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Archive mensuelle de janvier 2016

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Croissance : +0,2 % au quatrième trimestre : « c’est la reprise » ! (Sapin)

Croissance : +0,2 % au quatrième trimestre : « c’est la reprise » ! (Sapin)

 

Grand cri de victoire pour sapin le ministre des finances : « c’est la reprise » quand il a appris que la croissance avait progressé de 0,2 % au dernier trimestre 2015. Une croissance qui aura donc atteint 1.1%  sur l’ensemble de l’année passée. Il n’y a pourtant pas lieu de crier victoire car cette croissance est insignifiante, elle est en outre en-dessous de la croissance des autres pays de la zone euro (plus 1,5 % en 2015). Le plus inquiétant, c’est cette tendance de fin d’année marquée par un tassement d’une croissance déjà atone. Un phénomène de tassement  observé un peu partout dans le monde y compris  aux États-. Nombre d’experts ne prévoient d’ailleurs pour l’année 2016 qu’une croissance à peine supérieure à celle de 2015 pour la France. Pourtant le ministre des finances n’hésite pas à parler d’amplification en 2016. Il n’y a donc pas de véritable miracle pour l’économie. Une économie toujours soutenue par la consommation des ménages (surtout due à l’augmentation du prix des produits alimentaires !) qui a progressé de 1,4 % en 2015. Les échanges internationaux affichent toujours une balance déficitaire en dépit de la progression des exportations. Du coup ces échanges font baisser la croissance de 0,2 %. À noter la petite reprise des investissements qui enregistrent une augmentation de 2 %. Bref pas vraiment de quoi sauter au plafond comme le fait Michel sapin. En outre on peut même douter de la petite croissance de 2015. En effet pour apprécier l’évolution de la croissance en volume on se sert de l’indice des prix de la consommation des ménages. Mais cet indice sous-évalue l’évolution des prix du fait de la modification structurelle du panier des ménages (les dépenses contraintes augmentent beaucoup plus que les dépenses ajustables). Du coup cet indice est obsolète et il sous-évalue l’augmentation des prix et augmente artificiellement  la croissance. À supposer que la croissance soit effectivement de l’ordre de 1 % mécaniquement on pourrait s’attendre à une création de l’ordre de 200 000 emplois. En réalité l’économie n’a créé que 50 000 emplois nets même si on compte le compte n’y est pas et la croissance de 2015 pourrait bien être voisine de zéro. En conclusion,  la croissance de la France en 2015 est à la fois relative et molle et le demeurera en 2016. Sauf à tricher sur les statistiques des chômeurs il ne faut guère donc compter sur une inversion de la courbe.

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Une caissière de Carrefour : licenciée pour 5 euros !

Une caissière de Carrefour : licenciée pour 5 euros !

 

 

Une  caissière de Carrefour coupable  d’une tragique erreur de cinq euros aura certes évité la pendaison mais pas le licenciement pour faute grave. Il faut dire que la direction n’avait pas avalé la transformation de son CDD en CDI suite à la pression des délégués syndicaux. Une erreur de cinq euros à comparer aux centaines de millions évaporés suite à l’imprudence des patrons de banques mais dont aucun n’a été sanctionné ou  partis avec une confortable indemnité. Le motif de licenciement est à la fois surréaliste et scandaleux. « Volontairement, vous n’avez pas scanné un pack de bière Pelforth brune d’une valeur de 5,02 €, ni deux sacs en plastique d’un montant unitaire de 0,15 € », explique la direction dans une lettre. Il ne s’agit pas d’une lettre de mise en garde ou d’un blâme, mais d’un licenciement pour faute grave pour une erreur totale de caisse de 5 euros et 32 centimes.
La jeune femme ne tente pas de nier l’erreur, rapporte le du Parisien. « Je suis travailleuse handicapée, c’était la fin de journée, j’étais épuisée, explique Vanessa. Le client était un habitué, il parlait beaucoup et j’ai oublié de scanner sa bière ». Elle reconnait un oubli mais pas une fraude. Le directeur lui défend sa décision et évoque « un comportement frauduleux, pas en conformité avec les valeurs élémentaires de probité et d’honnêteté ». « Vous avez notamment en charge la lutte contre la fraude des clients (…), vous devez vous imposer la même rigueur que vous devez adopter à l’égard des clients », explique-t-il à son employée.  Compte tenu du retentissement médiatique de cette affaire, la direction de Carrefour Market a décidé de proposer à Vanessa  sa réintégration dans l’entreprise !

Le Goncourt à Sarkosy ?

 

Le Goncourt à Sarkosy ?

 

Les livres des politiques républicains candidats à la primaire de droite pleuvent comme à Gravelotte. Pas moins d’une dizaine d’ouvrages sortis et-où annoncés. Une sorte de fièvre littéraire qui paraît contagieuse. Un phénomène plutôt rassurant car c’est au moins la preuve que certains politiques savent écrire, en tout cas lire (au moins on l’espère)  les ouvrages qu’ils signent. Ouvrages le plus souvent réalisés par des nègres qui actuellement ne connaissent pas la crise du chômage. Du coup, certains critiques, (un peu partiaux quand même) se demandent si le prix Goncourt ne sera pas attribué la prochaine fois à l’un des leaders  de la droite. Le prix pourrait même revenir à Sarkozy (ou Paul Bismuth, on ne sait plus !) qui récemment a comparé les mauvaises critiques de son livre à celles dont avait fait l’objet Racine pour la sortie de Phèdre. Roland Barthes nous manque, lui, qui après sa critique « Sur Racine » aurait pu critiquer  Paul Bismuth sans doute à peu près dans les mêmes termes qu’évoque René Pommier « Racine, une pensée dont le principal caractère est que tous les mécanismes de contrôle semblent totalement abolis et qui va continuellement de contradiction en contradiction et d’absurdité en absurdité, sans jamais s’en apercevoir ». Nadine Morano qui n’est pas en reste en matière de provocation intellectuelle aurait l’intention de convoquer Madame Bovary de Flaubert pour expliquer les difficultés de diffusion d’un ouvrage pourtant encore virtuel et aux pages blanches comme la race qu’elle préconise pour la France. Après Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy, les autres candidats à la primaire de droite, déclarés ou non, vont aussi publier un livre dans les mois à venir. Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Mariton, Nadine Morano, Jean-Frédéric Poisson et de nouveau Alain Juppé s’inviteront ainsi en librairies. 

