Archive mensuelle de août 2017

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Meilleur placement pour les Français : les comptes courants !

Meilleur placement pour les Français : les comptes courants !

Paradoxalement les Français choisissent de manière préférentielle les comptes courants pour placer leur argent. Des comptes  qui évidemment ne rapportent rien. Il est vrai que les dépôts sur le livret A ne rapporte pas non plus grand chose puisque la rémunération a été ramenée à zéro 0. 75 % quand l’inflation officielle tourne autour de 1 %. Les experts de la Banque de France et les lobbys bancaires souhaitent d’ailleurs une nouvelle diminution de la rémunération des livrets d’épargne notamment du livret A. Cette situation de gel de l’épargne sur les comptes courants traduits en fait les incertitudes des épargnants quant à l’avenir économique. Tant que la reprise ne sera pas plus significative et plus durable, l’épargne en  grande majorité sera gelée. On préfère attendre plutôt que de placer ses fonds et/ou  d’en investir une partie dans des investissements.  Notons que ce taux d’épargne toujours très fort en France tourne autour de 14 %. Donc Les Français laissent toujours dormir leurs économies sur leurs comptes courants. À la fin mars, près de 429,2 milliards d’euros dormaient sur les comptes courants des ménages français, contre 414,4 milliards à la fin de 2016. Sur le premier semestre de 2017, les flux vers les dépôts à vue ont atteint 25 milliards d’euros, selon le dernier tableau de bord de l’épargne et du patrimoine des ménages de la Banque de France. Certes, les dépôts des ménages sur les comptes courants ont ralenti au deuxième trimestre, retombant à 5,9 milliards d’euros, contre 19,1 milliards au premier trimestre. Mais sur l’ensemble du premier semestre de l’année, les placements sur les comptes courants ont été deux fois supérieurs à ceux comptabilisés sur les livrets d’épargne et comptes épargne logement (CEL), qui ont capté 12,5 milliards d’euros. Depuis la fin de 2016, les livrets d’épargne semblent toutefois remonter la pente, après une période difficile de désaffection des Français pour ces produits. À cause de leurs taux de rendement bas, les épargnants étaient nombreux en effet à ne pas voir l’intérêt de placer leurs économies sur ces produits, préférant ainsi conserver leur épargne sur leurs comptes courants, plus flexibles et liquides, et facilement disponibles.

La BCE dans le potage

La BCE  dans le potage

 

 

« Le compte rendu des minutes de la dernière réunion de la banque centrale européenne met en lumière la difficulté de la BCE à communiquer sur une amélioration de la situation économique, tout en limitant le resserrement des conditions financières sur les marchés, et notamment l’euro », observe Valentin Bissat, économiste chez Mirabaud Asset Management. La BCE paraît particulièrement inquiète de la hausse de l’euro jusqu’à 11% depuis le début de l’année par rapport au dollar américain et de 4,8% en moyenne vis-à-vis des principales monnaies de la planète. Ces craintes, les 25 gouverneurs de la BCE les ont manifestées sans ambages le 20 juillet dernier au cours de leur conseil qui se tient toutes les six semaines et dont le compte rendu a été publié ce jeudi 17 août. Comme aux États-Unis, la question se pose cependant de la poursuite de la politique accommodante pour favoriser la reprise. Or cette reprise est encore timide et un relèvement des taux serait susceptible de la tuer. Du coup,  la BCE pourrait bien faire comme la Fed, c’est-à-dire ne rien décider en 2017 concernant ces taux. La banque centrale européenne s’inquiète aussi, comme la Fed, de la faiblesse de l’inflation. Faiblesse de l’inflation qui serait responsable du manque de dynamisme de la croissance et notamment de la consommation. Un raisonnement fort discutable car une forte progression de l’inflation viendrait amputer le pouvoir d’achat dont la consommation et la croissance. Au contraire,  le haut niveau de l’euro augmente mécaniquement le pouvoir d’achat même s’il peut affecter la compétitivité des exportations. Une baisse de compétitivité là aussi à relativiser car la baisse des intrants (matières premières notamment) découle de la hausse de l’euro. De toute manière il est probable que la BCE ne prendra pas de mesures inconsidérées et brutales et qu’elle s’inspirera des orientations prises par la Fed mais aussi par la banque du Japon qui elle poursuit une politique particulièrement accommodant qui favorise une nette reprise de la croissance.

France- taux de chômage : retour à 9.2% mais le double d’inactifs

France- taux de chômage :  retour à 9.2% mais le double d’inactifs

 

 

