• Accueil
  • > Archives pour février 2016

Archive mensuelle de février 2016

Page 5 sur 16

La loi travail : Ségolène Royal conteste le 49.3…et Valls

La loi travail : Ségolène Royal conteste le 49.3…et Valls

 

La bataille concernant la loi sur le travail est engagée au sein du gouvernement. Ségolène Royal vient de prendre la tête de la contestation contre le contenu actuel du projet de loi relatif à la réforme du marché du travail et contre l’utilisation du 49-3,  finalement contre Valls. Ségolène Royal a évidemment bien compris que Manuel Valls entendait reprendre la main pour apparaître au sein du gouvernement comme le chantre de la réforme et du libéralisme. Pour preuve, le fait qu’il ait  écarté Emmanuel Macron l’heure pour la  présentation du projet de loi au profit de l’inexpérimentée ministre du travail Myriam El Khomri. La bataille est donc à plusieurs étages ;  Valls veut montrer qu’il est autant réformateur qu’Emmanuel Macron et même davantage, Ségolène Royal par ailleurs ne veut pas laisser à Valls le leadership de la modernité le fond comme sur la forme de la réforme. Hollande pour ce qui le concerne se tient pour l’instant en retrait estimant quand même qu’il convenait d’unir le maximum de forces de gauche sur ce projet et qu’il ne fallait  pas utiliser a priori le 4-3. Au-delà du fond,  Valls veut surtout aussi affirmer sans leadership sur la gouvernance, montrer sa détermination et son autorité non seulement vis-à-vis des autres membres du gouvernement mais aussi sans doute vis-à-vis de François Hollande. Ségolène Royal a donc  regretté dimanche que la menace de la procédure prévue par l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote le projet de loi sur la réforme du code du travail ait été brandie avant même le débat parlementaire. Invitée du Grand Débat d’Europe 1-Le Monde-iTELE, la ministre de l’Ecologie a pris ses distances avec la tension suscitée, selon la presse, par cette question entre la présidence de la République et le Premier ministre, Manuel Valls. « C’est regrettable. On ne réforme pas bien un pays avec des tensions », a-t-elle dit. « On réforme un pays avec détermination, on réforme un pays avec imagination (…) en secouant les tabous (…), les lobbies de toute nature (…), les conservatismes. » « Ce n’est pas en commençant un débat parlementaire que l’on commence effectivement à dire, ‘si vous n’êtes pas d’accord, on mettra le 49.3′ », a-t-elle déclaré, tout en estimant que Myriam El Khomri avait peut-être été mal comprise. « Il faut faire attention à tous les raccourcis, toutes les caricatures. Jamais dans son interview la ministre du Travail ne dit pas qu’elle recourra au 49.3. Elle dit, ‘nous prendrons nos responsabilités’ », explique Ségolène Royal. « Donc je pense que cette polémique-là doit maintenant cesser. » Elle n’en estime pas moins que le projet de loi, qui sera présenté en conseil des ministres le 9 mars, doit encore être amélioré : « On voit bien la montée des objections, on voit bien l’incompréhension derrière un certain nombre de dispositifs. Donc il faut continuer à travailler. » Le débat parlementaire doit permettre, selon la ministre de l’Ecologie, de trouver un « juste équilibre » entre « nouvelle flexibilité » pour le marché du travail et acquis sociaux.

Le Royaume-Uni : handicap ou chance pour l’Europe ?

Le Royaume-Uni : handicap ou chance pour l’Europe ?

 

L’idée que le Royaume-Uni serait un handicap pour l’Europe progresse dans l’opinion publique même s’il reste encore une majorité de Français à considérer encore que la présence du  Royaume uni est plutôt positive ; sans doute faut-il voir là les récurrentes demandes d’exception formulées par les Britanniques afin échapper aux règles de l’union européenne. De fait le  Royaume-Uni milite depuis longtemps pour une Europe à la carte ou sorte d’auberge espagnole où on trouve tout mais où on peut choisir ce qu’on veut. La vérité c’est que les britanniques souhaitent surtout que l’Europe se limite à une zone de libre-échange avec le moins de règles possibles même pas sur le plan social, fiscal ou environnemental et encore moins au plan financier et monétaire. Pourtant c’est  le Royaume-Uni est le plus à perdre d’un Brexit compte tenu des échanges avec l’union économique. La perte pourrait être de l’ordre de  0,5 % du PIB par an. En outre Londres risque de voir l’importance de sa place financière rééquilibrée par celle de Paris. Le premier ministre David Cameron n’a sans doute pas tort de regretter la bureaucratie de Bruxelles pour autant son opposition systématique aux politiques communes constitue un handicap majeur pour une intégration plus effective de l’Europe. On peut se demander si le retrait du Royaume-Uni au moins pour une période ne serait pas une bonne chose pour l’Europe  qui a un urgent besoin de cohésion et de dynamisme. En outre cela permettrait peut-être au Royaume-Uni de prendre conscience de ce qu’elle est réellement,  non plus une puissance mondiale dominante comme leur de l’époque décolonisation mais une puissance de seconde zone,  comme la France ! La séparation serait sans doute profitable aux deux parties. Désormais Plus de quatre Français sur dix jugent que le Royaume-Uni est plutôt un handicap pour l’Union européenne (44%), une opinion en progression de sept points par rapport à mai 2015, selon un sondage BVA pour Orange/iTELE diffusé samedi. Seule une courte majorité de Français considère que la présence du Royaume-Uni dans l’UE est plutôt un atout (54%). Malgré tout, plus d’un Français sur deux souhaite que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne, notamment les sympathisants Les Républicains (67%) et Modem-UDI (65%). A contrario les sympathisants de partis situés à la « gauche du PS » (58%) et ceux du FN (64%) souhaitent majoritairement une sortie du Royaume-Uni de l’UE. Une nette majorité de Français se dit pessimiste concernant le futur de l’Union européenne (71%), moins de trois sur dix s’estimant optimistes (28%).

