Archive mensuelle de mai 2017

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Contre le nouveau gouvernement, le retour du gauchisme

Contre le nouveau gouvernement, le retour du gauchisme

 

 

 

 

 

Hollande aura au moins réussi sur un point à limiter l’influence du gauchisme grâce à l’art de la synthèse molle. Pour Macron, ce pourrait être très différent car les gauchistes n’entendent pas accorder le moindre état de grâce ;  Pire, ils ont même commencé à manifester le jour de la commémoration du 8 mai 45 contre la politique supposée de Macron. Une politique supposée car la nature et l’ampleur des mesures que prendra Macron  dépendra largement du rapport de force qui se dégagera des législatives. La plupart de ces mesures nécessite une loi et donc l’intervention du Parlement. Un nouveau mouvement syndical qui crie avant d’avoir mal, avant même toute décision et avant même toute concertation. En réalité, il ne s’agit pas vraiment d’un mouvement syndical mais de son instrumentalisation par les gauchistes étatistes de la CGT, des étudiants de l’UNEF et de Mélenchon. Une manière de reconvertir la défaite politique des gauchiste aux présidentielles et de la transposer sur le terrain social. Il s’agit là de la principale difficulté à laquelle devra faire face Macron. Certes les gauchistes sont minoritaires dans le pays ; pour preuve, la montée des syndicats réformistes et notamment la première place désormais par la CFDT  dans les entreprises du privé.  Bien que minoritaires les gauchistes représentent un énorme pouvoir de nuisance, ils peuvent être capables de détruire la  confiance nécessaire au redressement du pays. Il faudra à Macron engager  un dialogue social en profondeur pour  neutraliser  les forces du refus et du déclin. A Paris Environ 1.600 personnes, selon la police, ont donc déjà défilé lundi entre les places de la République et de la Bastille, à Paris, pour lancer un premier avertissement social à Emmanuel Macron, au lendemain de son élection à la présidence de la République. Plusieurs syndicats dont la CGT, Sud et l’Unef, réunis dans le collectif Front social, avaient appelé à lancer un message au fondateur du mouvement En Marche !, élu dimanche avec 66,1% des voix contre la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen. « En Marche vers la guerre sociale », « Nos voix ne rentrent pas dans leurs urnes », « L’Etat n’est pas une entreprise », pouvait-on lire sur des banderoles brandies par les manifestants, encadrés par un important dispositif de sécurité. Dès l’annonce des résultats dimanche soir, les centrales syndicales ont mis en garde le président élu contre un « troisième tour social », en particulier s’il légifère par ordonnances sur le droit du travail.   »S’il persiste dans l’idée de faire des ordonnances au mois de juillet, ça veut dire qu’il va balayer le dialogue social et la concertation : il y aura problème d’une manière ou d’une autre, donc on attend de voir », a déclaré lundi sur franceinfo le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. « Je ne vois pas quelle est l’organisation syndicale, quelle qu’elle soit aujourd’hui, sans parler du fond, qui peut accepter que ça passe à la schlague avec des ordonnances », a-t-il ajouté reprenant ainsi le vocabulaire du Front National

L’inversion de la courbe du chômage réalisée ?

L’inversion de la courbe du chômage réalisée ?

 

