Archive mensuelle de mars 2018

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Catalogne : Puigdemont renonce

Catalogne : Puigdemont renonce

Nouvel épidode dans le feuilleton Catalogne Espagne. Un épisode qui en appellera d’autres car si Puigdemont vient de renoncer à la présidence de la Catalogne, la désignation dun autre indépendantiste actuellement en prison va poser d’autres problèmes juridiques et politiques. En difficulté politique,  le Premier ministre espagnol Rajoy se sert de la crise catalane pour détourner l’attention et faire oublier aussi les affaires de corruption. – L’ancien président de la Catalogne Carles Puigdemont va renoncer à briguer un nouveau mandat à la tête de la région et laisser la place à un autre candidat, rapporte le journal espagnol El Nacional citant des sources au sein de son parti Junts per Catalunya . Puigdemont va nommer comme successeur Jordi Sanchez, partisan de l’indépendance catalane actuellement en prison pour sédition, ajoute le journal. Carles Puigdemont s’est réfugié à Bruxelles pour échapper à une arrestation demandée par les autorités espagnoles pour avoir proclamé l’indépendance de la Catalogne à l’automne dernier. Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a mis la Catalogne sous administration directe de l’Etat espagnol fin octobre et convoqué des élections régionales pour tenter d’obtenir un vote défavorable aux partis indépendantistes. Lors de ce scrutin anticipé, le 21 décembre dernier, le pari du chef du gouvernement espagnol a été perdu. Les électeurs ont envoyé de nouveau au parlement régional catalan une majorité en faveur de l’indépendance.

 

Etats-Unis: secteur manufacturier en hausse ?

Etats-Unis: secteur manufacturier en hausse ?

Réalité ou biais statistique,   l’indice ISM se serait nettement redressé en février mais l’indice Markit PMI manufacturier est en légère baisse.  L’indice ISM s‘est établi à 60,8 en février, au plus haut depuis mai 2004, contre 59,1 confirmé en janvier et un consensus le donnant à 58,7. La barre des 50 sépare croissance et contraction de l‘activité. Le sous-indice des nouvelles commandes a, lui, reculé à 64,2 contre 65,4 en janvier. Celui de l‘emploi a progressé à 59,7 contre 54,2 en janvier. L‘indice ISM a fait monter le dollar et les rendements des Treasuries. Mais un autre indice PMI manufacturier publié ce même jeudi, celui de Markit, est ressorti en légère baisse, à 55,3 en version définitive, contre 55,9 en version flash et 55,5 en janvier.

France: Une éolienne de 260 mètres

France:  Une éolienne de 260 mètres

Pour faire passer la pilule du nucléaire, l’escroquerie énergétique et financière des éoliennes continue. Comme les immeubles, toujours plus haut pour les éoliennes terrestres et maritimes. Dans l’intérieur des terres, les éoliennes atteignent  en général une hauteur de 100 m plus 50m pour les pales. Si cela ne suffit pas (vent insuffisant), elles peuvent atteindre 150 m soit 200 m avec les pales. Cela d’ailleurs sans aucune autorisation supplémentaire de préfets très complaisants qui s’assoient sur la réglementation. Pour le maritime GE annonce uen éoliennes de 260m.  Ce nouveau modèle de 12 mégawatts (MW), nommé Haliade-X, produira 45% d’énergie supplémentaire par rapport aux turbines actuellement sur le marché, a précisé GE dans un communiqué. Le groupe, qui a repris en 2015 les activités énergie d‘Alstom et ses engagements relatifs à la création d‘usines dédiées à la fabrication d’éoliennes en France, compte investir près de 60 millions de dollars (49 millions d‘euros) au cours des cinq prochaines années dans la modernisation de son usine de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), où les nacelles de l‘Haliade-X seront produites. GE prévoit aussi d‘investir près de 100 millions de dollars dans l‘usine LM Wind Power de Cherbourg (Manche) d‘où sortiront les pales de l‘Haliade-X, les plus grandes fabriquées à ce jour, longues de 107 mètres. Selon le groupe, cette usine permettra à terme la création de plus de 550 emplois directs et de 2.000 emplois indirects. Son ouverture est prévue pour cette année. Des investissements supplémentaires, liés à l‘ingénierie, au développement, à la fabrication du prototype et à la chaîne d‘approvisionnement seront par ailleurs réalisés au cours des cinq prochaines années en France. La filiale “Renewable Energy” de GE prévoit d‘installer la première nacelle de démonstration au deuxième trimestre 2019 et de commencer à livrer la turbine d‘ici 2021. Culminant à 260 mètres de hauteur, la nouvelle turbine Haliade-X pourra, selon GE, produire 67 GWh d’électricité par an, soit assez d’énergie renouvelable pour fournir 16.000 foyers européens. En théorie, car la production est souvent affectée par des dysfonctionnements liés en particulier à l’absence de venet et surtout à son excès pour le maritime. Pour faire passer la pilulle du nucléaire, l’escroquerie énergétique et financière des éoliennes ccontinue.