Brexit : la bataille d’Angleterre pour le poste de Premier ministre

Brexit : la bataille d’Angleterre pour le poste de Premier ministre

 

Puisque David Cameron a décidé de mener campagne contre le Brexit, le fantasque Boris Johnson, lui, a décidé du contraire. Moins par conviction que pour bousculer David Cameron et prendre sa place comme Premier ministre. On peut même supposer que si David Cameron s’était prononcé pour le Brexit  alors peut-être Boris Johnson aurait fait campagne contre. C’est la pathétique contradiction des ambitions personnelles. La position de Boris Johnson est d’autant plus contradictoire que la population de Londres et la City sont plutôt en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’union européenne. Mais on le sait Boris Johnson est un personnage particulier, populiste quand il le faut conservateur, si c’est nécessaire provocateur et exhibitionniste et sans réelle  conviction politique autre que celle de la conservation du pouvoir (on objectera qu’il n’est pas le seul dans ce cas). Les conséquences pourraient être très graves pour l’économie britannique surtout avec le ralentissement mondial, certains experts considèrent que le retrait du Royaume-Uni pourrait se traduire par une diminution du PIB d’au moins 0,5 %. Or comme partout ailleurs la croissance se tasse au Royaume-Uni et va tourner autour de 2 % en 2016. Le retrait de l’union économique sera beaucoup plus préjudiciable au Royaume-Uni qu’à l’union européenne. Boris Johnson, a pourtant déclaré dimanche qu’il ferait campagne pour une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne lors du référendum prévu le 23 juin. « Je me battrai pour le vote en faveur d’une sortie (…) parce que je souhaite un meilleur accord pour les habitants de notre pays, afin qu’ils aient plus d’argent et reprennent leur destinée en main », a-t-il dit à la presse devant son domicile du nord de Londres.   »Je ne vois pas comment, moi qui suis préoccupé depuis longtemps par cette question et qui peste depuis longtemps contre le manque de démocratie de l’UE, je pourrai laisser passer cette occasion unique de faire valoir un autre point de vue », a-t-il expliqué aux journalistes massés devant chez lui, dans le nord de Londres. Selon le maire de la capitale, l’accord trouvé vendredi au Conseil européen de Bruxelles par le Premier ministre David Cameron ne modifie pas fondamentalement les relations entre la Grande-Bretagne et l’UE. Boris Johnson, grand rival politique de David Cameron, a assuré que sa décision ne participait pas d’une lutte pour le contrôle du Parti conservateur !!!

 

Morano : un programme, la haine !

Morano : un programme, la haine !

 

Sur BFM Nadine Morano a encore frappé dans toutes les directions avec une philosophie politique simple : la haine des autres. La haine d’abord contre tous les migrants qu’il faut tous renvoyer  chez eux et en masse, la haine évidemment contre le gouvernement socialiste mais aussi la haine contre ses concurrents à la  primaire, Juppé comme Sarkozy qui, pour elle, ne doivent pas se présenter à l’élection présidentielle pour avoir été condamnés ou mis en examen. Enfin la haine contre ceux qui sont différents puisque à nouveau elle a  justifié le concept de race blanche estimant même que Sarkozy avait commis une grave erreur politique à son égard. Un discours évidemment pathétique d’autant que l’intéressée ne mesure absolument le caractère outrancier et ridicule de son propos. On se demande par quel miracle le système politique a pu faire émerger une responsable aussi simpliste, aussi populiste et aussi vulgaire.  On sent bien toutes les limites d’une dialectique très primaire chez Morano en outre qui déclare ne pas appartenir à «  l’espèce bien-pensance » ! Un nouveau concept linguistique aussi ridicule que celui de race qui scientifiquement n’a jamais eu aucun fondement. Qu’on emploie certes dans le langage courant mais qui convient mieux aux chiens qu’aux hommes. Morano qui y innove  dans la pensée raciste se distingue aussi maintenant dans l’ingénierie sémantique douteuse. Nadine Morano, sanctionnée par son parti mais qui ne sen remet pas tellement la politique est son seul métier (elle n’est pas la seule !).  La député européenne Nadine Morano (Les Républicains) a donc affirmé dimanche sur BFMTV que si elle était « mise en examen » ou avait été « condamnée par la justice », elle ne serait « pas candidate à la primaire » pour désigner le candidat LR à la présidentielle, visant aussi bien Nicolas Sarkozy qu’Alain Juppé.  »Rien ne l’interdit. Il n’est pas condamné », a répondu Nadine Morano, interrogée sur l’éventuelle candidature de M. Sarkozy, après sa mise en examen mardi pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Avant d’ajouter immédiatement: « Mon éthique personnelle c’est que si j’étais mise en examen ou si j’avais été condamnée par la justice je ne serais pas candidate à la primaire ».

(Avec AFP)

 

2017 : les Français pour un candidat sans parti

2017 : les Français pour un candidat sans parti

Ce pourrait être la grande surprise des élections présidentielles de 2017 car les Français seraient prêts à voter pour un candidat sans parti. La conséquence évidemment du discrédit de la plupart des organisations politiques et du phénomène d’usure des principaux candidats. De quoi donner des idées à des personnalités non liées par un parti- comme Nicolas Hulot voire un parfait inconnu – mais qui seraient en capacité d’apporter un peu d’oxygène dans un environnement politique relativement pollué soit par des idéologies obsolètes, soit par des calculs d’appareils, soit encore par des rivalités internes. De ce point de vue,  si les primaires permettent d’ouvrir un peu l’espace démocratique il n’empêche qu’elles sont quand même contradictoires avec l’esprit même de la Ve République. En effet ce sont les partis qui maîtrisent l’organisation des primaires et surtout qui désignent les candidats. Une large majorité de sondés 78% se disent donc prêts à voter à une élection présidentielle pour un candidat qui ne serait « ni issu ni soutenu par un parti politique », selon un sondage Elabe pour Atlantico publié dimanche. Selon ce sondage, 33% des personnes interrogées pourraient « certainement » voter pour un candidat non affilié à un parti et 45% « probablement ». 16% ne pourraient « probablement pas » et 6% « certainement pas ». 63% des sympathisants PS et 71% de ceux des Républicains pourraient faire un tel choix, de même que 79% des proches du FN et 84% de ceux d’EELV. De même, 66% des sondés pourraient voter pour un candidat en dissidence vis-à-vis de son parti, contre 33% qui ne pourraient pas. 1% ne se prononcent pas. Les partis politiques inspirent de « l’inquiétude » pour 40% des sondés, de la « colère » pour 34% d’entre eux, de l’ »indifférence » (22%). Pour 3% des sondés, les formations politiques inspirent de la « confiance » et pour 1% de « l’enthousiasme ».

(Avec AFP)

Actu, infos, économie, social, politique: articles les plus lus

Actu, infos, économie, social, politique: articles les plus lus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Croissance mondiale : Pour une relance de la demande (OCDE)

Croissance mondiale : Pour une relance de la demande (OCDE)

 

