Pétrole : YO-YO en baisse

Pétrole : YO-YO en baisse

 

Comme c’était prévisible le pétrole continue d’être agité par des mouvements de yo-yo avec cependant une petite reprise en 2017 qui devrait situer les cours entre 50 et 55 dollars. Les cours qui avaient enregistré une hausse ces dernières semaines suite à l’accord des producteurs connaissent cependant une baisse sur les contrats de février et mars. A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a cédé 2,16 dollars à 54,94 dollars sur le contrat pour livraison en mars à l’Intercontinental Exchange (ICE).  Une certaine incertitude règne sur la capacité des pays producteurs à mettre en œuvre des baisses de production, a mis en avant Gene McGillian, de Tradition Energy, en référence aux pactes conclus fin 2016 par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Le cartel a fait entrer en vigueur le 1er janvier deux accords, l’un en son sein et l’autre avec des pays extérieurs comme la Russie, pour réduire la production générale, mais des doutes demeurent sur leur concrétisation, faute de données concrètes avant la fin du mois. En premier lieu, on a pris connaissance de chiffres élevés sur les exportations irakiennes, notamment du terminal de Bassorah dans le Sud, a rapporté M. Yawger. Certes, ces chiffres remontent à décembre, mais ils font craindre un manque de volonté de l’Irak, à qui les accords de l’OPEP imposent une forte baisse de production alors qu’il avait semblé traîner des pieds lors des négociations. Parmi les pays qui se sont engagés à réduire leur production, l’Irak pourrait être le premier à excéder ces quotas dès le début, a expliqué M. Yawger. C’est vraiment ce qui inquiète le marché.  Les observateurs s’inquiétaient aussi des intentions de l’Iran, même s’il est exempté de réduire sa production après avoir fait son retour l’an dernier sur le marché mondial à la suite de la levée de sanctions, car des articles de presse ont fait état de ventes élevées à l’international le mois dernier. De plus, ce qui commence à faire consensus, c’est que la production va augmenter aux Etats-Unis, comme en témoigne l’accélération des forages depuis six mois, a ajouté M. McGillian.  Selon un décompte établi chaque vendredi par le groupe Baker Hughes, le nombre de puits en activité aux Etats-Unis a encore augmenté la semaine dernière, laissant craindre que les producteurs américains profitent de la place laissée par l’OPEP et les autres signataires des accords de baisse de l’offre. Reste que le marché continue à se maintenir entre 50 et 55 dollars, a relativisé M. McGillian. Plusieurs analystes avançaient que le repli de lundi obéissait largement à des raisons techniques, les investisseurs évitant de pousser leur avantage après un bond des cours au plus haut depuis un an et demi.  Il faut garder à l’esprit que c’est un marché sur lequel il y a eu beaucoup de paris à la hausse, ce qui l’expose à des replis dès que le ton de l’actualité apparaît moins favorable, a remarqué M. Yawger.  De fait, parallèlement aux mauvaises nouvelles de l’Irak ou de l’Iran, d’autres pays producteurs ont envoyé des signaux a priori positifs, sans que le marché paraisse y réagir. Le marché ne réagit plus à des annonces de baisse de production chez des pays de la péninsule arabique, notamment l’Arabie saoudite et le Koweït, a souligné dans une note Tim Evans, de Citi, citant aussi des annonces semblables en Russie. Mais les principales incertitudes sur les cours sont liées aux interrogations quant à la vigueur de la croissance mondiale aussi aux spéculations.

(Avec AFP)

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