Contre la Pologne des sanctions approuvées par les eurodéputés

Contre la Pologne  des sanctions approuvées par les eurodéputés

 

Les eurodéputés approuvent  le processus de sanction contre la Pologne vis-à-vis de la mise au pas de la justice et des médias.  Une procédure qui a peu de chance d’aboutir car il faudrait l’unanimité des pays. Finalement une procédure d’avertissement en quelque sorte sans effet apparent mais qui pourrait peser lors de la réaffectation des fonds européens en nette diminution avec le Brexit.  L‘UE a lancé une procédure sur la base de l‘article 7 du Traité de Lisbonne qui pourrait en théorie déboucher sur une suspension des droits de vote de Varsovie au sein du Conseil européen, à moins que la Pologne revienne sur sa décision avant le 20 mars. Le parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir à Varsovie juge ces réformes nécessaires pour en finir avec un système corrompu et améliorer l‘efficacité de la justice. La proposition de la Commission a été adoptée par 422 voix pour et 147 contre au Parlement européen. Quarante-huit députés se sont abstenus. Une telle décision, qui requiert l‘unanimité des autres Etats membres, paraît cependant peu probable, d‘autant que le Premier ministre hongrois Viktor Orban a d‘ores et déjà fait savoir qu‘il s‘y opposerait. Le nouveau Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, qui a remplacé Beata Szydlo en décembre dernier, cherche à apaiser les tensions avec le bloc communautaire. Il doit rencontrer le 8 mars le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Marquant un peu plus l‘isolation de la Pologne sur la scène internationale, la nouvelle loi sur l‘Holocauste est entrée en vigueur jeudi, malgré les protestations d‘Israël et des États-Unis. La nouvelle législation prévoit des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour ceux qui feraient mention du terme “camps de la mort polonais” et quiconque laisserait entendre “publiquement et en dépit des faits” que la nation ou l‘Etat polonais ont été complices des crimes de guerre de l‘Allemagne nazie.

Marine Le Pen mise en examen

Marine Le Pen mise en examen

Marine Le Pen, a été a été mise en examen pour diffusion de messages à caractère violent susceptibles d’être vus par des mineurs, délit passible de trois ans de prison et 75.000 euros d‘amende, précise-t-on de même source.une décision  du  juge d‘instruction du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour la diffusion sur Twitter de photos de victimes du groupe Etat islamique en décembre 2015, a-t-on appris de source judiciaire. Le bureau de l‘Assemblée nationale avait levé en novembre dernier son immunité parlementaire, comme l‘avait déjà fait en mars 2017 le Parlement européen, où siégeait alors la dirigeante d‘extrême droite. Les tweets incriminés contenaient des photos de torture et d‘exécution, dont celle du journaliste américain James Foley. Le député FN Gilbert Collard a été mis en examen il y a quelques semaines pour les mêmes motifs.

SNCF : une rencontre mais pas une négociation

SNCF : une rencontre  mais pas une négociation

 

 

Il fallait s’y attendre la concertation entamée entre la ministre des transports et les syndicats n’a rein donné ; En fait il s’agit davantage d’une rencontre que dune négociation.  La ministre des Transports a réaffirmé les objectifs du gouvernemenet et les syndicats reçus hier leur volonté de répliquer par une grève dure et longue. Bref un vrai dialogue de sourds. La ministre n’a d’ailleurs proposé aucun espace de négociation sans doute pour la bonne raion qu’elle ne sait pas elle-même ce que Macron est prêt à accepter pour faire baisser la température.  Les fédérations CGT, Unsa, Sud et CFDT avaient  décidé mardi d‘attendre le 15 mars pour se prononcer sur l‘opportunité d‘une grève unitaire afin de dénoncer le “passage en force” du gouvernement, qui n‘exclut pas de recourir aux ordonnances comme pour la loi Travail. Les deux premières fédérations reçues jeudi matin par Elisabeth Borne, la CGT-cheminots et UNSA-ferroviaire, ont campé sur cette position. La CGT “reste sur la logique d‘une possible mobilisation des cheminots” le 15 mars, a déclaré son secrétaire général Laurent Brun à la presse à l‘issue de près de deux heures de discussions avec la ministre. “On reste dans notre timing tel qu‘on l‘a établi”, a également dit Roger Dillenseger, secrétaire général de l‘UNSA-ferroviaire, qui lui a succédé au ministère. Alors que le gouvernement a exclu de renoncer à la suppression du statut de cheminots pour les futures recrues – un des points les plus épineux de la réforme – les discussions de la matinée n‘ont pas dissipé les craintes des représentants des deux fédérations. Les syndicalistes ont dit avoir relayé auprès de la ministre leur volonté de ne pas se limiter à une simple concertation mais de mettre en oeuvre une véritable négociation. “On a senti une certaine fermeté de la ministre à ne pas vouloir négocier” mais “on a marqué notre fermeté à avoir notre mot à dire”, a dit Roger Dillenseger. “S‘il s‘agit de multiplier les réunions pour qu‘au final le projet ne bouge pas, ça n‘a pas grand intérêt”, a de son côté prévenu Laurent Brun. La ministre devait également recevoir les représentants de Sud Rail, de la CFDT et de Force ouvrière (FO) cheminots dans la journée.

 

États-Unis : risque de guerre économique avec aussi l’Europe

États-Unis : risque de guerre économique avec aussi l’Europe

 L’annonce par Trump d’une augmentation des droits de douane sur les importations d’aluminium et d’acier vise la Chine mais aussi l’Europe. Du coup la compétitivité des exportations européennes sera plombée.