Immobilier : la fin de la baisse des prix pour bientôt ?

Immobilier : la fin de la baisse des prix pour bientôt ?

On ne cesse de répéter que les lobbys de l’immobilier passent leur temps depuis deux ans à pronostiquer la sortie de crise pour le secteur et le redressement des prix. S’appuyant sur une augmentation des ventes, la fédération des agents immobiliers prévoit donc la fin de la baisse des prix. Les transactions ont effectivement augmenté en 2015 ; Début décembre, les notaires ont fait état de 753.000 transactions enregistrées à fin septembre, sur les 12 derniers mois, soit un volume en hausse de 4%. On pourrait atteindre un chiffre de 800 000 transactions pour l’année passée. Quant aux prix, ils se sont repliés de 1,9% au niveau national (-2% en province, -1,4% en Ile-de-France), selon les estimations de la Fnaim. «La fin de la baisse est pour bientôt», souligne Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier en crédit Cafpi: «Les conséquences de la politique menée par la Banque centrale américaine (FED) devraient nous impacter à partir du second semestre 2016. Là, les taux vont remonter tranquillement, et nous seront peut-être à 2,50 %en moyenne en fin d’année.» Première observation la fin de la baisse est loin d’être certaine car le déséquilibre offre demande demeure. En moyenne, il y a toujours un vendeur pour un acheteur. Seconde observation la récurrente question de l’insuffisance de solvabilité pour les primo accédants. Troisième observation, il n’est pas du tout certain que l’on s’oriente vers une remontée des taux par la banque centrale américaine ni en mars, ni au cours de 2016 compte  tenu du tassement général de l’activité mondiale. À juste titre,  la fédération des agents immobiliers note de grandes différences selon les segments de marché. Si effectivement les prix ont baissé en 2015 de quelques % par contre les baisses peuvent aller jusqu’à 20 30 40 même 50 % en zone rurale très isolée. Dernière remarque les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale avec notamment l’inquiétant tassement en Chine aussi les risques géo politique.

Inflation bientôt négative en zone euro (Jens Weidmann)

 

Inflation bientôt négative en zone euro (Jens Weidmann)

Le débat sur l’inflation du risque de renaître en Europe d’autant que cette question est au cœur de la politique monétaire notamment de la BCE. Une inflation actuellement voisine de zéro et qui pourrait même devenir négative. Cela découlant directement du décalage de l’offre par rapport à la demande. Le caractère négatif de l’inflation n’inquiète toutefois pas le gouverneur de la banque centrale allemande qui la prévoit pour les mois à venir. En fait l’Allemagne a toujours été hantée par une inflation excessive et ne peut donc adhérer à des moyens de soutien qui pourrait la faire repartir à la hausse de manière trop significative. L’inflation en zone euro va donc vraisemblablement repasser bientôt en territoire négatif, a prévenu jeudi le président de la Bundesbank allemande, qui ne voit pas pour autant de menace de déflation et reste critique de l’action de la BCE. « La prévision d’inflation (pour la zone euro) va devoir être revue en sensible baisse », a déclaré Jens Weidmann, gouverneur de la banque centrale allemande, dans un discours à Bonn (ouest), publié sur le site de l’institution. L’indice des prix à la consommation « pourrait au printemps s’établir provisoirement en territoire négatif. Nous ne devons pas nous laisser hypnotiser par le taux d’inflation, comme le lapin par le serpent », a-t-il plaidé, et « la politique monétaire devrait passer outre ces fluctuations de court terme, dictées par les prix du pétrole ». Si effectivement on ne peut constater le tassement de la hausse des prix lié en particulier à la baisse de ceux des matières premières, il convient cependant de relativiser l’ampleur de la baisse des prix. En effet les prix retenus concernent essentiellement la consommation des ménages. Or du fait de la crise ces ménages ont tendance à modifier la structure de leur consommation ; en clair, ils compensent  l’augmentation des dépenses contraintes par une réduction des dépenses ajustables. Dans la réalité, les prix retenus ne baissent pas autant qu’on le dit. Du coup la mesure de la croissance elle-même se trouve un peu faussé par ce déflateur sous-évalué. En clair la croissance est encore moins importante qu’elle ne paraît dans les chiffres officiels.

Taxis-VTC : le précédent du transport routier de marchandises (Patrice Salini)

Taxis-VTC : le précédent du transport routier de marchandises (Patrice Salini)

 

Patrice Salini, (économiste ancien directeur de cabinet au ministère des transports), l’un des meilleurs experts du transport, rappelle fort à propos la manière dont ont été réglé les questions de licences du transport routier de marchandises et la question du contingentement. (Article paru dans les Échos)

« Il nous semble cependant que la question de la régulation du marché des taxis, et corrélativement du transport de voyageurs à la demande en véhicules de tourisme (les VTC) a de grandes similitudes avec la situation qui prévalait en matières de transports de marchandises dans de très nombreux pays d’Europe il y a 20 à 30 ans.

Quelles sont-elles ?

1. Les activités concernées sont le fait de professions réglementées. Autrement dit on doit se soumettre à des contraintes dites qualitatives qui permettent – s’agissant d’une activité sur la voie publique pouvant être – qui plus est  – le fait d’entreprises individuelles, de « filtrer » l’accès à la profession.
2. Certaines activités sont soumises à une tarification d’ordre public, mais pas leurs concurrents directs.  C’était le cas, par exemple, en France, à l’époque de la tarification obligatoire du transport routier de marchandises, où la location avec chauffeur n’était pas soumise à cette contrainte tarifaire.
3. La capacité de certains transports est contingentée. On sait que c’est le cas des taxis, comme c’était jadis celui des transports de marchandises à longue distance, mais pas de la location de longue durée, ni d’ailleurs, du transport à courte distance et d’une foultitude de produits.

