une grande vague d’intérêt pour la Blockchain, de nombreux ingénieurs du Web 2.0 s’interrogent sur le tour que prennent les choses et rejoignent des entreprises qui veulent bâtir le Web 3.0, comme nous à ConsenSys.

En France, on trouve beaucoup de gens très solides en technologie. Notre équipe ici à Paris a joué un rôle fondateur depuis plusieurs années. Nos projets, comme la startup Variabl, une plateforme de trading de dérivés, font partie de l’écosystème français de la Blockchain.

Que doit faire la France pour devenir un leader de la Blockchain, comme l’ambitionne le gouvernement ?

Éduquer, former, observer la technologie, autant que possible ne pas se mêler de la technologie et ne pas étouffer l’innovation. Cette technologie va tellement loin, elle va permettre la collaboration et créer la confiance dans des domaines où c’est difficile. Cela va rendre le commerce beaucoup plus fluide. La Blockchain va permettre de tout basculer en version numérique, les certificats et diplômes, le capital, l’identité, etc : ce sera un moteur de croissance important. Les gouvernements devraient créer des programmes pour entrepreneurs, peut-être financer certains projets, subventionner des accélérateurs.

Il n’y a pas vraiment besoin de réglementations nouvelles, elles existent pour la plupart, il faut juste une meilleure compréhension. Par exemple, aux Etats-Unis, la SEC [le gendarme des marchés, ndlr] a décidé que les jetons des ICO sont des titres financiers et va appliquer la réglementation comme elle le fait depuis des décennies. William Hinman le directeur de la division Corporation Finance à la SEC, a déclaré il y a quelques mois qu’il considère l’Ether comme un jeton utilitaire (« utility token »), qu’Ethereum n’est pas une entreprise mais un réseau. Il faut de l’ouverture d’esprit et beaucoup de dialogue.

La Blockchain pourrait rendre la collecte d’impôts beaucoup plus fluide, on pourrait avoir des nœuds de régulation sur le réseau qui surveilleraient les flux, la valeur des transactions et pourraient même en aiguiller une partie directement vers les coffres du gouvernement. Plusieurs pays d’Afrique sont très enthousiasmés par cette idée.

Sympathisants PS : les derniers des Mohicans ?

Sympathisants PS : les derniers des Mohicans  ?

Les sympathisants du parti socialiste constituent une espèce en voie de disparition d’après une étude de la fondation Jean Jaurès (proches du PS). Des sympathisants qui au demeurant ne votent pas nécessairement pour le parti socialiste ainsi en 2017 un quart seulement ont voté pour Benoît amont et 42 % pour Emmanuel macro. 23 % ayant voté Mélenchon. D’une certaine façon, le portrait type que réalise la fondation Jean Jaurès concernant le PS est assez proche de celui du sympathisant de la république en marche. Il s’agit en général de couche moyenne supérieure, bref de cadres. Le problème pour le parti socialiste c’est qu’il n’a jamais vraiment réussi à s’enraciner dans les couches populaires. Le même problème d’ailleurs pour le parti virtuel de Macron. D’où pour le PS décalage avec les réalités sociaux économiques et le débat très théorique entre la ligne social-démocrate et la ligne gauchiste. L’éventuelle extinction du courant socialiste est cependant à relativiser car nombre d’entre eux se retrouvent aujourd’hui chez Macron, d’autres chez Mélenchon. En outre ce n’est pas la première fois que le parti socialiste est menacé d’extinction. Avec la fin de la SFIO, les socialistes ont failli disparaître du paysage politique français à peu près pour les mêmes raisons qu’aujourd’hui. Ce courant pourrait renaître notamment de tenu de l’extrême fragilité politique du pouvoir actuel qui ne repose que sur les seules épaules de Macron. Les derniers socialistes se revendiquent pro-européens. Ils sont 54% à juger que l’Union européenne est une question importante (40% pour les sympathisants de La France insoumise, 59% pour ceux de La République en marche) et 78% d’entre eux éprouveraient «de grands regrets» si elle était amenée à disparaître (49% pour LFI, 85% pour LaREM). Sur le plan économique, 71% se disent massivement en faveur du libre-échange, contre 50% des Français, 38% des sympathisants de La France insoumise et 81% de ceux de La République en marche.