Avec Sarkozy, on était à un taux de chômage de 9,7 ;  à la fin du mandat de François Hollande,  on serait revenue à 9,6 %. Un écart infime d’autant que l’évaluation du chômage est relativement approximative. Notamment du fait de ce que l’on nomme le « Halo du chômage ». L’Insee reconnaît ne pas prendre le halo dans sa définition du chômage et le calculer de manière séparé. Il regroupe des personnes en situation de travail occasionnel ou de sous-emploi mais aussi des individus classés comme « inactifs » non disponibles pour travailler dans les deux semaines suivant une offre de travail ou car ils ne recherchent pas d’emploi de manière active. Ce halo est en augmentation constante avec plus de 20.000 personnes en plus au premier trimestre 2017 et 58.000 sur un an. Il n’a pas cessé d’augmenter depuis 2009. Plus de 1,5 million de personnes en font partie sans toutefois être comptabilisées comme chômeurs par l’Insee. Pôle emploi a une autre mesure du chômage, qui estime le nombre de chômeurs de longue durée à plus de 3,5 millions en France contre 2,7 millions pour l’Insee. Certes on recommence à créer des emplois nets dans le secteur marchand, des créations qui pourraient se situer entre 50 000 et 100 000 sur un an. Mais des perspectives bien insuffisantes pour résorber les 7 à 8 millions réels de personnes inactives ou n’effectuant que de très petits boulots. Il faudra bien autre chose pour régler de manière plus significative le problème numéro un du pays. Pour cela il faut dynamiser la croissance de 1,5 à 2 % par an (en plus des 1,4 % prévus par exemple en 2017) et créer 500 000 emplois nets par an. C’est le défi du pays est celui auquel sera confronté pour l’essentiel le nouveau gouvernement

 

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Sondage gouvernement Macron : large soutien de 70% des Français

Sondage gouvernement Macron : large soutien de 70% des Français

Sept Français sur dix (69%) approuvent la nomination, lundi, de l’élu de droite Edouard Philippe au poste de Premier ministre et la composition de son gouvernement pluriel, selon un sondage Odoxa pour France Info publié vendredi. Approuvé à 75%, le choix de Nicolas Hulot pour le poste de ministre de la Transition écologique et solidaire est particulièrement apprécié au sein d’un gouvernement paritaire, ouvert à la société civile et à différents bords politiques. Confirmant une tendance annoncée par d’autres sondages, une enquête Opinionway-Orpi pour Les Echos et Radio Classique diffusée jeudi donne les candidats REM en tête (27%) des intentions de vote pour le premier tour, devant ceux des Républicains et du Front national, à égalité avec 20%, REM obtiendrait entre 280 et 300 sièges à l’Assemblée nationale, les Républicains et leurs alliés centristes de l’UDI entre 150 et 170 sièges, le Parti socialiste et ses alliés entre 40 et 50 sièges, la France insoumise alliée au Parti communiste entre 20 et 25 sièges, le Front national entre 10 et 15 sièges. La majorité absolue à l’Assemblée est de 289 sièges.

Sondage Marseille : Mélenchon en tête

Sondage Marseille : Mélenchon en tête

 

Selon une enquête Harris Interactive pour France Télévision diffusé jeudi soir, le leader de La France insoumise recueillerait 33% des intentions de vote au premier tour dans la 4e circonscription, loin devant la candidate de la République en marche (26%), Corinne Versini. Il distancerait encore davantage le député socialiste sortant, Patrick Mennucci, qui n’engrangerait que 13% des voix, tandis que les candidates du Front national (12%) des Républicains/UDI (9%) seraient réduites à un rôle de figuration. Patrick Mennucci a dit « n’accorder que peu d’importance à ce sondage » sur l’antenne de France Bleu Provence. Au second tour, Jean-Luc Mélenchon s’imposerait en duel face à Corinne Versini, seule hypothèse testée, avec 56% des intentions de vote contre 44% à son adversaire. Ce premier sondage semble légitimer le choix du leader de La France Insoumise de se présenter sur une circonscription populaire, un bastion historique de la gauche qui regroupe les 1er, 2e et 3e arrondissements de Marseille et une partie des 5 et 6e arrondissement de la ville. Jean-Luc Mélenchon y était arrivé en tête avec 39,09% des voix au premier tour de la présidentielle.