Une situation de ce type débouche inéluctablement à plusieurs conséquences :

1. Le marché « contingenté » et « tarifé » est à la fois sous productif et peu rémunérateur, tout en étant sur-tarifé.
2. Le contingent génère des pratiques de cession ou de location-gérance de fonds de commerce, en réalité d’autorisations de transport  – ou de « plaques » comme on dit chez les taxis, dont les prix sont excessifs(2), et uniquement dus au contingentement lui-même (on paie la rareté). Cette « rente » servie au « propriétaire » qui « loue » au locataire-gérant une « autorisation de stationnement » accompagnée d’un véhicule taxi, ne reflète nullement un fonds de commerce réel, mais bien – essentiellement – un droit d’accès au marché.
3. Ce système pèse à la fois sur les coûts de production et sur les prix de vente (tarifs), et donc d’une part sur la rentabilité des taxis, leurs conditions de travail, et d’autre part leur compétitivité.
4. Le secteur le plus contraint peut être tenté de le contourner (frauder) pour en limiter l’incidence (recettes « au noir », tarification non appliquée…)
5. Le secteur « exempté » de contingent et de contrainte tarifaire se trouve donc mécaniquement plus facile à rentabiliser, un avantage renforcé grâce au téléphone et à internet.

C’est cette situation qui nous avait amenés(3)  – dans le cadre d’un gouvernement de gauche en 1986 – à estimer qu’un tel système était inefficace, inégalitaire et générateur de difficultés sociales : finalement on paie pour pouvoir travailler. Le gouvernement – de droite – qui succéda supprima de son côté la tarification obligatoire.

Outre les conséquences d’une telle double modification – plus radicale que prévue – l’expérience d’alors nous montra que la réforme, loin de spolier les transporteurs leur permis un développement significatif, et autorisa la croissance interne qui était techniquement impossible.

Nous fîmes disparaître la fiction de la patrimonialité d’autorisations administratives, sans conflit.

Cependant, on constata alors que tout laxisme dans les conditions qualitatives d’accès à la profession avait des conséquences lourdes sur le nombre de transporteurs et donc sur leur chance de survie, singulièrement en cas de retournement de conjoncture.  Ce qui fut rectifié.

Parallèlement, le détournement des règles de concurrence par certain a perdu sa raison d’être, ce qui conduisit à faire régresser la location avec chauffeur de courte durée, et remis la location de longue durée à sa juste place. Au final, les prix ont baissé, la productivité augmenté, et au final, les entreprises de transport se sont plutôt concentrées et renforcées.

L’expérience montre que plus encore que la réforme radicale du système (qui s’est plutôt bien passée dans plusieurs pays), ce qui pose problème et ce qui est conflictuel réside dans la contradiction – au sein d’un même marché – de deux systèmes régis par des règles très disparates.

La sortie du conflit à moyen terme ne peut donc passer que par une approche cohérente et juste du marché en ayant à l’esprit ceux qui vivent – taxis et VTC – de leur métier et offrent un service utile à la société. Mais il faudra du temps pour en débattre, et de la détermination.

NOTES : (1) Par exemple : « la (dé)réglementation du secteur
des taxis », OCDE-CEMT, 2007 (2) On parle de prix de cession pouvant atteindre plus de 230 000 € à Paris, 400 000 € à Nice. (3) Je fais référence ici à la période où, en tant que Directeur de Cabinet du Secrétaire d’Etat aux Transports, nous avons présidé  in fine, à la suppression des licences de transports et instauré des autorisations non contingentées. Le système s’est généralisé plus tard en Europe sous forme de licences communautaires. «

Taxis : une restructuration progressive

Taxis : une restructuration progressive

 

Une recherche très intéressante de l’institut IREF  offre une perspective de sortie de crise entre les taxis traditionnels et les VTC. Contrairement à certains qui préconisent une libéralisation brutale dans le secteur et-ou qui considèrent que l’indemnisation est  impossible, l’institut propose une restructuration progressive. Extrait des propositions :

La libération du marché apparait comme indispensable au regard de l’évolution des techniques et des besoins. Mais la question principale, à résoudre comme un préalable, reste celle de l’indemnisation des taxis qui subiraient une perte injuste du fait d’une libéralisation sans conditions réduisant à néant la valeur de leur licence. Dans la mesure où le coût de leur indemnisation immédiate représenterait une charge insupportable pour la collectivité, d’autres solutions doivent et peuvent être envisagées.

Il est proposé de geler les licences actuelles pour une durée garantie de trente ans. Pendant ces trente ans, ces licences pourraient être librement revendues, comme aujourd’hui. Mais leur valeur perdrait mécaniquement un trentième par an, sous réserve, bien entendu, de l’évolution du marché. Parallèlement, un droit de voierie serait payable par tous les véhicule publics, taxis ou VTC, dépourvus de licences (délivrées jusqu’à la réforme) à raison d’un montant raisonnable qui pourrait être de l’ordre de 3 à 4 000 euros par an, correspondant à une partie de la valeur de la licence (il ne parait pas normal d’indemniser les titulaires de licences à hauteur du prix actuel de marché, dans la mesure où celui-ci est aléatoire. Alors que la réforme permettrait aux titulaires, dont certains n’ont pas acquis leur licence, de continuer à travailler). Aucune nouvelle licence ne serait cessible, seules les anciennes le resteraient jusqu’à expiration de leur validité (ce que propose d’ailleurs le nouveau projet de loi). Ce droit annuel serait le prix du droit de stationnement ou plus généralement du droit de faire commerce sur la voie publique dont bénéficieraient donc tant les véhicules disposant d’une licence de trente ans que les autres qui paieraient la licence annuelle. Il n’y aurait donc plus de différence de nature entre taxis et VTC, mais chacun pourrait exercer son métier différemment. Et tous ceux ayant une licence ancienne ou payant le nouveau droit d’exercice pourraient exercer sous certaines conditions (voir ci-après). Bien entendu rien n’empêcherait les compagnies de taxis ou VTC de s’identifier par la peinture de leur carrosserie ou tout signe extérieur de leur choix.