Nombre d’observateurs se félicitent  de la baisse du chômage en France selon les normes du bureau international du travail (BIT). Ce taux serait à 9,2 % et est revenu au deuxième trimestre à son niveau de début 2012 et le taux d’emploi a atteint un plus haut depuis 1980, dans le sillage de créations d’emplois salariés dynamiques sur la période dans le privé. Cette évolution est légèrement plus rapide qu’anticipé par l’Insee, qui tablait sur un taux de chômage de 9,6% en France (Dom inclus) mi-2017 dans ses dernières prévisions publiées fin juin. Ceci étant,  la différence est très marginale et la vérité c’est qu’il faut compter environ le double d’inactifs. C’est-à-dire ceux qui sont officiellement inscrits au chômage, donc ceux  qui cherchent  du travail mais aussi tous ceux qui ont renoncé à en trouver. Parmi ceux-là, ceux qui se  satisfont des aides sociales, ceux qui sont trop âgés ou encore ceux qui manquent de qualification et sont maintenant éloignés du marché du travail sans parler des zones rurales qui deviennent de véritables déserts économiques. La situation s’améliore un peu mais on est encore loin de ce serait souhaitable pour  absorber  les six à 7 millions de chômeurs réels. Le taux d’emploi des 15-64 ans, en hausse de 0,5 point par rapport à fin mars, à 65,3%, atteint sa valeur la plus élevée depuis 1980. Un signe d’autant plus encourageant que sa progression concerne toutes les tranches d’âge, en particulier les seniors (+0,8 point sur le trimestre, +1,2 point sur un an). Cette évolution, logique au vu des bons chiffres des créations d’emploi dans le privé sur la période publiés la semaine dernière, devrait se poursuivre au cours des prochains mois, estime Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management. « On est dans une dynamique avec de l’activité qui va mieux, avec de l’emploi qui continue de se créer et cette dynamique se traduira assez rapidement par une convergence à 9% du taux de chômage en France métropolitaine et puis on ira vers 8,5% au cours de l’année 2018″, a-t-il déclaré à Reuters. Le programme présidentiel d’Emmanuel Macron prévoyait un retour du taux de chômage à 7% en 2022, sous l’effet notamment d’un assouplissement du droit du travail – dont les modalités seront présentées le 31 août – ainsi que d’une amélioration de la compétitivité des entreprises par une baisse de la fiscalité. Pour Philippe Waechter, « c’est jouable mais ça dépendra à la fois de la conjoncture économique globale dans laquelle s’inscrit la France et puis de la façon dont les réformes du marché du travail et sur l’économie française seront effectivement mises en place, c’est ça l’enjeu. » Au total, en se fondant sur les critères du BIT, ce qui permet les comparaisons internationales, le nombre de chômeurs s’élevait à 2,7 millions en France métropolitaine en moyenne au deuxième trimestre, soit 20.000 personnes de moins qu’au trimestre précédent. A titre de comparaison, le nombre officiel de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) inscrits à Pôle emploi atteignait 3,48 millions à fin juin. La baisse du deuxième trimestre a concerné les 25-49 ans, dont le taux de chômage a reculé de 0,3 point (-0,6 point sur un an), mais aussi les 50 ans et plus (-0,3 point sur le trimestre comme sur un an).

Fipronil France : le scandale s’est arrêté à la frontière !

Fipronil France : le scandale s’est  arrêté  à la frontière !

 

Comme pour le nuage de Tchernobyl, il semblerait que le scandale du Profenil se soit arrêté aux frontières de la France. Pour preuve,  le ministère de l’agriculture a publié une liste de produits contaminés mais tous fabriqués aux Pays-Bas. Pourtant Au moins 16 établissements français de transformation d’oeufs ou d’ovoproduits ont reçu ces oeufs ont été identifiés. Les chiffres annoncés sont autrement plus importants même s’ils sont aussi contestés.  «L’ampleur du scandale est bien plus grande que ce qu’affirme le ministre fédéral (de l’Agriculture Christian Schmidt) […] D’après les informations disponibles au 14 août 2017, dans la seule région de Basse-Saxe ont été livrés 35,3 millions d’œufs soupçonnés de contamination au fipronil», a déclaré, selon son service de presse, le ministre de l’Agriculture de Basse-Saxe, Christian Meyer. «L’État fédéral minimise le problème», a martelé ce responsable. De son côté, le ministère fédéral de l’Agriculture a défendu son estimation de 10,7 millions d’œufs suspects dans toute l’Allemagne. «L’agrégation purement mathématique des données du Système d’alerte pour la sécurité alimentaire de l’Union européenne sur les livraisons en provenance des Pays-Bas à l’Allemagne conduit à une surestimation massive du nombre des œufs potentiellement contaminés qui sont entrés dans le commerce», a affirmé devant la presse la porte-parole du ministère Christina Wendt. En France, on parle de 500 000 œufs dont la moitié aurait été transformée en nouveaux produits. La vérité c’est qu’on en sait strictement rien car les informations fournies par le ministère de l’agriculture ne résultent pas d’une enquête effectuée en France mais découle d’informations en provenance des Pays-Bas. Il est clair qu’en France comme en Allemagne, les ministères concernés tentent de protéger l’industrie agro alimentaire en minimisant l’ampleur et les conséquences du scandale. Un scandale qui n’est que la partie émergée de l’iceberg mode de production industrielle. Un mode de production caractérisé par le dopage des poules au cocktail de produits chimiques, alimentaires et antibiotiques. Pour la France, la liste des produits contaminés édite évolutive par le ministère de l’agriculture. Notons par parenthèse que sur cette question c’est surtout le ministère de l’agriculture qui s’exprime et non le ministère de la santé.   Pour l’instant, cette liste évolutive concerne seulement dix-sept produits, exclusivement des gaufres de marques distributeurs et d’origine néerlandaise. Les différents lots ont été mis sur le marché entre le 28 juin et le 1er août. Le ministère précise que ces produits ne présentent pas de risque pour la santé, bien que contenant du fipronil à une concentration supérieure à la limite réglementaire. Une seconde liste, pour l’instant vide, est aussi disponible sur le site du ministère. Elle concerne les produits dont le taux de fipronil dépasse le seuil d’exposition aiguë. Près de 250.000 oeufs contaminés par le fipronil auraient pu avoir été consommés par les Français dans les derniers jours ou pourraient encore se trouver dans leur réfrigérateur, avait déclaré vendredi dernier le ministre de l’Agriculture, précisant toutefois qu’il n’y a aucun risque pour la santé. Au moins 16 établissements français de transformation d’oeufs ou d’ovoproduits qui ont reçu ces oeufs ont été identifiés.