Notre-Dame-des-Landes : une médiation pour un renoncement (Retailleau)

Notre-Dame-des-Landes : une médiation pour un renoncement (Retailleau)

Bruno Retailleau croit que cette « médiation », annoncée par Hulot, est « une grosse ficelle pour tuer le dossier si c’est une médiation de renoncement, pour enterrer le projet, alors on n’est pas du tout d’accord et on s’y opposera de toutes nos forces », a prévenu celui qui est également président du Syndicat mixte aéroportuaire (SMA), qui regroupe toutes les collectivités locales qui financent le projet. « Si le pouvoir d’une médiation est supérieur à celui d’une décision de justice, si elle prime sur le vote de nos concitoyens, alors il n’y a plus d’État de droit, il n’y a plus de démocratie », a mis en garde l’ancien bras droit de François Fillon lors de la campagne de l’élection présidentielle. Le président de la région Pays de la Loire a par ailleurs assuré « ne pas être un fanatique de Notre-Dame-des-Landes ». « S’il y avait une bonne solution ailleurs, cela ferait longtemps qu’on l’aurait acceptée », a-t-il dit. « Et, si le réaménagement de [l'actuel aéroport] Nantes-Atlantique était faisable, je serais le premier à prendre une pelleteuse et faire moi-même les travaux », a-t-il ajouté. Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, a estimé jeudi soir sur France 2 qu’il existait des « alternatives » au projet, auquel il avait dit son hostilité avant sa nomination dans le gouvernement d’Edouard Philippe. « Ma conviction, c’est qu’il existe des alternatives, mais la médiation qui va démarrer, probablement en fera la démonstration », a-t-il dit. « Toutes les solutions et les options sont sur la table. Ma conviction, c’est qu’on n’a pas étudié toutes les alternatives ».

Engie-RWE, la nouvelle alliance Franco allemande

Engie-RWE, la nouvelle alliance Franco allemande

L’illustration de la volonté de Macron de renforcer la coopération avec l’Allemagne avec la  possible création par le français Engie et l’allemand RWE. Une telle alliance, susceptible de séduire l’aile droite de son gouvernement, permettrait en outre de doter l’ancien Gaz de France de compétences supplémentaires dans les énergies renouvelables, que la France s’est engagée à développer. Selon des sources proches du dossier, l’un des schémas envisagés verrait Engie prendre une participation dans Innogy, filiale spécialisée dans la gestion des réseaux et les renouvelables de RWE, ce dernier devenant en retour actionnaire d’Engie. L’opération entraînerait une dilution de la part de l’Etat, qui possède actuellement 28,65% du groupe français. Discutée avant la présidentielle, ce rapprochement donnerait naissance à un « Airbus de l’énergie », un géant franco-allemand que les dirigeants français ont longtemps appelé de leurs voeux, en particulier le précédent chef de l’Etat, François Hollande. « On s’oriente certainement vers une ère de coopération renforcée entre la France et l’Allemagne. Cela me paraît un bon point », souligne un spécialiste de ce genre de dossiers. Plusieurs opérations de ce type ont eu lieu pendant le quinquennat de François Hollande, dont Emmanuel Macron fut le conseiller puis le ministre de l’Economie, notamment la fusion en 2015 entre le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) dans l’industrie de l’armement. Le rachat en cours du constructeur automobile allemand Opel par PSA illustre également ce mouvement. Une alliance entre Engie et RWE illustrerait la volonté affirmée par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel d’obtenir des résultats rapides et concrets dans la relation bilatérale, l’Union européenne et la zone euro.

Sondage popularité: Trump au plus bas

Sondage popularité: Trump au plus bas

Selon un sondage Reuters/Ipsos publié vendredi 38% des personnes interrogées disent approuver l’action du nouvel occupant de la Maison blanche, tandis que 56% la désapprouvent, le reste disant avoir des « sentiments partagés ». Au sein des républicains, la proportion de personnes disant désapprouver l’action de Donald Trump est passée de 16% la semaine dernière à 23%. La cote de popularité de Donald Trump est tombée à son plus bas niveau depuis son investiture le 20 janvier.  Le président américain et sa pratique présidentielle font l’objet de nombreuses critiques, qui se sont accentuées depuis le renvoi surprise du directeur du FBI James Comey le 9 mai dernier et les révélations en cascade qui ont suivi. Le président est à présent accusé d’avoir exercé des pressions sur James Comey pour lui demander de mettre un terme aux investigations lancées sur les contacts russes de son ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Donald Trump, qui entame ce vendredi son premier déplacement à l’étranger, a critiqué jeudi la désignation d’un procureur spécial chargé d’enquêter sur les liens entre son entourage et la Russie, la présentant comme la « plus grande chasse aux sorcières » de l’histoire des Etats-Unis.