Plus généralement et pour mettre en œuvre cette réforme, nos préconisations sont les suivantes :

> Mener une étude d’impact dans les grandes villes, pour évaluer l’ampleur d’une réforme sur le secteur ;

> Attribuer les nouvelles licences par véhicule et par chauffeur pour une durée déterminée de trois ans renouvelables automatiquement sauf violation des règles ci-après ;

> Interdire les cessions des nouvelles licences qui seraient attribuées gratuitement, mais assujetties à la redevance annuelle susvisée ;

> Instituer des règles simples que Taxis et VTC devront s’engager à respecter au risque de perdre leur droit d’exploiter sur la voie publique : sécurité, assurance des véhicules, respect des clients et des autres véhicules de transport de la clientèle, respect de la règlementation de circulation, etc.

> Libérer les prix, de manière à ce que la concurrence joue, non pas seulement sur les quantités mais aussi sur les prix ;

> Veiller à ce que les prix soient clairement affichés dans les véhicules ;
Autoriser tous les véhicules, VTC et Taxis, à utiliser les mêmes innovations technologiques ;

> Stopper le gel des immatriculations de VTC et la limitation du nombre de licences de taxis ;

Une telle réforme devrait favoriser le développement d’une nouvelle offre. Dans les villes, et particulièrement en France, à Paris, les ménages ont de moins en moins de voiture et sont prêts à utiliser de plus en plus le service des taxis ou autres véhicules… Pour autant qu’ils le trouvent. Par ailleurs des taxis de qualité, comme le proposent les VTC, rendraient l’offre plus attrayante. L’identification des véhicules et une bonne communication sur les avantages proposés par chaque compagnie ou chaque type de véhicule ou prestation élargirait le choix des clients et par là, la clientèle elle-même. Car il est toujours vérifié que, conformément à la règle énoncée par Jean-Baptiste Say, « l’offre crée sa propre demande ». Toute une population est disposée à utiliser plus et mieux les véhicules avec chauffeurs. Il faut lui en donner la satisfaction. Sinon, cette clientèle se perdra au profit de modes alternatifs, de la location de véhicules à temps limité au prêt de véhicule, ou au covoiturage ou autre forme de partage. Si les taxis ne savent pas se réformer pour ouvrir leur profession, ils mourront lentement. S’ils y parviennent, ils se développeront.

Iran : le business avant les droits de l’homme

Iran : le business avant les droits de l’homme

 

Pour la forme François Hollande a fait une allusion au respect des droits de l’homme devant le président iranien en visite en France. En réalité,  il s’est surtout réjoui de la reprise des relations économiques avec l’Iran ; reprise qui va offrir de nombreux débouchés à des entreprises françaises qui ont bien besoin de commandes nouvelles. L’industrie aérienne sera l’une de des bénéficiaires de cette normalisation économique et politique entre les deux pays. Iran Air a commandé jeudi 118 Airbus pour un total de quelque 25 milliards de dollars (23 milliards d’euros) aux prix catalogue, dont 12 A380, apportant une bouffée d’oxygène bienvenue au très gros porteur européen en mal de dynamisme commercial. Cette méga-commande, qui comprend aussi 16 unités de l’A350-1000, version étendue du nouveau long-courrier d’Airbus, a été signée à l’Elysée à l’occasion de la visite en France du président iranien Hassan Rohani. Téhéran profite ainsi de la levée des sanctions dont le pays faisait l’objet en raison de ses activités nucléaires pour rénover la flotte de la compagnie Iran Air Le contrat signé par Fabrice Brégier, PDG d’Airbus, et Farhad Parvaresh, son homologue à la tête de la compagnie aérienne iranienne, comporte aussi 45 monocouloirs A320 (dont 24 A320neo, la version remotorisée) et 45 long-courriers A330 (dont 18 A330neo). On objectera que la normalisation des relations avec l’Iran correspond surtout à des objectifs économiques et que la question des libertés individuelles et collectives a été mise un peu sous le coude. Sans doute mais il y aurait lieu  de critiquer autant sinon davantage nos relations avec les l’Arabie Saoudite et d’une façon plus générale les pays du golfe.

Valls pour une gauche « confrontée au réel » ou la fin du PS

 

 

Comme d’habitude,  Valls n’a pas pris des pincettes pour contextualiser le départ de Taubira et au-delà pour attaquer la gauche de la gauche. Il souhaite que cette gauche se confronte au réel au lieu de fuir ses responsabilités ou de se réfugier dans des discours abstraits et chimériques. Plus vulgairement on pourrait considérer que Valls estime que Taubira, les frondeurs et autres gauches de la gauche sont à côté de leurs pompes et qu’il est grand temps de prendre en compte les réalités pour le PS, à moins de disparaître.  Manuel Valls n’a sans doute pas tort de ce point de vue ; en effet ce qui est en cause aujourd’hui l’éclatement voire la disparition totale du parti socialiste. Comment pourrait en effet être conciliables le courant marxiste des frondeurs, le courant modéré des sociaux-démocrates et le courants social libéral ?  Certains objecteront qu’en réalité le parti socialiste n’a jamais eu de ligne claire même depuis sa création. Sa cohésion était toutefois assurée grâce à des textes de congrès très gauchistes mais qui n’ont jamais empêché le PS une fois au pouvoir d’abandonner ses orientations (ou de les mettre en œuvre que pendant quelques mois avant de se contredire comme Mitterrand par exemple). Face à ceux qui perçoivent dans le  départ de Taubira comme la preuve d’une droitisation de l’exécutif, le Premier ministre a défendu la gestion d’une gauche « confrontée au réel » dans des situations sécuritaire et économique difficiles.   »C’est l’avenir de la France qui me préoccupe, pas l’avenir de la gauche », a-t-il dit lors de ses vœux à la presse. « La gauche au pouvoir est confrontée au réel », a-t-il insisté. « Et parce qu’elle gouverne dans une période particulièrement difficile, elle doit tenir. Il y a toujours la tentation de partir. Il y a toujours la tentation de fuir ses responsabilités  Engageant un dialogue à distance avec son ancienne ministre, Manuel Valls a estimé que « résister aujourd’hui, ça n’est pas proclamer, ça n’est pas faire des discours, résister, c’est se confronter à la réalité du pays ».  Christiane Taubira a reçu le soutien de personnalités à la gauche du PS, à l’instar des anciens ministres « frondeurs » Benoît Hamon, Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti.   »Il y a une forme de fracture très nette et la démission de Christiane Taubira est le symbole de cette crise politique majeure qui fracture aujourd’hui la gauche », a dit cette dernière sur BFM TV et RMC Info.  Ce départ apporte de la « clarté » sur la ligne gouvernementale, a considéré pour sa part le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux.