Le FMI a  récemment indiqué que l’économie mondiale risquait  un déraillement. Mais f le pronostic a été peu repris dans les grands médias. Cela d’autant plus que ces grands médias s’efforcent par tous les moyens de ne pas affoler les investisseurs et les annonceurs qui les font vivre. Il y a pourtant des semaines et des semaines et même des mois qu’on constate le net ralentissement de l’économie mondiale, le dernier trimestre 2015 a même été catastrophique dans de nombreux pays aujourd’hui c’est l’OCDE qui appelle à une réaction collective pour relancer demande et croissance. L’OCDE se fonde sur le fait que la croissance 2016 risque même de ne pas attendre atteindre celle de 2015 et cela dans toutes les zones mondiales Quelques semaines après le FMI qui envisageait un risque de « déraillement » de l’économie mondiale, c’est au tour de l’Organisation de coopération et de développement économiques de tirer la sonnette d’alarme. « Il est urgent de soutenir collectivement la demande », explique Catherine Mann, la chef économiste de l’OCDE dans une interview aux « Echos ». « La politique monétaire est déjà très accommodante. Il faut maintenant des réformes fiscales et structurelles qui soient déployées pour lui venir en appui. Les trois instruments doivent être déployés ensemble si on veut que cela fonctionne ».  En cause notamment le déséquilibre offre demande provoquée en particulier par la Chine qui utilise environ la moitié du pétrole, du ciment et de l’acier dans le monde. Depuis maintenant plus d’un an l’industrie ne cesse de reculer en Chine,  ce qui explique largement l’écroulement du prix des matières premières et notamment du pétrole. Une crise économique chinoise qui se combine avec une crise financière caractérisée par un endettement monumental des entreprises, des collectivités locales et des particuliers. Tous les pays sont affectés par la dépression chinoise, les pays développés qui s’installent dans la croissance molle ou les pays en développement qui connaissent la décroissance. Ce qui conduit l’OCDE à réajuster ses prévisions projections. L’institution vient en effet de réviser quasiment toutes ses prévisions de croissance à la baisse. Désormais la croissance mondiale ne dépassera pas, en 2016, le niveau de 2015, soit 3 % (contre 3,3 % précédemment envisagés). L’organisation est beaucoup plus pessimiste pour la zone euro que ne l’est la Commission européenne , dont les prévisions ne datent pourtant que d’une quinzaine de jours. Là où Bruxelles prévoit une croissance de 1,7 % pour la zone euro en 2016, l’OCDE abaisse son estimation de 1,8 % à 1,4 %. La croissance en Allemagne est fortement révisée par l’organisation multilatérale (1,3 % au lieu de 1,8 % précédemment estimé). La France tire son épingle du jeu, avec une révision de seulement 0,1 %, à 1,2 %. « Le lent rétablissement de la zone euro est un facteur important qui pèse sur celui de l’économie mondiale », souligne le rapport, qui regrette le trop lent démarrage du plan Juncker pour dynamiser l’investissement en Europe. L’inquiétude est également politique. Elle note les divergences à propos de la crise des réfugiés, comme « les menaces extérieures à la sécurité, l’impopularité des mesures d’austérité et les forces centrifuges dans un certain nombre de pays », en faisant référence à la Catalogne. Aux Etats-Unis, la hausse du PIB n’atteindrait plus que 2 % en 2016, au lieu des 2,5 % prévus. Fin janvier, le FMI prévoyait de son côté une croissance américaine à 2,6 % pour cette année et une croissance mondiale à 3,4 %. Le commerce international (+2 % en 2015) , comme les investissements, sont faibles. La demande est médiocre, ce qui conduit à une inflation faible et à une croissance des salaires et des emplois inadaptée. « La croissance se ralentit dans beaucoup d’économies émergentes tandis que les économies avancées se rétablissent modestement, les prix bas déprimant les pays exportateurs de matières premières », souligne le rapport. Le pétrole a perdu un tiers de sa valeur depuis les prévisions de l’OCDE de novembre 2015.

Droit du travail : projet de loi Myriam El Khomri : une réforme économiquement légitime mais sans légitimité politique

Droit du travail : projet de loi Myriam El Khomri : une réforme économiquement  légitime mais sans légitimité politique

 

 