Dérive totalitaire au SNPL

Dérive totalitaire au SNPL

 

Les membres du bureau exécutif du SNPL national du SNPL ont démissionné ce jeudi. L’enjeu :  le SNPL d’Air France veut mettre la main sur le SNPL national en même temps freiné le développement de nouvelles compagnies.  Cette décision traduit les querelles internes au sein du syndicat depuis de longs mois l’élément déclencheur a été le traitement l’affaire des pilotes du SNPL de HOP,  la filiale régionale d’Air France, soupçonnés en début d’année, après une plainte déposée en interne, de s’être fait payer des heures supplémentaires en utilisant des jours de délégation syndicale. Un conseil de discipline, interne au SNPL (mais indépendant du bureau et du conseil du syndicat) avait prononcé des sanctions à l’encontre de cette  quinzaine de syndicalistes, en excluant notamment plusieurs membres du bureau du SNPL de HOP, dont le président et le vice-président. Des sanctions remises en cause en appel par le conseil national du SNPL le 5 avril dernier, qui, en classant cette histoire sans suite, désavouait complètement le conseil de discipline. Tous les syndicalistes soupçonnés ont été blanchis, et le président du SNPL de HOP a reçu un simple avertissement. Pour le bureau du SNPL qui s’est exprimé dans un tract, « ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », le poussant à démissionner aujourd’hui. Cette histoire de HOP n’est que le point culminant d’une lutte interne entre le bureau du SNPL Air France, présidé par Philippe Evain (rejoint par le bureau de HOP) et le bureau national, présidé par Erick Derivry. L’an dernier, en juillet, Philippe Evain et d’autres membres du bureau Air France avait déjà tenté d’avoir sa tête. Pour certains pilotes, au-delà des rivalités personnelles, cette guerre ouverte cachait différentes conceptions du rôle du SNPL national. Pour Philippe Evain, expliquent-ils, le bureau national doit travailler main dans la main avec Air France, le membre le plus influent du SNPL dans l’Hexagone (50% des pilotes et 70% des cotisations), voire être à son service. Le bureau Air France n’a cessé de déplorer en effet que le bureau du SNPL national et plus particulièrement Erick Derivry ne suivait pas sa ligne politique, voire d’agir contre le bureau Air France.

Au FN, la guerre entre les souverainistes et les identitaires

Au FN, la guerre entre les souverainistes et les identitaires

 

