Terrorisme : comment renforcer l’action européenne (Dimitris Avramopoulos)

Terrorisme : comment renforcer l’action européenne (Dimitris Avramopoulos)

Un article  Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé de la Migration, des Affaires intérieures et de la Citoyenneté. Dans le Tribune.

«  Terrorisme est un crime odieux contre l’humanité. Il s’attaque à notre mode de vie et à nos valeurs fondamentales. Le mois dernier, nous avons commémoré le deuxième anniversaire des événements tragiques survenus à Nice. Le 17 août, un an aura passé depuis les attentats de Barcelone et Cambrils. Alors que nos mémoires sont encore meurtries par ces souvenirs, nous faisons vœu de construire une Europe plus résiliente face à la menace terroriste. Une Europe qui protège ses citoyens.

Nous n’y parviendrons qu’en instaurant un climat de confiance et de solidarité entre nous, dans l’ensemble de l’UE. Nous arrivons mieux à travailler ensemble et à nous faire davantage confiance. L’année dernière, nos États membres ont signalé l’existence de 33 projets d’attentats terroristes djihadistes, dont 10 ont été concrétisés. Douze autres ont manqué leur objectif et 11 ont été déjoués. Nous en avons tiré des enseignements et instaurons cette confiance et cette solidarité, dont la contribution à la prévention et à la préparation est avérée. C’est à l’aune des 23 attaques qui n’ont heureusement jamais eu lieu qu’il faudrait désormais mesurer notre action. Nul ne peut promettre qu’il n’y aura plus jamais d’attaques mais nous ne devons pas relâcher nos efforts tant que nos concitoyens ne se sentiront pas totalement en sécurité.

Cette bataille, nous devons la livrer sur plusieurs fronts. En premier lieu, en refusant aux terroristes les moyens de nous nuire: en les privant de l’accès aux armes à feu, aux explosifs et aux capitaux dont ils ont besoin pour perpétrer leurs attentats; en durcissant les règles de sécurité dans toute l’Europe; en sécurisant nos espaces publics, y compris en finançant la construction de barrières contre les attaques au camion – comme celle de la Promenade des Anglais ou de La Rambla – et en faisant de la sécurité une composante essentielle de la conception de notre planification urbaine.

Nous devons ensuite renforcer la sécurité de nos frontières extérieures. Nous devons faciliter le franchissement de nos frontières aux voyageurs de bonne foi, mais identifier rapidement ceux qui représentent une menace pour notre sécurité et les envoyer en prison si c’est leur place. Notre corps européen de garde-frontières et de garde-côtes, opérationnel depuis octobre 2016, va bientôt être considérablement renforcé en personnel et en ressources. De nouveaux systèmes d’information, tels que le système européen d’entrée/sortie, se développent rapidement afin que nos garde-frontières disposent d’informations essentielles pour mieux gérer nos frontières. Dans un avenir très proche, les bases de données de sécurité de l’UE vont devenir interopérables. Tous les liens nécessaires seront établis, ce qui rendra très difficile, voire impossible, aux combattants terroristes étrangers de rentrer en Europe sans être repérés.

En troisième lieu, pour garantir la sécurité intérieure il nous faut aussi nous intéresser à ce qui se passe au-delà des frontières de l’UE. La coopération avec les pays voisins et alliés est vitale à cet égard. Notre coopération en matière de sécurité avec l’allié stratégique naturel de l’Europe que sont les États-Unis est à nouveau sur les rails. Nous collaborons également avec des partenaires de notre voisinage. Nous sommes sur le point d’entamer des négociations avec le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et cinq autres pays clés en vue de pouvoir partager des informations essentielles, y compris des données à caractère personnel. Isolé, aucun pays ne peut relever le défi du terrorisme. L’Europe non plus.

Mais ce qui importe davantage encore, c’est de mener la bataille des idées en notre propre sein. Nous devons scruter les profondeurs de nos sociétés pour comprendre ce qui pousse des citoyens européens à prendre les armes contre leurs concitoyens. Cette bataille requiert une approche holistique qui commence avec l’éducation pour aller jusqu’à l’examen de notre système carcéral, sans oublier l’internet.

L’internet ne saurait continuer à être une caisse de résonance facile de la propagande terroriste. C’est sur cette question que nous devons tous, mais en particulier les entreprises du secteur des médias sociaux, être à la hauteur de nos responsabilités sociétales. Nous ne pouvons pas tolérer les contenus à caractère terroriste sur les plateformes en ligne. La menace est bien réelle et il est urgent d’agir. Des personnes sont mortes parce que certains se sont radicalisés du jour au lendemain en regardant des vidéos terroristes. A l’automne, nous présenterons une proposition législative afin que les contenus à caractère terroriste soient effectivement supprimés de la toile.

Nous avons tiré des enseignements, malheureusement à nos dépens, des attentats dont nous avons été victimes au cours des trois dernières années. Si nous nous bornons à lutter contre le terrorisme à l’intérieur des frontières nationales, nous serons collectivement plus vulnérables. La menace terroriste est transfrontière et doit être traitée comme telle. Nous commençons à nous en rendre compte. L’Europe construit désormais sa sécurité sur des fondations collectives grâce à une Union de la sécurité réelle et effective et à un renforcement de son rôle de sécurité dans son voisinage comme dans le monde entier. »

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