À lire les différents réactions il y a plusieurs postures, celle de la gauche y compris de parlementaires du parti socialiste qui considèrent que le projet fait trop de concessions au patronat. À droite en général on soutient les réformes voulues par le Medef. Il y a enfin ceux qui pensent qu’il s’agit d’une manœuvre tacticienne de la part de Hollande pour mettre la droite dans l’embarras et brouiller les cartes. Il faut cependant convenir il s’agit du une réforme d’envergure en particulier avec l’in version de la hiérarchie des normes qui permet en fait au plan de l’entreprise de contourner les contraintes décidées au plan national et  au plan des branche ;  une sorte de révolution juridique mais aussi démocratique avec le contournement possible des syndicats. Une réforme toutefois qui manque d’équilibre qui est surtout marqué par un objectif de plus grande flexibilité au détriment de la sécurité. Mais la grande question qui se pose est de savoir si le gouvernement actuel dispose d’une légitimité politique pour effectuer une telle réforme. En l’état la réforme ne pourra être votée par la gauche et on voit mal un projet de loi proposée par un gouvernement de gauche qui serait soutenue uniquement par la droite au Parlement. Au-delà du calcul des majorités possibles au Parlement se pose aussi le problème de la légitimité pour ce gouvernement en fin de course pour effecteur une réforme d’ampleur qui ne correspond à aucune des engagements de la gauche. La réforme du droit du travail pourrait bien connaître le sort qui a connu le CPE avec un enterrement politique et juridique ;  une réforme utile à condition de rééquilibrer flexibilité et sécurité mais une réforme politiquement illégitime  même si institutionnellement l’autorité théorique du gouvernement ne peut être contestée. On peut comprendre la nécessité d’une plus grande flexibilité en matière de droit du travail mais elle ne peut s’imposer sans un minimum d’équilibre pour assurer la sécurité des contrats des salariés. En outre la principale critique qu’on peut adresser au gouvernement c’est  surtout de  vouloir opérer une révolution sociale dans le privé. Il serait sans doute plus prioritaire  de s’attaquer à la bureaucratie administrative et aux conséquences fiscales qu’elle entraîne. C’est en effet cette bureaucratie et ce niveau de prélèvement obligatoire qui tue la compétitivité et l’initiative. D’une certaine manière on va faire payer aux salariés du privé l’incapacité à moderniser la bureaucratie française et la fiscalité sera compensée par une baisse des salaires et une plus grande incertitude sur les contrats de travail. Sur chaque point, dans la droite ligne des recommandations du rapport Combrexelle, le projet de loi tend à donner la priorité aux accords de branche et d’entreprise. Il précise ce que ces accords peuvent prévoir, ce qui relève de l’ordre public intangible et, enfin, quelles sont les règles « supplétives » applicables à défaut d’accord. Et, déjà, sur ces questions, il comprend quelques dispositions « flexibilisant » le droit du travail. Ainsi, certes, la durée légale hebdomadaire du travail reste fixée à 35 heures. Ce qui signifie qu’au-delà, les heures supplémentaires doivent être majorées. Mais la loi fait sauter le verrou de l’accord de branche sur ce taux de majoration. Autrement dit, à la différence de ce qui était la règle jusqu’ici, même si un accord de branche prévoit un taux de majoration supérieur (20 % ou 25 % par exemple), un accord d’entreprise pourra fixer un taux de bonification inférieur dans la limite d’un minimum de 10%. Et cet accord s’appliquera, un salarié ne pourra pas revendiquer l’application du « principe de faveur » en estimant que l’accord de branche lui est plus favorable. Le principe de saine concurrence au sein d’une branche professionnelle va donc être mis à rude épreuve. Mieux encore, dans les entreprises où il n’y a pas de délégué syndical, l’employeur pourra unilatéralement remplacer le paiement des « heures sup » par un repos compensateur, si les délégués du personnel ne s’y opposent pas. Rappelons qu’en l’absence de tout accord, les huit premières « heures sup » doivent être majorées de 25 % et les suivantes de 50 %. Plus fort, le projet de loi prévoit que, toujours par accord, l’entreprise est autorisée à moduler le temps de travail sur une période pouvant atteindre… trois ans, au lieu d’un an jusqu’ici. Ce qui signifie que les « heures sup » ne seront pas dues si en moyenne sur cette période on a travaillé 35 heures. Même (hypothèse d’école) si l’on a travaillé 40 heures pendant 18 mois… dès lors que l’on a travaillé que 30 heures les 18 mois suivants. Encore plus fort : dans les petites entreprises démunies de délégué syndical, il sera désormais possible de signer des conventions individuelles de forfait jours… sans qu’un accord collectif sur cette question ait été préalablement conclu. Une disposition très attendue par les startups notamment. Rappelons que, sous condition de respect de certaines règles, le forfait jours permet de travailler jusqu’à 235 jours par an et de ne pas respecter les limites quotidienne et hebdomadaire de durée du travail. Autre point sur la durée du travail qui va satisfaire les entreprises : l’augmentation de la durée maximum hebdomadaire de travail. Actuellement, en vertu d’une directive européenne, cette durée est fixée à 48 heures. Or, le projet de loi prévoit qu’en cas de circonstances exceptionnelles, elle pourra être portée à… 60 heures avec l’autorisation de l’autorité administrative. Mieux, un accord d’entreprise pourra porter à 46 heures la durée du travail maximum sur un cycle de 16 semaines, là où elle est actuellement limitée à 44 heures. Par ailleurs, Jusqu’à présent, les entreprises avaient la possibilité de conclure avec les représentants du personnel un accord dit de « maintien de l’emploi » permettant durant cinq ans de diminuer les rémunérations et/ou de baisser ou d’augmenter la durée du travail afin d’éviter des licenciements. Ces accords étaient considérés comme défensifs, il fallait que l’entreprise soit confrontée à une difficulté conjoncturelle. Avec le projet de loi, les entreprises pourront conclure ce même type d’accord (mais ils s’appelleront cette fois « de développement de l’emploi ») pour une raison « offensive », par exemple si elles veulent conquérir de nouveaux marchés. Le patronat va être satisfait… d’autant plus que si un tel accord est conclu, le salarié ne pourra pas s’y opposer, ou alors ce simple refus sera considéré comme une « cause réelle et sérieuse de licenciement ».  Les règles de validation des accords d’entreprises sont profondément revues, comme on le savait déjà. C’est le principe de l’accord majoritaire qui va désormais prévaloir. A l’avenir, une fois la loi votée, les accords collectifs devront être signés par des syndicats représentant au moins 50% des salariés (la règle s’apprécie en fonction du résultat obtenu aux dernières élections professionnelles). Mais, grande nouveauté, afin d’éviter des situations de blocage – comme c’est le cas à la Fnac actuellement à propos du travail dominical – des syndicats représentant au moins 30 % des salariés pourront prendre l’initiative d’organiser un referendum auprès des salariés pour voir s’ils valident ou pas un accord négocié. Si une majorité de salariés disent « oui », alors l’accord s’appliquera même si des syndicats représentant 50 % des salariés n’avaient pas signé.

Canal+/BeIN Sports: hausse de l’abonnement

Canal+/BeIN Sports: hausse de l’abonnement,

Il est probable qu’on assistera une hausse assez significative de l’abonnement avec le regroupement entre Canal+ et BeIN Sports. En effet ces sociétés affichent un déficit significatif, de l’ordre  de 250 millions pour chacune d’entre elles, soit au total 500 millions. Un trou qui pourrait être bouché avec l’augmentation de l’abonnement aux deux chaînes groupées. Du coup l’association de consommateurs UFC-Que Choisir consommateurs alerte les autorités de la concurrence car elle craint que le coût de l’abonnement soit multiplié par trois ou quatre. L’UFC demande à l’Autorité de la concurrence, qui devra se prononcer sur le projet, de s’assurer que « les modes d’exploitation de beIN Sports choisis par Canal Plus préserveront le pouvoir d’achat des consommateurs sur le long terme ». Si les tarifs ne changent pas, « un abonnement à beIN Sports obligatoirement lié à une offre Canal entrainerait pour les consommateurs une multiplication par 3 ou 4 de leur facture », s’alarme l’UFC. Pour éviter un « dérapage inflationniste », l’UFC-Que Choisir préconise un « découplage des offres de programmes sportifs et des offres de programmes cinématographiques de Canal Plus ». Le projet d’alliance pour 5 ans entre la filiale de Vivendi et la chaîne qatarie dévoilé jeudi prévoit que « l’ensemble des chaînes BeIN Sports en France seraient disponibles en exclusivité dans les offres du Groupe Canal+ ». Pourtant, le lancement en juin 2013 de la chaîne beIN Sports et d’une offre « à prix accessible et avec l’absence de période d’engagement » représentait une avancée qui doit être préservée, insiste l’UFC. BeIN Sports propose aujourd’hui ses programmes pour 13 euros par mois, sans engagement, tandis que les offres de Canal+ sont facturées de 25 euros (Canal Sat) à 40 euros (Canal+) par mois, avec un engagement d’un an, rappelle l’UFC. Le groupe Vivendi a annoncé ce projet d’accord jeudi parallèlement à un plan de transformation visant à « arrêter les pertes » du groupe Canal+. Les chaînes de Canal+ en France perdent des abonnés depuis 2012. Et elles ont creusé leur perte opérationnelle à 264 millions d’euros en 2015. En face, malgré ses quelque 2,5 millions d’abonnés, BeIN Sports subit aussi de lourdes pertes, estimées à environ 250 millions d’euros par an du fait de l’inflation des droits sportifs.

(Avec AFP)

Une Europe à plusieurs vitesses (Jean-Marc Ayrault) .