Taxation Gafa : la France pousse, l’Allemagne freine

Taxation Gafa : la France pousse, l’Allemagne freine

Le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire,  a défendu avec force la taxation des GAFA  au Parlement européen, à Strasbourg, il a plaidé en faveur d’une «décision claire, nette, forte» de l’UE pour taxer les géants du numérique que sont Google, Amazon, Facebook, Apple (GAFA) et autres plateformes numériques comme YouTube ou Airbnb, qui profitent des disparités du système fiscal européen pour minimiser leurs impôts sur le Vieux Continent.  Mais l’Allemagne, elle a botté en touche.  Surtout soucieuse de ses intérêts économiques, l’Allemagne en quelque sorte botte en touche concernant l’éventuel taxation des GAFA. Sous l’impulsion de la France, l’union européenne veut en effet imposer une fiscalité forfaitaire sur les chiffres d’affaires des grandes plates-formes numériques qui pour l’instant profite par excès de l’optimisation fiscale pour payer le moins d’impôts possibles ou n’ont pas payé du tout. En proposant une taxation mondiale l’Allemagne renvoie aux calendes grecques cette fiscalité sur les plates-formes. En cause, le faite que l’Allemagne craint les sanctions que pourraient prendre les États-Unis à l’égard des importations allemandes déjà menacées par TRUMP. La proposition de la Commission de taxer les Gafa, inspirée et soutenue par la France, est aussi  combattue par l’Irlande où siègent certains groupes visés, ou des pays nordiques comme la Finlande et la Suède qui redoutent les effets sur les secteurs de l’innovation ainsi que d’éventuelles représailles commerciales américaines.  L’Allemagne, initialement du côté de la France, a fait montre d’états d’âme début septembre. Or, les réformes touchant à la fiscalité dans l’Union européenne doivent être approuvées à l’unanimité des États membres. Bruno Le Maire s’est dit «favorable à la proposition de Berlin», d’instaurer «un système mondial plus harmonieux» sur le plan fiscal. «Mais ne rêvons pas, ce n’est pas demain la veille» a-t-il ajouté, sur le plateau de l’émission Dimanche en politique sur France 3. En attendant, le ministre de l’Économie a rappelé qu’il allait se rendre mardi au Parlement européen, à Strasbourg «pour appeler tous les États européens à s’engager sans délai pour conclure sur cette taxation des géants du numérique». Reprenant des idées hexagonales, la Commission européenne a proposé en mars d’instaurer une taxe de 3% sur le chiffre d’affaires généré par les services numériques des entreprises (dont le chiffre d’affaires annuel mondial dépasse 750 millions d’euros et dont les revenus dans l’Union européenne excèdent 50 millions d’euros). Au total, environ 200 groupes pourraient être concernés par une telle taxation, dont le rendement s’élèverait à près de cinq milliards d’euros à l’échelle européenne.Bruno Le Maire s’est fixé l’objectif d’une adoption du texte au plus tard début 2019 «Comment peut-on accepter que des millions de consommateurs européens donnent gratuitement leurs données sans qu’il y ait au passage une taxe?», a-t-il demandé devant deux commissions parlementaires. «Soit l’UE est libre, soit elle est vassale. Moi je crois en une Europe libre, souveraine», a-t-il ajouté pour convaincre son assemblée.

Bourse-marchés financiers : en attendant la crise

Bourse-marchés financiers : en attendant la crise

La Bourse de Paris à son plus bas niveau annuel mardi, en raison de la situation italienne, du brexit  et des incertitudes économiques et politiques en Europe et ailleurs. . D’abord il y a le tassement général de l’activité confirmée récemment par le fonds monétaire international en 2018, en 2019 et en 2020. Ensuite les conséquences de la guerre commerciale lancée par le président des États-Unis d’abord en direction de la Chine puis vers d’autres pays. La conséquence de l’augmentation des droits de douane se traduira par un frein aux échanges internationaux et une dégradation de la compétitivité. Enfin il y a la bulle de la dette qui risque d’éclater avec la remontée des taux d’intérêt au moment précis où l’activité voit  sa croissance se tasser.  On avait noté que le fonds monétaire international n’avait guère traité  de risque de l’éclatement de la bulle financière du fait de la remontée de l’inflation et du tassement de l’activité. Dans son rapport récent,  le FMI se concentrait surtout sur le tassement économique pour les années 2018, 2019 et 2020.  Le vide a été comblé par le fonds monétaire international avec son rapport mercredi sur la situation financière. Cette fois, le FMI rejoint les inquiétudes de la BRI (banque des banques) sur le cercle non vertueux que représente la montée de l’inflation alors  que l’activité ne progresse pas autant que prévu et que l’endettement a rarement atteint un tel niveau. Si le constat de la BRI est juste par contre des propositions peuvent justifier une certaine contestation La BRI invite à réduire l’endettement partout : des Etats, des banques, des particuliers et les banques centrales ; Oui mais comment faire ? La banque des règlements internationaux parle d’or : trop d’endettement partout : banques centrales, Etats, entreprises et particuliers. Elle n’a pas totalement tort mais ne dit pas comment faire ; elle aussi atteint les limite de sa pertinence. Sur le constat,  on peut difficilement être en désaccord mais dire qu’il faut des réformes structurelles est un peu vague. Autant dire clairement qu’il faut engager un politique d’austérité partout. Avec le risque de tuer la consommation, les échanges extérieurs, les investissements et finalement la croissance. On aurait aimé évidemment que la BRI (ou le FMI)  fasse des propositions pour mieux réguler le système financier mais là il ya peut-être des limites à ne pas franchir. Les banques centrales ont été poussées à leurs limites par la crise économique et ne peuvent pas se substituer aux gouvernements qui doivent accélérer le rythme des réformes budgétaires et structurelles, a pourtant averti dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI). « Cinq années après le début de la crise financière, l’économie mondiale est loin d’avoir atteint les objectifs d’une croissance équilibrée », a estimé Stephen Cecchetti, responsable de la division économique et monétaire de la BRI, la banque centrale des banques centrales.  Au lieu d’une consolidation, l’institut d’émission de Bâle (nord de la Suisse) a identifié un certain nombre de « faiblesses structurelles » qui empêchent la mise en œuvre de réformes, a-t-il averti lors d’une conférence de presse téléphonique.  Face aux problèmes générés par la crise financière, qui a provoqué en 2008 l’effondrement de la banque américaine Lehmann Brothers, et la crise des dettes publiques qui secoue depuis plus de deux ans la zone euro, les banques centrales ont joué le rôle de pompier, mais leurs capacités à secourir les Etats arrivent à bout, a averti M. Cecchetti.  Il y des limites bien définies à ce que les banques centrales peuvent faire. Elles ne peuvent pas réparer les bilans, elles ne peuvent pas augmenter la productivité et elles ne peuvent pas placer la politique sur la voie de la pérennité », a insisté le spécialiste.  Dans son rapport annuel, la BRI, qui regroupe une soixantaine de banques centrales, explique que les instituts d’émission ont considérablement gonflé leurs bilans en rachetant notamment des obligations d’Etat.  L’ensemble des banques centrales ont ainsi vu leurs actifs bondir à 18.000 milliards de dollars (14.356 milliards d’euros), soit environ 30% du produit intérieur brut mondial (PIB), deux fois plus qu’il y a dix ans.  L’établissement bâlois, dirigé par l’Espagnol Jaime Caruana, ne mâche pas ses mots à l’encontre des gouvernements, trop lents, selon lui, à résorber l’endettement public et à s’attaquer aux problèmes structurels.  La période de taux d’intérêts historiquement bas « est en grande partie le résultat de l’action insuffisante des gouvernements face aux problèmes structurels » de l’endettement, de la faible croissance et du chômage, a ainsi estimé la BRI.  Selon cette dernière, « les banques centrales sont obligées de prolonger le stimulus monétaire, alors que les gouvernements traînent des pieds et que les ajustements (nécessaires) sont retardés ».  Les banques centrales ont injecté des milliards de liquidités pour empêcher le système financier de s’écrouler et ont fortement réduit leurs taux directeurs pour soutenir l’économie.  Mais la crise des dettes publiques ne touche pas seulement les pays occidentaux, où la dette publique est passée depuis 2007 de 75% du PIB à plus de 110%. Dans les pays émergents, l’envolée des crédits et des prix a masqué des « faiblesses structurelles » dans les comptes publics.  Le secteur public n’est pas le seul en cause, mais également les banques qui tardent à se recapitaliser, a souligné la BRI, alors que l’agence de notation Moody’s a dégradé 15 grandes banques occidentales pour mieux refléter la volatilité et le risque de pertes importantes liés à leurs activités mondiales.   »Malgré leurs efforts de recapitalisation, de nombreuses banques demeurent fortement endettées, notamment celles qui apparaissent bien capitalisées mais qui en fait sont excessivement endettées », a estimé le rapport.  Face à ces difficultés, la BRI a appelé à « briser le cercle vicieux », demandant aux banques à se recapitaliser, aux gouvernements à équilibrer leurs comptes publics et aux entreprises et aux ménages à réduire leur endettement. Conclusion, il va falloir s’habituer à des mouvements de yo-yo sur une tendance baissière en attendant le coup de tabac.