Une voiture électrique avec 500 kms d’autonomie

Une voiture électrique avec 500 kms d’autonomie

Le constructeur Hyundai Motor et sa filiale Kia Motors, qui forment ensemble le cinquième groupe automobile mondial en termes de ventes, ont annoncé jeudi le lancement d’une voiture électrique dotée d’une longue autonomie de 500 kilomètres après 2021. Ils ont également annoncé prévoir la sortie de 31 modèles respectueux de l’environnement d’ici 2020, dont huit électriques et deux à pile à combustible. Dans sa précédente annonce, en 2014, seuls deux modèles électriques sur 22 étaient prévus. Les voitures électriques telles que celles conçues par Tesla sont en train de prendre le pas sur les modèles à pile à combustible soutenus notamment par Hyundai et Toyota Motor. Ce n’est que l’an dernier que Hyundai a lancé en masse sa première voiture 100% électrique, baptisée Ioniq, mais ce modèle dispose d’une autonomie bien plus faible que ceux proposés par Tesla et GM. Le constructeur sud-coréen a dit qu’il présenterait une version électrique de son petit SUV Kona dotée d’une autonomie de 390 kilomètres  au premier semestre 2018. Il a également confirmé une information de Reuters selon laquelle il développe sa première plate-forme dédiée aux véhicules électriques, ce qui lui permettra de produire plusieurs modèles avec une autonomie plus importante. Hyundai a dévoilé aussi une version proche du stade de la production de son nouveau SUV à pile à combustible avec une autonomie de plus de 800 km, aux normes européennes, représentant près du double de celle de son SUV Tucson. Ce SUV de taille intermédiaire sera également lancé en Corée du Sud au début de l’an prochain, puis sur les marchés américain et européens. Un autocar électrique à pile à combustible est également prévu pour la fin de l’année.

Nouvelle voiture volante ….électrique

Nouvelle voiture volante ….électrique

Après Airbus, Uber, Toyota,… nombreuses sont les sociétés qui cherchent à développer les voitures volantes. Un autre grand nom vient s’ajouter à cette liste avec DeLorean. La société a été fondée en 2012 par Paul DeLorean, le neveu de John DeLorean, fondateur de la société éponyme et mondialement connu depuis la trilogie Retour vers le futur. DR-7 est le nom du VTOL (aéronef à décollage et atterrissage vertical) que la société provenant de la région de Los Angeles cherche à fabriquer. Si l’objectif final pour DeLorean Aerospace est de parvenir à construire un véhicule électrique et autonome pouvant accueillir deux personnes, précise Wired, la société en est encore loin. Toujours en phase de R&D, DeLorean Aerospace explique au site américain avoir fabriqué deux prototypes jusqu’à présent. Le DR-7 final devra mesurer 6 mètres sur 5,5 mètres et disposera de deux paires d’ailes, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière, détaille Wired. Encombrantes, ces grandes ailes sont pliables. L’engin peut ainsi être rangé dans un grand garage, explique DeLorean Aerospace à Wired. Surtout, la forme des ailes permettent au DR-7 de continuer à glisser dans les airs si jamais le moteur s’arrête brutalement, augmentant les chances d’un atterrissage sécurisé. Totalement électrique, le véhicule final disposera d’une autonomie de 190 kilomètres affirme la société. Complètement autonome, DeLorean Aerospace veut commercialiser le DR-7 auprès de tout le monde, sans qu’il soit nécessaire d’avoir un permis quelconque. Toutefois, ni date pour la commercialisation ni prix de vente n’ont pour l’instant été communiqués.

Voiture électrique : compétitive… mais dans 10 ans

Voiture  électrique : compétitive… mais  dans 10 ans

Il faudra sans doute attendre encore une bonne dizaine d’années pour que l’automobile électrique devienne compétitive par rapport à l’automobile à essence. A moins que la Chine (en avance)  ne favorise l’accélération du mouvement notamment avec la fabrication en Chine par Toyota dès 2019. D’ici à 2024, le coût total de possession (achat et fonctionnement, NDLR) moyen d’une voiture électrique pourrait égaler celui d’une voiture à essence » sur le Vieux continent. Dans le cas des voitures diesel, les courbes se croiseraient en 2030.  En outre, d’ici à 2030, toutes les motorisations, sauf celles fonctionnant avec des piles à combustible à hydrogène, coûteront moins cher à acquérir et à faire rouler sur quatre ans qu’une voiture à essence de 2015  malgré une hausse des prix du pétrole et de l’électricité », la compétitivité découlera  avant tout de  par la réduction des coûts des motorisations de pointe . C’est tout le pari de nombreux constructeurs, à commencer par l’Américain Tesla qui construit une  sine géante de batteries dans le Nevada (ouest) pour abaisser le prix unitaire des accumulateurs par effet d’échelle. Confrontés à des normes d’émissions de plus en plus strictes, en particulier en Europe, les constructeurs multiplient les annonces sur l’électrique. Volkswagen vient ainsi d’afficher ses ambitions de devenir le numéro un mondial de l’électrique d’ici à 2025. Toyota, pionnier de l’hybride, a décidé de lancer un programme électrique en parallèle de ses efforts dans l’hydrogène. Sans parler de Renault et Nissan, leaders mondiaux actuels des ventes de voitures fonctionnant sur batterie. Plusieurs constructeurs (Tesla, Volkswagen, Ford…) ont annoncé d’ici à la fin de la décennie actuelle des voitures de moyenne gamme capables de couvrir 500 km entre deux recharges, soit environ le double des performances actuelles. En attendant, les ventes restent confidentielles: moins de 1% des véhicules neufs immatriculés dans le monde. Et ce alors que de nombreux pays les subventionnent, dont la France qui propose un « superbonus » de 10.000 euros pour la mise au rebut d’un vieux diesel.

