Nucléaire : Hulot contredit par Philippe

Nucléaire : Hulot contredit par Philippe

 

Il n’aura pas fallu longtemps pour que le Premier ministre Édouard Philippe contredise Hulot concernant la perspective de fermeture de 17 réacteurs nucléaires d’ici 2025. Certes Hulot avait pris des précautions oratoires en indiquant « peut-être » la fermeture de 17 réacteurs. Pour autant, cette proposition paraît intenable. Il s’agit seulement d’un calcul de coin de table qui conclut que pour respecter l’objectif d’une production nucléaire limitée à 50 % du total au lieu de 75 % aujourd’hui il convenait de fermer les réacteurs représentant les 25 % en cause. Aucune logique économique, aucune logique énergétique dans les propositions du ministre de l’écologie qui contrairement à ce qu’il affirme n’est pas le décideur en la matière. Certes chacun comprend qu’il faille développer les énergies alternatives pour autant ce développement ne peut s’effectuer que de manière cohérente d’un point de vue technique et d’un point de vue économique. On ne fermera sans doute pas 17 réacteurs faute d’offre de substitution d’ici 2025. De ce point de vue les propos de Nicolas Hulot sont aussi irresponsables que ceux de Ségolène Royal : volontaristes sur le papier mais complètement irréalistes. En cause, le rythme de monter en puissance des énergies  alternatives dans certaines sont loin d’être compétitives. Pire, pour l’éolien par exemple EDF sera contraint d’acheter l’électricité à trois fois le prix du marché. Une situation qui évidemment ne pourra durer et surtout s’appliquer au nombre d’éoliennes envisagées entre (on prévoit de doubler le parc pour un cout de l’ordre de 50 milliards payés au par EDF. En cause surtout la situation financière dramatique d’EDF qui ne pourra ce disperser dans tous les modes de production électrique et devra chercher en priorité à rentabiliser le parc nucléaire existant notamment en prolongeant comme c’est prévu la durée d’existence d’une vingtaine d’années. Cela grâce notamment au Grand carénage qui coûtera de leur de 50 milliards. Ajoutons qu’EDF doit aussi faire face à son endettement énorme d’environ 40 milliards, il doit aussi financer le site d’enfouissement de Bure dont le coût est aussi de leur de 50 milliards, financé aussi l’EPR Flamanville (10 milliards) et de Hinkley Point en Angleterre (coût de 24 milliards dont 66% pour EDF)  dans les couts ne cessent de dériver, financer aussi la remise à niveau d’AREVA.   Pour ne pas trop contredire Nicolas Hulot, le premier ministre à diplomatiquement indiqué que Le gouvernement attendra que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rende son avis sur la prolongation des réacteurs du parc français fin 2018 ou début 2019 pour se prononcer sur la fermeture de certains d’entre eux, a déclaré Edouard Philippe dans un entretien aux Echos. Dans cette interview, le chef du gouvernement tempère donc sérieusement les propos de son ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui avait évoqué lundi la possibilité de fermer « peut-être jusqu’à 17 réacteurs ».   »Nous devons aussi engager les discussions avec les acteurs de la filière, à commencer par EDF », ajoute-t-il. « Des centrales fermeront mais je ne peux pas vous dire lesquelles. Il faut être prudent : cette décision devra tenir compte non seulement d’éléments techniques sur les centrales, mais aussi du niveau attendu de la consommation énergétique ou du développement des autres modes d’électricité », précise encore le premier ministre.

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