Deux clans  s’affrontent et  pourraient bien faire éclater le FN. Marine Le Pen, juge  elle-même qu’une « réflexion » devait être menée au sein de son mouvement sur la sortie de la monnaie unique. « Nous allons devoir en tenir compte, discuter, réfléchir (…). Ça sera le chantier que nous ouvrirons après les législatives, ça sera le congrès. Chacun pourra s’exprimer. » En vérité,  le débat est déjà largement lancé avec d’un côté Philippot qui menace de démissionner pour le cas où le Front National reviendrait sur sa décision d’abandonner l’euro. Philippot qui vient d’ailleurs de lancer son propre mouvement. Face à Philippot, les identitaires prêts à n’importe quelle concession sur le plan économique à condition de recentrer le Front National sur ce qui fait son fonds de commerce à savoir le racisme. Le mea culpa de Marine Le Pen sur sa posture face à Macron cache mal le virage fondamental que pourrait prendre le Front National vis-à-vis de l’Europe. D’un côté, Florian Philippot et ses partisans. De l’autre, les cadres du FN réputés plus «  libéraux »  sur le plan économique. Le parti d’extrême droite se prépare à un débat musclé sur la question d’une sortie de l’euro, défendue jusque-là par Marine Le Pen. Sauf que la présidente frontiste l’a affirmé jeudi sur TF1, en reprenant la parole pour la première fois depuis sa défaite au second tour de l’élection présidentielle : « J’ai bien conscience que le sujet de l’euro a inquiété considérablement les Français, et même de manière presque irrationnelle. Mais c’est un fait et nous allons devoir en tenir compte, nous allons devoir discuter mais  . Florian Philippot a ainsi réaffirmé sur BFMTV et RMC qu’il ne pourrait plus rester dans ce parti si une sortie de l’euro était abandonnée. « Je ne me contredis pas à une semaine d’intervalle, ce n’est pas mon genre », a fait valoir le numéro deux du FN, en charge notamment de la stratégie, tout en assurant ne pas faire du « chantage ». L’autre camp, lui, est prêt à abandonner le retour au franc et Philippot avec !, sur LCP, le député Gilbert Collard a déclaré   »Je suis tout à fait favorable à l’idée qu’on affirme une fois pour toutes que l’euro mourra de sa vilaine mort mais [il ne faut] plus dire qu’on veut sortir de l’euro, les gens sont habitués à cette monnaie, ça les angoisse », a déclaré l’ancien avocat. « L’opinion publique n’en veut pas! », a-t-il lui aussi tranché, ironisant sur les menaces de départ de Florian Philippot. « Je voudrais qu’il reste, d’abord qui on enverrait dans les émissions de télé? » Plusieurs élus avaient eux aussi « pris acte » de la nécessité de faire évoluer le programme économique du Front national.

« PCF, la mort et le néant » : (Mélenchon)

« PCF, la mort et le néant » : (Mélenchon)

La guerre succède à une lune de miel entre le parti communiste et Mélenchon qui ne fait pas dans la dentelle dans un SMS type Poutine ou Trump de gauche. C’est Le Canard enchaîné qui a révélé le message en question, soulignant qu’il avait été envoyé le 4 mai, soit quelques jours avant l’annonce officielle de l’échec des négociations pour les législatives. « Vous créez la confusion dans tout le pays en vous appropriant mon portrait et mon nom sans parler du logo Front de Gauche ! Bravo l’identité communiste ! Tout ça pour après des mois d’injures et manœuvres pour (sic) saboter ma campagne. Et vous recommencez ! Vous êtes la mort et le néant. Dix mois pour me ‘soutenir’, dix minutes pour soutenir Macron. Sans oublier les accords que vous ne respectez pas. J’en ai assez. Je vais donc annoncer notre rupture politique dès mon retour à Paris. Et je vais dire pourquoi. »

Dirigeants d’entreprises trop payés, la révolte des actionnaires ? (Proxinvest)

Dirigeants d’entreprises trop payés, la révolte des actionnaires ?  (Proxinvest)

 

Il faut s’attendre à la révolte des actionnaires car certains dirigeants d’entreprises sont trop payés d’après l’interview sur BFM  de  Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest . 

 

 

 

Quelles entreprises ont du souci à se faire à propos du vote de la rémunération de leurs dirigeants aux AG 2017?

Loïc Dessaint: Nous trouvons que la rémunération a un peu trop augmenté chez Total. Avec plus de 6 millions d’euros, Patrick Pouyanné a dépassé le niveau de rémunération de son défunt prédécesseur, Christophe de Margerie. Cette hausse nous ennuie parce que, si on regarde la performance du groupe sur 4-5 ans, la chute de l’activité est phénoménale, ses bénéfices ont plongé. L’argument de la direction est que Total a mieux performé que ses concurrents sur 2016. Mais pour nous, des bénéfices qui chutent moins vite que ceux du secteur ne justifient pas une telle augmentation.

