Migrants : l’accord l’accord UE-Turquie inapplicable

Migrants : l’accord l’accord UE-Turquie inapplicable

 

 

L’union européenne et surtout Angela Merkel ont cru se débarrasser de la question des migrants en en confiant la régulation à la Turquie. Une manière évidemment de fuir ses responsabilités dans la plus grande hypocrisie car chacun sait que la Turquie n’a ni les moyens ni la volonté de faire ce travail qui incombe à l’Europe. Cela d’autant plus que la Turquie ne dispose pas d’arsenal juridique pour assurer la protection des réfugiés.  Du coup en Grèce les réfugiés continuent d’affluer à raison d’environ 50 000 par mois et rien n’a été mis en place ni en Turquie ni en Grèce à la fois pour les accueillir et pour traiter leur demande de réfugiés, bref c’est la pagaille la plus totale.  Tout le monde sait que la Turquie est une véritable passoire qui permet les flux migratoires ;  une grande partie des réfugiés de la Syrie, d’Irak voire des Balkans ou d’Asie  passe par la Turquie ;  du coup faute de réels moyens de contrôler ses frontières extérieures l’union économique propose de l’argent aux turcs pour qu’ils retiennent ces migrants, aussi qu’ils améliorent  leur accueil et les renvoient  éventuellement chez eux. On peut sans doute s’interroger sur cette politique dont le coût sera assez significatif. Peut-être les sommes concernées seraient-elles plus utiles pour financer le contrôle aux frontières européennes. Mais ce n’est pas le choix de l’union européenne qui offrirait contre un  accord à Ankara des financements et une relance des négociations d’adhésion en échange de sa promesse de contribuer à endiguer le flot de migrants arrivant en Europe. En échange de son implication dans la plus grave crise migratoire en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement turc recevra trois milliards d’euros d’aide européenne pour financer la prise en charge des migrants se trouvant sur son territoire (ce montrant pourra être révisé ultérieurement en tenant compte des évolutions). De même, Ankara obtient la réouverture dès le mois prochain d’un nouveau chapitre des négociations sur une adhésion de la Turquie, dans l’impasse depuis 2005  Selon Donald Tusk, environ 1,5 million de personnes sont entrées illégalement dans l’UE en 2015. La plupart ont transité par la Turquie, faisant de ce pays un partenaire indispensable et incontournable, au point que des diplomates européens se demandaient samedi soir si Ankara, conscient de son statut central dans ce dossier, ne produirait pas de nouvelles demandes. D’après le projet d’accord, les Européens prévoient de verser 3 à 6 milliards d’euros à la Turquie pour les 12 à 24 mois prochains en souhaitant qu’Ankara utilise cette enveloppe pour améliorer le quotidien des 2,3 millions de Syriens réfugiés sur son sol de sorte qu’ils soient moins incités à s’embarquer pour la Grèce, pays de « première arrivée » dans l’UE. L’UE veut aussi que le gouvernement turc rende la traversée de Turquie vers les îles grecques plus difficile et qu’il empêche d’entrer les Afghans et autres migrants asiatiques qui passent par la Turquie pour se rendre en Europe. Bruxelles veut enfin que la Turquie tienne sa promesse de reprendre les migrants qui ont réussi à atteindre la Grèce mais qui ensuite ne réussissent pas à obtenir l’asile politique. De son côté, la Turquie souhaite davantage de fonds. L’offre originelle de l’UE portait sur trois milliards d’euros sur deux ans. Autre concession à la Turquie : Si Ankara remplit ses obligations, les ressortissants turcs obtiendront plus facilement des visas pour se rendre en Europe .Mais sur le terrain en Grèce c’est toujours la plus grande pagaille. Des centaines de réfugiés et migrants ont manifesté vendredi sur l’île grecque de Chios tandis que des organisations de défense des droits de l’homme soulignaient les obstacles à l’application, prévue lundi, de l’accord contesté entre l’Union européenne et Ankara sur le renvoi de demandeurs d’asile vers la Turquie. « Ils disent qu’ils ne veulent pas retourner en Turquie et qu’ils ont des craintes pour leur sécurité après les affrontements d’hier dans le ‘hot spot’ », a dit un responsable de la police de Chios en utilisant le terme choisi par l’UE pour désigner les centres d’enregistrement devenus ces dernières semaines des lieux de rétention administrative. « Tout à leur hâte de sceller leurs frontières, les dirigeants de l’UE ont délibérément fermé les yeux sur un fait très simple : la Turquie n’est pas un pays sûr pour les réfugiés syriens et la situation se dégrade en outre de jour en jour », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. Le HCR a dénoncé la détérioration de la situation dans les « hot spots » de Lesbos et Samos ainsi que dans le port athénien du Pirée et à Idomeni, à la frontière de la Macédoine. La Commission européenne a déclaré enquêter sur ces accusations et dit vouloir aborder le sujet avec les autorités turques. « Les préparatifs sont bien engagés pour assurer que le retour des personnes dont la demande d’asile a été déclarée inacceptable et de celles qui n’ont pas demandé de protection puisse débuter avec la réinstallation de Syriens depuis la Turquie le 4 avril », a rassuré naïvement  Mina Andreeva, porte-parole de l’exécutif communautaire.

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