Le service national : un débat escamoté »

Le service national : un  débat escamoté »

Un débat escamoté pour   Christian Cambon, président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat qui estime notamment que la question du contenu doit dominer celle des moyens et qu’il s’agit d’un enjeu de société. Un point de vue qui mérite  d’être lu  même si le sénateur considère un peu vite que l’armée est désormais exclusivement une af faire de professionnels. Une erreur stratégique évidemment car les menaces internes et externes vont surtout exiger des forces d’infanterie classiques. (Exemple les 10 000 militaires affectés à la surveillance des lieux publics en France).  

« Le 18 mars 2017, le futur président de la République proposait, dans un discours de campagne électorale, la mise en place d’un service national obligatoire et universel (SNU). Cette proposition, inattendue, peu préparée, voire précipitée, répondait à un objectif estimable : donner un contenu concret à l’engagement au service de la Nation, répondre à la quête de sens d’une jeunesse désorientée, en mal de repères, et renforcer la résilience de notre communauté nationale face aux défis du présent et de l’avenir.  C’est un sujet majeur pour notre pays et pour notre jeunesse. Il touchera chaque jeune, chaque famille. Sur un enjeu de cette taille, on est en droit d’attendre un riche débat d’idées. Or, où en est-on, près d’un an plus tard, sur la méthode et sur le fond? Sur la méthode, d’abord. Elle ne manque pas d’inquiéter. Après plusieurs mois de flottement, chacun est comme figé en apesanteur, suspendu à la parole présidentielle, qui vient dessiner, par déclarations successives, ce que devrait être le futur SNU. Du côté du gouvernement, des ministres se contredisent, créant la cacophonie. Quant au Parlement, il est tout simplement mis de côté, si ce n’est court-circuité, le Président prenant la parole à la veille de la présentation d’un rapport parlementaire sur le sujet pour en contredire les conclusions! La commission de haut niveau, annoncée en octobre, qui devait permettre une forme de concertation, laisse place à un groupe de travail restreint, ne comprenant pas de parlementaires, lesquels se voient par ailleurs refuser la communication du rapport administratif commandé par le Premier ministre, dont les conclusions gênent, semble-t-il, l’exécutif. Pourtant, sur un tel sujet de société, le Parlement devrait être au centre du débat. Deux députées, Marianne Dubois (LR) et Emilie Guerel (LREM), ont effectué un travail de fond, réaliste, que je salue, examinant de nombreuses options. Or la publication de leur rapport, d’abord reportée – sous quelles pressions? – puis avancée, est rendue peu audible, en raison des déclarations concomitantes du président de la République… Tout cela n’est pas sérieux. Le service national universel est un projet majeur du quinquennat, qui mérite un vrai débat national, et ne saurait être réglé par des experts en petit comité. Un projet de cette ampleur n’aboutira pas seul contre tous : contre les ministres, contre le Parlement, contre la jeunesse elle-même qui a voix au chapitre! Continuer à mettre les difficultés d’organisation et de financement – colossales – sous le tapis n’est pas digne de notre démocratie. La cacophonie n’est pas le débat. Or le débat est indispensable : un débat parlementaire, puisque c’est au Parlement qu’il reviendra de légiférer, in fine, et un débat de société, puisque ce projet concernera tous nos concitoyens. Sur le fond, ensuite. On marche sur la tête en mettant en avant la question des moyens plutôt que celle de la finalité! Un rapport du Sénat a, dès le mois de mai dernier, mis en évidence le danger mortel pour nos armées si elles devaient porter le poids d’un projet dont l’objectif premier ne relève pas de la défense. Halte à la nostalgie du service militaire! Non seulement les moyens des armées ont fondu, mais surtout, les arguments pour la professionnalisation des armées, à l’initiative du président Jacques Chirac, n’ont rien perdu de leur bien-fondé. Le Sénat a été entendu sur ce point : le président de la République a confirmé que le SNU ne serait ni militaire, ni financé par les armées. Il s’agira, vraisemblablement, d’un service de type civique. Le Sénat veillera à ce que son financement n’ampute pas des budgets de défense déjà dimensionnés au plus juste. Pour autant, la cohésion nationale, les valeurs de l’engagement et du « service » sont au cœur de l’ADN des armées : elles auront donc nécessairement un rôle à jouer, à côté d’autres partenaires. La contribution qui leur sera demandée devra être réaliste, soutenable, permettre la consolidation du lien armée-nation et la diffusion de l’esprit de défense, qui sont producteurs de lien social. C’est à la définition de la nature, de l’ampleur et des modalités de cette contribution des armées au projet de SNU que la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat travaille, en vue de préconisations à paraître au printemps. Le Sénat espère contribuer ainsi à nourrir un vrai débat de société, à la hauteur des enjeux du service national universel. »

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