 

 

Principaux pays producteurs mondiaux d’acier en 2015 :

 

Pays

Production

millions tonnes

% mondial

1 Chine 803.8 49,58 %
2 Japon 105.2 6,48 %
3 Inde 89.4 5,51 %
3 USA 78.8 4,86 %
4 Russie 70.9 4,37 %
5 Corée du Sud 69.7 4,29 %
6 Allemagne 42.7 2,63 %
7 Brésil 33.3 2,05 %
8 Turquie 31.5 1,91 %
9 Ukraine 23.0 1,41 %
10 Italie 22.0 1,35 %
11 Taiwan 21.4 1,32 %
12 Mexique 18.2 1,12 %
13 Iran 16.1 0,99 %
14 France 15.0 0,92 %
15 Espagne 14.8 0,91 %
16 Canada 12.8 0,87 %
17 Royaume Uni 10.9 0,67 %
18 Algérie 10.1 0,62 %
19 Pologne 9.2 0,56 %
20 Australie 7.4 0,45 %

Total monde

1621

100 %

Si la Chine est évidemment visée (d’autres zones aussi), l’Europe dont le commerce extérieurement est largemenet excédentaire avec Etats Unis est nécessairement concernée. En réplique   Donald Trump continue de mettre en place sa politique protectionniste. Le président américain a indiqué jeudi qu’il annoncerait la semaine prochaine l’imposition de droits de douane de 25% sur l’acier et 10% sur l’aluminium pour soutenir les producteurs et l’emploi américains. Cette annonce a immédiatement été condamnée par l’Union Européenne et le Canada. Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs d’acier au monde. . Donald Trump a en principe jusqu’au 11 avril dans le cas de l’acier et jusqu’au 19 avril dans celui de l’aluminium pour se prononcer sur des mesures visant ces importations qu’il accuse d’être subventionnées et écoulées à des prix inférieur à leurs coûts de production (dumping).  L’annonce américaine a aussitôt été condamnée par ses partenaires, l’Union européenne en tête. L’UE « va réagir fermement et proportionnellement pour défendre (ses) intérêts », a affirmé jeudi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, cité dans un communiqué de presse.

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Baisse popularité Macron : overdose de com.

Baisse popularité Macron : overdose de com.

Finalement après avoir tutoyé les sommets, Macron se retrouve au plus bas,  celui qu’il avait atteint juste après l’été. Autrement dit, en deux mois à peine il a reperdu tout ce qu’il avait regagné. En cause non pas son immobilisme mais au contraire uen activisme un peu confus concernant des réformes assez mal préparées (Unedic, formation permanente, SNCF par exemple) Macron veut tellement montrer qu’il est le grand réformateur  (et indéniablement il ya du pain sur la planche en France à commencer par la réforme de l’Etat) qu’il en confond vitesse et précipitation. En outre comme les français devront attendre 2019 pour voir concrètement les fruits de sa politique, le décalage grandit entre la vision des élites et celle des citoyens moyens. Dernier élément l’overdose de communication de Macron qui met en scène à son profit tous les événements un peu favorable (dernier exemple en date l’extension du parc de loisirs de Disneyland) décidée depuis des années. Trois sondages successifs actent une nouvelle chute de popularité qui témoigne de fracture.  C’est surtout la popularité de Macron qui est affecté sans doute parce que son image est hypothéquée par cette étiquette de président des riches aussi parce qu’il apparait parfois un peu suffisant voire arrogant. A la différence de son premier ministre qui sur se terrain montre davantage de pédagogie et de tempérance.  Après l’IFO et Odoxa, un troisième sondage constate la chute de Macron.  Dans le baromètre politique BVA-Orange pour RTL et La Tribune Macron perd ainsi quatre points et dispose de 43% d’opinions favorables. Le président de la République se rapproche de son plus mauvais score atteint en octobre 2017 (42%). Paradoxalement, Édouard Philippe résiste mieux avec 47% (+2) de bonnes opinions. Le Premier ministre semble bénéficier dans une certaine mesure de son positionnement « d’homme de la mise en œuvre des réformes ». Certains évoquant même le fait qu’il « assume son rôle de bouclier ». Si Emmanuel Macron conserve une majorité de bonnes opinions auprès des personnes âgées de 65 ans et plus (51%, -1 point), les 35-49 ans sont beaucoup plus sévères avec le Président de la République (32%, -6 points depuis janvier et -16 points depuis décembre). Le chef de l’État a également perdu 11 points depuis le mois de décembre chez les salariés du public (32%). La question du pouvoir d’achat est centrale dans la nombreuse liste des reproches. L’image de président des riches colle toujours à la peau d’Emmanuel Macron, dont l’attitude est parfois qualifiée d’arrogante et brutale. Le choix de recourir aux ordonnances pour reformer la SNCF déplaît par exemple à une partie des Français. Certains font par ailleurs part d’un sentiment de trop-plein de réformes, qui peut générer une certaine angoisse. Si Nicolas Hulot reste la personnalité politique préférée des Français, sa cote d’influence enregistre une baisse de 3 points (36%). Le ministre de la Transition écologique voit notamment sa cote d’influence reculer chez les femmes (36%, -6), ce qui n’est sans doute pas sans lien avec les révélations concernant des accusations de violence sexuelle émises à son encontre. Laurent Wauquiez perd également 3 points, mais reste très populaire dans son camp. Malgré ses propos polémiques tenus à Lyon69% des républicains lui font confiance pour les années à venir. Enfin, à quelques jours du congrès du Front national,  Marion Maréchal Le Pen est toujours plus populaire que sa tante chez les sympathisants frontistes. À noter que la plus forte percée est pour Nicolas Dupont-Aignan qui gagne 19 points.

SNCF : « les impasses des rapports Spinetta et Duron « (JOEL DECAILLON *)

SNCF : « les impasses des rapports Spinetta et Duron « 

Les deux rapports sur le ferroviaire, remis récemment au gouvernement, présentent de nombreuses lacunes d’après Joël Decaillon qui s’exprime dans la Tribune.

