Italie : rejet de la réforme et démission de Renzi

Italie : rejet de la réforme et démission de  Renzi

La réforme des institutions de Renzi ayant été rejetée à près de 60 % le président du conseil à immédiatement annoncer sa démission. Une démission qui risque de plonger dans d’une nouvelle crise démocratique et au-delà de déstabiliser la zone euro. Conséquence immédiate le danger sur le système bancaire italien déjà grandement fragilisé par ses créances douteuses va encore s’amplifier. Reste à savoir s’il n’y aura pas un effet domino sur l’ensemble des banques européennes. Autre conséquence à attendre une nouvelle tension sur le marché des changes avec encore un tassement de l’euro. D’une certaine manière, il s’agit encore d’une victoire du populisme alimenté tout autant par l’ignorance que par la colère. Un phénomène qui gagne aujourd’hui de nombreux pays. Le Président du Conseil a donc annoncé sa démission lors d’une brève déclaration dans les salons du Palais Chigi alors que la deuxième projection des instituts de sondage confirmait l’ampleur de la défaite: 40,7 % pour le Oui qu’il défendait, 59,3 % en faveur du Non qui l’emporte dans presque toutes les régions, à l’exception du Trentin Haut-Adige. Il est particulièrement prononcé dans le Mezzogiorno et dépasse 70 % en Campanie (Naples) et en Sardaigne. Durant son allocution, Matteo Renzi, visiblement ému, a défendu le mérite de son référendum, revendiquant sa paternité et déplorant de n’être pas parvenu à convaincre une majorité de ses concitoyens. Il a reconnu la victoire «extraordinaire nette» du Non: «J’ai perdu. Dans la politique italienne, personne ne perd jamais. Ils disent tous qu’ils n’ont pas gagné. Je suis différent. J’ai perdu et je le dis à haute voix, même si j’ai un nœud dans la gorge. Je ne crois pas que la politique soit représentée par le nombre incroyable de politiciens que nous avons en Italie. (…) Je crois dans la démocratie. Si on perd, on ne peut pas faire mine de rien. Je crois avoir fait tout ce que je pouvais faire pour la changer. J’avais obtenu la confiance (NDLR: en février 2014) sur les réformes que je voulus faire. La réforme constitutionnelle en était. Je voulais abolir les innombrables fauteuils de la politique italienne.

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