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Macron et les chasseurs : «du clientélisme pathétique » (LPO)

Macron et les chasseurs : «du clientélisme pathétique » (LPO)

Allain Bougrain-Dubourg, président de la ligue de protection des oiseaux dénonce sur France info le clientélisme pathétique de Macron vis-à-vis des chasseurs.  Parmi les mesures annoncées : la création d’un permis national annuel unique à 200 euros – contre 400 euros actuellement -, l’extension de l’autorisation de chasser certaines espèces.

 

: Quelle est votre réaction à l’extension de la chasse pour certaines espèces ?

Allain Bougrain-Dubourg : C’est du clientélisme pathétique. En France, on chasse 64 espèces d’oiseaux différentes. Dans le reste de l’Europe, la moyenne est de 14 espèces. Parmi les 64 espèces chassées en France, il y en a 20 qui sont sur la liste rouge des espèces menacées, qui sont en agonie et que, pourtant, on chasse. On peut faire du cas par cas. Par exemple, les 20 espèces qui sont en mauvais état de conservation doivent être sorties immédiatement du tableau de chasse. C’est inacceptable qu’on puisse continuer à tirer sur des oiseaux qui sont à l’agonie. Nicolas Hulot a rappelé à l’Assemblée nationale que la biodiversité avait besoin d’une solidarité nationale. Il s’est appuyé notamment sur un rapport du Muséum d’histoire naturelle qui pointait certaines espèces particulièrement affectées, comme l’alouette des champs qui a perdu un tiers de ses populations. On continue pourtant d’en piéger et d’en tuer 500 000 par an.

Considérez-vous que ces nouvelles mesures menacent la biodiversité ?

La biodiversité n’a pas besoin des chasseurs pour être davantage en déclin. Elle souffre d’une agriculture intensive, de l’artificialisation, des néo-nicotinoïdes et d’autres choses. Taper sur des espèces qui sont déjà en déclin est inacceptable. J’attendais vraiment autre chose du chef de l’État. (…) Par exemple, le président de la République veut autoriser le prolongement de la chasse aux oies et à d’autres espèces au mois de février. C’est inacceptable ! Ça fait onze fois qu’on casse cette initiative devant le Conseil d’État. Vous pouvez compter sur moi pour le faire une douzième fois et, président de la République ou non, il ne pourra pas faire ce cadeau aux chasseurs. C’est indécent.

On ne découvre pas le lobby des chasseurs, qui a porte ouverte chez tous les présidents de la République depuis des décennies. Pourquoi les choses sont-elles aujourd’hui différentes d’après vous ?

C’est une mauvaise interprétation de la réalité rurale. Le président Macron veut exister dans nos campagnes et il croit que c’est par la chasse qu’il va y parvenir. Il faudrait que ses conseillers lui expliquent que les néo-ruraux sont des citadins qui, souvent pour des raisons de qualité de vie, ont choisi de s’installer à la campagne pour faire du VTT, des sentiers de grande randonnée et mener une vie harmonieuse avec la nature. Pas pour décrocher un fusil et chasser d’avantage. (…) Il m’arrive de travailler en bonne intelligence avec certains chasseurs. Fondamentalement, je ne peux pas accepter de retirer la vie pour le plaisir mais ça ne m’empêche pas de travailler avec des chasseurs qui ne sont pas des « viandards ». Or, ce que je constate, c’est qu’on veut chasser toujours plus et toujours plus longtemps. Ça commence à bien faire et l’opinion publique commence à mesurer le décalage total entre les cadeaux faits aux chasseurs et cette réalité de la biodiversité qui agonise et qui est en souffrance.

 

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