Archive mensuelle de août 2016

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EDF : plainte contre le syndicat Sud

EDF : plainte contre le syndicat Sud

 

Contrairement à ce qu’affirme Sud, EDF explique qu’« au moment où le conseil d’administration de l’entreprise s’est tenu, EDF et son président n’avaient pas connaissance de la volonté du gouvernement britannique de procéder à un nouvel examen du projet Hinkley Point ». « Le seul élément connu le 28 juillet avant le communiqué du gouvernement britannique était le report de la signature initialement envisagée le vendredi 29 juillet. Or cette possible date de signature, qui n’était pas confirmée, n’avait été, de ce fait, communiquée ni aux administrateurs, ni au marché : son report ne nécessitait donc aucune information rectificative », poursuit le groupe. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, va attaquer en justice le syndicat Sud Energie, qui l’a accusé de mensonge dans le cadre du projet Hinkley Point, a annoncé EDF. Le 5 août, Sud Energie « a indûment prétendu qu’il aurait menti aux journalistes en affirmant qu’il ne connaissait pas, lors du conseil d’administration, l’intention du gouvernement britannique de procéder à un nouvel examen du projet Hinkley Point », écrit EDF dans un communiqué, envoyé vendredi soir. L’entreprise ajoute qu’elle-même et son PDG poursuivront de la même manière « toute personne colportant de telles contre-vérités ». Le 28 juillet, le conseil d’administration d’EDF a voté à une étroite majorité en faveur du lancement de ce projet de construction de deux réacteurs de nouvelle génération au Royaume-Uni. Mais quelques heures plus tard, Londres a annoncé qu’il ne comptait prendre sa décision qu’au début de l’automne. Selon plusieurs sources, les administrateurs n’ont pas été informés des hésitations de Londres lors du conseil et certains d’entre eux ont estimé par la suite qu’ils auraient dû l’être. Dans un courrier adressé le 2 août aux administrateurs et obtenu par Reuters, Jean-Bernard Lévy explique qu’il a été informé, tard le 27 juillet, que la Première ministre britannique, Theresa May, « demandait un peu plus de temps »« Nous n’avions pas d’alerte sur le fond, et nous ignorions l’existence et le contenu du communiqué de presse du gouvernement britannique », ajoute-t-il. Le 29 juillet, Jean-Bernard Lévy avait déclaré à des journalistes qu’il ne savait pas, au moment du conseil du 28, que le gouvernement britannique souhaitait «approfondir sa réflexion ».

(Avec Reuters)

Beaucoup de banques sans avenir » (Nicolas Véron)

Beaucoup de banques sans avenir » (Nicolas Véron)

Après les tests effectués par la BCE des inquiétudes se font jour quant à l’avenir de certaines banques ; pas forcément en France où le secteur est relativement solide. Nicolas Véron, économiste auprès du think tank Bruegel et du Peterson Institute à Washington, la santé des banques européennes, italiennes en tête, n’est pas encore au beau fixe.

 

Comment interprétez-vous les stress tests bancaires publiés vendredi par l’Autorité bancaire européenne ?
Les précédents, réalisés en 2014, portaient sur plus de cent grandes banques de l’Union ­européenne, contre 51 aujourd’hui. C’est un choix plus pragmatique, vu la lourdeur de l’exercice, et plus politique. La Banque centrale ­européenne (BCE) a stressé en parallèle des dizaines de banques plus petites et plus fragiles dont les résultats ne seront pas dévoilés. Les résultats de d vendredi ne contiennent pas d’éléments de couperet sur les seuils. Ils n’indiquent donc pas le niveau de capital nécessaire pour un établissement. C’est un signal d’inconfort et d’ambiguïté de la part des autorités de surveillance européennes. Nous sommes dans une séquence encore très politique. À la BCE de convaincre les marchés que les banques saines le sont vraiment.

 

 

Ces résultats risquent-ils de semer la panique sur les marchés lundi?
Je ne le crois pas. Pas plus que je ne pense qu’ils vont frapper les valeurs bancaires déjà déprimées. Il n’y a pas beaucoup de surprises. Le cas de Banca Monte dei Paschi di Siena, plus mauvais élève de ce classement, était largement anticipé. En outre, juste avant la publication des tests, la banque a annoncé un plan de sauvetage qui doit encore être approuvé par les autorités européennes. On a remis un jeton dans la machine. Le moment de vérité viendra après le référendum italien sur la révision constitutionnelle, qui sera crucial pour la carrière de Matteo Renzi. S’agissant de la douzaine d’autres banques révélant une certaine faiblesse, la plus grande surprise est venue de la britannique Royal Bank of Scotland et des deux grandes banques irlandaises, Allied et Bank of Ireland. Toutes ont été nationalisées après la crise de 2008. Cela indique qu’elles ont encore besoin d’être réparées et que leur privatisation n’est pas pour demain.

Les banques italiennes lestées de créances douteuses peuvent-elles engendrer un risque systémique?
Le problème est circonscrit. C’est le dernier problème bancaire national de la zone euro. La BCE a déjà fait beaucoup depuis six mois pour pousser les banques à nettoyer leur bilan et à reconstituer leurs fonds propres. Elle se heurte néanmoins à des blocages politico-administratifs. Recréer une zone de confiance va prendre du temps.

À quoi sont liés les problèmes des banques européennes dans leur globalité?
Il reste des questions de solvabilité au Portugal et dans certaines banques publiques allemandes. Et il y a un problème beaucoup plus diffus et général de rentabilité. Il est lié aux taux bas de la BCE, qui compriment les marges du secteur, et au fait que les acteurs bancaires européens ont des coûts très élevés et n’ont pas encore tiré toutes les leçons de la crise en matière de modèle économique et de restructuration. Beaucoup de banques sont viables mais n’ont plus d’avenir. On peut s’attendre à des mouvements de consolidation, mais même pour cela la confiance entre acteurs doit revenir.

 

Comment protéger les épargnants face aux cas de défaillance des banques?
Jusqu’à 100.000 euros de dépôt, les petits déposants sont protégés par l’État. Mais pour les autres produits d’épargne, comme les obligations ou actions, les cas de figure varient d’un État à un autre en fonction de sa législation. C’est une des leçons qu’il faut tirer de l’épisode italien, un scandale où des milliers d’épargnants ont acheté des produits à risques proposés comme sûrs par leurs banques. Nous devons faire évoluer nos habitudes d’épargne vers plus de clarté pour savoir.

Tourisme : baisse de 10 %

 

 

 

 

 

En cause les attentats, le pouvoir d’achat amputé notamment par la fiscalité et les incertitudes sur l’emploi et les revenus (sans parler des manifs). A noter parallèlement la nette diminution des prix des résidences secondaires en bord de mer.  Les hôtels et restaurants hexagonaux affichent, en juillet, un taux de fréquentation en baisse de 10% par rapport à juillet 2012. C’est ce que révèlent les premiers chiffres de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), Et les mauvais chiffres des hôtels et restaurants ne profitent pas à l’hôtellerie de plein air. Campings et parcs résidentiels de loisirs enregistrent eux aussi une baisse de 10% des réservations en juillet, d’après les premiers relevés de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé de la promotion du Tourisme; confirme aussi au JDD une baisse de 10 % du nombre de nuitées internationales en juillet 2016 par rapport à la même période l’année dernière. Une baisse qui est la conséquence, en partie, des attentats terroristes qui ont frappé la France.

Quel est l’impact des attentats sur le tourisme en France?
Le nombre de nuitées internationales a baissé en moyenne de 10% les six premiers mois de l’année. Paris et l’Île-de-France ont été plus touchés que la province, en progression de 2%. Pour le mois de juillet, la tendance se confirme avec une diminution d’environ 10% par rapport à la même période de l’année dernière, même s’il est trop tôt pour tirer un bilan.

La réaction des visiteurs étrangers varie-t-elle selon les nationalités?
Une clientèle à fort pouvoir d’achat en provenance des États-Unis, d’Asie ou du Golfe a fortement réagi aux attentats. Les hôtels haut de gamme souffrent davantage. Heureusement 80% des visiteurs sont des Européens qui maintiennent leurs vacances. Malgré le Brexit, les Britanniques n’ont pas annulé leur séjour. Nous saurons à la fin de l’été s’ils ont diminué leurs dépenses en raison de la dévalorisation de la livre.

 

« Une semaine de congés payés en plus « (Marie-Noëlle Lienemann)…..pourquoi pas 10 ou 15?

« Une semaine  de congés payés en plus «  (Marie-Noëlle Lienemann)…..pourquoi pas 10 ou 15?

 

Pour tenter d’exister dans la primaire à gauche Marie-Noëlle Lienemann n’hésite pas à s’engager dans la fuite en avant des frondeurs ; pour cela,  elle propose une sixième semaine de congés payés et la semaine de quatre jours sans parler des référendums pour défaire les lois votées. Bref du populisme qui la rapproche de plus en plus de Mélenchon,  elle qui a commencé par être rocardienne ; une sorte de parcours à l’envers qui la conduira à l’extrême gauche ou plus exactement vers rien du tout quand elle aura épuisé tous les charmes et les avantages de sa révolutionnaire position de sénatrice. Décrire qu’on pourrait même proposer davantage qu’une sixième semaine, une dixième ou une quinzième  avec aussi des semaines de trois jours à condition évidemment d’oublier les contraintes économiques, la compétitivité, la croissance et le chômage. La démonstration en tout cas que les primaires ressemblent une sorte de cirque médiatique ou la démagogie triomphe. De ce point de vue le spectacle offert à droite n’est guère plus réjouissant. Pour lutter contre le chômage, cette figure de l’aile gauche s’engage pour une « sixième semaine » de congés payés. « On pourrait la capitaliser sur un compte épargne-temps pour permettre la réduction du temps de travail tout au long de la vie. » Autre proposition : la semaine de quatre jours, qui ne serait pas imposée par l’État mais le fruit de négociations par branche. La cinquième semaine datait de 1982 et du gouvernement Mauroy ; quant aux 35 heures de Martine Aubry, une partie de la gauche l’assume toujours difficilement… Comme beaucoup à gauche, Lienemann veut « dé-monarchiser » les institutions. Dans un référendum organisé dès 2017, elle soumettrait ­plusieurs pistes : suppression du 49-3, désignation du Premier ministre par le Parlement, part de proportionnelle et ­élargissement du recours au référendum notamment pour abroger ­certaines lois, comme cela existe en Italie

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Terrorisme : cela va durer 10 ans (Marc Trévidic)

Terrorisme : cela va durer 10 ans (Marc Trévidic)

L’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic prévoit que l’année sera épouvantable en raison notamment des  élections présidentielles et que les attentats risquent de durer pendant encore une dizaine d’années. Assurément des mots qui vont porter. Neuf jours après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray , l’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic a donné une interview à la télévision belge dans laquelle il prévient des dangers qu’encourt la France face à la menace de l’organisation Etat islamique. Et ses propos sont particulièrement préoccupants. « L’année va être épouvantable avant les élections présidentielles, prévient l’ancien magistrat. La tentation pour l’organisation terroriste état islamique va être très grande de s’en prendre au pays. On est en guerre en temps de paix. C’est le principe de l’attentat terroriste », a-t-il expliqué sur la RTBF jeudi soir avant d’ajouter : « Mon espérance à moyen terme, c’est l’essoufflement suite au degré d’horreur. Mais cela peut durer dix ans. Ce n’est pas exclu. » Au sujet de l’un des deux auteurs de l’attentat lors duquel le prêtre Jacques Hamel a été assassiné , le juge antiterroriste rappelle qu’il est celui qui l’a auditionné et fait emprisonner après sa tentative de partir en Syrie. « La première fois que je l’ai vu, il avait voulu partir en Syrie. Il venait tout juste d’être majeur pendant la garde à vue. Il s’entourait de personnes plus jeunes que lui. Il avait tenté de partir avec quelqu’un de 15 ans qui y était parvenu. Il était en contact avec beaucoup de jeunes filles plus jeunes pour qu’elles partent avec lui en Syrie. Elles n’avaient que 14,15 ou 16 ans maximum. Donc, il était dans l’immaturité la plus totale. »  Complétant le profil du tueur, Marc Trévidic dépeint un jeune homme déterminé « qui voulait à tout prix partir faire le djihad au sein de l’Etat islamique. Il avait dans ses yeux la petite lueur qui fait qu’on détecte qu’il ne reviendra pas en arrière. C’est très difficile à apprécier. C’est très subjectif parce qu’en face de vous, vous avez l’impression d’avoir un mur. Et là, il y avait ce mur-là. »  Marc Trévidic a quitté le pôle antiterrorisme en septembre 2015, la magistrature limitant à dix ans la durée de certaines fonctions, dont celle de juge d’instruction qu’il occupait. Il est désormais premier vice-président au tribunal de grande instance de Lille.

(Les Echos)

APL : réduites

APL : réduites

Le gouvernement avait ainsi décidé de réformer les règles de calcul régissant leur versement afin d’économiser 225 millions d’euros sur 18 milliards que représente l’ensemble des aides Les premières mesures issues de cette réforme sont entrées en vigueur le 7 juillet dernier via un décret et concerne les allocations de juillet, qui sont versées en ce moment, les APL étant perçues avec un mois de retard. Concrètement, la CAF, a mis en place des loyers plafond à partir desquels les allocations sont dégressives puis nulles. Selon la zone géographique, des coefficients sont appliqués, de sorte que ces seuils sont plus ou moins élevés selon la taille de la commune où réside l’allocataire.  À Paris, par exemple, pour une personne seule, les APL baissent dès lors que le loyer dépasse 995 euros par mois. Elles sont annulées à partir de 1.171 euros. À Brest, elle diminue à partir de 638 euros et sont nulles dès 791 euros. L’objectif premier affiché par le gouvernement est de lutter ainsi contre l’envolée du prix des loyers. En instaurant ce plafond, il espère que les propriétaires se montreront moins gourmands s’ils veulent louer leur logement à des locataires bénéficiant des APL. Au final, 80.000 foyers vont voir leurs APL réduites partiellement ou totalement, selon les calculs de la Confédération National du logement. Parmi eux, 16.000 ne toucheraient plus l’allocation et les 64.000 perdraient en moyenne 70 euros, selon Marianne. Les associations de locataires dénoncent une mesure absurde qui met sur la touche des foyers qui n’ont parfois pas le choix.

 

(Avec AFP)

Travailleurs détachés : les patrons allemands condamnent la régulation européenne

Travailleurs détachés : les patrons allemands condamnent la régulation européenne

 

Les ex pays de l’Est s’opposent à la nouvelle directive européenne qui encadrera les conditions sociales des travailleurs détachés. Ils sont rejoints sur ce point par les patrons allemands. Ce que confirme Dans une interview à Euractive Renate Hornung-Draus directrice des Affaires européennes et internationales à la Confédération allemande des associations des employeurs (BDA).

 

EURACTIV - La Commission européenne a présenté sa proposition de révision de la directive sur les travailleurs détachés en mai 2016. L’idée de base est d’assurer un « salaire égal pour un travail égal au même endroit ». Vous faites partie d’une association représentant des milliers d’entreprises allemandes, selon vous, cette modification est-elle nécessaire, et dans quels domaines ?

RENATE HORNUNG-DRAUS - Je peux parler à la fois au nom des entreprises allemandes et de BusinessEurope. Nous avons présenté une position claire qui indique que la proposition n’est pas nécessaire. Il est évident que les règles existantes, qui ont été adoptées il y a deux ans, ne sont pas efficaces pour l’instant, parce que nous sommes à la fin de la période de transposition et que certains pays n’ont pas encore finalisé le processus. Toutes les entreprises allemandes, y compris celles du secteur de la construction, estiment que la proposition n’est pas nécessaire.

Qu’est-ce qui vous déplait dans la proposition et pourquoi ?

Il y a plusieurs points qui nous déplaisent. Si les nouvelles règles sont adoptées, cela créera des incertitudes légales.

Vous assurez que les règles existantes sont suffisantes, mais vous mentionnez également des problèmes liés aux travailleurs déplacés dans l’UE et en Allemagne. Quels sont les problèmes et comment devraient-ils être résolus ?

En Allemagne, les problèmes sont liés à des abus et des pratiques illégales, comme les faux indépendants ou le non-paiement des salaires ou de la sécurité sociale par l’employeur dans le pays de détachement. Il est difficile de combattre ces abus parce que la coopération entre les autorités publiques des différents pays n’est pas parfaite. Il existe un problème spécifique au secteur de la construction et aux secteurs qui y sont associés.

Combien de travailleurs déplacés l’Allemagne compte-t-elle, et dans quels secteurs sont-ils ?

L’Allemagne est parmi les pays qui reçoivent le plus de travailleurs [détachés] dans l’UE, ce qui est logique, étant donné que c’est un grand pays avec une économie en bonne santé. D’autres pays sont également dans cette situation. C’est dans l’industrie de la construction et les secteurs associés qu’il y a le plus de travailleurs détachés, et c’est donc aussi dans ces secteurs qu’il y a le plus de problèmes. Les statistiques de la Commission européenne indiquent que le nombre de travailleurs détachés a augmenté ces dernières années, mais ce nombre reste très peu élevé. On peut dire qu’il y a une augmentation de 40%, mais 40% d’un très petit nombre, cela ne fait quand même pas grand-chose.

L’un des arguments mis en avant en République tchèque est que la proposition pourrait créer une division profonde en Europe, et en particulier les nouveaux États membres et les plus anciens. Vous comprenez ces inquiétudes ?

Nous sommes tout à fait d’accord avec cet argument, mais il est important de dire que l’opposition à la directive ne provient pas uniquement des nouveaux États membres. Elle a également émergé dans des pays comme le Danemark, qui a également participé à la procédure de carton jaune, et du monde des affaires allemand. Le gouvernement allemand a envoyé une lettre à la Commission et a approuvé la modification de détails très concrets de la proposition. Pourtant, Berlin avait encore beaucoup de questions. Le gouvernement n’a pas encore pris de position officielle, parce que la proposition est bloquée par le carton jaune. Ce carton jaune montre déjà à quel point la directive menace de diviser l’Europe et de causer des conflits. La procédure est aussi mauvaise pour les institutions, parce qu’elle montre la nécessité de commencer par discuter avec les acteurs et par comprendre les problèmes, avant de décider de changer quoi que ce soit. Il serait mieux d’attendre les résultats de l’application de la directive, avant de lancer une discussion sur les modifications possibles. Si elle ne renonce pas à sa proposition, la Commission risque d’endommager l’image des institutions.

Pourquoi la Commission a-t-elle adopté cette position ? Pourquoi préparer cette proposition ?

Selon moi, Jean-Claude Juncker a fait une promesse politique faite à certains pays, comme la France, et aux syndicats. Aujourd’hui, il ne veut pas faire marche arrière et admettre qu’il a eu tort.

La proposition actuelle comporte-t-elle de bons aspects ?

Malheureusement, la proposition actuelle ne se penche pas sur les problèmes. En fait, son entrée en vigueur aggraverait le problème en ajoutant de nouvelles règles, qui sont encore plus compliquées à appliquer et à faire respecter que les règles actuelles. Ces problèmes seraient adéquatement pris en compte dans le cadre de la directive d’application de 2014. Il faut s’efforcer d’appliquer réellement ces règles, plutôt que d’en inventer de nouvelles.

 

(Avec Euractive)

 

Des « territoires zéro chômage » ?

Des « territoires zéro chômage » ?

Sur une dizaine de micros territoires une expérimentation sera menée sur dix ans avec objectif zéro chômage. Le principe est de réaffecter les dépenses du chômage pour financer des CDI destinés aux chômeurs de longue durée. De fait les  emplois seront donc subventionnés. En clair, on va redécouvrir le fil à couper le beurre : moins de charges sociales aboutissent à davantage de créations d’emplois. L’expérimentation, votée par le Parlement en février, vise à tester, pour cinq ans et dans dix micro-territoires périurbains ou ruraux, l’embauche en CDI de chômeurs de longue durée, payés au Smic, en développant des activités locales via un fonds financé par la réaffectation des dépenses liées au chômage. Le décret encadrant le dispositif vient d’être publié au Journal officiel ce jeudi 28 juillet. Il détermine les règles régissant l’association gestionnaire du fonds national d’expérimentation, chargée du pilotage national du dispositif, et les comités locaux, chargés du pilotage territorial. L’association nationale a notamment pour mission d’attribuer une « contribution au développement de l’emploi » aux entreprises pour chaque embauche réalisée dans le cadre de l’expérimentation.

(Avec AFP)

 

Sondage : les jeunes Français les plus pessimistes d’Europe

Sondage : les jeunes Français les plus pessimistes d’Europe

 

 

Un sondage qui démontre que les jeunes Français sont aussi un peu moins pessimistes que l’ensemble de la population. Selon une  étude mondiale réalisée par le Pew Research Center des Etats-Unis, les Français sont les plus pessimistes quand il s’agit de savoir si la génération des enfants vivra mieux que celle des parents. Il n’y a que 14% des Français à être optimistes sur ce point, record mondial, juste devant les Italiens (15%), et pas loin des Japonais (18%). A l’opposé, c’est évidemment dans les pays émergents, tirés par des croissances fortes ces dernières années et une logique de « rattrapage » par rapport aux pays industrialisés, que l’on trouve les plus forts taux d’optimisme :

  • 91% chez les Vietnamiens,
  • 88% chez les Chinois malgré le ralentissement de la croissance et quelques autres soucis,
  • et même 84% chez les Nigérians pourtant en proie aux horreurs des djihadistes de Boko Haram.

Le différentiel entre la France et ses partenaires est spectaculaire : 21 points de pessimisme en plus par rapport au taux médian de ce groupe de pays, près de 30 points de plus par rapport à l’Allemagne, et 20 par rapport à l’Italie. Chez les jeunes français de moins de 25 ans, le pessimisme est moins important mais cependant en tête du palmarès européen. Ce que démontre le baromètre d’opinion de la Drees. 44% des moins de 25 ans estiment que leur situation est moins bonne que celles de leurs parents au même âge. Un taux assez élevé mais qui reste plus faible que celui des 25-49 ans. Pour cette tranche d’âge, le sentiment de « déclassement intergénérationnel » est en effet partagé par plus de la moitié des personnes. Et comment les jeunes adultes Français perçoivent-ils leur avenir? Les moins de 30 ans se déclarent à 66% optimistes pour l’avenir selon le baromètre d’opinion de la Drees. C’est plus que les 30 à 59 ans qui, eux, ne sont que 52% à se déclarer optimistes. Mais cette perception de l’avenir diffère chez les jeunes selon le niveau de formation: les élèves ou étudiants, ainsi que les jeunes en emploi possédant un diplôme du supérieur se montrent plus optimistes sur leur avenir que les moins diplômés ou que les jeunes au chômage. Reste que si les jeunes Français sont plus optimistes que leurs aînés, les 18-29 ans français sont les moins optimistes en Europe.

(Avec Challenges)

Terrorisme : pourquoi des manifestations supprimées et d’autres maintenues ?

Terrorisme : pourquoi des manifestations supprimées  et d’autres maintenues ?

 

La décision de Martine Aubry, maire de Lille, de supprimer la grande braderie suscite pour le moins des interrogations dans la mesure où en France par crainte des attentats certaines manifestations sont supprimées (dernier exemple en date le championnat de France cycliste sur route à Nice) alors que d’autres sont maintenues. On comprend évidemment que l’annulation de certaines manifestations du fait des risques encourus mais dès lors  on peut se demander pourquoi en maintenir d’autres tout aussi importantes. Cela témoigne à l’évidence du caractère particulièrement ambigu de l’état d’urgence. Chacun sait que la sécurité totale ne peut être garantie sur aucun événement de masse (manifestations sportives, festivals, feux d’artifice, concert, etc.). On sait tout autant que la plupart des manifestations ne seront pas ciblées par les terroristes. Mais e risque potentiel demeure et il convient sans doute de s’interroger sur la meilleure attitude à prendre vis-à-vis des djihadistes. Annuler la totalité de tous les spectacles serait sans doute de nature à créer une psychose dommageable dans un pays déjà apeuré, sans parler évidemment des conséquences économiques désastreuses. Ce renoncement forcément très relayé médiatiquement porterait atteinte à l’image du pays et d’une certaine façon donnerait raison à l’État islamique. D’un autre côté prendre le risque de sacrifier des vies humaines pour des manifestations festives ou  commerciales pose la question de la responsabilité publique. De ce point de vue le débat n’est malheureusement pas clos et sans doute sera-t-il à nouveau ouvert lors  des possibles autres attentats. Déclarer que le pays est en guerre comme le fait le ministre de l’intérieur est une chose en tirer les conséquences en est une autre. Il est évident qu’il y a urgence à approfondir le concept d’état d’urgence et à en tirer les conclusions concrètes de sa mise en œuvre.

États-Unis : déficit commercial en hausse

États-Unis : déficit commercial en hausse

Signe du tassement de la croissance de l’économie mondiale, le déficit commercial des États-Unis progresse encore. En cause également la bonne tenue du dollar. Selon des statistiques publiées vendredi par le département du Commerce, la balance commerciale affiche un déficit en hausse de 8,7% à 44,5 milliards de dollars (40,15 milliards d’euros) en juin, soit le niveau le plus important depuis août 2015. Le déficit commercial du mois a été revisé à 41,0 milliards de dollars contre 41,1 milliards en première estimation. Les économistes et analystes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un déficit de 43,1 milliards de dollars en juin. Ajusté de l’inflation, le déficit a atteint 64,7 milliards de dollars en juin après 60,9 milliards en mai. Lors de sa première estimation du produit intérieur brut (PIB) du deuxième trimestre, de +1,2% en rythme annualisé, le gouvernement fédéral avait dit que le commerce extérieur avait contribué à hauteur de 0,2 point de pourcentage à la croissance. En juin, les exportations de biens ont augmenté de 0,3% à 183,2 milliards. Les importations ont de leur côté progressé de 1,9% à 227,7 milliards. (Avec Reuters)

