Loi travail : Valls confond autorité et autoritarisme

Valls confond autorité et autoritarisme

 

En matière de gouvernance d’un pays les responsables doivent savoir faire preuve d’autorité surtout dans une période caractérisée par nombre de mutations qui créent  l’interrogation, le doute voir l’anxiété. L’absence d’autorité ne peut favoriser que l’ambiguïté et l’immobilisme. Sans doute pour contrebalancer les hésitations permanentes de François Hollande et son goût maladif pour la synthèse ambiguë, Manuel Valls a choisi la posture inverse et surjoue l’autorité. Sa phrase favorite : » je ne reculerai pas »  témoigne de l’attitude quasi guerrière qu’il prend pour imposer ses orientations. Pour cela de façon assez systématique il s’affranchit des différents corps intermédiaires, politiques, sociaux ou citoyens. Par exemple quand il oublie de négocier avec les acteurs sociaux ou qu’il impose le vote bloqué permis par le 49-3 pour ne pas avoir à amender des projets de textes gouvernementaux devant le Parlement. Certes la France a sans doute besoin encore davantage que d’autres pays de modernisation tellement elle est engluée à la fois dans la bureaucratie et le poids de la fiscalité. Mais la modernisation économique, sociale, la transformation sociétale ne peut s’imposer uniquement par la loi. En outre pour éviter la consultation des corps intermédiaires encore faudrait-il pouvoir disposer d’une majorité dans  l’opinion publique. Or si Hollande est complètement discrédité, Valls l’est aussi en grande partie puisqu’il n’est soutenu que par une minorité. En fait, Valls  se confond autorité et autoritarisme. L’autorité ne se décrète pas, elle ne découle pas de la violence des mots ou des postures martiales ;  l’autorité est naturelle et découle de la pertinence des propositions et du degré de confiance qu’on accorde à celui qui les fait. Pour parler un peu vulgairement Valls  confond l’attitude d’un premier ministre st celle d’un adjudant chef. Il suffit par exemple de l’entendre lors de ses interventions à l’assemblée nationale quand il vocifère, hurle, éructe,  jusqu’à trembler comme un jeune coq en quête de reconnaissance dans un poulailler. Encore une fois l’autorité ne se revendique pas et la puissance ou la violence des mots ne lui confère aucune légitimité. Or précisément Valls ne jouit d’aucune légitimité, ni dans son parti, ni à gauche, ni à droite,  bien sûr ni dans l’opinion publique. Du coup son entêtement devient un peu pathétique surtout de la part d’un oligarque qui veut transformer toute la société alors qu’il n’a vécu que de politique et n’a jamais mis les pieds dans la production. Entre la synthèse molle et ambiguë de François Hollande et le diktat permanent de Manuel Valls, il y a sûrement un chemin qui rend possible la réforme en s’appuyant sur la pédagogie.

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