« forward guidance » de la BCE : urgent d’attendre !

« forward guidance » de la BCE : urgent d’attendre !

 

À l’occasion de la réunion du Conseil des gouverneurs de jeudi 21 mars, la BCE ne devrait pas annoncer grand-chose de nouveau. Elle devrait ce contenter de répéter ce qui a déjà été dit le 10 mars avec la promesse de maintenir les taux et le rachat de dettes y compris privées mais sans modalités ni dates.  Pour les taux c’est comme le temps nécessaire pour refroidir le temps du canon : un certain temps ! Quant au rachat de dettes nouvelles en demeurera encore dans le flou. Pourtant la situation économique supposerait des mesures plus radicales dans la mesure où les perspectives de croissance sont moins bonnes encore que prévu à l’intérieur de l’union européenne (autour de 1,5 % pour la progression du PIB) et il ne faut guère attendre de soutien de l’extérieur en l’état actuel de l’environnement international lui aussi assez mollasson comme en témoignent les prévisions en baisse élaborées  par le FMI. Au sein de la BCE certains sont persuadés qu’il faudrait des mesures beaucoup plus radicales pour relancer la croissance mais ils se heurtent évidemment à l’opposition de certains pays notamment de l’Allemagne qui ne veut pas en entendre parler. Une Allemagne qui conteste de plus en plus la stratégie de la banque centrale européenne et dont  certains représentants demandent même que le président actuel soit remplacé par un Allemand ! La réunion du 21 avril Devrait donc n’être qu’un point d’étape pour la BCE. Six semaines après l’annonce, le 10 mars dernier, d’une nouvelle série de mesures dont certaines restent à préciser dans leurs modalités et à mettre en place, Mario Draghi devrait donc demeurer immobile, cette fois. Pas de baisse de taux, ni de nouvelles décisions majeures à attendre, donc. Et ce pourrait être le cas pendant plusieurs mois, si l’on en croit Frédérik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management à Genève et fin observateur de la BCE. « Les signaux récents envoyés par la BCE suggèrent qu’il faudrait un choc significatif pour aller au-delà de l’ajustement des outils existants et pour considérer plus de mesures radicales », écrit-il ce lundi dans une note. La BCE s’est, il est vrai, beaucoup avancé le 10 mars. Pour l’instant, la priorité est donc d’achever la construction de ces mesures, ce qui n’est pas une tâche minime. Un point reste encore assez obscur : le rachat d’obligations d’entreprises non-financières de la zone euro qui doit commencer « vers la fin du deuxième trimestre ». Quel sera la taille des achats de la BCE sur le marché de la dette privée ? Comment ces achats se répartiront-ils selon les pays, les secteurs et les degrés de risque ? Quelle est la définition des « entreprises non financière qu’appliquera la BCE ? Un des éléments les plus attendus de ce 21 avril concerne ces modalités, mais aussi les moyens que la BCE se donnera pour contourner un des écueils les plus importants de ce programme : le manque de liquidités de ce marché et la possibilité d’une « dépendance » du marché vis-à-vis de ces rachats. Si Mario Draghi se montre clair sur ces points, le marché pourrait réagir positivement. Mais c’est une vraie gageure pour la BCE qui, sans doute, préférera rester dans le flou comme elle l’a été dans le cas des rachats de prêts titrisés (ABS) afin de ne pas se lier les mains et maintenir un difficile équilibre entre l’incitation des investisseurs à venir sur ce marché et la « subvention » pure et simple à ce même marché. Le prix de cette prudence pourrait être une certaine déception des investisseurs à court terme. Le Conseil des gouverneurs préférera également sans doute attendre de voir quel sera en juin le résultat du premier « TLTRO II », acronyme barbare désignant des prêts de quatre ans accordés aux banques et incluant une subvention aux prêts à l’économie réelle sous forme de « remise » de la différence entre le taux demandé, qui est la taux de référence de la BCE, soit 0 %, et le taux de dépôt, actuellement à -0,4 %. Autrement dit, une banque qui empruntera auprès de la BCE et remplira les critères demandés de distributions de crédit, pourrait avoir à rembourser moins que la somme empruntée.

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