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poèmes-chansons-théâtre de l’auteur sur http://chansontroisiemeage.unblog.fr/

Transformer les déserts médicaux avec l’informatique

Transformer les déserts médicaux avec l’informatique

Dans une tribune aux Echos, GUY VALLANCIEN, membre de l’académie de médecine,  propose le recours aux nouvelles technologies pour supprimer les déserts médicaux. Extraites :

« Trois éléments indissociables réduiront les « déserts médicaux » en les remplaçant par des « oasis de santé », véritables hubs sanitaires de proximité tant à la campagne qu’en ville et en banlieue, dans lesquels exerceront les professionnels de santé en partage d’action et d’expérience au quotidien. C’est un véritable plan national d’aménagement du territoire qu’il faut lancer, en promouvant les initiatives locales sans imposer d’en haut des solutions inadaptées à telle ou telle situation. Ce sont 10.000 maisons de santé qu’il faut inaugurer dans les dix ans à venir. On nous rapporte toujours les échecs de leur création avec les arguments selon lesquels le coût de ces maisons est prohibitif. Faux : allez visiter la maison de santé de Fruges, dans le Pas-de-Calais, avec ses quarante professionnels couvrant un bassin de population de 18.000 habitants ou le centre Ipso, en plein Paris, qui offre des prestations de qualité alliées à une rapidité d’accueil exemplaire, et vous comprendrez où est l’avenir. Le deuxième élément clef de cette nouvelle politique sanitaire de proximité qui couvrira 80 % des besoins médicaux est la mise sur le marché dès que possible d’infirmières cliniciennes après une formation de niveau mastère, comme le sont déjà les sages-femmes. Aux universités d’ouvrir ces formations diplômantes dès cette année, afin que, fin 2018, les premières promotions soient en mesure d’agir sur le terrain. Plus de 50 % des tâches dites « médicales » sont réalisables par d’autres professionnels de santé, infirmiers et pharmaciens notamment. La numérisation et la robotisation ne feront qu’amplifier cette tendance lourde d’un partage des tâches et demain le médecin sera rare, se concentrant sur les décisions complexes justifiant son long cursus universitaire. L’émergence de l’intelligence artificielle, qui bouleverse déjà nos pratiques, appelle à une réorganisation intégrale des filières de soins. A former des médecins à tour de bras pour tenter d’enrayer les prétendus manques, nous créerons demain des chômeurs de plus. L’évaluation du résultat des prestations offertes sera documentée par les bases de données accumulées permettant un suivi en temps réel de la politique sanitaire mise en place. Chaque professionnel saura à quel niveau il se situe, lui permettant d’adapter sa pratique. Les modes de rémunération seront à réviser totalement : le médecin consultant moins, remplacé par les professionnels sus-cités, le prix de sa consultation complexe sera augmenté d’autant pour rejoindre la moyenne européenne et les paiements au forfait allieront la reconnaissance de l’activité à sa qualité. Conséquence directe de cette nouvelle politique : la réduction drastique du numerus clausus. Dans dix à douze ans, nous paierons très cher une politique médicale inflationniste quand la puissance et l’efficacité de l’intelligence artificielle et de la robotique auront réduit d’autant le besoin de professionnels. Ces derniers concentreront leur action sur la relation humaine quand la machine fera de plus en plus le reste du boulot. Malheureusement, en matière de santé nous raisonnons comme au siècle du bon docteur Horace Bianchon dans « La Peau de chagrin » ; or, sans une vision prospective claire rien ne se fera d’efficace qui assure aux Français la couverture sanitaire qu’ils espèrent, eu égard aux 12 % du PIB que représentent les dépenses de santé. Toutes les autres mesures dont on nous rebat les oreilles sont des rustines à la petite semaine qui ne tiendront pas longtemps. Lançons le plan TéléProx, qui allie la présence au quotidien des soignants auprès des malades, où qu’ils se trouvent sur le territoire, aux moyens de la télémédecine en termes d’expertise, grâce à des schémas régionaux et locaux décidés par les acteurs eux-mêmes en partenariat avec les associations de patients et les industriels de la santé. »

Taxe dividendes : les pleurs des grands groupes visés par Bercy

Taxe dividendes : les pleurs des  grands groupes visés par  Bercy

Après l’annulation de la taxe didendes par la cour de justice européenne, Bercy s’apprête à imposer une nouvelle taxe pour compenser le manque à gagner fiscal. Évidemment, le Medef sort ses  pleureuses et considère que cette nouvelle fiscalité serait un très mauvais signe donné aux entreprises. Un argument très contestable car les sommes en jeu représentent seulement quelques milliards (2 milliards pour la taxe de 3 %). On sait bien que pour réduire les déficits l’État devra à la fois diminuer  son train de vie et augmenter certains impôts. Dans ce cadre, Macron a prévu de réaliser une économie de 80 milliards sur 5ans. Ce ne sont pas deux ou 3 milliards de moins sur les dividendes qui vont handicaper les entreprises françaises. Cela d’autant plus que la France est le pays le plus généreux en matière de dividendes. Puisqu’on va demander des efforts aux Français notamment à travers l’augmentation de la CSG, la réforme de l’APL et sans doute de l’ASSEDIC voire des retraites il convient donc d’accepter un effort équivalent des entreprises qui distribuent leurs profits. En 2016, les entreprises du CAC 40 ont distribué pas moins de 55,7 milliards d’euros sous forme de dividendes et de rachat d’actions, selon les calculs de la lettre d’information financière Vernimmen.net. Ce n’est pas un record mais presque puisqu’elles se sont rapprochées des 56 milliards versés en 2014 et surtout des 57,1 milliards distribués en 2007, juste avant la crise financière. La progression est notable par rapport à l’an dernier (43 milliards de dollars) et surtout par rapport à la moyenne de ces dernières années, autour de 43 milliards, une fois retraitée des dividendes et rachats exceptionnels.

Cigarette : le bide du paquet neutre

Cigarette : le bide du paquet neutre

 

Le paquet à 10 €, c’est pour bientôt et cela permettra à l’État d’engranger des recettes fiscales supplémentaires de 5 à 6 milliards Après le bide du paquet neutre qui n’a eu aucune conséquence positive sur la réduction de consommation jusqu’au contraire les ventes ont augmenté de près de 1 %, le paquet pourrait passer à 10 €. Avec le risque d’une augmentation de la commercialisation par des filières clandestines dont les ventes représentent déjà de l’ordre de 25 %.  Pour ne pas trop affoler les buralistes et les fumeurs,  on parle d’une l’augmentation progressive d’ici à 2022. Cette augmentation des ventes lors des sept premiers mois de l’année semble en tout cas confirmer une hypothèse: seule l’augmentation des prix a un impact réel sur la consommation des Français, dont plus d’un tiers se déclare toujours fumeur. Ce constat devrait justifier l’augmentation conséquente du prix du paquet qu’entend mettre en place le gouvernement en augmentant les ponctions fiscales sur le tabac. Le Premier ministre Édouard Philippe a d’ailleurs annoncé son intention de porter le prix moyen du paquet 7 à 10 euros d’ici à 2022. 

Brexit : Londres veut le beurre et l’argent du beurre de l’Irlande

Brexit : Londres veut le beurre et l’argent du beurre de l’Irlande

 

 

Le Royaume- uni pense avoir trouvé la martingale sortir de l’imbroglio des négociations concernant le Brexit. . Pourtant, la ficelle semble toutefois un peu grosse puisque Londres propose de quitter l’union économique mais de supprimer la frontière avec l’Irlande. Ce qui lui permettrait indirectement de continuer à bénéficier des conditions actuelles de commerce avec l’union européenne via l’Irlande. Une proposition qui ne peut évidemment être acceptée par Bruxelles l qui considère qu’il n’y a que deux positions sheaspeariennes : être ou ne pas être dans l’union économique. Bruxelles n’a eu de cesse de répéter que le pays ne devait pas s’attendre à bénéficier après le Brexit des mêmes avantages que ceux procurés par une appartenance à l’UE. En clair, quitter l’Union européenne, c’est quitter à la fois le marché unique et l’union douanière. Et d’autre part, laisser un pays de l’UE sans frontière avec le Royaume-Uni après le Brexit serait une exception a priori invraisemblable. Ainsi, en liant cette question à celle des futures relations commerciales, le gouvernement britannique tente de forcer la main au club des 27. Mais, pour les responsables européens, ce n’est pas la bonne façon de procéder. Bruxelles n’a cessé de le marteler : il faut d’abord régler ces trois sujets prioritaires, à savoir le sort des citoyens européens après la séparation, le montant de la facture de sortie, et la question de la frontière irlandaise, et cela, avant toute négociation commerciale. « Nous avons des principes très clairs. Notre priorité est de s’entendre sur l’absence d’infrastructures frontalières qui seraient un retour aux postes-frontières du passé, ce qui est totalement inacceptable pour le Royaume-Uni », a écrit le ministère de David Davis en charge des négociations du Brexit dans un communiqué.

 

Taux de la Fed : on verra plus tard

Taux de la  Fed : on verra plus tard

Finalement, la Banque centrale américaine (Fed) pourrait décider de reporter à plus tard peut-être en 2018, sa décision d’une nouvelle étape de remonter des taux. En cause, une assez faible inflation qui témoigne encore de la fragilité de la croissance même si l’emploi se porte mieux. Par contre,  la banque centrale américaine pourrait décider de réduire la taille de son bilan qui a explosé depuis la crise de 2009. Ce qui équivaut quand même à une forme de resserrement monétaire. Les responsables de la politique monétaire avaient déjà fait part de leur intention de réduire ce bilan dans le communiqué diffusé à l’issue de leur réunion. Cette dernière ne s’était pas accompagnée d’une conférence de presse de sa présidente Janet Yellen. Le communiqué diffusé en juillet indiquait que ce processus pourrait débuter dès sa prochaine réunion des 19 et 20 septembre « si l’économie évolue comme prévu ». En réduisant très progressivement sa présence sur le marché des bons du Trésor et titres appuyés sur des créances hypothécaires, la Fed veut utiliser cette démarche comme un « outil passif » de politique monétaire. Il s’agit, en cessant de réinvestir dans les titres arrivant à maturité, de diminuer le volume massif de bons du Trésor et de titres obligataires qu’elle a amassés après la récession de 2009 pour doper la reprise, soit 4.500 milliards de dollars. L’objectif actuel d’inflation fixé par la Fed est de 2% et la Fed estime qu’au-dessus de ce taux, elle serait obligée de remonter ses taux plus agressivement. Mais on est encore loin du compte. Selon l’indice privilégié par la Fed, celui des prix basé sur les dépenses de consommation (PCE), l’inflation s’est encore affaiblie en juillet à 1,4% en glissement annuel, soit son niveau le plus bas en neuf mois. Le taux de chômage, en revanche, est tombé en juillet à 4,3% son plus faible niveau en 16 ans. La banque centrale a déjà relevé ses taux à deux reprises cette année. Elle a pour mandat de maintenir un taux d’emploi maximum, des prix stables et des taux d’intérêt à long-terme peu élevés.

