La dette, question centrale du conflit SNCF

La dette, question centrale du conflit SNCF

Le cœur de la réforme tourne autour de la reprise de la dette (ce qui a été fait en Allemagne) car depuis des dizaines et des dizaines d’années toutes les réformes ont mis cette question sous le tapis. Or aucune société ne peut partir avec un handicap de 55 milliards de dettes ou même de la moitié. Or il semble bien que le gouvernement ne veut pas s’engager sur ce terrain et préfère parler du statut. Au total, la dette annuelle de la SNCF s’élève à près de 55 milliards d’euros et c’est SNCF Réseau, selon le rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, qui en concentre l’essentiel avec une ardoise de près de 46 milliards d’euros en 2017. SNCF Mobilités affiche, de son côté, une dette commerciale de 7,9 milliards d’euros rapporte Le Monde, qui s’explique notamment par les pertes causées par l’ouverture du fret à la concurrence. Il faut ajouter des frais financiers de 1,5 milliard d’euros en 2017 qui correspondent au remboursement de cette même dette. La dette est ancienne, elle a pratiquement toujours existé car le fer n’est pas rentable sauf sur une ou deux lignes. Du coup la dette ne cesse de gonfler pour équilibrer les déficits d’exploitation, pour l’investissement et pour entretien d’un réseau qui en a bien besoins. Du coup c’est 1.5 milliards de frais financiers par an (et sans remboursement du capital). L’entreprise doit rembourser une dette toujours plus grande et, donc, de nouveaux intérêts liés à l’augmentation des emprunts.  Il n’y a pas d’autre issue » que la reprise de la dette par l’Etat  »parce que ce n’était pas la dette des cheminots, ni celle des usagers », a déclaré de son côté Laurent Berger de la CFDT.  De son côté, l’exécutif reste flou sur la question. Interrogée vendredi sur franceinfo, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a refusé de prendre un engagement clair, estimant qu’« on ne peut pas s’occuper de la dette aujourd’hui et qu’elle se reconstitue demain ». La ministre a également laissé entendre que l’Etat, s’il devait reprendre la dette, n’en reprendrait qu’une partie. Autant dire que le gouvernement se prépare à une demi réforme qui reproduira les m^me effets d’ici 10 ans. Faute de reprise totale de la dette la réforme juridique de l’entreprise n’aura aucun sens car l’entreprise sera bien contrainte d’avoir recours à l’emprunt pour boucler budget d’exploitation et investissement. Au total on peut attendre à une demi réforme, avec une demi reprise (ou moins à) de la dette et à un demi échec de la reforme.

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