Déchéance de nationalité : la commission de l’Assemblée adopte l’amendement faux-cul de Valls

Déchéance de nationalité : la commission de  l’Assemblée adopte l’amendement faux-cul de Valls

Pour concilier l’inconciliable, la commission des lois de l’Assemblée nationale a purement et simplement supprimé la référence à la déchéance de nationalité pour les binationaux. En fait il n’en est rien, les Français disposant seulement de la nationalité française ne pourront pas être concernés puisque l’apatride est impossible en raison des engagements internationaux de la France. Conclusion la déchéance totale de nationalité ne concernera bien que les bi nationaux. Une subtile dialectique pour contourner l’obstacle de la gauche de la gauche et celui de la droite. Une dialectique forcément tordue. En effet sur le fond les oppositions demeurent mais la forme permet de mettre un voile pudique sur ces contradictions. La commission des lois a donc voté à l’article 2 l’amendement que lui avait présenté la veille le Premier ministre, Manuel Valls, avec l’objectif de mettre un terme au débat dans la majorité sur l’extension de la déchéance de nationalité voulue par François Hollande après les attentats du 13 novembre. Le nouvel article 2 dispose que « la loi fixe les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation ». Toute référence à la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français, telle qu’envisagée initialement, a été retirée par le gouvernement. L’article 2 dans sa version initiale prévoyait de déchoir de leur nationalité les binationaux nés français condamnés pour « un crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation ». La commission a également adopté l’article premier du projet de loi qui constitutionnalise l’état d’urgence après avoir retenu quelques amendements : ainsi un amendement des centristes qui précise que l’Assemblée nationale « ne peut être dissoute pendant la durée de l’état d’urgence ».

Bettencourt: le procès de Sarko ou de Paul Bismuth ?

Le procès de Sarko ou de Paul Bismuth ?

A juste titre,  Sarko conteste la validité des écoutes dont il a été victime, écoutes entre lui-même et son avocat qui révélaient un petit trafic d’influence pour connaître les informations de l’affaire Bettencourt dans laquelle il était impliqué. Des écoutes bien sûres illégales puisque concernant le téléphone de Paul Bismuth, nom d’emprunt de Sarko pour utiliser un téléphone discret avec son avocat. Le coupable présumé de trafic d’influence ne saurait être Sarko mais bien ce fameux Paul Bismuth. D’où la question qui juge-t-on ? Sarko ou Paul Bismuth ? Il restera toujours une possibilité pour l’ancien président de la république. Pour le cas où serait Sarko serait condamné, il pourrait toujours se présenter à l’élection présidentielle sous le nom de Paul Bismuth. Dans l’autre hypothèse, si c’est Bismuth qui est condamnée Sarko retrouverait alors toute sa virginité  judiciaire et pourrait concourir pour le titre de président de la république en 2017. De toute manière,  grâce aux recours procéduriers innombrables cette affaire pourra encore durer une vingtaine d’années comme l’affaire tapie. François Hollande en tout cas espère de toutes ses forces que Sarko sera innocenté pour ne pas se retrouver face à Juppé lors  du concours de beauté de 2017. La Cour de cassation du Palais de justice de Paris examine en effet ce jeudi 28 janvier le pourvoi de Nicolas Sarkozy dans le cadre de l’affaire Azibert-Herzog, communément baptisée « affaire des écoutes » ou encore « affaire Bismuth ». Si son pourvoi en cassation, c’est-à-dire la demande d’annulation juridique, lui était refusé, un renvoi devant le tribunal correctionnel pourrait contraindre les objectifs politiques, à moyen et long termes, du chef des Républicains. Mis en examen en juillet 2014 pour « corruption active », « trafic d’influence » et « recel de violation du secret professionnel », Nicolas Sarkozy risque jusqu’à dix ans de prison. Par ce pourvoi en cassation auquel il a recouru dès le mois de mai 2015, il demande l’annulation juridique de la décision prise à cette même période, lorsque la cour d’appel de Paris a validé la légalité des écoutes dont l’ancien président de la République (2007-2012) a fait l’objet. La complexité du dossier et la succession de recours a nécessité la saisie du Conseil constitutionnel en septembre dernier. La justice soupçonne Nicolas Sarkozy d’avoir essayé, en 2013, par l’entremise de son avocat Thierry Herzog, d’obtenir des informations couvertes par le secret auprès du juge Gilbert Azibert, sur une décision de justice en lien avec l’affaire Bettencourt. En échange, lui était promise une intervention pour un poste de prestige à Monaco. La mise en examen de Nicolas Sarkozy le 1er juillet 2014, suspendue pendant quelques mois, a été réactivée le 7 mai 2015 par la cour d’appel de Paris.