Le déficit commercial de la France encore détérioré

Le déficit commercial de la France encore détérioré

Le gouvernement avait promis de réduire le déficit de la balance commerciale, un déficit abyssal qui témoigne du manque récurrent de la compétitivité de l’économie française. Malgré la réduction de la facture pétrolière, le commerce extérieur français est toujours handicapé par une industrie manufacturière atone. Pour l’ensemble de l’année 2016, le déficit devrait atteindre au moins 50 milliards alors que dans le même temps l’Allemagne devrait enregistrer un excédent supérieur à 200 milliards.  Selon les douanes, le déficit du commerce extérieur français s’est détérioré de 1,1 milliard d’euros au premier semestre 2016, sapant les espoirs du gouvernement de le limiter à 40,3 milliards d’euros contre 45,7 milliards en 2015. Pour les analystes, le ralentissement économique mondial explique en partie cette contre-performance. Mais la situation se redresse depuis 2011. Le bilan semestriel du commerce extérieur français publié vendredi 5 août par les Douanes est en passe de saper l’espoir du gouvernement : ramener le déficit commercial 2016 à 40,3 milliards d’euros contre 45,7 milliards l’année dernière. Le secrétaire d’État au commerce extérieur, Matthias Fekl, l’a reconnu dans une interview accordée au Figaro : le déficit « risque de se creuser à nouveau ». Ce dernier s’est en effet détérioré de 1,1 milliard d’euros, à 24 milliards, pendant les six premiers mois de l’année 2016. Selon les Douanes, cette mauvaise performance s’explique surtout par « l’élargissement du déficit manufacturier qui l’emporte sur l’allégement de la facture énergétique. » Les ventes de matériel aéronautique et spatial « notamment vers l’Asie et le Proche et Moyen-Orient » ont marqué le pas, selon les Douanes, pénalisant fortement les exportations françaises. De fait, ces exportations ont reculé de 1,4 % par rapport au semestre précédent. D’autres secteurs exportateurs sont pénalisés avec une baisse des ventes de produits chimiques et métallurgiques mais aussi celles d’équipement informatique, électronique ou électrique… En règle générale, les ventes ont souffert du ralentissement économique des grands pays émergents, comme la Chine ou le Brésil, mais fléchissent aussi en Europe, comme celles vers les Pays-Bas ou l’Espagne. Au contraire, le déficit s’est amélioré concernant les ventes vers l’Allemagne, se réduisant d’un milliard d’euros. Certains secteurs ont au contraire limité les dégâts du bilan général. Comme l’industrie navale avec la livraison du plus grand paquebot du monde : le navire « Harmony of the seas », mais aussi les matériels ferroviaires ou les produits pharmaceutiques. Le secteur de l’automobile tire aussi son épingle du jeu avec une consolidation .Au premier semestre 2016, les importations refluent aussi, mais de 1 %, dans une proportion moindre que les exportations. À noter que les importations automobiles ont « fortement » augmenté depuis l’Espagne, l’Italie ou encore les nouveaux membres de l’Union européenne. Les Douanes soulignent une « croissance soutenue » des acquisitions aéronautiques et spatiales, en raison notamment d’achats d’avions gros-porteur, de moteurs et de satellites aux États-Unis. Les achats énergétiques poursuivent quant à eux leur tendance à la baisse.

(Avec AFP)

Emploi États-Unis : la surprise de juillet

Emploi États-Unis : la surprise de juillet

La croissance des emplois en juillet est encore significative, de l’ordre  de 250 000 mais cependant inférieurs au 292 000 en  juin et aux 287 000 en mai. Compte tenu du tassement assez net de la croissance américaine en hausse de 1,2% en rythme annualisé on s’attendait à une évolution moins favorable de l’emploi. Des chiffres donc satisfaisants concernant le chômage marqué toutefois par un ralentissement de la création d’emplois. Le département du Travail a recensé 255.000 créations de postes le mois dernier alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 180.000. Les chiffres de juin et de mai ont en outre été révisés en hausse, à respectivement 292.000 et 24.000 contre 287.000 et 11.000 précédemment. Le taux de chômage est resté à 4,9% en juillet du fait d’une hausse du nombre de personnes entrant sur le marché du travail. Le consensus était d’un taux de chômage à 4,8%. Le salaire horaire moyen a progressé de 0,3% après +0,1% en juin et un consensus de +0,2%. Sur un an, sa progression sur un an ressort à 2,6%, comme en juin. Si la situation de l’emploi est satisfaisante par compte l’évolution globale de l’activité suscite des interrogations. Du coup il n’est pas certain que la banque centrale américaine procède à un relèvement de ses taux d’ici la fin de l’année. La Fed, qui a relevé ses taux d’intérêt à la fin de l’année 2015 pour la première fois depuis près de dix ans, a observé le statu quo en matière de politique monétaire la semaine dernière, tout en estimant que les risques à court terme sur les perspectives de l’économie américaine avaient diminué.

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