Une Europe à plusieurs vitesses (Jean-Marc Ayrault)

 

Suite aux nouvelles concessions faites au Royaume-Uni pour son maintien dans l’union européenne, Jean-Marc Ayrault, le nouveau ministre des Affaires étrangères reconnaît de fait une Europe à plusieurs vitesses. Il y a bien sûr d’abord la zone euro qui ne concerne pas par exemple le Royaume-Uni mais au-delà de la zone euro des statuts différents selon les pays avec des modes de coopération de plus en plus différenciés. D’une certaine manière c’est  la reconnaissances de la théorie des cercles avec un premier groupe de pays aux coopérations renforcées, un autre groupe de pays moins intégrés et moins contraints enfin un troisième pour les pays plus récemment accueillis au sein de l’union économique et ou qui ne souhaitent comme le Royaume-Uni qu’une intégration légère. Il restera toutefois à clarifier juridiquement cette théorie car les traités actuels ne rendent pas compte de cette évolution. L’ouverture de l’union économique à de nouveaux pays des Balkans devrait de ce point de vue précipiter des réformes nécessaires notamment pour maîtriser les flux d’immigration. (Interview de Jean-Marc Ayrault dans le JDD)

Une semaine après votre arrivée à la tête de la diplomatie, le Conseil européen a fini, au bout de deux jours de négociation, par un accord qui va permettre au Premier ministre David Cameron de faire campagne pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE. La France affirme qu’elle n’a rien cédé, mais l’Allemagne parle d’un compromis équitable. Qu’en est-il?

 
David Cameron avait demandé à l’Europe qu’elle l’aide à gagner son référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. C’est ce que nous avons fait samedi, à Bruxelles, tout en prenant une décision aussi dans l’intérêt de tous les Européens. Il n’y aura pas de révision des traités, pas de veto du Royaume-Uni sur un renforcement de la zone euro, pas de remise en cause du principe de libre-circulation. Le Royaume-Uni a obtenu des réponses à ses préoccupations et j’espère, sur cette base, que les Britanniques choisiront de rester dans l’Union européenne. C’est dans l’intérêt du Royaume-Uni, c’est dans l’intérêt de l’Europe, c’est dans l’intérêt de la France.

Mais est-ce que cela ne revient pas à défaire un peu plus l’Union européenne?
Il ne s’agit pas de défaire ce qui a été fait ni d’empêcher ceux qui veulent aller plus loin. Le socle des principes et des valeurs fondatrices de l’Union demeure. Avant de faire mon discours au moment de la passation de pouvoirs avec Laurent Fabius, je me suis arrêté un instant devant la photo de Robert Schuman* dans le salon de l’Horloge au Quai d’Orsay. C’est ici que le 9 mai 1950, l’année de ma naissance, cet homme a lancé la Communauté Européenne du charbon et de l’acier. C’est de cette histoire dont nous sommes comptables. Chacun doit accepter une Europe différenciée dans laquelle ceux qui veulent plus d’Europe pourront avancer et ceux qui ne veulent pas aller plus loin n’y feront pas obstacle. En outre, l’Europe doit être un espace de projets ambitieux qui soit en mesure de peser davantage dans les réponses aux problèmes du monde. On en a vu un très bon exemple lors de la COP21 sur le climat.

Cette Europe différenciée, c’est donc une Europe à deux vitesses?
Le Royaume-Uni a toujours eu une position particulière au sein de l’Union européenne et certains Etats membres ont déjà décidé d’aller plus loin, dans le cadre de la zone euro ou de l’espace Schengen. L’accord avec les Britanniques ne fait qu’admettre qu’il y a une Europe différenciée. Ce qui compte, c’est que ceux qui veulent aller vers plus d’intégration ne soient pas entravés, car il faut faire mouvement et redonner à l’Union européenne toute son ambition. Si l’Europe ne bouge pas, on verra les nationalismes et les populismes prospérer, ce qui est d’ailleurs le cas. Il faut donc recréer une envie d’Europe et redonner à tout le monde des raisons d’aimer l’Europe, surtout à la jeunesse.

2017 : Cambadélis lâche Hollande

2017 : Cambadélis lâche Hollande

 

 

En se prononçant de plus en plus clairement pour l’organisation d’une primaire à gauche Cambadélis le premier secrétaire du parti socialiste lâche en fait Hollande. Plusieurs raisons à cela,  la première c’est la dégradation des sondages qui rendent la candidature de Hollande de plus en plus improbable en tout cas irréaliste. Seconde raison, c’est l’occasion pour le premier secrétaire du parti socialiste de prendre date afin par avance de reporter la responsabilité d’un éventuel échec à gauche sur ceux  qui n’accepteraient  pas la primaire (Mélenchon ou Duflot par exemple). C’est aussi l’occasion pour Jean-Christophe Cambadélis de montrer son opposition aux orientations actuelles du gouvernement concernant la réforme du droit du travail. Jean-Christophe Cambadélis veut montrer que le parti socialiste reprend son indépendance et que François Hollande n’est qu’un candidat potentiel pour 2017, un candidat comme les autres. Au-delà de cette nouvelle posture de Cambadélis il y a sans doute le constat que François Hollande n’a plus aucune chance pour 2017 et qu’il convient de sauver les meubles avec une primaire pourrait redonner un peu de dynamisme au parti socialiste. (Interview de Cambadélis dans le JDD)

 

Cette semaine, le PS a participé au comité d’organisation de la primaire de la gauche. Vous êtes vraiment favorable à ce processus?

 
C’est la conclusion du tripartisme. Dans le bipartisme, droite contre gauche, il fallait rassembler au second tour. Aujourd’hui, il faut être au second tour. Il serait donc plus efficace qu’il y ait un candidat unique de la gauche. Si cette primaire sans préalables et sans préjugés permet de sélectionner le meilleur candidat de la gauche, c’est une bonne idée, et il faut l’organiser. Je n’ai aucun souci. Je pense que le candidat le plus crédible par temps de crise est le président de la République.

[…]

Quel est, selon vous, le bon calendrier?
Je l’ai dit aux initiateurs de l’appel « Notre primaire » : pour moi, elle doit avoir lieu à l’hiver prochain, en décembre ou en janvier. Le président de la République, s’il était candidat, n’aurait pas obligation de participer à tous les débats : il ne ferait pas le tour de France. Il n’a pas de problème de notoriété! On peut aménager les choses pour que chacun puisse se présenter. Et surtout, il faut que tout le monde s’engage à soutenir le vainqueur.

 

François Hollande est-il d’accord pour participer à cette primaire? Êtes-vous ici son porte-parole?
Je ne suis pas son porte-parole quand je défends la primaire ni quand je critique la loi El Khomri. Je suis le premier des socialistes : je cherche une position qui allie valeurs et efficacité. Le Président n’est pas candidat : il n’a pas donné d’indication en ce sens. Pour lui, tout est ouvert.

 

 

Le projet de loi de Myriam El Khomri est salué par la droite et le Medef et vivement contesté par la gauche et les syndicats. Que vous inspire ce texte?
C’est un avant-projet qui doit évoluer. Face au chômage de masse, entre ceux qui veulent ne rien faire et ceux qui veulent tout défaire, il y a la place pour ceux qui veulent faire. Nous devons élaborer un nouveau modèle, un nouveau mix entre souplesse et sécurité. Le texte tel qu’il a été soumis au Conseil d’État doit donc être rééquilibré.