Nous sommes aussi déçus de constater que la rémunération de Carlos Ghosn chez Renault bouge à peine, en dépit de la défiance des actionnaires exprimée l’année dernière. Ce niveau de rémunération reste trop élevé à notre avis, parce qu’il a deux jobs, un chez Nissan, un chez Renault. Donc il ne consacre pas tout son temps à la marque française, mais touche quand même le double de ce que gagnent les patrons les mieux payés du CAC 40.

Et surtout, nous sommes extrêmement choqués par ce qui se passe chez Solocal, l’ex-Pages jaunes. L’entreprise avait une dette énorme, elle a dû être restructurée, les actionnaires ont versé presque 400 millions d’euros pour la recapitaliser, et il en reste autant à rembourser. L’année dernière, la rémunération du dirigeant a été rejetée. Et cette année, elle accorde un plan d’action gratuite sur 6% du capital pour les cadres et dirigeants. Pour nous, c’est presque de l’abus de bien social. En tout cas un manque de décence inouïe, qu’on ne comprend pas.

Votre cabinet conseille ce vendredi aux actionnaires de Valeo de voter contre la rémunération de son PDG, Jacques Aschenbroich, en dépit de ses résultats excellents. Pourquoi?

Ses performances sont exceptionnelles, et la transparence de ses rémunérations est bonne, deux critères qui justifient à nos yeux que le dirigeant obtienne un bonus maximal. Ce qui nous dérange, c’est le montant de sa rémunération comparé à la taille de l’entreprise. Nous considérons que la rémunération fixe du dirigeant ne doit pas excéder la médiane du CAC 40, qui est de 1 million d’euros par an -c’est le cas pour Valeo- et que la part variable ne doit pas dépasser 150% du fixe, donc 1,5 million. Ici, Jacques Aschenbroich a obtenu un peu plus de 160%.

Alors ce n’est pas beaucoup plus, mais s’y ajoute une rémunération sous forme d’actions gratuites de 2,7 millions. C’est plus que le double de 2015 (1,2 million). C’est énorme. Au total, sa rémunération augmente de 59% sur un an. Du coup, le PDG de Valeo va devenir le 2e patron le mieux payé du CAC 40, alors que son entreprise n’est que la 34e capitalisation de l’indice parisien, en queue de peloton. Voilà pourquoi on conseille contre sa rémunération, presque à contrecœur, parce qu’on n’aime pas voter contre quelqu’un qui est bon. D’ailleurs on dit bien que ce n’est pas le PDG qui est à blâmer, mais plutôt les membres du comité de rémunération de Valeo. Son président, Georges Pauget, nous avait d’ailleurs laissé un mauvais souvenir quand il dirigeait le Crédit Agricole.

Comment fixez-vous ces politiques de vote, ces plafonds très précis… Comment se passe la cuisine interne chez Proxinvest?

Ici à Paris, nous sommes une quinzaine d’analystes à passer notre année à éplucher les documents de référence des entreprises, des pavés de 500 à 900 pages. Depuis 20 ans maintenant, on fait un rapport annuel sur la rémunération des dirigeants français, on observe les montants, les comportements depuis la fin des années 90. Nous calculons des médianes, des moyennes. Bref, nous sommes devenus des experts pour identifier les meilleures pratiques, celles qu’on va mettre en avant auprès de nos clients investisseurs.

Justement, on en discute avec ces derniers, ces sociétés de gestion, ces caisses de retraite, des mastodontes qui gèrent jusqu’à plusieurs centaines de milliards d’investissement. On débat avec eux. Ensuite, nos principes sont examinés par notre comité d’orientation. Il compte une douzaine de membres: des investisseurs clients ou non de Proxinvest, un ancien de l’Autorité des marchés financiers, des représentants de sociétés cotées, des opérateurs d’indices boursiers, des professeurs de droit, et un actionnaire de société familiale. Ils nous apportent beaucoup, grâce à leur recul et leur expérience. Proxinvest rencontre en outre une soixantaine de sociétés cotées pour leur présenter notre politique de vote, et on ajuste en fonction de nos échanges. Enfin, notre conseil de surveillance a le dernier mot.

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