« Le rapport Spinetta, remis le 15 février au Premier ministre Edouard Philippe, n’est pas le seul à baliser le terrain pour la réforme du système ferroviaire. Il y a aussi le  rapport Duron, remis, lui, le 1er février à Elisabeth Borne, la ministre chargée des Transports. Tous deux présentent une cohérence certaine. Par leur argumentation à dominante financière, mais aussi parce qu’ils épargnent étonnamment le président de la SNCF, Guillaume Pepy, qui fait figure de miraculé. Dans le rapport de Philippe Duron, président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), les questions environnementales et d’aménagement du territoire sont traitées selon une vision très restrictive : l’extension de l’accès au réseau haut débit, le renoncement au report modal (inter modalité) au motif de l’avènement de la voiture électrique. Comme si la pollution des moteurs thermiques était la seule nuisance. Le rapport Duron raye aussi de la carte les ressources stratégiques de la connexion des réseaux et fait très peu cas de la géographie de la France, pays de transit s’il en est. Sans s’interroger sur le fait que la France va à contre-courant de nombre de pays européens, à commencer par l’Allemagne et le Royaume-Unis… L’existence de ce travail permet en outre à  Jean-Cyril Spinetta, ancien patron d’Air France-KLM, de faire l’impasse sur le transport de marchandises, comme le lui demande sa lettre de mission. Au final, on pourrait oublier que si quelqu’un « a donné » depuis une trentaine d’années une priorité à la grande vitesse, négligé le reste du réseau et cafouillé lamentablement sur le fret, ça ne peut être que l’Etat, ou la SNCF avec la bénédiction de l’Etat. En dépit des accidents, des incidents et des dysfonctionnements qui ont émaillé  la dernière période, et surtout en dehors de toute analyse sérieuse des bévues et des erreurs stratégiques commises pendant au moins une décennie, il semble que la direction de l’entreprise bénéficie d’un non-lieu ou d’une amnistie générale pour toutes ses insuffisances et ses défaillances. Le rapport Spinetta met le projecteur sur les « petites lignes » : « il est impensable de consacrer près de 2 milliards d’euros à seulement 2 % de voyageurs » est-il écrit. Il vient d’être désavoué par Edouard Philippe qui a déclaré prudemment qu’« on ne décide pas de la fermeture de 9.000 km de lignes depuis Paris ». Sagesse du provincial contre simplisme du technocrate, ou retrait tactique préparé ? Le Premier ministre veut se concentrer sur l’essentiel du contenu du rapport Spinetta : favoriser l’ouverture à la concurrence, en particulier sur les réseaux suburbains des métropoles qui seront bien sûr à recettes garanties par les collectivités. Cela va ouvrir des appétits ! Dès lors, la concession au privé d’une partie du service public revient à créer des entreprises de main-d’œuvre à bas coût avec des statuts précaires. Serait-ce cela « l’innovation Spinetta » ? Selon Jean-Cyril Spinetta, « la cohérence des choix exige de recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence : les transports du quotidien en zone urbaine et périurbaine et les dessertes à grande vitesse entre les principales métropoles françaises ». Ce type de diagnostic lapidaire évacue toute la richesse potentielle d’une entreprise de réseau et des dynamiques territoriales. Revenir à des lignes de TGV pour hommes d’affaires, sans poser le problème des correspondances, maillon faible de l’exploitation ferroviaire française, renoncer à l’apport de trafic et de qualité des TGV directs, cela n’est pas sérieux. On voit mal des villes ou aires urbaines telles Pau, Toulon, Bayonne, Annecy, Dunkerque, Lorient, Mulhouse, accepter d’être privées de « leur » TGV. Rien non plus sur les lignes Intercités : pas de proposition du type allemand ou italien sur des trains et des lignes plus rapides utilisant des infrastructures actuelles en les améliorant et en relevant leur vitesse. Peu de propositions nouvelles, quasiment aucune réflexion sur l’innovation ou la recherche technologique pour améliorer ou changer les concepts du transport par rail, vision plurimodale d’aménagement du territoire bannie, voilà le bilan. En raisonnant essentiellement sur l’aspect coût, le rapport ne fait que sous-estimer les dimensions positives et les potentialités du rail. La digitalisation, l’innovation, l’esprit d’ouverture, dans la communication qui reste un point faible, et bien au-delà dans tous les aspects du service aux clients, sont des clés pour le progrès du système ferroviaire. Or sur tout cela, l’opérateur historique est en retard. Enfin, la transformation en société anonyme des établissements publics à caractère industriel et commercial (Epic), préconisée par le rapport, laisse perplexe. Certes Jean-Cyril Spinetta vise une société anonyme à capitaux publics incessibles, garantissant contre toute privatisation. Mais de nombreux exemples montrent qu’il est facile de s’affranchir de cette incessibilité. Pour la dette, Edouard Philippe a déjà émis l’exigence d’un « partage » (forme de chantage ?) de l’effort entre la SNCF et l’Etat. S’agissant de l’ouverture à la concurrence, « une loi devra poser le principe d’un transfert obligatoire en cas de changement d’opérateur » et « les dispositions statutaires relatives à la mobilité fonctionnelle et géographique s’appliqueront en cas de refus ». Il faut y ajouter des « plans de départs volontaires », ce qui est très tendance… Proposer un « contrat social » avec des mesures rigides, comme une nouvelle forme d’embauche, des obligations de transfert et des départs volontaires, on ne peut pas dire que ce soit la recherche d’une nouvelle conception du dialogue et de la négociation sociale, surtout quand on veut  légiférer par ordonnances ! Tout ceci s’inscrit dans une volonté de frapper un grand coup sur le plan symbolique en s’attaquant frontalement  aux cheminots et leur statut : Edouard Philippe chercherait-il à laver l’affront fait à son ami et mentor Alain Juppé en 1995 ? N’y a-t-il pas aussi des réminiscences fâcheuses de Reagan contre les contrôleurs aériens et de Thatcher contre les mineurs ?

*Joël Decaillon est le vice-président de Lasaire, le Laboratoire social d’analyses, d’innovations, de réflexion et d’échanges. Il est aussi l’ancien secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats (CES).