Popularité : Hollande et Valls plongent

Popularité : Hollande et Valls plongent

 

Cette fois Hollande entraîne Valls dans sa chute. En cause sans doute le bricolage relatif au remaniement du gouvernement, aussi l’enlisement de la question de la déchéance de nationalité et surtout un environnement social englué dans la croissance molle. En bref, personne ne croit plus dans la baisse du chômage et les  coups de menton de Valls ne peuvent plus dissimiler l’échec économique et socail. On enregistre donc un  recul brutal de ceux qui se déclarent « satisfaits » de l’action du président (-5 points à 19% de satisfaits) et de celle du Premier ministre (-6 points à 33% de satisfaits) : le  baromètre mensuel lfop-JDD constitue ce mois-ci pour l’exécutif un puissant signal d’alarme. D’autant que l’enquête a été réalisée du 12 au 20 février : elle a donc démarré au lendemain du remaniement du  gouvernement. Directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi constate le « retour de François Hollande à une impopularité massive et majoritaire » : 81% de mécontents. Equivalente à celle qui prévalait fin 2014, avant le drame de Charlie Hebdo. Dabi insiste sur le fait que Manuel Valls, en plus, est cette fois lui-même touché. Jamais depuis sa nomination à Matignon son impopularité n’avait été aussi grande : 66% de Français se disent mécontents de lui (+6).

Loi Travail: atteinte aux droits (EELV)

Loi Travail: atteinte aux droits (EELV)

 

Une critique sans concession d’Europe écologie les Verts à propos du projet de loi sur le travail. La principale critique porte sur l’inversion de la hiérarchie des normes et le pouvoir qui est donné au sein de l’entreprise. Un sujet qui sera forcement controversé car si la négociation en entreprise constitue un progrès démocratique sensible reste à savoir dans quelles conditions pourra s’effectuer le débat. Beaucoup de PME n’ont en effet pas de syndicats. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a dénoncé samedi dans un communiqué les « nombreuses atteintes » aux « droits » mais aussi à la « santé » des salariés contenus selon lui dans le projet de loi sur le travail préparé par Myriam El Khomri.  « Les atteintes aux droits des salariés sont nombreuses dans ce texte » pour le parti écologiste, qui cite le « plafond d’indemnités de licenciement en cas de licenciement illégal » ou « l’impossibilité pour le salarié de contester une modification de son contrat de travail sous peine de licenciement ». « Mais cette loi comprend aussi des mesures, notamment sur le temps de travail, qui sont des atteintes non seulement aux droits des salariés mais surtout à leur santé. Ainsi en va-t-il de la durée maximale du travail, de la banalisation des heures supplémentaires, du calcul des horaires de nuit, de repos et d’habillement. (…) Las, les salariés doivent désormais se soumettre à la variation des rythmes, à l’intensification et au travail de nuit sans possibilité de recours et même sous peine de licenciements », poursuit EELV. « L’atteinte la plus insidieuse aux droits des salariés est sans doute l’inversion de la hiérarchie des normes et l’importance incroyable donnée à l’accord d’entreprise. En effet les accords de branche qui s’imposaient aux entreprises étaient négociés au niveau national entre syndicats de salariés et syndicats de patrons. Les syndicats de salariés, aguerris aux négociations et fins connaisseurs du droit, étaient à même de contrebalancer les volontés parfois excessives de flexibilité des chefs d’entreprises. Aujourd’hui alors que l’accord d’entreprise s’impose, ce sont le plus souvent des syndicats maison, probablement peu expérimentés mais très sensibles à ne pas perdre leur emploi qui vont signer ces accords », estime EELV. « Enfin, loin de miser sur le dialogue social comme il le prétend, le projet de réforme du Code du travail permettrait de court-circuiter les organisations syndicales majoritaires avec l’arme du référendum à la main de l’employeur et des organisations minoritaires », dénonce le parti écologiste.  »Après le CICE, le Pacte de Responsabilité, les lois Macron, voici un cadeau supplémentaire accordé aux entreprises sans contrepartie et sans assurance de création d’emplois ou sans garantie et protection supplémentaires pour les nouveaux statuts précaires », conclut-il. Le projet de loi sera présenté le 9 mars en Conseil des ministres.

(Avec AFP)

2017 : Hollande va renoncer ?

2017 : Hollande va renoncer ?

En réaffirmant vendredi sur France Inter qu’il ne sera candidat en 2017 qu’en cas de baisse du chômage, François Hollande prend ainsi date pour donner une légitimité à son renoncement à la prochaine élection présidentielle. L’évolution du chômage n’est sans doute qu’un prétexte car le facteur explicatif dominant c’est l’écroulement de François Hollande dans les sondages, un Français Hollande englué depuis des mois à 20 % de popularité. Ce que confirme encore le sondage d’aujourd’hui du JDD, sondage qui montre aussi que François Hollande entraîne Manuel Valls dans sa chute. Toutes les enquêtes montrent que François Hollande n’a strictement aucune chance de se qualifier pour le second tour. Dès lors  il faut trouver un motif honorable à son renoncement pour 2017 lequel sera cependant annoncé le plus tard possible pour ne pas entamer dès  maintenant la crédibilité du chef de l’État et son autorité. Pour preuve de ce renoncement prévisible, la position prise par Jean-Christophe Cambadélis premier secrétaire du parti socialiste s’est prononcé encore hier clairement pour l’organisation d’une primaire à gauche. Une prise de position qui signifie que Hollande est renvoyée au rang d’un candidat ordinaire et même d’un non candidat. De ce point de vue les explications de François Hollande semblent traduire en creux le renoncement évoqué « Je me suis engagé personnellement. J’ai dit que je serai jugé sur cette question-là. Je ne me déroberai pas. Je n’ai de ce point de vue-là qu’une seule parole. J’ai été candidat pour que nous créions les conditions pour qu’il y ait une baisse du chômage et il doit y avoir une baisse du chômage. Et s’il n’y a pas de baisse du chômage, vous savez quelles conclusions j’en tirerai », a-t-il déclaré. « Je suis président de la République, je le suis pour la période qui va jusqu’en mai 2017. (…) Je peux ne pas être candidat, je peux être candidat. Je ne me déterminerai qu’au moment où je penserai que ce sera le temps d’y parvenir », a affirmé le chef de l’État. « Avant, je préfère être pleinement dans ma mission », a-t-il précisé. À noter enfin le jugement relativement désabusé de François Hollande vis-à-vis de leurs villas semble aussi traduire un certain renoncement à vouloir faire évoluer la situation. François Hollande redoute en effet la « dislocation » d’une Europe divisée par la menace d’un « Brexit » et la crise des réfugiés, mettant en garde contre le « risque de guerre » entre la Turquie et la Russie., le président français a tracé un tableau plutôt sombre d’une Europe qui « ne va pas bien », qui « doute d’elle même » et sans « projet » pour en arriver à cette conclusion : « le risque d’une dislocation molle de l’Europe existe ».

