Emploi public : une approche corpo de France Stratégie

Emploi public : une approche corpo de France Stratégie

Le très fantaisiste organisme de prospective France stratégie, placé auprès du Premier ministre s’est livré à une curieuse comparaison du poids de l’emploi public en France. Finalement et très schématiquement, France stratégie considère qu’aussi bien en ce qui concerne les emplois que la dépense publique, la France se situe dans la moyenne de pays comparables.-Et de conclure pour les auteurs, cette étude permet de relativiser “les exagérations dont le débat public se fait parfois l’écho” et de rendre “peut-être plus crédibles et plus atteignables” les réformes qui tiennent compte de ces complexités. Première observation,  la France se situe dans la moyenne mais plutôt haute en matière d’emplois administratifs, même chose pour la totalité des dépenses des administrations. Mais France stratégie oublie juste une chose fondamentale à savoir que la France n’a pas les moyens financiers pour assurer le financement de ces dépenses publiques à la différence des autres pays comparés. La France se caractérise en effet notamment par quatre faiblesses majeures et mortifères. D’abord un endettement colossal de près de 100 % du PIB qui représente environ 35 000 € par Français. En clair, la France finance ces emplois publics à crédit. Deuxièmement les dépenses publiques représentent de leurs deux 57 % du PIB c’est-à-dire bien au-delà des ressources de la fiscalité. Troisièmement ce taux de prélèvements obligatoires est le plus élevé du monde (après le Danemark). Dernier élément la balance commerciale accuse un déficit de leurs deux 50 milliards par an quand l’Allemagne dégage un excédent de lors de 200 milliards ; ce qui témoigne d’un manque de la compétitivité plombée notamment par la fiscalité affectée aux dépenses publiques. On comprend peut-être la logique de France stratégie dans la mesure où les experts sont à peu près tous de hauts fonctionnaires et que finalement ils défendent aussi leur bifteck. Cela relativise les conclusions de l’organisme de prospective qui a déjà été qualifiée par le premier ministre lui-même d’organisme farfelu.  D’après France stratégie,  l‘emploi dans les administrations publiques est élevé en France, mais sans être excessif par rapport à d‘autres pays développés ayant davantage recours à l‘externalisation, selon une note de France Stratégie à paraître jeudi. Alors que l‘exécutif, soucieux de réduire la dépense publique, projette de supprimer 120.000 postes dans la fonction publique sur la durée du quinquennat, cet organisme de réflexion placé sous l‘autorité du Premier ministre livre un “tableau de bord de l‘emploi public” dans 19 pays développés. Même si elle est souvent décrite comme la championne hors catégorie en matière d‘emploi public, la France ne fait pas vraiment figure d‘exception parmi les pays développés, observent les auteurs de cette étude. Avec 89 emplois publics pour 1.000 habitants en 2015, elle reste en effet “proche de la moyenne” sur le périmètre de l’étude (83 pour 1.000), même si elle se situe dans la “moyenne haute”. A ce niveau de taux d‘administration, la France dépasse de loin le Japon, lanterne rouge (environ 40 emplois publics pour 1.000 habitants) et est largement distancée par la Norvège, qui domine le classement avec 159 emplois publics pour 1.000 habitants. Mais ce raisonnement fondé sur les effectifs est “insuffisant, voire trompeur”, relèvent les auteurs de cette note, qui se sont également penchés sur le volume des dépenses publiques de fonctionnement, pour prendre en compte les postes financés de manière indirecte par la puissance publique. Sur ce périmètre, “la position de la France n‘apparaît pas particulièrement atypique: la prise en compte de toutes les dépenses directes et indirectes montre que l’écart avec les autres pays développés est plus resserré qu‘on ne le croit”, relèvent-ils. En prenant en compte l‘ensemble des dépenses de fonctionnement, qu‘il s‘agisse de la rémunération des agents publics, des dépenses d‘entretien, de l‘achat de prestations privées, ou encore de transferts sociaux en nature (aides au logement, remboursement de consultations médicales, par exemple), la France reste parmi les pays à niveau élevé de dépenses. Mais l’écart se resserre: en 2015, le poids de la totalité de ces dépenses représente 24% du produit intérieur brut (PIB) en France, dans la partie haute d‘une fourchette allant de 13% du PIB en Irlande à 28% du PIB en Finlande. Avec ce critère, des pays plutôt en queue de peloton sur le taux d‘administration, comme l‘Allemagne ou les Pays-Bas par exemple, se rapprochent de la moyenne ou la dépassent. Avec une différence notable par rapport à la France ces pays ont les moyens financiers ont les moyens pour financer leurs dépenses

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