 

 

Additifs alimentaires : 700 dont un quart dangereux pour la santé

  • Additifs alimentaires : 700 dont un quart dangereux pour la santé  

Un  rapport de l’Oms traite du  risque de cancer en cas de consommation excessive de viande industrielle et en fonction du  type d’élevage mais tout autant le mode de préparation et de conservation. Pas étonnant pas moins de 700 additifs sont utilisés dans la chimie alimentaire. Or d’Après  Consoglobe  80 additifs sur 700 seraient vraiment inoffensifs. Mais même inoffensive cette chimie alimentaire fait peur rien qu’à en lire une liste non exhaustive ! Bon appétit !

L’additif E160 plus connu sous le nom de bêtacarotène extrait de carottes

E100 – E102 – E103 – E104 – etc

E100 : Curcumine = Colorant jaune d’origine végétale

E101 : Riboflavine (lactoflavine, vitamine B2) = Colorant jaune d’origine végétale

E140 : Chlorophylle et chlorophylline = Colorant vert d’origine végétale

E160c : Extrait de Paprika = Colorant d’origine végétale (considéré sans danger mais cependant interdit en Australie)

E160e : Bêta-Apocarotenol-8 (C30) = Colorant et antioxydant orange synthétique

E160f : Ester éthylique de l’acide bêta apocaroténique-8 (C30) = Colorant et antioxydant de synthèse

E161 : Xanthophylle = Colorant jaune d’origine végétale (interdit cependant en Suisse)

E162 : Rouge de betterave ou Bétanine = Colorant rouge dérivé des betteraves

E163 : Anthocyanes = Colorant entre le rose, le violet et le bleu dérivé de fruits et de légumes

E170 : Carbonate de calcium = Colorant naturel dérivé du calcaire

E172 : Oxydes de fer – Hydroxydes de fer = Colorants jaune, marron, noir ou rouge dérivé d’oxydation du fer

E263 : Acétate de calcium = Acidifiant d’origine naturelle ou chimique (considéré comme peu toxique lorsqu’il est consommé oralement)

E297 : Acide fumarique = Acidifiant synthétique

E301 : (L-)Ascorbate de sodium = Antioxydant chimique ou produit par génie génétique

E302 : (L-)Ascorbate de calcium = voir E301

E303 : Diacétate d’ascorbyle = voir E301

E304 : Esters d’acides gras de l’acide ascorbique, Palmitate d’ascorbyle, Stéarate d’ascorbyle = voir E301

Végétariens selon certains rapports, le E304 pourrait parfois être d’origine animale

E306 : Extrait riche en Tocophérols = Vitamine E d’origine végétale servant d’antioxydant et de stabilisant

E307 : Alpha-Tocophérol = Vitamine E de synthèse ayant le même rôle que le E306

E308 : Gamma-Tocophérol = voir E307

E309 : Delta-Tocophérol = voir E307

E322 : Lécithines = Antioxydant et émulsifiant d’origine végétale ou animale, dérivé du tournesol, du soja et du colza ou encore des oeufs. Si dérivé d’OGM :

des rapports assez récents dévoilent certains risques lors de surconsommation tels que : bouffées de chaleur et risques d’allergie.