SNCF: le député Hervé Berville d’en Marche patauge encore dans la semoule

SNCF:   le député Hervé Berville d’en Marche patauge encore dans la semoule

Hervé Berville, député et porte-parole de la République en marche qui s’est surtout signalé par son ignorance de l’existence de la prime de Noel (il pensait même qu’elle était destinée aux députés !) a fait encore dans le délire verbal sur BFM en parlant d’un sujet dont il ignore tout : la SNCF. Il a d’abord affirmé que le président faisait ce qu’il avait annoncé dans sa campagne. Or il n’a jamais été question d’ordonnances dans cette campagne et le sujet a à peine été traité par Macron durant cette période. Ensuite,  il a affirmé que les investissements SNCF augmenteraient de 50%. Financé par qui ? Comment ? Par l’emprunt nécessairement.  C’est le contraire qu’a proposé Spinetta justement, réduire la capacité d’emprunt et donc l’endettement. En plus de ses erreurs et approximations, le porte parole d’En marche n’a cessé d’adresser des louanges au gouvernement. Un torrent de banalités, de contre vérités et d’éloges complaisants pour Macron  qui témoigne évidemment qu’en marche a recruté par petite annonces des députés le plus souvent sans expérience sociale et politique.

Exemple des banalités :

« Les ordonnances, c’est uniquement pour des sujets urgents, et la mobilité quotidienne nous semble être un sujet urgent », justifie Hervé Berville, député et porte-parole La République en marche, « Il y a des choses qui ne sont plus acceptables, il y a nécessité d’aller vite. Mais on va les limiter au maximum aux choses techniques », promet l’élu. Hervé Berville assure que  »cela n’empêche pas d’avoir une discussion parlementaire et des concertations. Mais il faut agir. On ne peut plus se satisfaire de la situation actuelle, tout le monde a conscience qu’en matière ferroviaire il nous faut une politique plus efficace et qui réponde aux enjeux de demain ». ! Les députés d’En marche apprennent vite la langue de bois.

La loi Mobilités reportée : la réforme à l’envers

La loi Mobilités reportée : la reforme à l’envers  

 

La présentation du projet de loi sur les Mobilités, prévue au printemps, serait repoussée à l‘automne, à cause du lancement de la réforme de la SNCF d’après une information du patron d’Effiage (groupe de BTP). Il n’est pas certain que la manière dont s’y prend le gouvernement pour traiter de la question SNCF se révèle la plus productive. En effet, le gouvernement à choisi de s’appuyer sur un rapport, celui de Spinetta relativement partiel et provocateur. Certes certains éléments de la problématique sont indiscutables la SCNF est plus généralement le rail sont mal en point en France. Faute de transformation, la SNCF est condamnée à disparaître à terme. En cause de grandes déficiences en matière de gestion. Le pouvoir ne peut toutefois s’exonérer de ses responsabilités vis-à-vis de la dette qu’il a lui-même provoqué en imposant des lignes nouvelles à une entreprise qui n’avait pas le premier sou pour financer ses investissements. Comme souvent les facteurs explicatifs de cette situation sont complexes et les responsabilités multiples. Mais le gouvernement a choisi de prendre à témoin l’opinion publique en agitant le chiffon rouge sur les aspects qui ne sont même pas pertinents. Exemple quand on affirme qu’il faut supprimer les petites lignes qui représentent 45 % du réseau mais seulement 2 % de la clientèle. Avec un tel raisonnement il faudrait supprimer les trois quarts des routes secondaires. En outre on fait l’impasse grave d’un autre mode d’exploitation de ces petites lignes grâce à la décentralisation et à la privatisation. Bref, la prise en compte de la politique des transports est absente, comme celle de l’aménagement du territoire ou du développement durable. Autre mesure symbolique, l’hypothèse d’une suppression statut des cheminots. Un statut qui doit forcément évoluer et même forcément se réduire au sûr et a mesure retraite. Mais pourquoi aborder d’entrée comme l’a fait hier Darmanin la question des conditions sociales. C’est la même erreur que fait  le gouvernement concernant la réforme de l’État, il organise un débat à l’envers. La première question qui se pose est celle du champ de l’intérêt général.  En l’occurrence pour la SNCF, la définition de la nature et du champ spatial de son activité en cohérence avec la politique de mobilité. . La seconde question concerne les moyens d’assurer cet intérêt général avec ou sans la SNCF, avec la concurrencée. Ce n’est qu’ensuite on peut aborder sereinement les questions sociales. Quel STATUT, quelles catégories et à quelles conditions. En fait le gouvernement semble montrer qu’il veut régler cette question à la hussarde et pas nécessairement dans le bon ordre Pour l’instant l’opinion publique est attentiste sur ce dossier mais le risque est que s’agglomère au mécontentement des cheminots d’autres mécontentement surtout si la négociation s’engage aussi mal.

« Le bavardage populiste de Wauquiez » (Raffarin)

« Le bavardage populiste de Wauquiez » (Raffarin)

Jean-Pierre Raffarin s‘est dit choqué, sur RTL, par un “bavardage populiste”, “un amalgame entre des mots grossiers, des idées simplistes et puis des attaques personnelles.” “J‘appelle Laurent Wauquiez à plus de sagesse, de calme”, a-t-il poursuivi. “C‘est une faute de comportement, une faute d‘attitude. J‘espère que ce n‘est pas une dérive de brutalité”. “Je reste aux Républicains, a-t-il expliqué, parce que le vrai débat politique, nous allons l‘avoir sur la ligne européenne.” “Il est clair que c‘est la réforme démocratique de l‘Europe telle que l‘a envisagée Emmanuel Macron qui me paraît être aujourd‘hui la ligne de réforme à partir d‘une inspiration franco-allemande”, a dit Jean-Pierre Raffarin. “Si naturellement les Républicains s‘engageaient dans une voie souverainiste, populiste, qui tourne le dos à l‘Europe, il est clair que nous serons dans cette affaire – tous ceux qui ont un esprit un plus central – avec ceux qui défendent” l‘Europe, a-t-il précisé, ajoutant qu‘il trancherait “à la fin de l‘année”.

