Le pacte de stabilité menacé en zone euro

Le pacte de stabilité menacé en zone euro

Après l’accord de Schengen qui risque de voler en éclats c’est maintenant le pacte de stabilité qui risque aussi d’éclater. En effet compte tenu en particulier du ralentissement de la croissance il paraît de plus en plus évident que les objectifs de réduction du déficit budgétaire ne pourront pas être tenus. En fait c’est au moins la moitié des pays de la zone euro qui vont déroger aux règles de réduction des déficits publics d’après les prévisions mêmes de la commission européenne. À commencer par la France. Bruxelles ne pense pas que la France puisse réduire son déficit. Selon les prévisions de la Commission européenne, le pays ne réussira pas à faire passer son déficit public sous la barre des 3% de son PIB en 2017 comme cela avait été annoncé. Le déficit sera encore de 3.4% en 2016 et de 3.2% en 2017. Autrement dit, la France n’est toujours pas dans les clous du traité de Maastricht. Mais il faut dire que le pays a eu des dépenses supplémentaires à comptabiliser dans le budget en termes de sécurité et de défense après les attentats. Par ailleurs, les prévisions de croissance restent moroses. Rappelons que Bercy a misé sur 1 % de croissance mais le souci reste que les investissements ne repartent toujours pas ou alors très graduellement. La France n’est pas seule dans ce cas, une majorité de pays de la zone euro pourrait être en dehors des clous en 2016 mais aussi en 2017. En cause surtout le net tassement de l’activité économique avec maintenant des perspectives 2016 qui au mieux seront équivalentes à celles de 2015. Aussi la lutte contre le terrorisme aussi bien en zone euro que dans l’état islamique. Lutte qui entraîne des dépenses supplémentaires notamment pour la France le pays nettement le plus engagé dans les opérations extérieures. Enfin dans certains pays, le coup de la gestion des flux de migrants. La conséquence de ces dérapages budgétaires liés aux conséquences du tassement économique affecte la parité de l’euro.  Pour la France, la Commission européenne prévoit un déficit public à 3,4% du PIB cette année, puis à 3,2% en 2017, alors que la France a pour objectif 3,3% en 2016 et s’est engagée à la ramener sous 3,0% l’an prochain.  L’Italie, bien que nettement en-dessous de la barre de 3% du PIB, verra son déficit structurel augmenter à 1,7% cette année, contre 1,0% en 2015. La réglementation européenne exige une réduction d’au moins 0,5 point du PIB par an du déficit structurel. Le déficit structurel de Rome devrait être ramené à 1,4% en 2017, toujours en-dessous de la réduction minimum imposée.  L’Espagne, qui n’a toujours pas réussi à constituer son gouvernement à la suite des élections serrées de décembre, devait ramener son déficit public à 4,2% du PIB en 2015. Mais les estimations de la Commission montrent qu’elle n’a pas atteint cet objectif, avec un déficit de 4,8% l’an dernier.  Pour cette année, Madrid doit ramener son déficit à 2,8% mais, à moins d’un changement de politique, il devrait atteindre 3,6%, selon les chiffres de la Commission. Quant au déficit structurel, il est en hausse depuis 2014 plutôt qu’en baisse. Le ministre espagnol de l’Economie, Luis de Guindos, a dit qu’il était trop tôt pour dire si l’objectif 2015 serait atteint, ajoutant que l’incertitude provenait surtout des régions autonomes, qui ont trop dépensé ces dernières années.  De même, le Portugal est en difficulté sur ce terrain. Le gouvernement socialiste arrivé au pouvoir en novembre a bouclé l’année avec un déficit de 4,2%, selon les calculs de la Commission, alors que l’objectif fixé était de 2,5%. Sauf changement de politique, Lisbonne ne devrait pas arriver non plus à ramener son déficit sous les 3% cette année et son déficit structurel a également augmenté contrairement aux directives. Le pays est en négociations avec la Commission pour éviter que son projet de budget 2016 lui soit renvoyé. Mais les pays du sud de l’Europe ne sont pas seuls à avoir du mal à respecter les règles de déficit structurel. La Commission prévoit que l’Autriche, qui a réduit son solde structurel à 0,3% en 2015, le porte à 1,0% du PIB cette année.

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