E330 : Acide citrique = Antioxydant et acidifiant d’origine végétale, parfois fabriqué synthétiquement ou par génie génétique. Attention ! Peut parfois contenir du GMS(1) (glutamate monosodique) Risques à fortes doses : réactions cutanées et érosion des dents.

E331 : Citrates de sodium (aussi citrates de mono sodium, de di sodium et de tri sodium) = Acidifiant dérivé de l’acide citrique et qui pourrait être obtenu par génie génétique.

E334 : Acide tartrique (L(+)) = Antioxydant pouvant être d’origine naturelle, chimique ou produit par génie génétique

E335 : Tartrates de sodium (L(+)), mono, di et trisodique = Antioxydant et acidifiant d’origine naturelle dérivé de l’acide tartrique. Souvent utilisé dans les aliments pour nourrissons/enfants. En grande quantité peut provoquer des diarrhées.

E336 : Tartrates de potassium = voir E335 selon un ouvrage(2), cet additif pourrait représenter certains risques pour les personnes ayant des problèmes de rein ou de foie.

E337 : Tartrates double de potassium et de sodium = voir E335

E350 : Malate(s) de sodium ou Malate acide sodium = Acidifiant et correcteur d’acidité, dérivé de l’acide malique.

E351 : Malates de potassium = voir E350

E352 : Malate(s) de calcium ou Malate acide de calcium = voir E350

E353 : Acide métatartarique = Acidifiant, stabilisant et correcteur d’acidité de synthèse (surtout utilisé pour le vin)

E354 : Tartrate de calcium = voir E353

E356 : Adipate de sodium = acidifiant de synthèse qui peut remplacer le sel

E357 : Adipate de potassium = voir E356

E400 : Acide alginique = Épaississant, gélifiant et agent d’enrobage d’origine naturelle dérivé d’algues brunes lavées et broyées. Leur pulpe est ensuite traitée chimiquement. Consommé en trop grande quantité, cet additif pourrait avoir un effet laxatif et diminuer l’absorption intestinale de certains minéraux.

E401 : Alginate de sodium = dérivé du E400, s’y référer

E402 : Alginate de potassium = dérivé du E400, s’y référer

E403 : Alginate d’ammonium = dérivé du E400, s’y référer

E404 : Alginate de calcium = dérivé du E400, s’y référer

E417 : Gomme Tara = Épaississant dérivé des graines du buisson Tara (Caesalpinia Spinosa) originaire d’Amérique latine et d’Afrique. Légers risque d’allergies.

E440a : Pectines = Épaississant et supports pour additifs d’origine naturelle et dérivé de pommes, betteraves sucrières ou d’écorces d’oranges. Légers risques de flatulences ou troubles gastriques si consommé en trop grande quantité

E440b : Pectines amidées = Obtenu par le traitement ammoniaqual des pectines. Voir E440a

E445 : Esters glycériques de résines de bois = Agent troublant et stabilisant de synthèse dérivé de résine. Parfois d’origine animale ou transgénique (OGM). Considéré comme inoffensif car utilisé à faible dose. À vous de juger.

E470a : Sels de sodium, de potassium et de calcium d’acides gras = Émulsifiants, agents et supports d’enrobage dérivés de graisses et d’huiles alimentaires, d’origine animale ou encore d’oléagineux transgéniques.

E470b : Sels de magnésium d’acides gras = voir E470a. Considéré inoffensif mais l’origine n’est jamais citée…

E481 : Stéaroyl-2-lactylate de sodium = Émulsifiant et améliorant de panification de synthèse.

E482 : Stéaroyl-2-lactylate de calcium = voir E481

E483 : Tartrate de stéaryle = voir E481

E500 : Carbonates de sodium, carbonate acide de sodium, sesquicarbonate de sodium = Anti-agglomérants et correcteurs d’acidité de synthèse, également utilisé en tant que poudre à lever.

E501 : Carbonate de potassium, carbonate acide de potassium = Anti-agglomérant et correcteur d’acidité, également utilisé en tant que poudre à lever ou support pour additifs.

E503 : Carbonate(s) d’ammonium, carbonate d’acide d’ammonium = Anti-agglomérant et correcteur d’acidité de synthèse, également utilisé en tant que poudre à lever

E504 : Carbonate de magnésium, carbonate acide de magnésium = voir E503

E528 : Hydroxyde de magnésium = Correcteur d’acidité de synthèse (interdit en Australie)

E551 : Dioxyde de silicium = Anti-agglomérant, support pour arômes/colorants et auxiliaire technologique de synthèse. Le dioxyde de silicium est tout simplement de la poussière de roche que le corps humain n’assimile qu’en infime quantité et élimine le reste dans les urines et les selles.

E558 : Bentonite = Anti-agglomérant, auxiliaire technologique et support pour colorants d’origine naturelle dérivé de roche volcanique.