Système U : dans la gueule du loup Amazon ?

Système U : dans la gueule du loup Amazon ?

On comprend bien que la grande distribution veuille développer la vente  rendue à domicile. Mais les alliances qui se nouent avec de grandes plateformes étrangères pourraient bien constituer uen sorte d’entrée du loup dans la bergerie. Une fois que les grandes plates formes auront maitrisé le portefeuille clients, elles pourront commercialiser d’autres produits, d’autres marques, d’autres origines et d’autres distributeurs.  D’une certaine manière, les grandes plateformes internationale, pourraient ubériser la distribution et mettre donc la grande distribution en situation de dépendance. Par exemple, Système U poursuit des discussions sur une éventuelle alliance avec Amazon, a déclaré mercredi le président du groupement de commerçants indépendants.  Un tel accord permettrait à Amazon d‘avoir accès à la centrale d‘achat de Système U, mise en commun avec celle d‘Auchan, une nécessité pour le service “Prime Now” de livraison express d‘Amazon qui doit trouver des accords d‘approvisionnement qui lui ont été jusqu‘ici refusés. L‘accord pourrait aussi voir Système U offrir ses produits de marque propre sur le site d‘Amazon. Les manoeuvres d‘approche d‘Amazon témoignent des ambitions du géant américain du e-commerce dans l‘alimentaire et obligent les distributeurs à accélérer leur transformation digitale. Leclerc, numéro un de la distribution alimentaire en France, avait déclaré à Reuters en octobre 2017 avoir été approché par l‘américain et n‘avait pas exclu de nouer des partenariats avec lui. Face aux ambitions d‘Amazon, les distributeurs ont décidé d‘accélérer le pas dans le digital. Auchan s‘est allié au chinois Alibaba, Casino au britannique Ocado et Carrefour a noué une alliance en Chine avec Tencent et annoncé un plan d‘investissement de 2,8 milliards d‘euros pour rattraper son retard dans le e-commerce. Leclerc a quant à lui annoncé pour les prochains mois un service de vente à domicile à Paris.

Tupperware Joué les Tours : 235 licenciements

 

Tupperware Joué les Tours : 235 licenciements

Dans les villes moyennes comme Tours ou Angers, les fermetures d’activités se  succèdent. De sorte la désertification économique est largemenet entamée. A Tours après Michelin qui a avait supprimé 743 postes, c’est au tour de Tupperware d’annoncer la fermeture définitive.   Les salariés licenciés après plus de 30 ans de travail dans l’entreprise devraient recevoir des primes supra-légales allant de 24 à 36 mois de salaire, plafonnées à 100.000 euros. La direction générale de Tupperware a justifié sa décision de fermeture totale de l’usine par «une surcapacité industrielle notable de son réseau de fabrication européen liée à une amélioration de sa productivité et à un ralentissement de ses activités commerciales en Europe centrale et occidentale et notamment en France».

Pour l’élu socialiste au Conseil régional et ancien député Jean-Patrick Gille, la décision de fermeture de l’usine est «un choix stratégique opportuniste (de la direction de Tupperware) à partir des ordonnances Macron». «Tupperware a quatre usines en Europe: Portugal, Grèce, Belgique et France. On ne ferme que la française… On nous dit qu’on coûte trop cher!», avait dénoncé M. Antonio Constantino,  responsable CGT, le 19 octobre, encore sous le choc de l’annonce de la fermeture du site et de la délocalisation de la production française dans les autres usines européennes. «Il y a dix ans, il y avait 55 machines à l’usine de Joué-lès-Tours. Aujourd’hui, il y en a 8, et elles ne tournent pas à plein régime», a fait valoir la direction de Tupperware. Avec ses quatre sites de fabrication en Europe, la surcapacité de production en 2017 est de 35% (en Europe) et serait de 45% si le site français poursuivait ses activités, a-t-elle encore argumenté. Cette cessation d’activité à Joué-lès-Tours intervient alors que cette commune de l’agglomération de Tours a déjà vécu la suppression par Michelin de 742 postes dans le cadre d’un plan social de 2013.

Européennes : Hamon renvoyés dans ses baskets par Mélenchon

Européennes : Hamon renvoyés dans se baskets par Mélenchon

Mélenchon a sèchement renvoyé dans ses baskets Hamon qui avait envisagé l’hypothèse d’une liste avec les Insoumis à condition que ce dernier parti modifie sa position sur l’Europe. « Même pas en rêve a «  déclaré Mélenchon. En raison évidemment des positions divergentes des deux leaders sur l’Europe mais surtout en raion des rapports de force. Mélenchon se considère comme le leader incontestable de la gauche après presque 20% aux présidentielles quand Hamon mandaté par le PS n’ fait que 6.5%. Les prévisions laissent encore espérer une différence notoire entre Hamon et Mélenchon d’après une enquête d’Ifop réalisée en décembre 2017. Hamon n’est pas même testé. Pas étonnant car sur les 6.5% obtenus aux présidentielles, il ne peut espérer que de l’ordre de 2 à 3% aux européennes Enquête IFOP :

 

Si dimanche prochain devaient se dérouler les élections européennes, pour laquelle des listes suivantes y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? – En pourcentage des suffrages exprimés – Une liste d’extrême gauche …………………………………………………………………………… 1 •

