Fillon parle social

Fillon parle social

 

Fortement critiqué pour sa radicalité tant dans l’opinion qu’au sein même de son parti notamment par les sarkozyste,  François Fillon tente d’opérer un virage social. En outre,  il a ouvert davantage son appareil de direction aux anciens partisans de Sarkozy. Un virage indispensable s’il ne veut pas continuer à se tasser dans les sondages au point même d’être un peu menacé par Macron. François Fillon n’a sans doute pas tort de  considérer que les inégalités et la misère se nourrissent  surtout de la situation du chômage. Il n’a pas tort non plus quand il fait de la formation l’outil fondamental de l’adaptation aux évolutions structurelles. Par contre, il devient un peu caricatural quand il réduit la jeunesse à ceux  qui choisissent de s’expatrier.   »Il faut entendre leur colère à l’égard d’un système qui les ligote. (…) Il faut entendre cette jeunesse qui ne sait pas si elle est condamnée au chômage ou à tenter sa chance à Londres, à Barcelone ou à New York », a-t-il lancé, accusant François Hollande d’avoir « trahi » les jeunes. « Je veux que tous les Français aient un travail et pour atteindre le plein emploi, il y a plusieurs outils : il y en a qui est fondamental, c’est la formation professionnelle et l’apprentissage et l’alternance », a-t-il poursuivi. Dans son programme, François Fillon souhaite faire de l’apprentissage « la voie royale d’accès à l’emploi ». La France compte actuellement 400.000 apprentis contre 800.000 au Royaume-Uni et 1,5 million en Allemagne. Le candidat vise à terme le niveau allemand en détachant notamment la gestion des 1.500 lycées professionnels de l’Education pour la confier aux régions et aux branches professionnelles et en alignant les conditions de travail des apprentis sur celles des autres salariés. François Fillon a bien raison d’insister sur ce rôle stratégique de la formation. Par contre on reste dubitatif quand il se réfère à des personnalités politiques aussi différentes que Thatcher, Tony Blair ou l’ancien chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005), artisan d’une vaste réforme de libéralisation du marché du travail. Visiblement Fillon balance entre une approche clairement libérale et une démarche social-démocrate. Bref un difficile équilibre entre radicalisme (imposé  par les ordonnances qu’il prendra dès son élection) et un compromis avec les forces sociales. Une contradiction que révèlent encore cette déclaration « Je veux vous inviter à revoir l’avenir en grand. (…) Le piège, c’est le compromis, la réforme molle, le refus d’aller au bout », a-t-il souligné, ne reniant rien de sa méthode tout en en arrondissant les angles. L’exercice n’est évidemment pas facile car s’il accentue trop son virage social il risque de porter atteinte à sa posture de réformateur dur ; inversement s’ils conservent son intention d’agir avec brutalité, il risque d’hypothéquer son image de rassembleur.

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