Grèves : des conséquences graves pour le tourisme et l’économie

Grèves : des conséquences graves pour le tourisme et l’économie

 

Les premières victimes des grèves, blocages des sites d’essence et autres manifestations concerne le secteur du tourisme. Un secteur déjà affecté par l’effet des attentats de novembre. De nombreuses annulations de voyages ont été constatées tant auprès des agences de tourisme que des hôtels, de nombreux commerces sont concernés. Au delà du tourisme, ce sont  beaucoup d’activités qui sont handicapés notamment par les difficultés de transport. Ces conséquences à court terme pourraient priver la France de 0.1 à 0.3% du PIB en 2016 et créer 100  à 200 000 chômeurs supplémentaires. Mais les dommages les plus importants concernent l’avenir. L’image de la France est en effet de nouveau très ternie du fait de cette instabilité sociale et surtout par l’incapacité du pays à accepter les réformes. Pas étonnant que les investissements étrangers en France soient très en retrait par rapport notamment à l’Allemagne et à la Grande-Bretagne.  L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) s’est alarmée « des conséquences graves, économiques et sociales, des mouvements de blocage » et « des images aux conséquences néfastes pour la destination France » déjà affectée par les attentats du 13 novembre dernier. L’organisme, contacté vendredi par Reuters, n’était pas en mesure d’établir à ce stade une tendance générale en raison de chiffres disparates selon les régions, mais il évoque des annulations de réservations pour le week-end à hauteur de 50% sur le littoral en Bretagne et dans les Hauts-de-France. Le Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration (GNI) cite vendredi une enquête qui « montre que les taux d’occupation dans le secteur de l’hôtellerie sont redescendus au niveau de ceux des semaines qui ont suivi les attentats de novembre 2015 et que les tarifs ont baissé de 22%. » « La saison touristique à venir est en péril », estime le GNI dans un communiqué. « Je crois que même si cela s’arrêtait demain, le mal est quand même déjà un peu fait. Les images qui sont passées à l’étranger font peur. Quand vous voyez une voiture de police brûler, cela ne vous invite pas à venir dans le pays concerné. Les images mettront du temps à être effacées », a estimé vendredi sur RFI Vincent Sitz, président de la commission Emploi, Formation, Handicap du GNI-Synhorcat. Interrogé sur BFM TV, le président de l’Union professionnelle artisanale (UPA), Jean-Pierre Crouzet, a évoqué les inquiétudes de ses adhérents, qui n’acceptent pas « la paralysie du pays et les violences ». « Ils sont confrontés pour certains d’entre eux à la casse de leur vitrine, à la casse de leur magasin, à l’éloignement du consommateur et là, véritablement, il y a de gros gros problèmes », a-t-il déclaré en précisant que l’alimentation, l’hôtellerie et les services étaient les plus affectés. « A un moment où on avait touché le fond de la piscine, où on commençait à sortir la tête de l’eau, on nous replonge une nouvelle fois et ça, on ne peut pas l’accepter », a-t-il déclaré.

(Avec Reuters)

 

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