E570 : Acides gras = Agents d’enrobage, émulsifiants et anti-agglomérants d’origine naturelle, parfois animale ou de végétaux transgéniques. Légers risques d’allergies

E574 : Acide gluconique = Correcteur d’acidité de synthèse dérivé du glucose et pouvant être aussi d’origine animale ou d’oléagineux transgéniques.

E575 : Glucono-delta-lactone = Correcteur d’acidité, stabilisant et séquestrant, utilisé entreautres pour renforcer la couleur des charcuteries.

E576 : Gluconate de sodium = voir E575. Interdit en Australie.

E577 : Gluconate de potassium = voir E575. Interdit en Australie.

E578 : Gluconate de calcium = même utilisation que le E575, mais il est intéressant de savoir que cet additif est également utilisé industriellement pour purifier les stations d’épuration(4)… douteux ?

E579 : Gluconate ferreux = Agent séquestrant, régulateur de couleurs et stabilisant de synthèse ou dérivé de maïs transgénique, principalement utilisé pour stabiliser la couleur des olives noires.

E585 : Lactate ferreur ou lactate de fer II = Stabilisant de couleur de synthèse ou d’origine animale, seulement autorisé pour les olives noires.

E901 : Cire d’abeille blanche = cire naturelle servant d’anti-agglomérant, d’agent d’enrobage et de support. Aussi autorisé en tant que support pour les colorants naturels dans l’alimentation biologique.

E902 : Cire de Candelilla = Cire naturelle extraite d’une plante du Sahara utilisée comme anti-agglomérant naturel.

 

Lorganisme de défense des consommateurs UFC-Que Choisir évoque les  additifs alimentaires autorisés, des plus acceptables à ceux qu’il faudrait particulièremenet  éviter. L’organisme, qui met à disposition des consommateurs une base de données classant de 1 (Acceptable) à 4 (à éviter) l’ensemble de ces additifs,

Nitrates et nitrites présents dans le jambon (E249, E250, E251, E252) présentant un risque accru de cancer du côlon, caramels au sulfite d’ammonium (E150c, E150d) suspectés d’être cancérigènes, ou encore colorants azoïques présents dans les confiseries (E102, E104, E110, E122, E124, E129) risquant de rendre les enfants hyperactifs, sont ainsi pointés du doigt. «Sur les plus de 300 additifs autorisés, nos travaux montrent que 87 d’entre eux sont à éviter ou peu recommandables, soit plus du quart», indique l’association. «L’exposition quotidienne pendant des années à ces molécules accroît encore les risques. Or ils sont massivement utilisés dans les produits alimentaires industriels, y compris ceux de grandes marques», souligne l’UFC.

Assurance-chômage: accord ou étatisation

Assurance-chômage: accord ou étatisation

Officiellement la réforme de l’assurance-chômage a pour objectif de favoriser l’accès et le retour vers «un emploi de qualité en faite il s’agit surtout d’économiser entre 3 et 3,9 milliards d’euros sur trois ans , cela pour réduire la dette de l’Unedic qui pèse près de 35 milliards d’euros (équivalents à une année recettes. Il n’y a pas évidemment des milliers de solutions il faudra sans doute à la fois augmenter les cotisations et diminuer le montant des prestations que reçoivent les chômeurs. Faute de compromis acceptable par le gouvernement, le régime pourrait être étatisé. Le gouvernement pourrait mettre la main totalement sur l’assurance-chômage y compris pour en revoir le fonctionnement et même le financement. Juridiquement l’ASSEDIC passerait d’un statut d’assurance chômage à un statut de prestations sociales de l’État. En clair les partenaires sociaux seraient complètement dessaisis de la gestion du régime. Certes les partenariats sociaux n’ont pas toujours montré, loin s’en faut, de grandes compétences pour gérer au mieux l’assurance chômage. À leur décharge l’équilibre financier dépend surtout du rapport entre actifs et bénéficiaires des allocations ; ce qui renvoie au niveau du chômage et à la croissance dont ils ne sont pas les seuls responsables. De toute manière, il y a fort à parier que ce ne sera pas la dernière réforme car les prévisions de croissance malheureusement mauvaise. Pour 2018 la croissance dépassera péniblement 1,5 %, elle tournera autour d’un niveau encore inférieur en 2019 et l’année suivante. En clair le chômage va reprendre et déséquilibrer encore un peu plus les comptes de l’ASSEDIC.

L’UE critique l’alliance Alstom -Siemens

L’UE critique  l’alliance  Alstom -Siemens

 

Il est pour le moins curieux que l’union européenne émette des critiques sur l’alliance Alstom Siemens au motif que cela pourrait créer une situation de quasi-monopole. Première observation,  il y a plusieurs constructeurs mondiaux auprès desquels les exploitants de services ferroviaires peuvent s’adresser pour acheter leur matériel. Deuxième observation,  l’union économique européenne est moins critique sur l’alliance entre Alstom branche électrique et GE qui est autrement plus puissante que la partie ferroviaire évoquée-Dernière observation,  l’industrie ferroviaire est en Europe et même dans le monde entier dans une situation difficile et le renforcement de la production européenne ne peut être que saluée étant entendu qu’il faut espérer que des lieux de production pourront demeurer aussi en France.   L’exécutif européen, qui a ouvert une enquête approfondie sur ce dossier en juillet, va adresser aux deux groupes une communication des griefs dans laquelle il exposera ses inquiétudes sur des points précis, a ajouté cette source, selon laquelle cette initiative pourrait néanmoins intervenir la semaine prochaine. La Commission a dit craindre que ce mariage, annoncé en septembre 2017, ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation.

