Areva : procès retardé

Areva : procès retardé

Depuis trois ans la justice enquête sur la falsification des comptes.  Un procès devrait avoir lieu mais il pourrait être retardé avec la mise en examen d’autres responsables que ceux déjà désignés. Pendant ce temps-là, le  sauvetage d’Areva (qui a cumulé presque 10 milliards de déficit en quelques années) est lancé avec  l’augmentation de capital de 5 milliards d’euros qui permettra au groupe nucléaire d’éviter la faillite. Après des conseils d’administration d’EDF et d’Areva, l’Etat a lancé le processus qui doit lui permettre d’injecter au total 4,5 milliards d’euros dans l’entreprise.  L’opération sera effectuée en deux temps. Dès mercredi soir, l’Etat a déjà souscrit à une première augmentation de capital de 2 milliards d’euros d’Areva SA, la structure dans laquelle ont été logés les actifs risqués du groupe (le contrat de l’EPR en Finlande et ses contentieux, ainsi que les risques liés aux anomalies sur les dossiers de l’usine du Creusot). Une opération qui sera partiellement réalisée via la transformation, en fonds propres, des 1,1 milliard d’euros prêtés par l’Etat à la société depuis le début de l’année pour assurer ses fins de mois. Dans un second temps, et au plus tard le 31 juillet, l’Etat souscrira à l’augmentation de capital du nouvel Areva (NewCo) recentré sur le cycle du combustible, qui porte sur 2,5 milliards d’euros. L’opération s’accompagnera du versement de 500 millions d’euros par les deux investisseurs japonais MHI et JNFL, qui se sont engagés à prendre chacun 5 % du capital de la nouvelle structure. Mais cette dernière transaction ne peut contractuellement être réalisée qu’après la cession de la division réacteurs (Areva NP, rebaptisée « NewNP ») à EDF : les 500 millions seront versés dans une fiducie et intégrés au capital de la société une fois cette vente finalisée, fin 2017. Mercredi matin, devant la commission des finances de l’Assemblée Nationale, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait qualifié la gestion d’Areva de « scandaleuse », dénonçant « la manière dont cette entreprise publique a été gérée et le coût que cela représente pour les finances publiques ». Areva était dirigée pendant une dizaine d’années par la socialiste. Anne Lauvergeon, ancienne conseillère de Mitterrand. La responsabilité des anciens dirigeants et donc largement engagés notamment à propos de la valorisation de la société minière Uramin, qui détenait des gisements d’uranium en Afrique. Achetée en 2007 pour 1,8 milliard d’euros, elle a été dépréciée dans les comptes d’Areva à deux reprises en 2011. L’ancien patron de la filiale des mines de l’époque, Sébastien de Montessus, avait réclamé ces provisions pour pertes en 2009 et 2010. Devant les juges, il a assuré que la présidente d’Areva, Anne Lauvergeon avait refusé de le faire pour éviter un scandale financier alors qu’elle militait pour être reconduite à son poste mi-2011. L’an passé, les trois juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke, Claire Thépaut et Charlotte Bilger ont mis en examen Anne Lauvergeon pour « publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations » ainsi que son numéro deux, Gérald Arbola pour les mêmes motifs. L’ex-directeur financier Alain-Pierre Raynaud l’a été pour « complicité ». Le 23 mars dernier, les juges ont signifié avoir terminé leur instruction. « Ils étaient prêt à renvoyer en procès, tout le monde s’y préparait » expliquent plusieurs sources proches du dossier.

 

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