Assurance chômage : vers la privatisation

Assurance chômage : vers la privatisation

Finalement la philosophie du Medef pour l’assurance chômage est la même pour les retraites. Très schématiquement il s’agit de transformer les indemnités en une allocation de base qui se traduira par une nette baisse des prestations reçues par les chômeurs. Les risques supplémentaires seraient couverts par une assurance financée par les employeurs et les salariés. Exactement le même principe que pour la retraite avec une couverture socle pour les retraités complétée par une assurance privée. En clair le Medef reprend une vieille revendication consistant à mettre en place une privatisation partielle de la protection sociale. Une philosophie qui rejoint celle du gouvernement mais lequel devra se montrer plus prudent car cette transformation radicale de la protection sociale pourrait donner lieu à une forte contestation surtout avec la dégradation du chômage, la baisse du pouvoir d’achat et surtout la perte de confiance dans la capacité du gouvernement à conduire une politique économique et sociale efficace et juste. On objectera que le système d’assurance chômage mérite comme les retraites d’être réformé mais comme on le sait le déséquilibre financier de ces deux systèmes dépend avant tout du rapport actif–inactif donc de la croissance. Pour preuve l’assurance-chômage pourrait retrouver un équilibre financier l’année prochaine. Reste évidemment l’important déficit à apurer. Mais une situation qui ne pourra être redressée que si l’objectif à long terme est clair, cohérent et juste et si la réforme est menée de manière progressive avec le concours des acteurs. De ce point de vue Le nouveau président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux fait un peu de la provocation en plaidant pour changer les règles d’indemnisation du régime d’assurance. Il propose un régime assis sur une allocation de base, unique et forfaitaire, avec une complémentaire financée par les employeurs. Tout cela au nom de l’emploi comme l’avait fait précédemment avec assez peu d’efficacité Pierre Gattaz.

« L’Unedic finance le service public de l’emploi, l’État garantit la dette et, dernier élément clef : il n’y a plus de cotisations salariales mais un financement universel via la CSG », met-il en avant. Dans ce contexte, le nouveau président du Medef envisage la création « d’une allocation universelle forfaitaire financée par la CSG, gérée par l’État, qui intégrerait l’ASS (Allocation de solidarité spécifique, attribuée aux personnes ayant épuisé leurs droits au chômage, ndlr) et potentiellement d’autres minima sociaux ». Deuxième proposition, la mise en œuvre « d’un régime assurantiel complémentaire obligatoire, géré par les partenaires sociaux, comme c’est le cas pour les retraites complémentaires, financé par les cotisations des entreprises, non garanti par l’État et avec une règle d’or : l’équilibre des comptes ».

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