La programmation de l’énergie repoussée : pourquoi ?

 La programmation de l’énergie repoussée : pourquoi ?

 

Il est clair que le report de la de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), traduit la fébrilité du gouvernement pour annoncer clairement la priorité absolue pour le nucléaire ; les autres sources d’énergie n’étant soutenues que pour masquer la priorité aux centrales actuelles dont la durée de vie sera prolongée de 20 à 30 ans et la priorité au développement de la filière EPR. De ce point de vue, la  consultation publique sur la programmation pluriannuelle de l’énergie a constitué véritable arnaque parce que la question nucléaire n’était  pas en débat. L’objectif de 50% de part du nucléaire en 2025 est reporté de 20 à 30 ans en réalité. Les scénarios d’EDF, du ministère ou de RTE sont complètement divergents. Officiellement on devait fermer de réacteurs mais Macron a annoncé le développement d’autres ! En fait, tout cela relève du cirque car la France ne peut réduire pour l’instant la part du nucléaire d’autant que d’énorme investissements sont réalisés notamment le grand carénage. Certes on pourra fermer ici ou là quelques réacteurs mais on prolongera la vie de la plupart de autres. LE PPE ( programmation énergétique)   constitue de la poudre aux yeux pour masquer la réalité à savoir qu’on ne peut se passer de la part du nucléaire en quelques années et qu’en plus la France joue sur le nucléaire pour sa politique de réductions des émissions polluantes qui menace le climat.  Pour preuve, EDF, a déjà commencé à intégrer une prolongation de ses réacteurs de 900 MW jusqu’à leurs 50 ans, évoque régulièrement la possibilité d’aller jusqu’à 60 ans, comme c’est le cas aux États unis pour des réacteurs similaires. L’entreprise commence également à communiquer sur de plus petits modèles baptisés SMR (small modular reactors), d’une puissance d’environ 160 MW (au lieu des 1.650 MW de l’EPR), pour renouveler le parc. Pour faire avaler la pilule du nucléaire indispensable, on a attribué uen enveloppe de 150 millions au ministère de l’écologie  pour faire joujou notamment avec des éoliennes improductives. En fait Macron se sert de l’écologie pour donner un coup de peinture verte sur la politique énergétique. En fait, on craint que l’annonce de la politique énergétique ne vienne encore affaiblir la popularité du Chef de l’Etat. La justification de la concertation de dernière minute est peu crédible. “Le travail d’instruction et de concertation se poursuit”, dit-on de source gouvernementale. “Il n’y a pas de retard, seulement la volonté de prendre le temps nécessaire sur des sujets aussi fondamentaux que le dérèglement climatique et le prix de l’énergie.” Le président de la République réunira mercredi une trentaine de personnes, dont des dirigeants d’entreprises et d’organismes de recherche, pour une “séance de travail” consacrée à la question de l’énergie.

Livret A en baisse pourquoi ?

Livret A en baisse pourquoi ?

 

Baisse du livret A en septembre. En cause les dépenses de rentrées scolaires mais aussi fiscales ; Il faut y ajouter l’inquiétante hausse du carburant. Les retraits d’argent sur les livrets A ont été supérieurs aux dépôts au mois de septembre à hauteur de 410 millions d’euros, selon des données publiées mardi par la Caisse des dépôts. A noter aussi l’influence de la très faible rémunération (0.75%) très en dessous de l’inflation (2.3% e tendance annuelle).

La tendance à la décollecte se confirme aussi avec le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) qui enregistre des retraits supérieurs aux dépôts pour un montant de 410 millions d’euros. La collecte cumulée du LDDS, héritier du LDD étendu l’an dernier au financement de l’économie sociale et solidaire, s’est élevée à 1,80 milliard d’euros contre 1,94 milliard l’an dernier sur ce même mois.

Au total, l’encours des placements réalisés sur les deux produits tous guichets confondus atteignait 388,7 milliards d’euros à fin septembre contre 374,9 milliards d’euros l’an dernier.

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Urgences Hôpitaux, la solution : les marabouts !

 

Ubuesque la proposition d’Olivier Véran de renvoyer les patients à pathologie simple vers les médecins de ville. Or on sait que justement c’est l’absence  de médecins généraliste ou en tout cas leur insuffisance qui fait qu’on oriente les malades vers les urgences. Du coup, on pourrait aussi faire délivrer certains traitements par es pharmaciens. Visiblement le député d’en marche cherche des solutions… surtout financières pour améliorer l’équilibre des budgets des hôpitaux. On pouraiat lui suggérer d’encourager le développement de la profession de marabout, un métier insuffisamment développé en France. Des marabouts, de guérisseurs, des envoûteurs enfin toute une série de nouvelles professions par médicale dont les prestations en plus e sont pas remboursées par la sécurité sociale. En outre les effets seraient immédiats tandis qu’il faut uen douzaine d’années pour former un médecin.   Concernant une expérimentation qui permettrait aux pharmaciens de délivrer des médicaments à prescription obligatoire, Agnès Buzyn cite « certaines pathologies – infections urinaires, orgelet, angine, etc. », « où le diagnostic est facile », et où « on peut imaginer que les médecins et les pharmaciens se mettent d’accord localement sur une forme de délégation de compétence ». Du coup les médecins pourraient aussi vendre la lucrative parapharmacie comme les crèmes à bronzer, les produits épilants, la mousse à raser, les parfums bio  voire m^me faire e dépôt de pain dans les campagnes.