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Déchéance de nationalité : une synthèse faux-cul

Déchéance de nationalité : une synthèse faux-cul

 

L’art du compromis ou de la synthèse faux-cul pour la déchéance de nationalité. «Aucune référence à la binationalité ne figurera dans le texte constitutionnel, ni a priori dans la loi ordinaire», a  annoncé Valls. Une formulation pour faire plaisir à la gauche de la gauche ; formulation qui n’évoque plus la binationalité. Mais pour faire plaisir à la droite,  la France s’engage selon ses engagements internationaux à ne pas faire d’apatrides. Conclusion : seuls les binationaux seront concernés. À noter cependant une avancée importante puisque les crimes et délits pourront également être sanctionnés par la perte de nationalité.  Pour les Français ne disposant que de la nationalité française c’est encore le flou artistique. Sur cette question, Manuel Valls a fait savoir qu’il ratifierait la Convention de 1954 interdisant la création d’apatrides et qu’il s’en tiendrait à la loi du 16 mars 1998. «Seuls les principes (…) qui proscrivent la création de nouveaux apatrides devront continuer à figurer dans notre droit positif», a-t-il dit. Tous les Français condamnés pour terrorisme, y compris ceux qui ne possèdent que la nationalité française, pourront être déchus de certains de leurs droits civiques (droit de vote, éligibilité…), comme le prévoit actuellement le code pénal. Dans le même temps, le chef du gouvernement a indiqué que la déchéance de nationalité concernerait «les crimes certes, mais sans doute aussi les délits les plus graves», prenant en compte une demande du parti Les Républicains. Il a ensuite précisé la notion de «délits les plus graves»: «l’association de malfaiteurs, le financement direct du terrorisme ou l’entreprise terroriste individuelle, tous punis d’une peine de 10 ans d’emprisonnement». L’examen de ce texte doit débuter le 5 février à l’Assemblée nationale. L’article 2 sur la déchéance de nationalité devrait être étudié le lundi suivant, le 8, avant un vote solennel les 9 ou 10 février. Si la majorité des députés votent la réforme constitutionnelle, elle sera alors soumise au vote du congrès, réunissant l’ensemble des députés et sénateurs.

Taubira : un désaccord politique majeur ?

Taubira : un désaccord politique majeur ?

Lors de sa conférence de presse Christiane Taubira a justifié sa démission par un désaccord majeur sur lequel cependant elle ne sait pas expliquer clairement. On peut penser qu’elle le fera prochainement et même rapidement puisqu’ il se pourrait qu’elle aussi publie un livre dans les semaines à venir. On a du mal à bien apprécier la pertinence de ce désaccord majeur. Certes sur les problèmes sociétaux notamment sur la question de la politique sécuritaire on aura compris que Christiane Taubira n’approuvait pas l’orientation de Manuel Valls. Un Manuel Valls dont les décisions sont considérées par Christiane Taubira (et les bobos de gauche) comme attentatoire aux libertés. Pour autant on a du mal à percevoir la clarté de la politique de Taubira pour lutter contre le terrorisme. Dans ce domaine elle s’est contentée d’affirmer « que la France avait les moyens » ! Concernant la contestation de la politique libérale menée par le gouvernement,  là aussi on constate bien l’opposition de Christiane Taubira mais s’il s’agit d’une op position globale de principe sans proposition alternative. D’ailleurs Christiane Taubira s’est rarement exprimée sur la problématique économique et sociale. Si ne n’est  qu’une fois elle avait estimé légitime que les salariés puissent ne travailler que 32 heures « pour aller à la plage, au cinéma au théâtre », la position typique des bobos qui pensent sans doute qu’on peut faire abstraction des conditions matérielles de vie liées au  travail. À moins évidemment d’avoir comme Taubira une fortune assez confortable. En fait Taubira a toujours été proche des bobos frondeurs car c’est une frondeuse professionnelle qui sait ce pourquoi elle est contre mais qui a bien du mal, voire est incapable, de définir une politique globale cohérente tant sur le plan sociétal qu’économique.

Popularité : la descente aux enfers pour Hollande et Sarkozy

Popularité : la descente aux enfers pour Hollande et Sarkozy

Selon une enquête de d’Odoxa François Hollande et Nicole Sarkozy plongent  toujours. L’un comme l’autre dépasse à peine 20 % d’opinions positives tandis que Juppé conforte encore sa position avec 45 %. Entraîné par Hollande, Valls chute aussi tandis que Emmanuelle Macon accentue sa progression François Hollande et Manuel Valls (-5 chacun) voient leurs cotes de confiance continuer de chuter en janvier, tandis qu’Alain Juppé creuse l’écart à droite avec Nicolas Sarkozy, selon le baromètre Politique Odoxa publié mardi 26 janvier. A la question, « diriez-vous que François Hollande est un bon président de la République? », seules 22% (-5 points) des personnes interrogées répondent par l’affirmative et 78% (+7) sont d’un avis contraire. Après une forte hausse de 10 points consécutive aux attentats de novembre, le chef de l’État retrouve son niveau d’octobre, selon cette enquête pour L’Express, la Presse Régionale et France Inter. Même chose pour Manuel Valls, que 35% (-5) des personnes interrogées considèrent comme « un bon Premier ministre », contre 64% (+4) d’un avis contraire. Le chef du gouvernement perd également ses gains de novembre (7 points) et retrouve sensiblement son niveau d’octobre (36%).  Alain Juppé, avec 45% (+1) d’opinions positives, reste la personnalité politique dont les Français ont la meilleure image, loin devant Nicolas Sarkozy, crédité de 21% (inchangé). Auprès des seuls sympathisants de droite, Alain Juppé (69%, +5) creuse l’écart avec l’ancien chef de l’État, qui chute de 9 points à 49%. Derrière Alain Juppé, Emmanuel Macron poursuit son ascension, avec 38% (+5) des Français qui le soutiennent ou ont de la sympathie pour lui, devant François Bayrou (31%, -1) et François Fillon (25%, -1). Si Marine Le Pen suscite la sympathie de 25% (+1) des personnes interrogées, la patronne du Front national est également celle qui suscite le plus de rejet (54%, -2), désormais à égalité avec Nicolas Sarkozy (54, +3). Enquête réalisée les 21 et 22 janvier, auprès d’un échantillon de 988 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

(Avec AFP)

Moyens de paiement:vers la fin des billets ?