Alerte sur les stocks de poisson en mer .

Alerte sur  stocks de poisson en mer

L’état des stocks de poissons en mer du Nord «ne s’améliore pas», notamment pour le cabillaud et le hareng, a annoncé samedi l’Ifremer, au vu des premiers résultats de la campagne annuelle d’évaluation. «La situation ne s’améliore pas pour la plupart des espèces principales (…) Il y a moins d’enthousiasme que l’an dernier», a expliqué à l’AFP Yves Vérin, chercheur à l’Ifremer et chef de mission de la campagne européenne IBTS d’évaluation des stocks de poissons en mer du Nord et en Manche. Ces indices, qui seront cumulés à d’autres observations, notamment les débarquements des pêcheurs professionnels, serviront de base aux décisions sur les mesures européennes de gestion des ressources halieutiques, en particulier les quotas de pêche définis chaque année en décembre. «Les indices sont inférieurs aux moyennes depuis plus de 20 ans», a-t-il ajouté, même si «les résultats doivent encore être affinés». Cette campagne est menée en parallèle par sept bateaux des pays riverains (France, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Danemark, Suède), dont le navire océanographique Thalassa vient de sillonner la mer du Nord et la Manche Orientale pendant un mois. Les échantillons prélevés permettent de calculer un indice d’abondance des principales espèces de poissons de cette zone: merlan, cabillaud, hareng et églefin. Les chercheurs calculent la proportion de juvéniles, les poissons de moins d’un an. «L’an dernier il y avait eu un petit sursaut sur le cabillaud. Mais cette année, la proportion de juvéniles est presque nulle. Le stock a du mal à se reconstituer en mer du Nord», explique le scientifique. Pour le hareng, première espèce pêchée en mer du Nord, l’indice est «très faible», alors que les résultats étaient très bons l’an dernier. Le score de l’églefin est «faible». Seul le merlan atteint un résultat «légèrement supérieur à l’an dernier, mais il reste dans la moyenne basse», selon M. Vérin.

Projet de loi El Khomri : pétition contre avec les 100.000 signatures

Projet de loi El Khomri : pétition contre avec  les 100.000 signatures

Le projet de loi Travail, porté par Myriam El Khomri, suscite une levée de boucliers. De la part des syndicats mais aussi d’une partie de la société civile. Au point que, seulement quelques jours après la publication par la presse des premières ébauches du projet de loi, une pétition a déjà été lancée sur Change.org pour «interpeller la ministre du travail et lui demander de renoncer à ce projet». À l’initiative de Caroline de Haas, militante féministe, et avec l’appui de plusieurs syndicalistes ou militants (CGT, UNL) ou encore de personnalités engagées dans le mouvement pour une primaire de la gauche, la pétition égrène la liste des pierres d’achoppement contenues dans le projet de loi de la ministre du Travail. Plafonnement des indemnités prud’homales, fractionnement du temps de repos obligatoire, extension du forfait-jour…: la liste est longue. «Le projet de loi Travail de Myriam El Khomri propose de revenir des années en arrière», prévient d’emblée le site dédié à la pétition, hébergé à l’adresse loitravail.lol. «Vous faites partie des 17 millions de personnes salariées en France? Vous avez tiré le gros lot!», ironise la pétition, qui a déjà rassemblé, en à peine quelques heures, plusieurs milliers de soutiens. Pour continuer sur cette lancée, un hashtag a été lancé sur Twitter par Caroline de Haas: #LoiTravailNonMerci.

Actu, infos, économie, social, politique: articles les plus lus

Actu, infos, économie, social, politique: articles les plus lus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Croissance mondiale : baisse partout

Croissance mondiale : baisse partout

Christine Lagarde qui vient d’être réélue à la direction du FMI avait récemment indiqué que l’économie mondiale risquait  un déraillement. Mais faute d’explications claires de sa part (ce qui n’est guère étonnant) le pronostic avait été peu repris dans les grands médias. Cela d’autant plus que ces grands médias s’efforcent par tous les moyens de ne pas affoler les investisseurs et les annonceurs qui les font vivre. Il y a pourtant des semaines et des semaines et même des mois qu’on constate le net ralentissement de l’économie mondiale, le dernier trimestre 2015 a même été catastrophique dans de nombreux pays aujourd’hui c’est l’OCDE qui appelle à une réaction collective pour relancer demande et croissance. L’OCDE se fonde sur le faite que la croissance 2016 risque même de ne pas attendre atteindre celle de 2015 et cela dans toutes les zones mondiales Quelques semaines après le FMI qui envisageait un risque de « déraillement » de l’économie mondiale, c’est au tour de l’Organisation de coopération et de développement économiques de tirer la sonnette d’alarme. « Il est urgent de soutenir collectivement la demande », explique Catherine Mann, la chef économiste de l’OCDE dans une interview aux « Echos ». « La politique monétaire est déjà très accommodante. Il faut maintenant des réformes fiscales et structurelles qui soient déployées pour lui venir en appui. Les trois instruments doivent être déployés ensemble si on veut que cela fonctionne ». L’institution vient de réviser quasiment toutes ses prévisions de croissance à la baisse. Seules celles pour la Chine, cette année, sont maintenues à 6,5 %, et l’Inde est le seul pays à voir sa croissance progresser, de 7,3 % à 7,4 %. Désormais la croissance mondiale ne dépassera pas, en 2016, le niveau de 2015, soit 3 % (contre 3,3 % précédemment envisagés). L’organisation est beaucoup plus pessimiste pour la zone euro que ne l’est la Commission européenne , dont les prévisions ne datent pourtant que d’une quinzaine de jours. Là où Bruxelles prévoit une croissance de 1,7 % pour la zone euro en 2016, l’OCDE abaisse son estimation de 1,8 % à 1,4 %. La croissance en Allemagne est fortement révisée par l’organisation multilatérale (1,3 % au lieu de 1,8 % précédemment estimé). La France tire son épingle du jeu, avec une révision de seulement 0,1 %, à 1,2 %. « Le lent rétablissement de la zone euro est un facteur important qui pèse sur celui de l’économie mondiale », souligne le rapport, qui regrette le trop lent démarrage du plan Juncker pour dynamiser l’investissement en Europe. L’inquiétude est également politique. Elle note les divergences à propos de la crise des réfugiés, comme « les menaces extérieures à la sécurité, l’impopularité des mesures d’austérité et les forces centrifuges dans un certain nombre de pays », en faisant référence à la Catalogne. Aux Etats-Unis, la hausse du PIB n’atteindrait plus que 2 % en 2016, au lieu des 2,5 % prévus. Fin janvier, le FMI prévoyait de son côté une croissance américaine à 2,6 % pour cette année et une croissance mondiale à 3,4 %. Le commerce international (+2 % en 2015) , comme les investissements, sont faibles. La demande est médiocre, ce qui conduit à une inflation faible et à une croissance des salaires et des emplois inadaptée. « La croissance se ralentit dans beaucoup d’économies émergentes tandis que les économies avancées se rétablissent modestement, les prix bas déprimant les pays exportateurs de matières premières », souligne le rapport. Le pétrole a perdu un tiers de sa valeur depuis les prévisions de l’OCDE de novembre 2015.