 

La consommation éthique en hausse

La consommation  éthique en hausse

  • La consommation éthique progresse qu’il  s agisse du rapport à l’environnement, du gaspillage, du suremballage, de la rémunération des producteurs pu du bien être animal. Selon Kantar TNS,

Plus de 90% des Français trouvent important d’acheter des aliments respectueux du bien-être animal et de l’environnement. C’est 4% de plus que lors du même sondage en 2016. La juste rémunération des producteurs est également au cœur de leurs préoccupations. 91% jugent important d’acheter des produits alimentaires plus respectueux du bien-être animal. Ils étaient 87% à répondre favorablement à cette même question en 2016. De même, 90% des sondés accordent de l’importance à l’impact environnemental des aliments qu’ils consomment, contre 86% en 2016.Ainsi, 81% choisissent en priorité des emballages biodégradables et 86% privilégient les produits avec moins d’emballage ou de suremballage.

Les Français se montrent également sensibles à la juste rémunération des agriculteurs et des éleveurs, et ce plus que dans les autres pays de l’étude. 73% pensent que les agriculteurs ne gagnent pas assez. 78% se déclarent même prêts à payer un peu plus pour mieux valoriser ce travail, expliquant le récent succès de marques équitables, comme le lait équitable « C’est qui le patron? ». En 2016, un Français sur quatre déclarait avoir déjà utilisé les circuits courts dans les 12 derniers mois. Les consommateurs de tous les pays sont également très sensibles à la question du gaspillage alimentaire. Près d’un tiers des Français interrogés, se considérant eux-mêmes comme premiers acteurs dans ce domaine pour 66% d’entre eux, devant les grandes surfaces (52%) ou la restauration collective (46%) ou commerciale (45%).

Carburants : une hausse pour l’environnement !!!!!!

Carburants : une hausse pour l’environnement !!!!!!

 

 

Le prix du carburant atteint des niveaux inquiétants et le processus de hausse n’est pas terminé loin s’en faut et tout cela paraît-il au nom de l’environnement. En août dernier, Gérald Darmanin estimait quant à lui que ces hausses étaient justifiées, et qu’elles représentaient une «façon d’inciter les gens à changer leur mode de transport. C’est normal de pouvoir aller vers une économie décarbonée». Un raisonnement évidemment de bobos  de grandes métropoles qui peut d’une part peuvenet maîtriser leurs horaires, d’autre part puvenet utiliser le  transport collectif. Ce qui est loin d’être le cas pour des banlieusards et d’une façon plus générale les Français de la France dite périphérique.  le pire c’est que la manne fiscale élémentaire récoltée par l’État ne sera  pas affectée développement des transports collectifs et même du transport en général . Les recettes fiscales supplémentaires iront dans le trou du budget général. L’augmentation de la fiscalité est d’autant plus difficile à comprendre que les cours du pétrole ont déjà permis  à  l’État via la TVA d’augmenter les recettes fiscales sur le carburant. Pourtant les hausses fiscales vont continuer. Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a indiqué que la hausse des prix du carburant allait se poursuivre dans les prochains mois. En septembre dernier, la ministre des Transports avait ainsi annoncé un «rattrapage qui continue entre le diesel et l’essence», ajoutant que la taxe sur le diesel allait être augmentée de «7 centimes» tandis que l’essence allait augmenter «de 4 centimes». Ces hausses ont été décidées dans le cadre du plan du gouvernement pour «tenir compte de la pollution des carburants fossiles». Le report monde modal espérer sera illusoire tant que des modes alternatifs ne seront pas développés. Par ailleurs le rattrapage du gasoil par rapport à l’essence se produit alors que l’essence elle-même augmente également. La relation entre hausse de la fiscalité des carburants et environnement constitue donc une argutie. Par ailleurs le pouvoir d’achat des ménages va se trouver encore affecté par l’augmentation du coût du carburant ; une augmentation qui va peser sur la consommation des ménages et sur la croissance. De nombreuses pétitions ont été lancées protester contre cette envolée de la fiscalité qui se produit au moment où le pétrole atteint des niveaux inquiétants.

L’enjeu des sciences cognitives pour l’école (Stanislas Dehaene)

L’enjeu des sciences cognitives pour l’école (Stanislas Dehaene)

 

L’enjeu des sciences cognitives est développé par  Stanislas Dehaene professeur au Collège de France, président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale dans une interview à La Tribune.

 

 

- Que peut-on attendre des sciences cognitives ?

STANISLAS DEHAENE - Nous commençons à comprendre comment le cerveau apprend. Ces grands principes de l’apprentissage sont utiles pour les enseignants et pour les apprenants eux-mêmes. Il y a des techniques génériques et des techniques spécifiques, comme pour la lecture où nous avons des recommandations très spécifiques. Le Conseil scientifique a également proposé des évaluations particulières, pour la lecture notamment, pour raccourcir le cycle entre la détection des difficultés et l’intervention.

Qu’est-ce que ne pourront pas faire les sciences cognitives ?

Il y a un certain fantasme, lié à la confusion entre sciences cognitives et neurosciences, l’idée qu’on pourra voir en détail le cerveau de chaque enfant. En réalité, ce ne sont pas tellement les outils des neurosciences qui vont servir les méthodes éducatives. Les neurosciences introduisent des grands principes fondamentaux et le chemin est long pour arriver à la salle de classe, où ce ne seront pas des outils d’imagerie cérébrale qui vont nous servir. La psychologie est au centre des questions d’éducation, pas les neurosciences.