Vers la fin des billets ?

Ce pourrait être assez rapidement la fin des billets d’après Nicolas Huss, directeur général  de Visa Europe. Pour preuve le développement du paiement par cartes bancaires. Un développement facilité par la croissance des paiements en ligne ou des paiements sans contact. Il faut aussi ajouter que le ministère des finances souhaite vivement que le paiement par carte soit généralisé à toutes les transactions commerciales y compris pour les petits montants. Moins pour faciliter la vie des Français que pour permettre un légitime contrôle fiscal des transactions commerciales marchandes. Le directeur de Visa Europe sous-estime cependant l’impact de la venue de nouveaux opérateurs en particulier des opérateurs de mobiles. L’enjeu c’est de s’approprier la formidable trésorerie de 400 milliards laissés sur les comptes courants. Des opérateurs qui pourraient bousculer sérieusement le secteur bancaire traditionnel voire en menacer l’existence. (Interview d Nicolas Huss, son directeur général Visa Europe  dans Challenge)

Alors que la consommation peine à repartir en Europe, Visa continue de voir son activité croître à grande vitesse. Comment expliquer ce paradoxe?

Nous sommes en train de nous diriger vers un monde sans « cash », ce qui bénéficie à Visa. Un exemple significatif, même si la situation est particulière: en Grèce, au moment où l’on montrait les images des queues devant les banques pour retirer du liquide, la population basculait massivement vers les cartes bancaires. Le nombre de cartes Visa distribuées pendant le seul été 2015 équivaut au chiffre de l’ensemble de l’année 2014.

Plus globalement, désormais, plus de 1 euro sur 5,70 euros est dépensé par carte Visa en Europe. En France, cette proportion est même de 1 euro pour 4 euros dépensés. Concrètement, 6,35 milliards de paiements réalisés par cartes Visa en France l’an passé, soit une hausse de 10%. Et nous avons encore des marges de progression, puisque la moitié des chèques utilisés en Europe le sont en réalité en France.

Pourquoi cette hausse des paiements électronique s’est-elle accélérée en 2015?

L’année passée a été une année charnière, pour de multiples raisons. C’est d’abord le début du décollage du paiement sans contact - qui se confirme comme un sérieux concurrent des espèces dans les achats de petits montants. En France, la barre des 100 millions de transactions a été atteinte, avec un milliard d’euros de dépense, entre juin 2014 et juin 2015. Et depuis le mouvement s’est encore accéléré. Sur les douze mois de 2015, on dénombre 135 millions de transactions. L’arrivée du paiement par mobile s’ajoute à ce phénomène: il représente 6% des transactions en France. Enfin, même si cet élément est moins visible, nos infrastructures ont évolué: nous nous appuyons sur des architectures plus ouvertes, des plateformes qui peuvent accueillir aisément de nouvelles solutions et intégrer par exemple les solutions des fintechs.

De nouveaux acteurs se pressent effectivement sur ce marché dynamique des moyens de paiement, depuis Apple jusqu’aux plus jeunes start-up. Comment faites-vous face à cette concurrence ?

Plutôt qu’une concurrence frontale avec ces nouveaux acteurs, il s’agit d’un jeu de concurrence/coopération. Les nouveaux entrants sur le paiement, même lorsqu’ils ont la taille d’Apple, ont parfaitement conscience du coût et du temps qu’il leur faudrait pour mettre en place un système comme le nôtre. Visa a été disponible à 100% de ses capacités depuis plus de 100 mois sans interruption. Et notre capacité à sécuriser les transactions n’est plus à démontrer. Nous avons donc un mutuel intérêt à coopérer avec les nouveaux entrants. Nous le faisons d’ailleurs par exemple avec ApplePay au Royaume-Uni. Et de nombreuses fintechs viennent aussi à notre rencontre de leur propre chef.

Trop de mal-logés en France (fondation Abbé Pierre)

Trop de mal-logés en France (fondation Abbé Pierre)

 

C’est le paradoxe, le secteur du bâtiment et plus généralement l’immobilier connaissent  une crise grave depuis plusieurs années mais dans le même temps le nombre de mal-logés ne cesse d’augmenter. La conséquence bien sûr de la crise mais aussi de l’incohérence de la politique de logement et au-delà de la politique d’urbanisme. Près de 4 millions de personnes sont mal-logés d’après le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre, en outre les personnes sans abri fixe ont progressé de 50 % en une dizaine d’années. Il faut aussi prendre en compte environ 1 million de personnes en situation de surpeuplement compte tenu de l’exiguïté de leur logement. En cause peut-être en premier la politique d’urbanisme qui est centré sur la sur-urbanisation, ce qui mécaniquement fait augmenter le prix du foncier et rend insolvable aussi bien des candidats à l’accession que les candidats à la location. Une problématique de l’aménagement du territoire complètement taboue dans la mesure où le dogme de la métropolisolation triomphe partout. Conséquence on peut acheter par exemple un bien immobilier pour se loger pour 40 000 € en zone rurale isolée quand il faut 400 000 € pour la même surface en région parisienne. On retrouve la même différence entre les prix du loyer : 400 € mensuels en zone rurale et 4000 € à Paris pour 100 m². On pourrait naïvement se demander pourquoi les Français ne logent pas davantage dans  des zones peu urbanisées, la réponse est simple : les emplois sont concentrés dans les villes et même essentiellement dans les très grandes villes. (Les villes moyennes voient aussi leurs emplois disparaître progressivement). Enfin François Hollande avait promis de construire 500 000 logements neufs par an, o on ne peut même pas atteindre le chiffre de 400 000 ! D’après le rapport de la fondation Abbé Pierre Au total, 3,8 millions de personnes sont mal-logées et 12,1 millions de personnes sont « fragilisées », soit « 15 millions de personnes touchées, avec une intensité diverse, par la crise du logement », a souligné Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, lors d’une conférence de presse. Chiffre marquant, le nombre de sans-abri qui a bondi de 50% entre 2001 et 2012 : 141.500 personnes se retrouvent à la rue, à l’hôtel, sous un abri de fortune ou en centre d’hébergement. En outre, près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions très difficiles, dont 2,1 millions ne possèdent pas d’eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine, ou vivent dans un immeuble à la façade très dégradée. Et 934.000 personnes vivent en « surpeuplement accentué », c’est-à-dire qu’il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement (+17% entre 2006 et 2013).