La liste du Parti Communiste soutenue par Pierre Laurent ……………………………….  . 2 •

La liste de La France Insoumise soutenue par Jean-Luc Mélenchon ……………………. 14 •

La liste du Parti Socialiste ……………………………………………………………………………..  . 8 •

La liste d’Europe Ecologie Les Verts soutenue par David Cormand …………………….   4 •

La liste en Marche et du Modem soutenue par Christophe Castaner                             26 •

La liste d’Agir et de l’UDI ………………………………………………………………………………. 3,5 •

La liste des Républicains soutenue par Laurent Wauquiez ………………………………… 12 •

La liste de Debout La France soutenue par Nicolas Dupont-Aignan ……………………. 6 •

La liste du Front National soutenue par Marine Le Pen …………………………………….. 17 •

La liste de% aux européennes. Les  Patriotes soutenue par Florian Philippot ………… 2

La liste de l’UPR soutenue par François Asselineau ………………………………………….. 1,5 •

 

 

«Renoncer à nos idées pour avoir un accord? Même pas en rêve!», lui, a argumenté mardi le leader de La France insoumise dans un entretien consacré à La Provence . «Il a posé un acte stupéfiant: il a tenu une réunion en Grèce avec Syriza où ils ont affirmé la “volonté d’en finir avec l’Europe de l’austérité”. Tout ça une semaine après un nouveau plan d’austérité et la limitation du droit de grève par Tsipras! Après quoi il dit qu’il nous laisse la porte ouverte si nous changeons de position sur l’Europe», a voulu ironiser Jean-Luc Mélenchon.

Offshore : le lobby éolien fait du forcing !

Offshore : le lobby éolien fait du forcing !

Un article paru dans la Tribune à partir d’infos de Reuters et très inspiré par le lobby éolien témoigne de la puissance de ces marchands de vent. En plus avec des chiffres complètement illusoires sur le marché qui, d’après eux, pourrait représenter 700 milliards en 2030 et sur l’évolution des prix. Sans doute en continuant de payer cette électricité au double de son prix pour un rendement énergétique dérisoire.

 

« Entravés par de nombreux recours, aucun des parcs éoliens offshore français attribués en 2012 et 2014 n’a de chance d’émerger avant 2020. En outre, ils présentent d’importants surcoûts par rapport aux lauréats des récents appels d’offres en mer du Nord. L’État et les développeurs se sont accordés sur un partage de l’éventuelle surperformance, qui doit être notifié à Bruxelles. La France doit désormais faire vite, au risque de laisser passer sa chance de jouer un rôle sur un marché qui pourrait peser 700 milliards de dollars en 2030. Isabelle Kocher avait prévenu : un rejet du parc éolien offshore du Tréport, remporté en 2014 par le consortium regroupant Engie, le développeur d’origine portugaise EDPR et CDC Infrastructures, aurait un impact très négatif sur l’ensemble de la filière française. C’est finalement un avis favorable avec réserve qu’a rendu le 20 février l’Agence française de biodiversité (AFB), qui gère une partie de la zone concernée.

Il faut dire que la France, qui bénéficie d’une des meilleures ressources en Europe, est très en retard par rapport à ses voisins danois, allemand, britannique, belge ou néerlandais. Malgré de premiers appels d’offres lancés dès 2011, aucune chance de voir émerger une éolienne des eaux françaises avant 2021 au plus tôt. L’État ne souhaite sans doute pas charger encore plus la barque. Entretemps, la technologie a évidemment progressé et les coûts ont chuté. Alors que les tarifs – confidentiels – octroyés aux attributaires français en 2012 et 2014 sont estimés autour de 200 euros le mégawattheure (MWh), l’on a pu voir des enchères remportées par des projets de l’allemand EnBW (Energie Baden-Württemberg AG) et du danois Ørsted (nouveau nom de Dong, pour Dansk Olie og Naturgas A/S) sans aucune subvention (mais sans raccordement). ( Qui va payer NDLR ? ) « Les acteurs qui ont remporté les appels d’offres sans subvention à l’automne 2017 parient sur une évolution favorable des coûts et du contexte politique et réglementaire européen », estime Emmanuel Nazarenko, directeur associé senior du BCG, qui vient de publier une étude consacrée au potentiel européen et au rôle de ses industriels sur le marché mondial. Quoi qu’il en soit, on taille aujourd’hui sur des coûts en-dessous des 50 dollars le MWh à l’horizon 2020. A l’époque, ces tarifs avaient été accordés en échange de la construction d’une filière industrielle sur le territoire français, dont l’implantation d’usines à Saint-Nazaire et au Havre. Pour cette raison, le prix ne pesait que 40% de la note accordée aux projets. Mais cette politique n’a pas eu l’effet escompté.

« Malgré la volonté de protectionnisme conduisant à accorder un poids significatif au contenu local, on a  assisté en France à une dispersion des efforts de l’écosystème, contrairement à ce qu’il s’est passé en Allemagne, car on a péché par excès de prudence, ce qui a abouti à une base industrielle trop fragmentée », observe Emmanuel Nazarenko.