Quelle est justement la différence entre les sciences cognitives et les neurosciences ?

Les sciences cognitives sont un grand ensemble, elles essaient de comprendre le fonctionnement de l’esprit humain. À l’intérieur, les neurosciences en sont une sous-composante qui s’intéresse à la mécanique. Ce qui nous intéresse, c’est le comportement des enfants et le fait de tirer le maximum du potentiel cérébral qu’ont tous les enfants.

Que répondez-vous aux critiques qui s’inquiètent de la proéminence des neurosciences ?

Dans le Conseil scientifique, il y a finalement peu de neuroscientifiques. Et d’ailleurs on ne fait pas des neurosciences, mais de l’imagerie cérébrale. Les vraies neurosciences, c’est regarder les neurones individuels, les synapses, les molécules, les neurotransmetteurs. Personne ne fait cela au sein du Conseil scientifique, car ce n’est pas pertinent. On ne va pas réduire les enfants, mais au contraire les aider à s’épanouir, notamment les enfants d’origine sociale défavorisée dont le cerveau n’a pas été nourri par un environnement enrichi. La connaissance scientifique n’est pas parfaite, mais c’est la seule manière d’avancer.

Quel est le bilan du Conseil scientifique pour sa première rentrée ?

Dans notre rôle de conseil, nous sommes au service des enfants. Nous avons aidé le Département d’évaluation et de suivi des programmes à refondre les évaluations en CP et en CE1, pour détecter les difficultés de lecture et de calcul. Tous les écoliers de France en bénéficient dès cette année et on pourra proposer des interventions spécifiques en cas de difficultés. Autre chantier en cours, l’adaptation des examens pour les enfants qui ont des handicaps sensoriels, attentionnels ou moteurs, pour se concentrer sur ce qu’on veut évaluer en rendant les autres aspects périphériques. Par ailleurs, nous sommes en train de faire une synthèse du corpus de nouvelles connaissances en sciences cognitives et d’en faire un Mooc pour la formation continue des enseignants, pour les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) et pourquoi pas pour les parents. L’école des cadres de l’Éducation nationale est également très demandeuse. Il y a trop de connaissances qui ne sont pas encore partagées avec les enseignants.

Quels sont les rapports entre stress, image de soi et apprentissage ?

On sait que le stress bloque l’apprentissage, les neurones ne peuvent plus bouger. Le syndrome d’anxiété mathématique est bien décrit dans la littérature scientifique. Tous les élèves ont des capacités mathématiques, le reste est une construction sociale. L’école doit valoriser les enfants en leur disant qu’ils ne savent pas tout, mais qu’ils vont apprendre. La méta-cognition, cette image qu’on a de soi-même, joue un rôle fondamental dans les apprentissages. Dans tout cours, il y a le contenu et le méta-contenu, ce que j’apprends sur moi-même.

Pour vous, le langage est un enjeu central.

Un des cinq groupes de travail du Conseil scientifique réfléchit à la pédagogie et à l’apprentissage du langage. Il y a trop d’inégalités en France et c’est peut-être la question centrale dans ce domaine. On a une bonne école, qui est l’une des pires du monde pour réduire les inégalités sociales. L’un des enjeux est l’exposition au langage. Notre rôle ne se cantonne pas à l’Éducation nationale car des études montrent qu’expliquer aux parents est une des actions les plus efficaces.

Votre dernier nouveau livre sur l’homodocens [l'homme enseignant, ndlr] et sa prodigieuse capacité d’apprentissage vient de sortir. Que voulez-vous dire dans ce livre ?

Mon livre est une réponse à cette demande d’accès aux connaissances. J’explique les grands axes du fonctionnement du cerveau et comment fonctionne l’apprentissage, en comparant avec l’intelligence artificielle. D’ailleurs, le cerveau est encore inégalé ! J’explique des principes scientifiques, pas des méthodes. L’un de ces principes est de ne pas faire que des cours magistraux, mais d’alterner avec la mise à l’épreuve : le test fait partie de l’apprentissage. Je propose ainsi 13 grands principes. Ne sous-estimons pas les enfants, c’est sans doute le thème principal de mon livre. Ce sont des super-ordinateurs, donnons-leur les données dont ils ont besoin. C’est le travail de l’école et des parents.

Que dites-vous aux parents ?

Mon livre leur explique comment fonctionne le cerveau de leur enfant. J’aimerais aussi qu’ils comprennent l’importance de l’alternance entre veille et sommeil. Pendant la nuit, le cerveau fait tourner des algorithmes d’apprentissage. Les neurones rejouent ce qu’il s’est passé dans la journée. Le cerveau consolide et fait des abstractions qui le mènent à des découvertes. Par des jeux, des activités et des lectures, les parents peuvent prolonger les apprentissages. Voici une recommandation simple : parlez à votre enfant, les yeux dans les yeux et répondez à ses questions avec un vocabulaire qui convient. Tout n’est pas joué à trois ans. La plasticité cérébrale diminue autour de la puberté, on a du temps.

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BIBLIOGRAPHIE

(*) Le dernier ouvrage de Stanislas Dehaene est « Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines », aux Editions Odile Jacob, (septembre 2018), 384 pages, 22,90 euros.

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