Corse : pas d’amnistie

Corse : pas d’amnistie

 

Les mises en demeure des nationalistes vis-à-vis de Macron auront sans doute eu l’effet contraire attendu. Pour Macron en effet pas question d’amnistie (même s’il y aura sans doute des rapprochements de prisonniers). En outre, l’absence de Talamoni à la cérémonie d’hommage au préfet assassiné n’est évidemment pas de nature à créer le climat nécessaire à d’éventuelles concessions du pouvoir central ni pour l’amnistie, ni pour le statut de résident, ni pour l’autonomie financière et encore moins pour la cooficialité de la langue corse. Les propositions de Macron se réduiront à des aides économiques. “ La “justice de la République a été rendue et elle sera suivie, sans complaisance, sans oubli, sans amnistie”, a assuré le chef de l‘Etat devant la veuve et les deux enfants du préfet, balayant sous les applaudissements une des revendications majeures des nationalistes au pouvoir. Le président de l‘Assemblée de Corse, l‘indépendantiste Jean-Guy Talamoni, qui avait suscité l‘ire de Paris à l’époque en condamnant l‘assassinat “mais pas les auteurs”, n’était lui pas présent à la cérémonie. “Ce qui s‘est passé ici ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s‘explique pas, ce fut un assassinat, un attentat”, a souligné Emmanuel Macron, en présence de Gilles Simeoni, l‘avocat qui avait défendu devant la justice Yvan Colonna, condamné définitivement pour l‘assassinat du préfet Erignac. “Un tel acte n‘a rien à voir avec une prétendue lutte de libération, c‘est un de ces actes de terrorisme dont notre nation eut encore récemment à subir la barbarie.” Le 6 février 1998, un commando armé tirait trois balles dans le dos du préfet de Corse Claude Erignac. Yvan Colonna, présenté comme le tireur, -ce qu‘il a toujours nié -, qui s’était soustrait à la justice pendant quatre ans a été finalement définitivement condamné en 2011 à la perpétuité. Dans l‘entourage d‘Emmanuel Macron, on évoque comme signe d‘apaisement le transfèrement de “huit détenus” à l‘exclusion du trio, (sans reconnaître qu‘ils sont des “prisonniers politiques”, ainsi que les qualifient les nationalistes). Les nationalistes demandent notamment l‘instauration d‘un statut de résident pour l‘accès à la propriété, d‘un statut fiscal dérogatoire, la reconnaissance du peuple corse et l‘officialisation de sa langue, ainsi que le rapprochement puis l‘amnistie des prisonniers dits politiques. Le droit à l‘expérimentation accordé par la constitution aux collectivités territoriales leur permet actuellement d‘expérimenter des processus adaptés pendant plusieurs années avant une éventuelle généralisation et le rapprochement des prisonniers se fera au cas par cas, a dit le gouvernement, qui refuse toutefois la “co-officialité” de la langue corse. “La République doit conserver cette ambition de ménager à la Corse un avenir qui soit à la hauteur de ses espérances, sans transiger avec les requêtes qui la feraient sortir du giron républicain”, a déclaré Emmanuel Macron.

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