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2017 : une gauche complètement en morceaux qui peut mourir

2017 : une  gauche complètement en morceaux qui peut mourir

 

De l’avis même de Manuel Valls la gauche peut éclater et même mourir. Du coup, il appelle au rassemblement. Un appel un peu vain car les candidatures à gauche vont se multiplier et se maintenir. Il y a comme traditionnellement les trotskistes de l’extrême gauche, mais aussi les écolos qui veulent se désolidariser de la gestion catastrophique des socialistes. Il faut ajouter la candidature de Sylvia Pinel du parti radical de gauche surtout la candidature de Mélenchon et de Macron. Deux concurrents qui de toute façon maintiendront leur démarche. Chacun d’ailleurs est crédité autour de 15 %, c’est-à-dire cinq points de plus que le candidat officiel du parti socialiste on voit mal pourquoi ce serait à eux de se rallier au PS et non l’inverse. De toute manière même rassemblée la gauche est battue par avance et ne pourra réunir que 25 à 30 % des voix. Du coup la représentation de la gauche à l’assemblée nationale pourrait devenir anecdotique. Le parti socialiste pourrait ainsi passer à une cinquantaine de députés voire moins alors qu’il en dispose aujourd’hui de 250. Des courants de pensée de la gauche pourraient complètement disparaître de l’Assemblée nationale. Valls a raison, la gauche peut mourir de cet éclatement mais il n’existe aucun plan B pour la sauver. Aucun candidat de gauche, y compris lui, ne pourra se  qualifier pour le deuxième tour de la présidentielle.   »Jamais l’avenir de la gauche n’a été aussi incertain depuis 1969″, estime Jean Chiche, du centre de recherche de l’Institut de sciences politique de Paris (Cevipof), dont une récente étude évalue à 6% la cote de popularité de François Hollande. La référence n’est pas tant, en effet, l’année 1993, qui vit le PS perdre 80% de ses députés après 12 ans de présidence de François Mitterrand, que l’élection présidentielle de 1969.Gaston Defferre, candidat de l’ancêtre du PS, la SFIO, recueille alors 5% des voix au premier tour. Quelque mois plus tard, la SFIO disparaît et cède la place au PS, agrégation de formations de gauche dont François Mitterrand s’empare en 1971 pour en faire le levier de son élection à l’Elysée en 1981. Les élus socialistes et des analystes se raccrochent à l’idée que « les partis n’apparaissent pas et ne disparaissent pas comme ça » et que le PS a déjà surmonté nombre de crises. Mais les divisions de la gauche en général et du PS en particulier étaient beaucoup moins exacerbées en 1993 qu’elles ne le sont 2016, juge un autre chercheur du Cevipof, Henri Rey. La déroute aux législatives de 1993 n’avait pas non plus entamé l’ancrage territorial du PS, qui lui a permis de rebondir et de revenir au pouvoir en 1997. Or, depuis le début du quinquennat de François Hollande, il a perdu toutes les élections – municipales, départementales, régionales, sénatoriales. Avec pour conséquence une hémorragie d’élus locaux, de cadres, d’argent et de militants. « Le PS a perdu le tissu d’élus de proximité qui faisait sa force », souligne Jean Chiche. « C’est une perte d’influence, de relais et de moyens de faire campagne de façon active. » Pour Jérôme Sainte-Marie, président de l’institut Pollingvox, cette fragilisation de l’appareil du PS est de nature à pousser nombre de militants et d’élus du parti à « chercher leur salut ailleurs », tant le label socialiste a cessé de faire gagner des élections locales. « Quand (le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe) Cambadélis dit ‘vous n’aurez pas l’investiture du PS, tout le monde s’en fout’ », confirme un jeune cadre du parti. La primaire du PS sera un test important. Pour Jean Chiche, si la participation est très inférieure à celle de 2011 (2,6 millions de votants), « on pourra dire que le PS n’a plus de base populaire et aller vers une décomposition plus rapide ». Cette crise structurelle se double d’une crise idéologique, avec l’épuisement du modèle social-démocrate et « une rhétorique qui tourne à vide », estiment les chercheurs du Cevipof. L’agonie annoncée du PS marque aussi l’échec posthume de François Mitterrand, qui avait favorisé la montée du Front national dans les années 1980 en pensant affaiblir la droite. Trente ans plus tard, le FN a siphonné une grande partie de l’électorat populaire de la gauche et la droite semble avoir trouvé l’homme capable de la ramener au pouvoir en 2017.La gauche pourrait alors se disperser entre au moins trois familles recomposées après l’élection : un pôle radical autour de Jean-Luc Mélenchon, un pôle social-démocrate autour de ce qui restera de l’appareil du PS, et un pôle social-libéral, qui pourrait rejoindre Emmanuel Macron.

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