Maisons de retraite : enjeu de société oublié

Maisons  de retraite : enjeu de société oublié

 

Finalement, on traite la question des  maisons de retraite avec des solutions d’il y a 50 ou 70 ans sans tenir compte de l’évolution démographique et l’évolution des populations dans les EHPAD. Premier  élément qui changé entre 1950 et 2012, la population de la France métropolitaine est passée de 45.5 millions à 63.5 millions de personnes  (67 millions en 2016) soit une augmentation de près de 40%.  Dans le même temps le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans a plus que doublé en passant de 6,7 millions à 15 millions. Cette forte croissance est due aux personnes âgées de plus de 75 ans dont le nombre ne cesse d’augmenter : Le nombre de personnes âgées de 75 à 84 ans est passé de 1,4 millions à plus de 4 millions.  Le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans est passé de 200 000 à plus de 1,7 millions. Mais surtout, au 1er janvier 2012, 17 000 centenaires vivent en France métropolitaine : c’est 15 fois plus qu’en 1970. Neuf centenaires sur dix sont des femmes. Au 1er janvier 2060, si les tendances démographiques observées jusqu’ici se prolongent, la France métropolitaine comptera presque 74 millions d’habitants. En 2060, 23,6 millions de personnes seraient ainsi âgées de 60 ans ou plus, soit une hausse de 80 % sur une cinquantaine d’années. L’augmentation est la plus forte pour les plus âgés (le nombre des 75 ans ou plus passerait quasiment à 12 millions et celui des 85 ans ou plus à plus de 5 millions). On vit donc de plus en plus vieux d’où une clientèle potentielle croissante pour les maisons de retraites. Mais parallèlement on entre dans les Ehpad de plus en plus âgé grâce au maintien grâce aux services à domicile.   L’âge moyen y est de 85 ans contre 80 ans en 1990 et 75 ans en 1970.  Ces dernières années, le maintien à domicile étant devenu beaucoup plus systématique jusqu’à l’âge de 85 ans. Du coup, l es personnes qui entrent en maison de retraite sont de plus en plus âgés, de plus en plus dépendantes et réclament une assistance croissante. En moyenne, on compte six salariés pour 10 résidents. Un chiffre en apparence conséquent mais en apparence seulement car il faut cinq à six personnes pour tenir un poste compte tenu du travail en 3×8, des remplacements pour  repos hebdomadaires, pour congés annuels, pour maladie, pour maternité pour formation. Du coup, en réalité il y a tout juste un salarié à permanence pour 10 résidents et encore il faut enlever les effectifs de direction, d’entretien et de restauration. Comme déjà indiqué le maintien à domicile est aussi privilégié car souvent souhaité et d’un cout moindre,  grâce au personnel soignant, aux services à domicile et aux assistantes de vie (ADVF) le maintien à domicile et possible. Malheureusement les maisons de retraite sont  coûteuses. Dans les maisons de retraite, le cout pour le résidant est en moyenne de 2200 € mais le maintien à domicile est loin d’être gratuit. Du coup, le recours aux services à domicile notamment aux assistantes de vie est de plus en plus réduit. Par exemple un quart d’heure le matin et un quart d’heure le soir. De ce fait, l’assistante de vie passe leur temps à courir – surtout dans les transports- avec des horaires d’une amplitude considérable et pour des salaires de misère alors qu’il faut une qualification. En dépit de la hausse constante  du cout de la pension, l’équilibre financier des Ehpad est plus que précaire, sauf dans certains Ehpad de luxe dont le cout de pension est le double voire davantage. La rallonge de 50 millions annoncés par le ministre de la santé constitue une rustine, cela d’autant plus que 100 millions avaient été ponctionnés précédemment sur les budgets affectés aux  maisons de retraite. De toute évidence, il y a nécessité d’engager un débat de société concernant le vieillissement de la population et les  conditions de traitement des personnes âgées, surtout les dépendantes,  soit à domicile soit dans les maisons de retraite.  “Il est inadmissible de ne pas prendre en compte la souffrance au quotidien que subissent professionnels, et par là même personnes âgées et familles, des dispositifs accompagnement, à domicile ou en établissements. C‘est mépriser et rompre le dialogue”, déclarent les organisations syndicales. “Les salariés, les travailleurs des Ehpad que je rencontre, ils me disent à la fois qu‘ils sont fiers de travailler dans un métier utile (…) mais ils sentent une forme de culpabilité de ne pas pouvoir faire bien leur travail, de faire subir une forme de violence institutionnelle”, a témoigné le secrétaire général de la CFDT. “Il y a une immense fatigue et pas les moyens de faire correctement son travail”, a-t-il poursuivi, déplorant “une situation explosive”, “insupportable à l’égard des personnes âgées mais aussi des travailleurs de ces Ehpad.”Finalement la ministre de la santé a botté en touche : “L‘Etat finance la partie soins de l‘Ehpad, elle ne finance pas la

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