La loi Khomri : le syndrome du CPE

La loi Khomri : le syndrome du CPE

La  ministre du travail, Khomri, s’engage dans une politique très dangereuse qui pourrait s’apparenter au syndrome du CPE. Certes ce projet de loi contient un certain nombre de mesures pertinentes, certes il ouvre la voie à une plus grande démocratie dans l’entreprise mais ses auteurs souffrent surtout d’un manque de légitimité sociale pour imposer des réformes voulues essentiellement par le patronat. Ni Valls, ni Macron, ni Myriam el Khomri, ni Hollande ne peuvent en effet justifier de  la moindre légitimité pour imposer une réforme dont certes des éléments sont nécessaires voire indispensables mais qui paraît complètement déséquilibrée. Du coup ce projet risque de constituer un énorme front d’opposition regroupant non seulement une bonne partie des parlementaires du parti socialiste mais aussi les syndicats de salariés et même les étudiants. Une sorte d’affaire qui ressemble beaucoup au CPE. Il faudra beaucoup de concessions et de rééquilibrage pour faire passer cette réforme qui risque sinon de faire émerger un front social anti gouvernemental qui pourrait définitivement tuer l’image encore socialisante du gouvernement. Les syndicats français réfléchissent à une action commune pour obtenir une refonte en profondeur, voire le retrait, du projet de réforme gouvernemental du droit du travail. Le texte que doit présenter Myriam El Khomri lors du conseil des ministres du 9 mars prévoit, dans sa version actuelle, d’assouplir le Code du travail en élargissant le champ de la négociation collective. Syndicats, de Force ouvrière à la CFTC, parlementaires de gauche, de même que le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis, ont fait part de leur scepticisme et pour certains de leur irritation devant ce projet. « Cet avant-projet est très déséquilibré entre la flexibilité et la sécurité. Il apporte de mauvaises réponses à des revendications patronales, en faisant la part trop belle à une vision un peu dogmatique de la flexibilité », dénonce le secrétaire général de la CFDT dans un entretien publié vendredi dans le Monde. « L’accueil de la CFDT est négatif », insiste Laurent Berger, qui réfléchit à une riposte. « La CFDT se donnera les moyens de faire évoluer ce texte et on verra avec d’autres organisations syndicales si on peut s’exprimer et agir en commun », ajoute-t-il, tout en disant son attachement au principe de la négociation contenu dans le texte. Réaffirmant son hostilité à un projet qui prépare selon elle « un recul historique des droits pour les salariés », la CGT évoque elle aussi une possible contre-offensive. « Il y a besoin d’une réaction forte et unitaire du monde du travail, salariés, précaires, privés d’emplois », peut-on lire dans un communiqué de l’organisation. « La CGT s’engage à travailler à cela de manière urgente. » Le syndicat étudiant Unef, à la pointe du mouvement contre le Contrat première embauche (CPE) en 2006, a quant à lui dressé un parallèle avec ce projet finalement abandonné par le gouvernement de Dominique de Villepin. « L’Unef propose (…) aux jeunes de fêter les 10 ans du CPE à leur façon. Le syndicat étudiant lancera dès la semaine prochaine une campagne dans les universités contre la loi El Khomri », est-il écrit dans un communiqué de l’organisation.

Christine Lagarde reconduite pour cinq ans à la tête du FMI : pour quoi faire ?

Christine Lagarde reconduite pour cinq ans à la tête du FMI : pour quoi faire ? 

 

 

On a sans doute évité le pire avec la candidature de Christine Lagarde aux élections présidentielles de 2017. Christine Lagarde a en effet été élue pour un second mandat de cinq ans au poste de directrice générale du Fonds monétaire international, a annoncé vendredi le FMI. Pourtant nombre de Français lui accordent  un certain crédit.  Unique candidate, l’ancienne ministre française de l’Economie a été élue « par consensus » par le conseil d’administration du FMI, a précisé le Fonds. Dans un sondage  de Harris de fin 2015, 50% des Français interrogés estiment qu’elle ferait « une bonne présidente ». La preuve sans doute que les Français sont globalement assez incultes en matière d’économie.  Dans ce classement, Christine Lagarde est suivie par Martine Aubry (40%), Ségolène Royal (36%)  Commentaire de  Jean-Daniel Lévy, le directeur du département politique et opinion de Harris Interactive, «  c’est une personne qui a un  discours clair et une zone de compétences bien établie«. On rêve en prenant connaissance de ce sondage et des commentaires. Lagarde, Aubry, Ségolène candidates potentielles à la présidentielle. Ou l’incompétence sacralisée par des marchands d’opinions tout aussi ignares que les personnalités évoquées. Lagarde qui a accordé «  sans y prêté attention » 400 millions à tapie ; Lagarde qui a mené la politique économique catastrophique de Sarkozy (aussi inefficace que celle de Hollande), Lagarde enfin et surtout dont la qualité essentielle est de savoir lire les communiqué du FMI (avant ceux de Bercy, dixit Alain Minc) ; Bref, une nulle totale mais quelle classe, quel accent anglais ! Aubry qui a mis en place les 35 heures et tué  la compétitivité de la France, Ségolène enfin, la folle,  qu’on devrait interner pour sa mauvaise foi et ses contradictions permanentes sur l’environnement et le reste.  Selon Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof , ce sondage traduit « une opinion à un certain niveau de généralité » ( tu parles !) de voir Christine Lagarde « jouer un rôle au sein de la politique française mais il ne s’agit pas de préférences directement traduisibles politiquement et encore moins d’intentions de vote ». Les personnalités politiques sont « plus appréciées lorsqu’elles se tiennent à l’écart de l’actualité. On l’a observé avec Jacques Chirac qui est devenu plus populaire après la fin de sa présidence. Même chose pour Nicolas Sarkozy avant qu’il prenne la tête des Républicains », explique-t-il. Et cette observation s’applique également à Christine Lagarde, qui est toujours dans la sphère publique mais loin du territoire français.  Mais il existe « un cas particulier Christine Lagarde », selon le chercheur au CNRS.  »Elle a toujours eu une image de technocrate qui s’est imposée par son aura, sa compétence et son travail. Et  dire qu’on paye des chercheurs au CNRS pour sortir de telles âneries.  Sans doute  aussi un sociologue ou spécialiste de la politique qui ignore tout de l’économie. Lagarde,  triomphe de l’incompétence mais quelle classe et quel accent anglais !

1...34567...16



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol