Les œufs empoisonnés

Les œufs empoisonnés

 

On le sait mieux vaut ne pas manger d’œufs industriels compte tenu des cocktails alimentaires et chimiques. Surtout avec le scandale des œufs contaminés au fipronil, cet anti parasitaire puissant que l’on met sur les chiens et les chats pour lutter contre les tiques et les puces, affecte aussi la France. «Treize lots d’œufs contaminés au fipronil en provenance des Pays-Bas ont été livrés en France, à deux établissements de fabrication de produits industriels à base d’œufs de la Vienne et du Maine et Loire entre le 11 et le 26 juillet 2017», a reconnu lundi en fin d’après-midi le ministère de l’Agriculture. Les autorités européennes en ont informé Paris ce dimanche. Il ne s’agit pas d’œufs frais mais d’ovoproduits, c’est-à-dire des substituts de l’œuf obtenus après élimination de la coquille et des membranes. Ils servent à la fabrication de produits industriels comme les plats cuisinés ou les gâteaux. Le ministère n’est cependant pas en mesure de dire «si les produits incriminés se sont retrouvés dans le commerce et de quelle quantité il s’agit», indiquant simplement «qu’une enquête est en cours». Par ailleurs, en ce qui concerne les producteurs d’œufs en France, ils ont été informés lundi soir de la gravité de la situation. Le ministère leur a été demandé «de vérifier leurs approvisionnements et de redoubler de vigilance». Des aviculteurs néerlandais et allemands avaient acheté un désinfectant, le Dega-19 à la société Chickfried. Selon les médias belges et néerlandais, la société néerlandaise mise en cause, aurait acheté son désinfectant dans le nord de la Belgique, auprès de la société Poultry-Vision. L’avocat de cette dernière a affirmé à la presse que l’entreprise n’est pas responsable de l’utilisation potentiellement frauduleuse du produit. Poultry-Vision «a correctement informé les acheteurs», a-t-il affirmé. Il n’y a donc que quelques lots concernés en France. En Allemagne, la contamination concernerait près de 10 millions d’œufs au total. Aldi a décidé de retirer tous ses oeufs de la vente, alors que d’autres chaînes comme Lidl, Rewe et Penny avaient choisi de ne détruire que les œufs néerlandais. En Suisse, les deux chaînes de supermarché les plus importantes du pays, Migros et Coop, ont elles aussi retiré tous les œufs d’importation de leurs rayons. En Belgique, près de 86 élevages, soit un quart des poulaillers de poules pondeuses dans le pays, sont suspectés d’être contaminés. Les chaînes Delhaize, Albert Heijn, Colruyt et Aldi ont également retiré de la marchandise des rayons, pour les œufs en provenance de fournisseurs sur lesquels pesaient des doutes. En France, pour l’heure, seul un élevage a été placé sous surveillance par précaution mais dont les œufs n’ont pas été mis à la vente, dans le nord du pays.  Les plus durement touchés sont les aviculteurs néerlandais qui ont déjà subi des pertes de «plusieurs millions d’euros», selon une déclaration vendredi dernier du syndicat des éleveurs de volailles. La Haye a annoncé vendredi dernier qu’elle envisageait, en collaboration avec les acteurs du secteur, le déblocage d’un plan d’aide d’urgence, d’après l’agence de presse néerlandaise ANP. En Allemagne, par ailleurs, les aviculteurs ont dénoncé une «réaction exagérée» de la part d’Aldi (seuls quatre élevages allemands avaient été touchés). La Fédération allemande des agriculteurs a calculé que la décision d’Aldi avait fait perdre 4000 euros en moyenne à chacun des fournisseurs. Pour les éleveurs dont les poules ont été contaminées, il n’y a que deux options pour faire disparaître entièrement l’insecticide: éliminer les poules touchées ou provoquer une «mue» et faire traiter l’évacuation du fumier par un organisme spécialisée afin de préserver l’environnement. En effet, la molécule prohibée se niche dans les graisses des poules et la mue provoquée par la baisse de luminosité fait perdre leurs plumes et leurs gras aux poules, l’efficacité du procédé n’est d’ailleurs pas garantie selon le site agricole néerlandais Boerderij. Les aviculteurs doivent donc plonger les poules dans le noir en attendant que le Fipronil soit évacué. D’autres éleveurs, en général ceux dont les poules sont plus âgées, optent pour la première option. Près de 300.000 poules ont déjà été supprimées aux Pays-Bas selon l’organisation agricole LTO. Un chiffre qui pourrait atteindre un à plusieurs millions avant la fin de la crise si les éleveurs estiment qu’il n’est plus rentable de les maintenir en vie. Plusieurs organisations de défense des animaux néerlandaises ont prévu de manifester ce lundi contre l’abattage par gazage au CO2 de 60.000 poules dans une ferme de Drenthe située au nord-est du pays.

 

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