Une croissance incapable d’inverser la courbe du chômage

Une croissance incapable d’inverser la courbe du chômage

Les nouveaux chiffres de décembre concernant le chômage montrent  clairement l’incapacité totale de la croissance actuelle de la France à inverser la courbe du chômage. Sur l’ensemble de l’année 2015, 50 000 emplois seulement ont été créés alors qu’on a compté un solde 150 000 demandeurs d’emploi supplémentaire (avec notamment 800 000 jeunes nouveaux demandeurs d’emplois chaque année). Conclusion : le chômage augmente d’environ 100 000 chômeurs sur l’année. On constate certes une petite reprise économique en France mais elle est bien incapable de fournir les emplois suffisants aux nouveaux chômeurs comme aux anciens. Le chômage en France retrouve donc son record de 1994. D’une certaine façon la France s’est installée dans le chômage de masse depuis une trentaine d’années et même depuis la crise des années 70. Au cours des 30 dernières années on a toujours tourné autour d’un chômage proche de 10 % surtout si on tient compte des chômeurs non comptabilisés comme tels parce qu’ils bénéficient  d’une aide sociale spécifique. C’est à partir du premier choc pétrolier de 1973 que la France a commencé à s’engager dans un chômage structurel c’est-à-dire un chômage qui ne peut être éliminé par une croissance conjoncturelle. Fondamentalement ce qui est en cause c’est le manque de compétitivité de l’économie à partir des années 70 ; la productivité à reculé sous le double effet  de la hausse de la fiscalité et de l’inadaptation du marché du travail.  «On comprend cette hausse en observant la hausse des cotisations sociales des entreprises, du milieu des années 1970 au milieu des années 1980, et depuis 2008; la hausse continuelle du niveau de salaire minimum; la dégradation de la qualité du système éducatif; et l’absence de flexibilité du marché du travail et de réaction des salaires réels à la situation économique», résume le directeur de la recherche et des études de Natixis. Par ailleurs, depuis les années 1990, le chômage structurel augmente en même temps que les employeurs ne parviennent pas à pourvoir les postes vacants, parce que les chômeurs ne possèdent pas les qualifications requises pour les nouveaux emplois créés. De ce point de vue les mesures d’urgence (dont certaines cependant nécessaire décidée par François Hollande s’inscrivent dans une problématique de court terme. Pour le long terme il faudra surtout s’attacher aux conditions de l’employabilité des chômeurs, c’est-à-dire favoriser absolument le retour tour à l’emploi car l’évolution de la population active crée la richesse nationale. Le chômage de masse lui ne peut produire qu’une croissance indigente et un endettement abyssal.

Suède : 80.000 demandeurs d’asile bientôt expulsés ?

Suède : 80.000 demandeurs d’asile bientôt expulsés ?

Il est clair que la politique des Etats de l’union européenne est en train de changer radicalement en ce qui concerne l’accueil des réfugiés. Ainsi la Suède, un des pays  les plus tolérants dans ce domaine, envisage-t-elle maintenant une éventuelle expulsion de la moitié des demandeurs d’asile venus en Suède en 2015. D’une certaine manière la politique d’immigration européenne aura connu trois phases : la première, une phase de compassion et d’accueil massif de  réfugiés ; La seconde, une phase de limitation pour les entrées ;  la troisième une phase de rejet et de renvois des intéressés dans leur pays. Encore une fois l’évolution radicale d’un pays comme la Suède considérée comme très accueillant précédemment illustre bien ce changement d’attitude en Europe. La Suède entend en effet  expulser jusqu’à 80.000 migrants arrivés sur son sol en 2015 et dont la demande d’asile a été ou sera rejetée, a déclaré le 27 janvier le ministre de l’Intérieur Anders Ygeman.  »On parle de 60.000 personnes, mais cela peut monter à 80.000″, a indiqué le ministre au quotidien financier Dagens Industri et à la télévision publique SVT. Ce dernier a précisé que la police et l’Office des migrations organiseront ces retours à la demande du gouvernement En temps ordinaire, les expulsions s’effectuent sur des vols commerciaux mais compte tenu des nombres évoqués, « nous allons devoir utiliser plus d’avions charters » spécialement affrétés et les expulsions s’étaleront sur plusieurs années, a ajouté M. Ygeman. En 2015, 163.000 réfugiés ont déposé une demande d’asile en Suède, l’équivalent de 1,3 million de personnes pour un pays de 80 millions d’habitants comme l’Allemagne, laquelle a reçu 1,1 million de réfugiés sur la même période.  Sur les quelque 58.800 dossiers traités l’an dernier par l’office suédois, 55% ont été acceptés, moyenne sur laquelle se fonde le ministre de l’Intérieur pour justifier l’estimation la plus haute. Celle-ci pourrait se révéler excessive car une proportion importante des décisions rendues concernaient des demandes déposées en 2014 alors que la crise migratoire n’avait pas encore atteint son pic. Or les Syriens sont arrivés en masse en 2015 et le taux d’acceptation des demandes d’asile varie considérablement en fonction des nationalités: 90% pour les Syriens, 35% pour les Afghans et 20% seulement pour les Irakiens

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