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Archive mensuelle de juillet 2016

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Actu, infos, économie, social, politique : articles les plus lus

Foot fric : 120 millions pour Pogba et 95 millions d’euros pour Higuain

Foot fric : 120 millions pour Pogba et 95 millions d’euros pour Higuain

 

Il est clair que depuis longtemps le transfert des joueurs de foot atteint des sommes démentielles. En cause l’argent qui coule à flots en provenance des droits télévisés (finalement payée par les téléspectateurs) notamment en Angleterre. Accessoirement aussi le prix des places pour assister à un match. (De 30 à 130 € en Angleterre). Il faut aussi ajouter à cela le business sur la revente des joueurs et les recettes des produits dérivés. Ceci étant  le montant des transferts est  condamnable pour des motifs sportifs et éthiques, il peut s’expliquer sur le plan économique. Le montant  correspond un certain nom de critères d’évaluation découlant des retombées attendues L’estimation de la valeur d’un joueur sur le marché des transferts découle de plusieurs critères rationnels. L’Observatoire du football du CIES a ainsi établi un algorithme créé à partir de 1.500 transactions opérées dans les cinq grands championnats européens (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie) ces dernières années. Cette méthode de calcul permet d’obtenir une estimation précise pour tel ou tel joueur. Un outil en ligne permet d’effectuer en quelques clics d’effectuer une simulation en renseignant plusieurs données du footballeur. Certaines, plus importantes que d’autres peuvent vite faire monter la facture. C’est justement le cas dans la transaction qui concerne Paul Pogba. Un critère important concerne l’âge du joueur. Plus il est jeune, plus le potentiel de progression d’un joueur est important. A 23 ans, Paul Pogba dispose en théorie d’une grande marge de progression et pourra, en plus, faire l’objet d’une revente dans les années à venir. Tout le contraire d’un joueur âgé de plus de 30 ans, qui offre peu de perspectives de plus-value. Celui-ci peut aussi s’envoler en incorporant le poids marketing de la recrue, ce qu’elle peut apporter en terme de retombées médiatiques et publicitaires pour le club et dans le domaine des produits dérivés où excelle Manchester United (171 millions d’euros de bénéfices l’an dernier selon Forbes). Dans ce secteur qui n’est pas pris en compte par le CIES ou le site transfertmarkt, Paul Pogba fait bel et bien partie du gratin des joueurs européens à fort potentiel. Adidas l’a compris en faisant signer en février dernier au milieu de terrain un contrat en or sur dix ans estimé à quarante millions d’euros. (Avec le Figaro)

 

Affaire Tapie: Christine Lagarde sera jugée mais peu sévèrement

Affaire Tapie: Christine Lagarde sera jugée mais peu sévèrement

 

 

En autorisant un arbitrage bidon relatif à l’affaire tapie, Christine Lagarde ne pourra pas échapper à la justice comme elle le souhaitait. La Cour de cassation a validé vendredi le renvoi en procès de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, qui devra être jugée dans l’affaire de l’arbitrage Tapie pour le délit de négligence, ayant permis un détournement de fonds publics. Christine Lagarde lors de ce fameux arbitrage était alors ministre des finances et elle ne s’est pas opposée comme elle aurait dû le faire aux conclusions d’un arbitrage bidon maintenant démontré qui a permis d’accorder plus de 400 millions à Bernard Tapie avec notamment 50 millions de dommages et intérêts pour préjudice moral ! Ceci étend la cour de cassation est relativement clémente à l’égard de l’ancienne ministre des finances à laquelle on reproche seulement une faute de « négligence » qui pourrait justifier au maximum un an de prison. Une négligence à plus de 400 millions ! Pas sûr cependant que Christine Lagarde  soit condamnée ou alors de manière symbolique. En effet c’est une justice d’exception de nature corporatiste qui aura à prononcer la sentence. Il s’agit en effet de la cour de justice de la république, une cour spécialement adaptée pour juger les politiques et qui comprend 12 parlementaires et seulement trois juges. Au pire Christine Lagarde risque peut-être, et encore ce n’est pas certain, quelque mois de prison avec sursis. Cela d’autant plus que cette cour de justice très spéciale prendra sûrement en compte le fait de la position actuelle de Christine Lagarde comme directrice du fonds monétaire international qui s’est toujours montré assez tolérante vis-à-vis des dérives de la gestion financière de l’État français. Du coup tout cela pourrait bien finir en eau de boudin d’autant que d’ici le jugement dont la date n’est pas prévue la droite sera revenue au pouvoir et qu’on aura intérêt à enterrer une affaire dans laquelle l’Élysée est également impliqué.  Notons que le FMI n’est pas trop inquiet par cette inculpation de sa directrice et qu’il a renouvelé sa confiance à Christine Lagarde après l’annonce de son renvoi au tribunal. (Avec AFP)

Terrorisme : les Français dubitatifs et résignés

Terrorisme : les Français dubitatifs et résignés

 

 

D’après un sondage environ 80 % des Français considèrent qu’on ne peut empêcher tous les actes de terrorisme. Par ailleurs une majorité de 54 % sont dubitatifs quant à l’efficacité de l’État d’urgence selon un sondage BVA pour Orange et iTÉLÉ paru samedi. Du coup les polémiques stériles entre la droite et la gauche pour se renvoyer la responsabilité des attentats paraissent en décalage avec l’opinion publique. Les Français ne sont que 20 % à considérer qu’il est possible d’empêcher les actes de terrorisme même si on s’en donne tous les moyens. Une sorte de fatalisme sans doute mais surtout de réalisme qui rendent  bien désuète toutes les promesses faites ici ou là pour assurer une sécurité totale. « Les Français semblent faire preuve d’un certain fatalisme sur ce sujet », constate BVA, selon qui « 78% d’entre eux considèrent que, même si on s’en donne les moyens, on ne peut pas empêcher tous les attentats ». Ils sont 94% à gauche à penser cela, 78% à droite et 41% au Front national. A contrario, un sondé sur cinq (21%) estime que si on s’en donne les moyens, on peut empêcher de tels actes. Cette opinion n’est majoritaire (56%) que chez les sympathisants du FN. Quant à l’état d’urgence,. Une petite majorité se dégage pour faire part de son scepticisme (54%) tandis que 45% croient en l’efficacité de la mesure face à la menace terroriste. Les plus fatalistes pour qui l’état d’urgence n’est pas une réponse efficace sont issus à 59% des catégories populaires et ont pour 64% d’entre eux entre 18 et 34 ans, selon BVA.  Sur le plan politique, les sympathisants de gauche sont plus nombreux à penser que l’état d’urgence est efficace (57%), et notamment les sympathisants PS (72%), alors que les sympathisants de droite se montrent plus partagés. Ainsi 61% des proches du parti Les Républicains et 65% de ceux du FN jugent majoritairement le dispositif inefficace. Appelés enfin à classer neuf axes d’action du gouvernement en réponse aux attentats, les Français mettent en priorité « la lutte contre la propagande djihadiste et la radicalisation » (86%) et « la sécurité intérieure » (75%). Viennent ensuite, « l’éducation » (73%), « la lutte contre le terrorisme international » (69%), « la surveillance des réseaux sociaux » (63%), « l’emploi des jeunes » (57%), « la situation des banlieues » (54%), « la question de l’intégration (51%) et « la lutte contre le racisme » (36%).

 

(Avec Itélé)

 

Gouvernement d’union nationale : 67% des Français pour

Gouvernement d’union nationale : 67% des Français pour

 

Si les Français ne font pas confiance au gouvernement pour lutter avec efficacité contre le terrorisme, ils ne font pas davantage crédit à la droite des Républicains. D’où leur souhait d’un gouvernement d’union nationale soutenue par 67 % dans un sondage de l’IFOP. Le crédit en François Hollande « pour faire face et lutter contre le terrorisme » s’est érodé avec la succession des tragédies. Ils sont 35% à lui accorder leur confiance, selon notre sondage IFOP-JDD. C’est un peu au-dessus des 33% comptés juste au lendemain de l’attentat sur la promenade des Anglais, mais en-dessous des 50% de novembre (Bataclan, terrasses, Stade de France) et des 51% de janvier 2015 (Charlie Hebdo, Hyper Cacher). Malgré cette dégradation de l’opinion, six Français sur dix considèrent que Les Républicains, s’ils étaient au pouvoir, ne feraient pas mieux dans la lutte contre le terrorisme. Conséquence : l’idée d’un gouvernement d’union nationale dans ces circonstances rassemble l’avis favorable de deux Français sur trois (67%).

 

(Avec le JDD)

 

Pour un service civique obligatoire de six mois (Julien Dray)

Pour un service civique obligatoire de  six mois (Julien Dray) 

 

Julien Dray est le premier homme politique a osé poser l’idée d’un service civique obligatoire dans une interview au JDD « Un gouvernement aussi fort soit-il ne peut gagner tout seul la bataille contre le terrorisme, car personne n’est infaillible. Il nous faut donc inventer ce que j’appelle une sécurité solidaire. Les femmes et les hommes politiques doivent donner l’exemple, accepter de travailler ensemble, être ­capables de parler ensemble au pays et parfois, justement par cette solidarité, affronter ensemble toutes les démagogies extrémistes. Mais les citoyens sont aussi concernés : créons tous ­ensemble un service civique national, mixte et obligatoire, de six mois. Ce qui provoquerait un grand élan de solidarité et de brassage social. Par ailleurs, ce serait aussi la possibilité de concentrer nos forces de sécurité sur l’essentiel de leurs missions. La notion de rassemblement national est capitale. Mais sans tuer, cela va sans dire, le nécessaire débat politique.  L’Histoire nous a enseigné que le terrorisme aveugle sait parfaitement ce qu’il fait. Une société minée par l’angoisse, qui a peur, où tout le monde commence à suspecter tout le monde, c’est une société qui peut se laisser emporter par toutes les démagogies, et où chacun est enfermé dans ses peurs. On a longtemps cru que nous étions dans des démocraties apaisées, donc stables. Cette certitude est aujourd’hui battue en brèche. »

 

Croissance britannique : après le brexit l’écroulement

Croissance britannique : après le brexit l’écroulement

 

Alors que l’économie britannique pouvait l’année dernière s’enorgueillir d’un taux de croissance très satisfaisant, en tout cas supérieur à celui de la zone euro (pratiquement un point de plus en 2015) depuis le brexit l’écroulement. D’après l’indice PMI,  le Royaume-Uni retrouve même son très bas niveau d’avril 2009 et passe dans le rouge. L’économie britannique semble donc  subir sa plus forte contraction depuis la crise financière mondiale après le vote du 23 juin pour la sortie du pays de l’Union européenne, montrent les premiers résultats de l’enquête mensuelle Markit auprès des directeurs d’achats. L’indice PMI « flash » du secteur des services, l’un des rares soutiens à la croissance ces derniers temps, est tombé à 47,4 pour juillet après 52,3 en juin, subissant la plus forte baisse mensuelle depuis le début des enquêtes et revenant à son plus bas niveau depuis mars 2009. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 49,2. Le PMI manufacturier a quant à lui reculé à 49,1 après 52,1 en juin, au plus bas depuis février 2013. L’indice « flash » composite, qui combine services et secteur manufacturier, est revenu à 47,7 après 52,4, son plus bas niveau depuis avril 2009.  Markit estime qu’un maintien des indices PMI à leurs niveaux de juillet conduirait à une contraction de l’économie britannique de 0,4% au troisième trimestre par rapport au trois mois précédents, une réduction de l’activité sans équivalent depuis la crise de 2008-2009. Depuis le brexit  le royaume uni cumule une baisse de la livre, une nette inflation et une détérioration de la croissance.

(Avec Reuters)

 

Popularité : plus un point pour Hollande !

Popularité : plus un point pour Hollande !

Deux sondages montrent que François Hollande aurait gagné un point de popularité en juin. D’après un premier sondage la cote de popularité de François Hollande demeure à un faible niveau, avec 19% d’opinions positives, mais gagne un point par rapport à juin, selon un sondage BVA pour Orange et iTELE réalisé après l’attaque de Nice et publié samedi. . Dans le baromètre mensuel Ifop-JDD, François Hollande, gagne en un mois trois points de popularité : 17% des Français se disent satisfaits de son action (+3). Parallèlement, le nombre des « mécontents » (82%) recule un peu (-3). Si on regarde avec une loupe, on notera que le nombre des « très mécontents » a faibli : -6. En ce mois de juillet, la cote de popularité de Manuel Valls reste, elle, stable : 21% de satisfaits et 76% de mécontents (-2). En fait compte-tenu des marges d’erreur de ces sondages (entre 1 et 3 %) ces enquêtes montrent que François Hollande et Valls sont englués dans une popularité d’à peine 20 %. En cause l’affaire de la loi travail qui pèse de façon négative, aussi le sentiment que les politiques de sécurité ne peuvent empêcher les actes de terrorisme.

(Avec Reuters et AFP)

 

Le FMI plaide pour une relance urgente de la dépense publique

Le FMI plaide pour une relance urgente de la dépense publique

 

Constatant les limites des politiques monétaires ultra accommodantes le fonds monétaire international (FMI) a appelé samedi à une relance urgente de la dépense publique. Deux raisons à cela d’abord le tassement économique constaté depuis le deuxième trimestre aussi les conséquences du brexit dont il est difficile de mesurer les effets non seulement sur la zone euro mais aussi au plan mondial. À cet égard le FMI hésite entre une posture volontariste et une attitude alarmiste. Du coup ce n’est qu’à la marge que les prévisions de croissance mondiale ont été révisées à la baisse ainsi la croissance mondiale pourrait être limitée à 3 % en 2016 et à peine plus pour 2017. La vérité c’est sans doute que les risques sont plus importants pour l’année prochaine. De ce fait le G20 appelle aussi à relancer la croissance en particulier en augmentant les dépenses publiques destinées notamment aux infrastructures. Un appel spécialement destiné à l’Allemagne toujours opposée à une relance budgétaire tout autant qu’à la politique accommodante de la banque centrale européenne. En raison des menaces grandissantes d’un ralentissement sévère de  l’économie mondiale – du Brexit au terrorisme -, le Fonds monétaire international (FMI) a donc appelé samedi certains pays du G20 à muscler leurs dépenses publiques pour soutenir la croissance. Cette position est appuyée par Paris et Washington, mais pas par l’Allemagne. Pragmatique, le FMI s’adapte et souhaite faire revivre la politique de « stop and go » consistant à alterner rigueur et relance keynésienne selon les circonstances économiques. l’institution de Washington a diffusé samedi un rapport dépeignant un tableau alarmant de l’économie mondiale. « La croissance demeure faible, les risques à la baisse sont devenus plus proéminents », indique le FMI, après avoir abaissé mardi ses prévisions de croissance mondiale pour 2016 et 2017, à 3,1% et 3,4% respectivement. La progression du PIB du globe pourrait même « ralentir encore plus drastiquement si la montée actuelle des incertitudes politiques et économiques persiste, à la suite du +Brexit+ », souligne le rapport. Dans ce contexte, les politiques monétaires ultra-accommodantes trouvent leurs limites, et « les marges de manœuvres budgétaires quand elles existent doivent être utilisées », a plaidé le FMI, notamment pour « compenser les coûts de réformes structurelles », celles-ci restant plus que jamais « nécessaires » (marché du travail, fiscalité…). L’Australie, la Canada, les Etats-Unis et l’Allemagne sont nominalement enjoints par le Fonds à « orienter les dépenses publiques vers les investissements dans les infrastructures ».

(Avec AFP)

 

Pour le retour d’un service national obligatoire

Pour le retour d’un  service national obligatoire

A défaut de contenu la gauche a l’habitude d’utiliser des formules sémantiques flamboyantes. Cette fois Hollande évoque la garde nationale quand il s’agit en fait de renforcer un peu les réservistes. Quinze mille réservistes opérationnels de gendarmerie et de police seront disponibles « d’ici la fin du mois », contre 12.000 actuellement, pour « assurer la sécurité des différents événements de l’été » a déclaré le chef de l’État.  Il est clair que le contexte pré électoral ne prédispose pas à poser la problématique d’un engagement actif au service de la république via un nouveau service national obligatoire.  Attentat après attentat, les pouvoirs publics bricolent leur plan de lutte contre le terrorisme. Mais force est de constater que la réponse n’est guère adaptée à l’enjeu. Au mieux on se contente d’indiquer que de nouvelles tueries sont à prévoir mais sans problématiser la question et sans permettre à l’opinion d’être en mesure de comprendre et d’accepter une nouvelle articulation entre la problématique de sécurité et la problématique de liberté.  L’un des piliers du plan gouvernemental pour lutter contre le terrorisme repose sur l’opération sentinelle (opération Vigipirate renforcée) qui mobilise 10 000 militaires dans les rues et les lieux publics. En réalité une opération très symbolique qui vise surtout à rassurer la population. Cette action devrait relever des forces de police et non des forces militaires lesquelles s sont déjà épuisées par toutes les tâches de surveillance des rassemblements divers et variés, festifs ou non. On sait que la France s’est imprudemment engagée sur nombre de théâtres d’opérations de guerre au Moyen-Orient et en Afrique où les effectifs sont déjà insuffisants. Or avec l’opération sentinelle on se prive d’environ 10 % des effectifs de l’armée de terre. Pris de court une nouvelle fois,  le ministre de l’intérieur a sorti de son chapeau un service militaire pour ceux qui le souhaitent : une curieuse conception de la solidarité républicaine. Il est clair qu’en période préélectorale personne n’ose ouvrir le débat sur la nécessité d’un service national obligatoire par exemple de six mois et qui permettrait de libérer totalement les militaires de cette opération Sentinelle. Accessoirement cela offrirait un moyen de permettre une adhésion plus active aux valeurs de la république ; république dans les citoyens ne peuvent se comporter uniquement en consommateurs de liberté individuelle ou collective mais sans les contraintes de l’engagement. Le contexte commanderait pourtant un changement de statut du citoyen passant de la posture de consommateurs à celui d’acteur.

 

Brexit: Hollande en contradiction avec Merkel

Brexit: Hollande en contradiction avec Merkel

 

Une nouvelle fois François Hollande slalome entre les contradictions de la France et de l’Allemagne sur les conditions d’une nouvelle négociation entre l’union économique européenne et le Royaume-Uni. Alors que Hollande avait déclaré qu’il souhaitait une rupture rapide et nette avec la Grande-Bretagne Merkel au contraire a déclaré qu’il convenait de donner du temps au temps. La France comprend que le Royaume-Uni ait besoin de temps avant de notifier sa décision de quitter l’Union européenne mais plus tôt il le fera, mieux ce sera pour toutes les parties concernées, a déclaré jeudi François Hollande au côté de Theresa May. A l’issue d’un entretien à l’Elysée avec la nouvelle Première ministre britannique, le président français a répété que le Royaume-Uni ne pourrait prétendre conserver l’accès au marché unique européen que s’il continuait à respecter les quatre libertés de circulation européennes : capitaux, biens, services et mouvement des personnes. Theresa May a souligné que le peuple britannique avait fait parvenir dans son vote pour la sortie de l’Union « un message très clair, à savoir que nous devons introduire des contrôles quant au mouvement des personnes venant de l’Union européenne vers le Royaume-Uni ». « Le gouvernement doit assurer cela pour le peuple britannique », a-t-elle ajouté. « C’est le point le plus crucial, c’est celui là même qui va être l’objet de la négociation », a ajouté François Hollande. Pour la France, le Royaume-Uni doit notifier l’article 50 « dans les meilleurs délais », a dit François Hollande. « Il ne peut y avoir de discussion ou de pré-négociation avant la négociation mais il peut y avoir la préparation de cette négociation et nous pouvons comprendre que votre gouvernement, qui vient de se constituer, ait besoin de ce temps mais je le répète le plus tôt sera le mieux dans l’intérêt commun », a-t-il ajouté. Theresa May a quant à elle répété que cette notification n’interviendrait pas avant la fin de l’année. La réponse du président français, qui a été depuis le référendum un des plus pressants des partenaires européens du Royaume-Uni, correspond à celle faite la veille par Angela Merkel, qui a reçu Theresa May à Berlin. « On peut parfaitement comprendre que le Royaume-Uni a(it) besoin de temps », avait déclaré la chancelière allemande, tout en soulignant que « personne ne souhaite une longue période d’incertitude. Ni le peuple britannique, ni les pays membres de l’UE ».

(Avec Reuters)

Les limites d’une politique monétaire (Marie-Hélène Duprat )

Les limites d’une politique monétaire (Marie-Hélène Duprat )

 

Dans un article du monde Marie-Hélène Duprat, conseillère auprès du chef économiste de la Société Générale, souligne les limites de la politique monétaire

 

« Huit ans après l’éclatement de la crise financière, les économies occidentales sont toujours placées sous perfusion monétaire. Lorsque la crise a éclaté, les grandes banques centrales ont abaissé leurs taux directeurs à zéro ou quasiment zéro, avant de se tourner vers des outils de moins en moins conventionnels, tels que l’assouplissement quantitatif et les taux d’intérêt négatifs. Les taux négatifs – ultime avatar des mesures monétaires non orthodoxes – sont aujourd’hui pratiqués par les banques centrales du Danemark, de la Suède, de la Suisse, du Japon et de la zone euro. Quel bilan peut-on aujourd’hui tirer de l’action des autorités monétaires? Un bilan en vérité mitigé : la politique monétaire a réussi à stabiliser le crédit, mais elle a échoué à véritablement favoriser la croissance et à relancer l’inflation. Si les politiques monétaires ultra-accommodantes mises en oeuvre par les grandes banques centrales se sont révélées indispensables pour freiner la contraction de l’activité économique et éviter une spirale déflationniste, elles n’en sont pas moins clairement insuffisantes. Insuffisantes, car, dans une économie excessivement endettée, même un taux d’intérêt nul ne suffit pas à relancer l’emprunt et les dépenses, les agents économiques étant plus soucieux d’apurer leurs dettes. D’où un déficit chronique de la demande dans l’économie. Pour corriger une insuffisance de la demande, le remède habituellement déployé est une baisse des taux directeurs de la banque centrale. Le problème, c’est que les taux d’intérêt nominaux ne peuvent pas être réduits substantiellement en dessous de zéro car le public peut bénéficier d’un taux de rendement nul en détenant des encaisses monétaires.  Lorsque les taux directeurs sont à leur valeur plancher (zéro ou légèrement en dessous de zéro), la monnaie créée est épongée par la thésaurisation au lieu d’être dépensée ou investie : l’économie est alors dans la « trappe à liquidité » théorisée par Keynes. Depuis 2008, la majorité des économies développées ont basculé dans la trappe à liquidité. Dans une telle situation, l’économie a besoin, soit de taux d’intérêt nominaux très nettement négatifs, ce qui n’est pas possible, compte tenu de la borne inférieure des taux, soit d’anticipations d’inflation nettement plus élevées, ce que les banques centrales ont jusqu’alors échoué à créer. Il est vrai que faire remonter les anticipations d’inflation dans une économie très endettée piégée dans une trappe à liquidité relève de la gageure. La réalité est que la politique monétaire ne peut pas, à elle seule, tout régler. Et aujourd’hui, il existe un risque réel que, si la politique monétaire seule continue de supporter tout le poids de la relance, les coûts marginaux l’emportent sur les bénéfices marginaux attendus. Car l’hyperrelance monétaire a des coûts : prise excessive de risques par des investisseurs en quête de rendements (d’où le risque de bulles spéculatives), érosion des marges bancaires, baisse des revenus de l’épargne, pour n’en citer que les principaux. Les travaux théoriques suggèrent qu’une fois la borne inférieure zéro sur les taux atteinte, l’intervention politique la plus efficace est une politique budgétaire expansionniste pour créer un choc de demande positif. Aussi, outre les nécessaires réformes structurelles, une relance de l’investissement public (dans les infrastructures et l’éducation notamment) pourrait être aujourd’hui judicieuse pour remédier à court terme à l’insuffisance de la demande privée, tout en contribuant à une croissance potentielle à long terme plus forte sans laquelle il serait illusoire d’imaginer que les dettes accumulées seront honorées. Des investissements publics financés par la création monétaire (la « monnaie-hélicoptère ») seraient contraires au Traité européen, mais qu’importe lorsque les Etats peuvent emprunter à long terme à des taux dérisoires, voire négatifs. »

EDF perquisitionné par l’AMF

EDF perquisitionné par l’AMF

 

Ce n’est certainement pas par hasard si le siège parisien d’EDF a été perquisitionné, jeudi 21 juillet, par l’Autorité des marchés financiers (AMF). En effet la situation d’EDF est catastrophique et l’autorité des marchés s’interroge sur les informations financières communiquées par l’électricien public au marché depuis 2013.  » « La visibilité est tellement faible sur le montant total des coûts et des investissements à supporter dans les années à venir, dans un contexte de baisse des prix de gros de l’électricité, qu’il est impossible d’avoir une vue précise de la faculté de résistance du bilan de l’électricien », écrit dans une note le courtier Aurel BGC. Face à la crise financière dramatique d’EDF n’a donc pas d’autre solution que le prolongement des centrales actuelles avec une opération de grand carénage pour en assurer la sécurité (durée de vie  désormais de 40 à 50 ans) ;   Cette opération devrait représenter un coût de 50 milliards d’euros sur dix ans selon EDF. La Cour des Comptes tablerait plutôt sur un coût de 100 milliards d’euros sur 15 ans. De toute manière la situation financière d’EDF est dramatique.  Récemment le patron d’EDF à ouvert la porte à de nouvelles modalités de financement du nucléaire. Et pour cause !  L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France comme dans le monde. Discrètement mais sûrement le patron d’EDF ouvre le débat pour un changement des modalités de financement des centrales nucléaires. Il faut dire que la situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. Selon la source proche du dossier, les enquêteurs ont demandé « des pièces, des informations, des dates, des comptes-rendus », concernant principalement le programme de rénovation des centrales nucléaires françaises (« grand carénage ») et le projet controversé de construction d’une centrale nucléaire à Hinkley Point (Angleterre).

(Avec AFP)

Loi travail : pas une question de pédagogie mais de légitimité politique

Loi travail : pas une question de pédagogie mais de légitimité politique

 

C’est ce que pense sans doute à juste titre Anton Molina (Vice-président d’Havas Paris) dans un article du monde.

« L’emploi de la notion de pédagogie par de nombreux responsables publics n’est pas neutre. Bien au contraire. Il trahit la vision qu’ils peuvent avoir de la communication avec les citoyens et du débat public en général. Qu’il s’agisse de la Loi travail ou du Brexit, l’opinion n’aurait rien compris du tout et les citoyens mériteraient une mauvaise note pour n’avoir pas bien suivi les cours qui, eux, daignent-ils à reconnaître, n’ont pas été assez intensifs. Il suffirait donc de mieux préparer les cours et le programme pédagogique envers l’opinion qui penserait enfin justement, et les citoyens voteraient correctement. Laissons la pédagogie aux pédagogues, professeurs, enseignants, instituteurs, éducateurs, précepteurs, voire aux médias et aux factcheckeurs (vérificateurs de faits) même. Elle sera bien gardée. La pédagogie ne s’improvise pas et ne se décrète pas. Un contrat pédagogique lie l’enseignant et l’enseigné. L’enseignement ne peut produire ses fruits que s’il y a accord et reconnaissance réciproque entre l’enseigné et l’enseignant sur les objectifs mêmes de la formation. En clair, si l’enseigné reconnaît légitime l’enseignant. Et c’est là que le bas blesse. Il n’y a pas défaut de pédagogie, mais bien défaut de légitimité. Ce n’est pas nouveau, tant le constat du fossé entre les élites et les citoyens est criant. Pour Emile Durkheim, « La pédagogie, l’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale ». Sûrs d’avoir raison, d’avoir tout compris, vivant dans un « splendide isolement » les apprentis pédagogues en mal d’éducation des citoyens-enfants sont illisibles et inaudibles tant ils sont suspects d’être intéressés à prodiguer leurs enseignements. En voulant enseigner « leurs vérités » à des citoyens en réalité adultes qui ne leur reconnaissent pas légitime ce rôle, ces apprentis pédagogues abandonnent sans s’en rendre compte le champ de bataille du débat public aux démagogues. C’est en réalité une véritable désertion à laquelle nous assistons à travers cette posture. Les citoyens dans nos démocraties matures nous le disent, alors entendons-les : ils n’attendent pas de leçons de la part des acteurs du débat public, ni qu’on leur enseigne une vérité révélée, mais attendent d’être à la fois écoutés et convaincus, voire enthousiasmés. Ils méritent des acteurs du débat public engagés qui leur donne envie de s’engager à leur tour. Ils méritent des responsables publics qui se rendent audibles en intégrant leurs préoccupations et qui n’ont pas l’air de défendre tel ou tel corporatisme ou rente de situation en les prenant de haut. Ils méritent bien mieux que des « pédagogues » intéressés : des démocrates enfin intéressants ! »


Foot : pourquoi 120 millions pour le transfert de Pogba ?

Foot : pourquoi 120 millions pour le transfert de Pogba ?

 

La somme peut paraître démentielle et elle l’est effectivement. Ceci étant elle correspond un certain nom de critères d’évaluation découlant des retombées attendues L’estimation de la valeur d’un joueur sur le marché des transferts découle de plusieurs critères rationnels. L’Observatoire du football du CIES a ainsi établi un algorithme créé à partir de 1.500 transactions opérées dans les cinq grands championnats européens (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie) ces dernières années. Cette méthode de calcul permet d’obtenir une estimation précise pour tel ou tel joueur. Un outil en ligne permet d’effectuer en quelques clics d’effectuer une simulation en renseignant plusieurs données du footballeur. Certaines, plus importantes que d’autres peuvent vite faire monter la facture. C’est justement le cas dans la transaction qui concerne Paul Pogba. Un critère important concerne l’âge du joueur. Plus il est jeune, plus le potentiel de progression d’un joueur est important. A 23 ans, Paul Pogba dispose en théorie d’une grande marge de progression et pourra, en plus, faire l’objet d’une revente dans les années à venir. Tout le contraire d’un joueur âgé de plus de 30 ans, qui offre peu de perspectives de plus-value. Celui-ci peut aussi s’envoler en incorporant le poids marketing de la recrue, ce qu’elle peut apporter en terme de retombées médiatiques et publicitaires pour le club et dans le domaine des produits dérivés où excelle Manchester United (171 millions d’euros de bénéfices l’an dernier selon Forbes). Dans ce secteur qui n’est pas pris en compte par le CIES ou le site transfertmarkt, Paul Pogba fait bel et bien partie du gratin des joueurs européens à fort potentiel. Adidas l’a compris en faisant signer en février dernier au milieu de terrain un contrat en or sur dix ans estimé à quarante millions d’euros. (Avec le Figaro)

 

Un référendum pour l’unification de l’Irlande ?

Un référendum pour l’unification de l’Irlande ?

 

 

 

Après l’Écosse c’est autour de l’Irlande de s’interroger sur la possibilité d’une Irlande unie et souveraine Pour la première fois depuis le 23 juin, Enda Kenny, le Taoiseach (prononcez « tichoc ») ou premier ministre irlandais, a ouvert la porte à la possibilité d’un référendum de réunification des deux Irlande. Lors des journées d’été de l’université MacGill de Glenties, dans le comté de Donegal, au  nord de la République, où se rassemblent les principaux responsables politiques du pays, Enda Kenny a indiqué que « la discussion et les négociations qui prendront place durant la prochaine période » entre le Royaume-Uni et l’Union européenne « devront prendre en compte, autant qu’elles le devront, le fait que la clause des Accords du Vendredi Saint puisse être engagée ». Lors de la signature de ces accords, en avril 1998, les gouvernements britannique et irlandais ont « reconnu la légitimité du choix librement consenti par la majorité du peuple nord-irlandais concernant son statut, qu’il préfère continuer à soutenir l’union avec la Grande-Bretagne ou qu’il choisisse une Irlande unie souveraine » (article 1.1). Dans l’alinéa suivant, il est indiqué que les deux puissances par « accord commun » entre elles pourront demander aux peuples de l’île d’Irlande, « d’exercer leurs droits à l’auto-détermination (…) au nord et au sud concernant une Irlande unie, s’ils le désirent » (article 1.2). Ce droit est reconnu par l’accord et est sujet à l’accord de la majorité du peuple nord-irlandais. Irlande et Royaume-Uni sont tenus reconnaître le résultat de cette consultation (article 1.4). Ces déclarations sont les premières de la part du chef du gouvernement irlandais sur la possibilité d’un référendum de réunification. Ces paroles sont d’autant plus fortes que son parti, le Fine Gael conservateur, est traditionnellement moins enclin à évoquer le sujet. Certains membres de son cabinet sont ouvertement opposés à cette option. Historiquement, le Fine Gael représente la branche du Sinn Fein qui a accepté après la guerre anglo-irlandaise de 1921 le traité qui faisait de l’Irlande un « Etat libre » membre du Commonwealth et qui sanctionnait la partition de l’île. C’est son rival, avec lequel il a engagé une guerre civile en 1922, devenu ensuite le Fianna Fáil, qui a refusé cet accord et qui s’est toujours présenté comme le « parti républicain », attaché à un processus pacifique de réunification de l’île. C’est le Taoiseach du Fianna Fáil Bertie Ahern qui, en 1998, a négocié les Accords du Vendredi Saint qui incluait précisément le droit à l’auto-détermination de l’Irlande du Nord. . L’Irlande du Nord est, avec l’Ecosse, une des deux « nations » du Royaume-Uni qui ont choisi le maintien dans l’UE le 23 juin.

 (Avec AFP )

 

Critique du CICE par le sénat : un rapport très « politique »

Critique du CICE par le sénat : un rapport très politique

 

 

 

Un rapport à charge et  très politique de la sénatrice communiste qui traduit un manque de compétence économique aussi un manque de sérieux de la part du Sénat qui nous a habitué à des rapports autrement pertinents. S’il est clair que le CICE (Entré en vigueur le 1er janvier 2013) présente de graves insuffisances en matière de ciblage (certains secteurs qui en ont bénéficié n’étant pas soumis à la concurrence internationale et certaines PME n’en ayant pas assez profité) par contre la condamnation du dispositif paraît particulièrement excessive. Le dispositif  permet aux entreprises d’alléger leur masse salariale pour les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Son taux était de 4% en 2014. Il a grimpé à 6% cette année et culminera à 7% l’année prochaine, comme l’a récemment annoncé François Hollande, le chef de l’Etat.  En s’ajoutant aux allègements de charges sur les bas salaires, le CICE a permis l’allègement de la masse salariale des entreprises, réduisant le coût du travail. La sénatrice communiste considère que le CIC.E. n’a pas renforcé la compétitivité notamment du secteur manufacturier. Difficile de l’affirmer car les fait de ce type de mesure ne peut se faire sentir qu’à moyen et long terme,  en outre il est toujours complexe de procéder à l’évaluation pour ce type de mesure. Le CICE. a permis de restaurer certaines marges et au-delà de renforcer les capacités d’investissement. Ce n’est qu’après la restauration des marges et des capacités d’investissement qu’on peut éventuellement constater des effets  sur l’emploi. Ces effets se mesurent  au nombre d’emplois créés mais aussi au nombre d’emplois maintenus. Le rapport de la sénatrice communiste considère que le crédit d’impôt n’a permis de maintenir que 125 000 emplois. Là encore toute estimation ne peut être qu’approximative et la critique paraît peu pertinente. Il faut cependant observer une critique assez juste concernant les bénéficiaires du CIC.E. qui a surtout profité aux grandes entreprises. Par ailleurs, selon le Sénat, les ETI et les grandes entreprises sont les entreprises qui ont bénéficié en majorité du CICE. Elles représentent respectivement 22,8% et 30,2% des créances. Or, l’emploi se crée surtout dans les PME, PME qui ne « pèsent » que 32,7% des créances. Le rapport de la sénatrice constate que le CICE a constitué une aubaine critiquable pour les  entreprises en difficulté en rendant possible une amélioration de la trésorerie. Il faudrait faire observer à la sénatrice que cette amélioration de trésorerie n’a été possible que grâce à de meilleures marges, marges rendues possibles avec la baisse des charges. La sénatrice reprend à son compte les critiques des frondeurs du PS et de l’extrême gauche qui considèrent  que le CICE est donc un cadeau sans contrepartie fait aux entreprises. Le rapport critique  le coût exorbitant de ce dispositif. Celui-ci est estimé à environ 20 milliards d’euros pour les finances publiques à l’horizon 2020. Pour l’instant, le montant des créances pour les exercices 2013, 2014 et 2015 s’élève à 48 milliards d’euros. C’est la plus importante dépense fiscale de l’Etat, très loin devant le crédit impôt recherche dont le coût annuel avoisine les 6 milliards d’euros. «  Sachant qu’il n’y a jamais eu d’étude d’impact de ce dispositif, la décision de relever de 6% à 7% le taux du CICE est dans ce contexte risquée pour les finances publiques  », conclut la sénatrice qui s’interroge sur l’avenir de ce dispositif. En novembre 2015, François Hollande indiquait que le CICE serait transformé en un allègement de charges, conformément au souhait de Louis Gallois en 2012. En réalité ce rapport constitue une critique en règle du concept même de réduction de la fiscalité portant sur les charges sociales. Rien de surprenant si l’on tient compte manque de compétences d’une sénatrice, ancienne institutrice, qui n’entretient qu’un lien approximatif avec la problématique économique.

Vers la disparition de l’industrie en France ?

 

 

 

Alors que la France comptait près de 30 % des Français dans l’industrie il ne représente plus qu’un peu plus de 13 % en 2015. En cause, la transformation de l’économie notamment sa dématérialisation mais surtout aussi la délocalisation qui explique en grande partie d’ailleurs le déficit du commerce extérieur. Faute de compétitivité, une grande partie des productions de l’industrie nécessaire à l’économie française notamment est réalisée à l’étranger. On peut sans doute se réjouir de la croissance du secteur tertiaire sous réserve toutefois qu’il soit réellement créateur de valeur ajoutée et qu’il ne soit pas une intermédiation uniquement destinée à renchérir le prix de production ou à être même complètement inutile. Sur les 25,8 millions de Français «occupés», plus des trois-quarts travaillent dans le secteur tertiaire, tandis que l’industrie ne représente plus que 13,9% des emplois, la construction, 6,6%, et l’agriculture, 2,8%.La part du secteur tertiaire dans l’emploi total en France a gagné 22 points au cours des quatre dernières décennies. En revanche, la part de l’industrie s’est quasiment réduite de moitié sur la même période (-13 points), notamment sous l’effet de la forte expansion du secteur tertiaire ; celles de l’agriculture et de la construction ont perdu respectivement 7 et 3 points. En France, près d’un tiers des Français occupés travaillent dans le secteur de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé humaine et de l’action sociale. Dans l’Union européenne, en 2014, le poids du secteur tertiaire est le plus important aux Pays-Bas et au Royaume-Uni où il approche 83%. Les secteurs de l’industrie et de la construction représentent encore plus de 30% des emplois en République tchèque, en Slovaquie et en Pologne. La Roumanie offre pratiquement un emploi sur trois dans l’agriculture alors que ce secteur d’activité ne représente plus que 5% des emplois européens.  La stratégie de délocalisation de Renault  illustre bien le processus de désindustrialisation en France. La  production en France de Renault n’a cessé de se réduire comme peau de chagrin. Le constructeur fabriquait encore 1,1 million de voitures et 227.000 utilitaires légers en 2004 dans l’Hexagone, contre 445.000 automobiles et 201.000 camionnettes l’an dernier.  Le tournant pris par Renault dans le « low cost », sous ses couleurs ou celle de sa filiale Dacia, lui vaut de beaux succès mais laisse de côté ses usines françaises au profit de sites Mais aussi grâce « à un prix de main d’œuvre d’un euro de l’heure (dans l’usine roumaine de Pitesti ndlr) contre 20 euros en France », poursuit-il.   C’est la même recette qui s’applique au Maroc avec un salaire mensuel tournant autour de 250 euros, contre 450 euros en Roumanie, selon Renault.  Tout est dit, Renault en perdition sur le marché français essaye de sauver les meubles en délocalisant. Qui peut lui reprocher ??Quand l’écart de salaire est de 1 à 20, il n’ya pas d’autre solution, sauf à disparaitre. Un exemple du mal chronique de l’industrie plombée par le coût du travail dont la fiscalité. Une illustration aussi de l’incohérence de l’Europe qui se réduit en fait à un vaste marché sans harmonisation et  sans règles. Les services sont aussi soumis à la même concurrence inégalitaire ; En transport par exemple, le pavillon terrestre français a disparu du champ européen alors que dans les années 80, il assurait encore 50% de parts de marché. Les ex pays de l’Est ont tué le transport français international. Certes une petite  régulation existe mais elle est virtuelle, trop restreinte dans son champ, inapplicable et inappliquée.

Prestations sociales : l’explosion

Prestations sociales : l’explosion

 

Démographie, chômage, maladie, invalidité autant de facteurs explicatifs pour comprendre la très forte montée des prestations sociales qui ont pratiquement doublé en 50 ans. La part des prestations sociales dans le revenu des Français est passée de 17,5% à près de 35%. Certains facteurs explicatifs sont d’ordre conjoncturel est liés en particulier à la faiblesse de la croissance. Nombre de comptes sociaux seraient davantage équilibrés ou en tout cas en moindres déficits avec une modification du rapport actif -non actif. Se pose cependant la question du niveau de certaines prestations sociales et de l’étendue de leur champ d’application. On peut comprendre qu’il soit difficile dans une période de crise économique de procéder à une modification substantielle de ces prestations mais force est de constater qu’on ne les réalise pas davantage en période de croissance satisfaisante. Sur la tendance la plupart des comptes sociaux ne peuvent exploser et du coup la protection sociale surtout à venir est largement hypothéquée. C’est le cas par exemple pour la retraite dont l’âge est régulièrement reculé, reculera encore comme son montant. C’est le cas aussi de l’assurance maladie ou encore des prestations relatives à l’invalidité sorte de cache-misère d’une partie du chômage.  Elles représentent désormais 35% du revenu disponible brut des ménages contre 13,8% en 1949. Au total en 2014, les dépenses de protection sociale ont atteint la somme rondelette de 688,9 milliards d’euros La hausse est quasiment continue depuis 1950 avec une accélération forte cependant depuis 2008. Le palier des 20% a été atteint en 1966, celui des 30% en 1995 et à ce rythme-là on pourrait atteindre les 40% dans les années 2020. Depuis 30 ans, cette redistribution typiquement française de la richesse nationale n’a baissé que trois fois. Sur les périodes 1988-1990, 1999-2001 ainsi que 2005-2008. Des périodes fastes pour l’économie française notamment marquées par un recul du chômage. Plusieurs raisons expliquent cette flambée des prestations. La première raison est à chercher du côté de la pyramide des âges. Car les retraites sont évidemment avec 270 milliards d’euros versés en 2013 le plus gros poste de ces dépenses. La population des plus de 60 ans qui représentait à peine 16,2% de la population française en 1950 devrait atteindre cette année les 25%. Or, le revenu de ces populations provient principalement des prestations sociales. « La hausse des prestations entre les années 50 et 80 s’explique par un changement dans les régimes de retraite, explique Ronan Mahieu, le chef du département des Comptes nationaux de l’Insee. Ils ont concerné une population de plus en plus large. A partir des années 90, il y a un effet pyramide des âges avec le « papy boom ». » Un vieillissement de la population qui a par ailleurs fait gonfler les autres postes de dépenses sociales comme la maladie, la dépendance, l’invalidité etc.   La deuxième raison n’est pas démographique mais économique. La très forte hausse du chômage qui concerne désormais 5 millions de Français a mécaniquement fait gonfler les dépenses. Incapable de recréer une dynamique menant au plein emploi, l’Etat a fait le choix de la redistribution pour soutenir les chômeurs plutôt que des réformes structurelles. Problème, si ces dépenses jouent le rôle d’amortisseurs sociaux en cas de crise (en soutenant la consommation par exemple), le niveau élevé des prélèvements handicape la reprise ou la bloque littéralement. C’est ce qui se passe en France depuis 2012, note la direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees) dans une étude. Le niveau de prélèvement devient si élevé qu’il appauvrit désormais plus les contributeurs qu’il ne permet aux bénéficiaires de voir leurs revenus compensés.

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