Pétrole : le yo-yo

 

 

Encore et toujours le yo-yo pour le pétrole qui s’inscrit cependant dans une certaine tendance haussière. Il semble bien qu’on s’interroge sur l’ampleur de la reprise internationale et ses  conséquences sur la demande. Cela d’autant plus que des incertitudes demeurent sur les capacités des pays producteurs notamment de l’OPEP à réduire leurs productions pour respecter les quotas de l’organisation des producteurs. Les cours du pétrole ont donc  terminé en repli mercredi sur le marché new-yorkais Nymex, malgré la plus forte baisse hebdomadaire des stocks de pétrole en un an, l’Administration américaine ayant annoncé en même temps une augmentation de la production du pays. Le contrat septembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a perdu 77 cents, soit 1,62%, à 46,78 dollars le baril. Le Brent a reculé pour sa part de 53 cents (-1,04%) à 50,27 dollars.

 

 

Japon: balance commerciale en recul mais forte croissance

Japon: balance commerciale en recul mais forte croissance

 

 

Il semble se confirmer que la très forte croissance enregistrée au Japon est désormais impulsée par la consommation interne. En effet,  on observe un net recul de 17 % de l’excédent commercial en juillet. En cause,  des importations plus importantes que prévues découlant de la demande interne et des exportations moins dynamiques. La très accommodante de la banque du Japon  semble donner des résultats en  tout cas en matière d’activité est économique. Des résultats qui pourraient interroger les autres banques centrales sur les perspectives notamment de remontée des taux. Grâce à la consommation et à l’investissement, le produit intérieur brut japonais (PIB) a progressé de 4,0% au deuxième trimestre, dépassant largement les anticipations d’une croissance de 2,5% en rythme annuel. C’est la plus forte hausse du PIB depuis le début de l’année 2015. En rythme trimestriel, l’économie a enregistré une expansion d’1,0%, également au-dessus des attentes des économistes, qui prévoyaient une croissance de 0,6% d’avril à juin. La croissance en rythme annuel du premier trimestre a été révisée à la hausse et s’établit à 1,5%. En rythme trimestriel, le PIB enregistre une hausse de 0,4% de janvier à mars (0,3% en lecture préliminaire). La dynamique de croissance est susceptible de se prolonger cette année, et pourrait signaler que le resserrement du marché du travail commence à avoir des effets positifs sur la consommation et à terme sur l’inflation, comme l’espère la Banque du Japon. « Les moteurs de la consommation et de l’investissement ont tous deux bien démarré au deuxième trimestre, et c’est pour cela que la demande intérieure a été si forte », estimait Hidenobu Tokuda, économiste senior pour Mizuho Research Institute. Il s’agit du sixième trimestre de croissance consécutif enregistré par l’économie japonaise. Le pays n’avait pas enchaîné six trimestres de progression depuis 2005. La consommation, qui représente environ 60% du PIB, a augmenté de 0,9% d’avril à juin, surpassant les attentes d’une croissance de 0,5%. Il s’agit de sa plus forte hausse en plus de trois ans. Les consommateurs ont notamment augmenté leurs achats de biens durables et dépensé davantage dans les restaurants. L’investissement a progressé pour sa part de 2,4% en avril-juin par rapport au trimestre précédent, le double de la hausse de 1,2% attendue, un plus haut depuis début 2014. La demande à l’étranger, ou les exportations moins les importations, a retranché 0,3 point de pourcentage à la croissance, en raison d’une hausse des importations. Le Japon a accusé en juillet un recul de 17% de son excédent commercial en raison d’une forte hausse des importations d’énergie, mais le solde a dépassé les attentes des analystes grâce à des exportations toujours vigoureuses. Selon les chiffres publiés jeudi par le ministère des Finances, le surplus s’est établi à 418,8 milliards de yens (3,2 milliards d’euros au cours actuel), contre 504,5 milliards un an plus tôt.

CNews, après Canal, la cata !

Bolloré qui a habitude de  gérer ses affaires  à coups de p pieds au cul (ça passe pour ses activités en Afrique mais moins ailleurs !) enregistre par contre échec sur échec dans l’audiovisuel et surtout à la télé. Canal + autrefois la chaîne de l’innovation et du sport est devenue complètement marginale avec une ligne éditoriale particulièrement ennuyeuse en matière d’infos et de divertissement, quant au sport il faut souvent avaler des matchs de ligue 2. Bref pas vraiment le pied. L’autre  chaîne Cnews connaît une audience anecdotique du fait de programmes particulièrement ringards amplifiés par la fuite  des journalistes après le conflit qui a touché toute la rédaction En octobre et novembre, les journalistes d’i-Télé avaient mené une grève de trente et un jours, déclenchée par l’arrivée de l’animateur Jean-Marc Morandini à l’antenne. Outre le retrait de ce dernier, ils demandaient à l’actionnaire de référence du groupe Canal, Vincent Bolloré, de s’engager sur des garanties d’indépendance pour la rédaction. Ayant peu obtenu malgré la durée et l’impact médiatique du conflit, environ 80 salariés, écœurés, avaient quitté la chaîne dans la foulée. Pendant la grève, et dans les semaines qui ont suivi, la chaîne, saignée à blanc, avait tourné au ralenti, diffusant en boucle de vieux reportages plutôt que des nouvelles fraîches. L’effondrement financier de la chaîne est le résultat direct de cette période d’inertie éditoriale. En 2016, les revenus d’exploitation de la chaîne ont accusé une baisse de 12 %, tombant à 41,1 millions d’euros, contre 46,9 l’année précédente. En cause, une chute de 4 millions d’euros des recettes publicitaires : soucieux de leur image de marque et peu enclins à communiquer sur une antenne vide de programmes, les annonceurs ont déserté. La redevance payée par la chaîne Canal + pour l’utilisation des contenus d’information produite par sa filiale spécialisée a également diminué de 2 millions d’euros par rapport à 2015. . Après la grève, l’audience moyenne d’iTélé-CNews a plongé : à la fin de la saison 2016-2017, elle naviguait autour de 0,6 %, contre plus de 1 % un an auparavant. L’arrivée de Jean-Pierre Elkabbach début février pour l’interview politique du matin n’a pas permis de relancer la machine. Largement distancée par BFM TV, CNews est désormais devancée en audience par LCI, la chaîne d’info de TF1. La chaîne C8 ,elle, destinée aux beaufs,  subit les conséquences des pitreries outrancières de son animateur ;  les conséquences se traduisent par des pertes publicitaires importantes. Bref pas sûr que Bolloré ait vraiment le profil pour manager des chaînes d’information dont l’indépendance est incontournable pour être crédible.

Nucléaire : doutes sur les composants du Creusot

Nucléaire : doutes sur les  composants du Creusot

 

Curieux cette décision de L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a annoncé mercredi demander à EDF de passer en revue d’ici le 31 décembre 2018 l’ensemble des composants d’équipements nucléaires fabriqués par l’usine Creusot Forge (groupe Areva). Une demande qui avait déjà été faite pour la nouvelle centrale de Flamanville mais qui cette fois est généralisée. Finalement pour Flamanville,  il a été convenu qu’EDF suivrait attentivement  la sûreté du couvercle  du réacteur et qu’un remplacement de ce couvercle aurait lieu d’ici quelques années. On ne voit pas quel autre type de décision pourrait être prise pour toutes les autres centrales à moins évidemment d’arrêter tous les réacteurs. Il s’agit là d’un nouvel épisode interminable de la décomposition d’Areva dans l’essentiel de l’activité réacteurs est prir désormais en charge par EDF. Areva qui constitue une véritable catastrophe financière et dont dépend l’usine Creusot forge qui fournit des les éléments métalliques douteux des réacteurs. La question se pose de savoir s’il y a de véritables interrogations concernant la sûreté des éléments fournis par Le  Creusot ou si  l’agence  de sûreté nucléaire ne cherche pas à se mettre à l’abri pour le cas où ! De toute évidence cette demande de l’agence de sûreté nucléaire ne manque pas d’ambiguïté. Dans un projet de décision publié sur son site internet, l’ASN ne précise pas si EDF devra arrêter ses réacteurs en attendant leur examen, mais précise que les revues devront avoir lieu pendant que les réacteurs sont arrêtés pour être réapprovisionnés. L’ASN précise qu’EDF devra lui transmettre au plus tard le 31 octobre 2017 son programme de revue. EDF a indiqué à Reuters que cette demande de revue n’aurait pas d’impact sur la production nucléaire. « C’est intégré dans notre échéancier d’arrêt de tranches », a déclaré une porte-parole du groupe français.

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Œufs contaminés et modèle d’élevage industriel : dramatique ! (Antoine Andremont)

Œufs contaminés et modèle d’élevage industriel : dramatique ! (Antoine Andremont)

Le professeur Antoine Andremont, chef du laboratoire de bactériologie de l’hôpital Bichat à Paris, tire la sonnette d’alarme dans une interview à la Tribune sur les dérives de l’agroalimentaire. Auteur d’un ouvrage sur la question de l’antibiorésistance*, il estime que l’affaire du fipronil amène à repenser un système qui bombarde les animaux d’antibiotiques et favorise ainsi l’apparition de bactéries de plus en plus dangereuses. Le spécialiste souligne d’ailleurs que ces bactéries pourraient être « dramatiques » pour l’homme. « Nous ne parvenons plus à contrôler certaines infections bactériologiques », alarme-t-il notamment.

Que pensez-vous de la sécurité sanitaire de notre système agroalimentaire?
Ce système est fragile. Si ce scandale avait concerné une bactérie plus pathogène, avec nos modes de distribution à grande échelle, nous aurions pu nous retrouver face à un scénario beaucoup plus grave. Nous devons nous interroger sur les méthodes des grands groupes agroalimentaires. Même si le risque zéro n’existe pas, il n’est pas normal qu’un acte malveillant, comme c’est apparemment le cas dans l’affaire du fipronil, ébranle à lui seul le système. Il faut un débat national sur l’élevage intensif.

Sur la transparence et les moyens de contrôle sanitaire?
Pas seulement ! Car cette affaire est symptomatique de l’état de l’agroalimentaire pour une autre raison, qui mérite qu’on élargisse la focale. Le fipronil, qui est un insecticide, a été utilisé pour lutter contre le pou rouge dans les poulaillers de poules pondeuses. La présence de ce parasite, courante dans les élevages où la densité élevée d’animaux favorise sa propagation, est un vecteur de maladie et de virus, comme la peste aviaire. Pour lutter contre ces infections, les gros producteurs ont également recours aux antibiotiques de manière quasi systématique. Aujourd’hui, dans certains élevages, on injecte même des doses d’antibiotiques in ovo, c’est-à-dire dès l’œuf, en prévention de maladies qui se développent dans ces batteries. Mais, du coup, ces animaux développent des bactéries de plus en plus résistantes pour lesquelles nous n’avons plus d’antibiotiques efficaces.

