« 2017 : Changer le travail » une réflexion de bobos de gauche

« 2017 : Changer le travail » une réflexion de bobos de gauche

 

 Il est intéressant de lire la tribune de bobos de gauche parue dans Libération  pour montrer quels sont les fondements de la pensée hors sol de certains politiques. Aussi le décalage complet entre les réalités sociales, voire sociétales et les penseurs de la société « nouvelle ». On notera d’abord que la démonstration est essentiellement littéraire, aucune donnée, aucun argument réellement économique. Et pour cause, on ne compte guère d’économistes parmi les rédacteurs. Pas davantage de représentants du monde professionnel. Cette tribune illustre bien le décalage énorme entre les préoccupations sociales réelles et les promoteurs d’une pensée qui vise à affaiblir le concept de travail voir à lui denier toute valeur. On comprend mieux alors  l’obsolescence de la pensée de gauche produit essentiellement des élucubrations de bobos qui n’ont qu’un rapport très s’approximatif avec le monde productif. Sans parler de l’impasse totale qui est faite de la dimension internationale. Observons aussi que si la préoccupation de modification qualitative des conditions de travail est légitime ; par contre, les propositions faites sont un peu courtes.

Tribune par Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques , Dominique Méda, professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine , François Desriaux, rédacteur en chef du magazine Santé & Travail , Pascal Lokiec , professeur de droit à l’université Paris-Ouest-Nanterre-la-Défense et Martine Chantecaille, professeure de philosophie :  

 

« …Politique de l’offre, baisse du «coût du travail», allégement des cotisations (des fameuses «charges» dont le nom occulte l’origine sociale, trop sociale), flexibilité accrue, augmentation du temps de travail : on connaît la chanson de la «modernité» que les «outsiders» devraient nécessairement accepter pour entrer dans le monde des «insiders». Or, si le chômage est un fléau et constitue à juste titre l’une des préoccupations majeures des citoyens, non seulement ces «réformes» n’ont pas fait leur preuve en matière de création d‘emplois mais elles passent plutôt à côté des transformations qu’il serait nécessaire de mener. Disons-le clairement : sans prise en compte de la réduction du temps de travail, on se prive d’un dispositif qui a le mérite de créer des emplois en partageant le travail au lieu de le concentrer dans les mains de ceux que l’on incite trop souvent, au contraire, au prix d’une défiscalisation problématique à plus d’un titre, à «travailler plus» pour gagner un peu, beaucoup, ou pas du tout plus… Partager le travail donc et permettre ainsi simultanément à tous de consacrer davantage de temps à des activités diverses relevant de la sphère privée (où les obligations domestiques sont loin d’être encore équitablement réparties !) ou de la sphère sociale. Mais, aussi souhaitable et nécessaire la réduction du temps de travail soit-elle, une véritable «politique du travail» ne peut, toutefois, s’en tenir à cet aspect quantitatif et occulter l’importance de la question qualitative et du mode d’organisation de cette activité. Faire, en effet, «comme si» certaines formes d’organisation néolibérales n’entrainaient pas de graves souffrances mentales et éthiques conduisant à des pathologies mentales (dépression, burn-out…) voire au suicide, revient à ne pas prendre en considération des problèmes que des milliers de citoyens rencontrent face à «la loi du marché». Les dysfonctionnements de l’organisation du travail ont, en outre, une incidence négative sur la qualité des produits et des services et nuisent à la compétitivité des entreprises. Il y a donc urgence à agir pour mettre fin à des situations qui usent les salarié(e)s et handicapent l’économie. Sauf à vouloir se réfugier derrière la proclamation uniformisante et abstraite de la «valeur travail» pour masquer l’existence d’emplois non épanouissants, sauf à vouloir prolonger ainsi ipso facto des modes d’organisation qui ont fait la preuve des dégâts humains qu’ils entraînent, sauf à vouloir maquiller en «fatalité» ce qui, en réalité, relève de l’humain et du transformable, nous avons tout à gagner à faire de cette question un enjeu central de 2017. Avancer dans la voie d’un meilleur partage d’un travail dont l’organisation repose sur la coopération, et non plus sur la concurrence entre individus évalués de manière individualisée sur leurs performances demande, certes, d’aller à l’encontre de pensées et pratiques courantes. Ne pas le faire revient à se priver de ce qui peut permettre de renouer l’intérêt et la confiance des citoyens pour une politique apte à changer leur vie. C’est pourquoi, nous appelons les candidats de gauche à se saisir pleinement de la double question de la réduction quantitative du temps de travail et de son organisation qualitative. »

 

 

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