En outre, les fabricants français sont soit passés sous pavillon étranger (Alstom Energie racheté par General Electric), soit ont purement et simplement cessé de fabriquer des turbines (Areva absorbé par Gamesa marié à Siemens). Pourtant, GE honore les promesses d’Alstom (jusqu’à quand si l’on en juge par les perspectives de restructuration NDLR) et assemble bien ses turbines Haliade de 6 MW à Saint-Nazaire. Quant à Siemens, numéro un de l’éolien offshore, suite à la décision rendue le 20 février par l’AFB pour le Tréport, il a confirmé son usine d’assemblage de nacelles au Havre ainsi qu’une usine de fabrication de pales, destinées à fournir également le parc de Yeu-Noirmoutier (consortium Engie) et celui de Saint-Brieux (Iberdrola). Mais, à en croire l’étude du BCG, il n’y aura pas de place pour tout le monde. Aujourd’hui, quatre développeurs, Ørsted (ex-Dong, un temps allié à EDF EN), le suédois Vattenfall ainsi que les allemands E.ON et RWE trustent les premières places. Le hollandais Shell et le norvégien Statoil ont également montré de l’intérêt pour ce marché, qui pourrait atteindre 700 milliards de dollars en 2030. Selon les dernières statistiques publiées par l’association Wind Europe, 3,1 gigawatts (GW) ont été ajoutés en 2017 dans les eaux européennes, une progression de 25% qui porte la capacité installée totale à 15,8 GW. Cette puissance correspond à quelque 4.000 éoliennes réparties en treize parcs dans onze pays, dont 98% au Royaume-Uni, en Allemagne, au Danemark, en Hollande et en Belgique. Selon l’association, la puissance installée devrait atteindre 25 GW en 2020. Les choses sont moins claires au-delà de cet horizon. Aujourd’hui, l’Europe représente 90% du marché mondial. Si celui-ci se développait au maximum de ses capacités, cette part pourrait à terme s’établir à 40%. Mais selon les experts du BCG, l’Europe a un rôle d’entraînement à jouer dans le développement global du marché.

Le cabinet voit deux scénarios se dessiner : soit le Vieux Continent démontre sa volonté de sortir l’éolien offshore de la niche où il est aujourd’hui cantonné, soit il se contente de poursuivre un développement modéré.

Dans le premier cas, la croissance annuelle du parc européen s’élève à 16% en moyenne, soit 7 à 8 GW ajoutés chaque année, et une capacité installée dans les eaux européennes de 100 GW en 2030.

Dans ce scénario, deux turbiniers et trois à cinq fabricants de fondations se partageraient entre 600 et 700 éoliennes par an, qui seraient mises à l’eau par deux ou trois installateurs équipés de puissants navires spécialisés. Grâce aux économies d’échelle, les coûts d’interconnexion (qui pèsent aujourd’hui entre 12 et 20 euros par MWh) diminueraient de 66%.

Cette croissance européenne génèrerait un développement plus rapide encore (de 42% par an) dans le reste du monde, permettant d’atteindre 170 GW installés hors d’Europe en 2030, avec de nombreuses créations d’emplois à la clé.

Mais, pour que le marché européen (et donc, mondial) se développe à ce rythme, le BCG préconise un certain nombre de mesures : des enchères plus performantes, des investissements massifs dans les réseaux électriques, des politiques incitatives et une modification du fonctionnement des marchés électriques. Le temps écoulé entre les appels d’offres et la construction des parcs devra être raccourci, et les entreprises qui ne vont pas jusqu’au bout de leurs projets devraient être exclues. « Le développement de contrats BtoB passés de gré à gré ou sur des marchés organisés permet également de valoriser l’énergie », évoque notamment Emmanuel Nazarenko.

Dans un scénario plus « business as usual », la croissance annuelle moyenne se maintiendrait en Europe au rythme annuel de 11%, soit de 2 à 3 GW installés chaque année et une capacité globale de 50 GW en 2030. 400 turbines par an seraient fabriquées, le marché se composant essentiellement du renouvellement de parcs existants. Ce qui ne serait pas suffisant pour faire vivre deux développeurs. Les acteurs européens iraient chercher la croissance ailleurs, selon un scénario similaire à celui du solaire depuis une décennie.

« EDF EN a d’ores et déjà réalisé ou exploite d’autres parcs éoliens offshore à l’étranger, à savoir au Royaume-Uni, en Belgique et en Allemagne, et compte le faire dans d’autres pays stratégiques pour le Groupe, rappelle Antoine Cahuzac, son directeur général. La France est au cœur de la stratégie, et, à ce titre, y développer cette activité est fondamental pour nous », ajoute-t-il.

 « Deux questions se posent pour les acteurs impliqués dans les parcs français, observe Emmanuel Nazarenko : d’une part, comment rentabiliser les parcs déjà attribués dans les conditions contractuelles, et par ailleurs, quelles sont leurs chances dans des appels d’offres face à des acteurs aux portefeuilles plus fournis. »

En effet, les développeurs qui comptent déjà plusieurs parcs éoliens offshore à leur actif se sont assuré ainsi des positions fortes face aux fournisseurs, et ont accumulé une expérience précieuse dans ces projets, très différents de la plupart des autres projets d’énergies renouvelables.

Les acteurs français estiment que les tarifs qui leur avaient été accordés sont pleinement justifiés. Ils s’expliqueraient notamment par des conditions de vent moins favorables et des fonds plus compliqués qu’en mer du Nord. En principe, il était jusqu’à présent impossible de modifier les caractéristiques d’un projet en aval de l’appel d’offres. Mais en 2015, Ailes Marines (Iberdrola, RES, Caisse des dépôts) a obtenu l’autorisation de remplacer 100 éoliennes Areva de 5 MW par 62 machines Siemens de 8 MW sur le parc de Saint-Brieuc. Une évolution qui a très probablement amélioré l’équation financière du projet malgré les dénégations d’Ailes Marines. EDF EN en revanche conserve l’Haliade de 6 MW initialement prévue. Quoi qu’il en soit, l’Etat a souhaité trouver un accord avec les trois consortiums lauréats des premiers rounds sur un partage des surperformances qu’enregistreraient les projets. Considéré comme une modification d’une aide d’Etat, cet accord, dont les modalités sont restées confidentielles, doit maintenant être notifié à la Commission européenne, qui devrait y répondre d’ici à l’été. »

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