Les banques centrales dans le brouillard

Les banques centrales dans le brouillard

 

 

C’est ce que constate la banque des règlements internationaux (BRI) qui estime  en termes plus technocratiques que »les turbulences rencontrées par les marchés financiers en début d’année montrent que la confiance des investisseurs dans les pouvoirs de guérison des banques centrales s’érode peu à peu ». Du coup on s’interroge sérieusement sur l’efficacité des politiques monétaires et en particulier sur l’impact des taux négatifs. Depuis des mois la politique monétaire se montre complètement incapable de faire remonter l’inflation, pire les taux négatifs ont plutôt tendance à la faire diminuer voir à la faire tomber en zone rouge. Du coup la quasi absence d’inflation favorise une spirale déflationniste qui pèse encore davantage sur le niveau des prix mais aussi sur la croissance. Ce qui est également reproché à cette politique de taux négatifs c’est qu’elle ne profite pas directement aux entreprises et aux ménages en effet ; les banques n’ont pas suffisamment reporté cette baisse des taux et ont plutôt resserré les conditions du crédit par crainte de créances douteuses.  « En dépit de conditions monétaires exceptionnellement accommodantes dans les principales juridictions, la croissance est décevante et l’inflation reste obstinément faible. Cela n’a pas échappé aux intervenants de marché et, probablement pour la première fois, ils semblent commencer à douter que les banques centrales aient des pouvoirs de guérison », a déclaré Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la BRI. « Les pouvoirs publics seraient bien avisés d’en prendre conscience eux aussi. » Une manière sans doute de dire qu’il conviendrait de compléter les politiques monétaires par des politiques de développement y compris par des mesures budgétaires. Un gros mot que n’osent  encore pas prononcés des responsables financiers prisonniers de l’orthodoxie budgétaire. La BCE devrait donc se limiter  annoncer une nouvelle baisse de son taux de dépôt de 10 points de base, donc de -0,3 % à -0,4 %. « Cette nouvelle baisse est indispensable pour répondre aux attentes du marché », assure Frédérik Ducrozet. L’institution irait donc plus avant en territoire négatif, mais, en réalité, elle se contentera de s’ajuster aux attentes du marché avant le 3 décembre. Le but de cette baisse des taux est, rappelons-le, la même que celle d’une baisse du taux de refinancement en période « normale » : il s’agit de favoriser la circulation des excès de liquidités issues des rachats de la BCE pour faire baisser le taux interbancaire et favoriser ainsi les prêts à l’économie réelle. L’efficacité de ce schéma reste cependant à démontrer et l’ambition de ces taux négatifs est souvent plutôt de peser sur la devise. Or, la BCE a besoin d’urgence que l’euro s’affaiblisse davantage pour exercer une pression haussière sur l’inflation.

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