Avec quel impact pour l’homme?
Les conséquences peuvent être ­dramatiques. Ces « superbactéries » se propagent dans la chaîne alimentaire et finissent par nous atteindre. Aujourd’hui, chez les personnes très vulnérables, des patients sous chimiothérapie ou en attente de greffe d’organe, par exemple, nous ne parvenons plus à contrôler certaines infections bactériologiques. A terme, c’est toute la médecine moderne qui risque d’être touchée.

Vous semblez nous parler du prochain scandale sanitaire à venir…
En réalité, il est déjà là, même si l’opinion publique n’en a pas conscience. Une étude, publiée en 2013 par quatre laboratoires**, montre que 1.500 décès par infection bactérienne pourraient être imputés à la surconsommation d’antibiotiques dans la filière aviaire européenne. Si, à court terme, les industriels sont capables de garantir une sécurité alimentaire excellente, à long terme, les risques sont catastrophiques si rien ne change. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui, je cite, « l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale ».

 

Une meilleure sécurité alimentaire passe-t-elle par la fin du modèle d’élevage intensif?
Pas nécessairement. Les circuits courts permettent de garantir une meilleure qualité gustative aux consommateurs, mais les enjeux sanitaires n’y sont pas différents de ceux dans l’industrie. Paradoxalement, les Pays-Bas, d’où est parti le scandale du fipronil, comptent parmi les meilleurs élèves européens en matière de réduction des antibiotiques et de traçabilité des produits! Ce n’est pas pour rien que cet insecticide, présenté frauduleusement comme un traitement naturel, implique initialement une entreprise néerlandaise : la demande d’alternatives biologiques y est plus élevée que dans le reste de l’Europe. Avec comme conséquence certaines dérives… Mais, jusqu’à ce scandale, les Pays-Bas avaient diminué de plus de moitié leur part d’antibiotiques, tout en préservant un modèle industriel satisfaisant sur le plan économique. Simplement, ils ont augmenté les normes hygiéniques dans les élevages, mis fin aux injections systématiques, verbalisé les producteurs ­récalcitrants…

La France est-elle à la traîne?
Elle s’est lancée dans la réduction de la consommation d’antibiotiques, mais ne fait pas aussi bien. Globalement, elle fait mieux que ses voisins du Sud, mais reste loin derrière ceux du Nord. Le scandale du fipronil ne doit pas nous aveugler : le principal défi qui nous attend, c’est de réussir à réduire la part d’antibiotiques dans l’élevage. C’est une course contre la montre face aux bactéries. Nous sommes déjà à un seuil limite.

Pollution : 50.000 morts chaque année en France

Pollution :  50.000 morts chaque année en France

On sait que la hausse de la température paraît inévitable pour l’avenir. Corrélativement,  les émissions polluantes devraient encore progresser. Des émissions polluantes dont le niveau est déjà largement responsable du changement climatique. Les émissions polluantes seraient responsables d’environ 50 000 morts par an en France. Nous sommes donc engagés dans un cercle de moins en moins vertueux la pollution fait grimper la température et la hausse des températures favorise le développement des émissions polluantes. À l’horizon 2050, l’Hexagone pourrait subir des épisodes plus graves et plus nombreux. Des concentrations en ozone ­nocives pour la santé (supérieures à 100 microgrammes par mètre cube d’air) pourraient survenir entre cinquante et cent jours par an en Europe, quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise de ne pas s’exposer plus de vingt-cinq jours par an à de telles valeurs.  Une équipe internationale, dont des chercheurs français du CNRS, du CEA et de l’université Paris-Est Créteil se sont penchés sur la qualité de l’air en 2050, dans le cadre d’un scénario de réchauffement global de 3 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Soit l’hypothèse vers laquelle nous allons si les engagements de baisse d’émissions de gaz à effet de serre de l’accord de Paris sont respectés. L’ozone est un gaz produit sous l’effet du rayonnement solaire à partir des activités humaines (industrie, trafic automobile, peintures…). « Ce n’est pas la seule hausse globale de 3 °C qui influence la qualité de l’air, mais ses causes et ses conséquences : l’augmentation des émissions de polluants accompagnant celles de gaz à effet de serre qui vont créer de l’ozone, notamment les oxydes d’azote et le méthane », explique Robert ­ Vautard, directeur de recherche CNRS à l’Institut Pierre-Simon-Laplace, l’un des coauteurs de cette étude. « Or si la qualité de l’air s’améliore actuellement en Europe, ailleurs les émissions continuent d’augmenter. » combinée à l’absence de vent et aux activités ­humaines, l’ozone se retrouve piégé au sol. Lorsqu’il est présent en trop grande quantité, ce gaz est toxique et irritant. Les plus vulnérables sont les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant de maladies respiratoires et cardiovasculaires. En France, la pollution à l’ozone et aux particules fines cause déjà chaque année 50.000 morts. Le réchauffement climatique accroîtra cette mortalité, avertit l’OMS. « Dans les années 2000, on estime que la pollution à l’ozone a entraîné 400.000 décès par an sur la planète. Selon les projections, avec le réchauffement climatique, ce seront plusieurs millions de morts en 2100″, résument Béatrice Josse et ­Virginie Marécal, chercheuses à Météo France et au CNRS. Si le réchauffement se limite à + 2 °C en 2050, la législation européenne permettra encore de contrer la hausse de concentration en ozone, estime Robert Vautard. « Mais à + 3 °C, ce ne sera plus possible. Du fait des émissions hors du continent, la concentration en méthane doublera et fera bondir la teneur en ozone. Les mesures européennes seront alors très insuffisantes. »

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